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Historique
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L'évêché
de Soissons a été fondé en 300 et la première
cathédrale date de 646. La construction de la cathédrale actuelle,
dédiée à St Gervais et St Protais, débute
vraisemblablement vers 1176. Soissons est donc à la charnière
entre les cathédrales gothiques
primitives (St Denis, Laon,
Noyon) et les cathédrales
gothiques classiques
(Paris,
Chartres,
Bourges). Les plans initiaux,
fortement inspirés de Noyon (forme des croisillons),
ont été rectifiés en cours de construction, pour
y incorporer des innovations.
Après une
courte interruption, les travaux reprennent en 1194, avec l'arrivée
de reliques issues du
pillage de Constantinople. En 1212, le chœur et la croisée sont achevés. On décide alors de
transformer le transept
primitif. Finalement, seul le croisillon nord sera modifié au
début du XIVe siècle. La nef
est terminée vers 1240.
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Parallèlement
à la construction de la nef, on élève la façade,
sur le modèle des plans prévus pour Reims. Mais les travaux
pâtissent de difficultés liées à la guerre
de Cent Ans. En 1414, la tour sud est déjà élevée
jusqu'à la coupole, et on s'apprête à bâtir
une tour au nord, lorsque la ville (alors aux mains des Bourguignons)
est pillée par les troupes de Charles VII. Cette tour ne voit finalement
jamais le jour et la cathédrale est enfin consacrée en 1479.
La cathédrale
souffre par la suite du passage des Huguenots en 1567 (destruction de
sculptures)
La façade
subit une restauration quelque peu maladroite au XVIIIè siècle.
La Révolution la reconvertit par la suite en dépôt.
L'explosion d'une poudrière en 1815 détruit une grande partie
des vitraux (il reste dans le chœur des vitraux du XVè siècle).
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Visite extérieure
La façade occidentale de Soissons
est harmonique
mais dissymétrique. L'une des tours n'a jamais été
construite. De plus, les trois portails
ont perdu tout ornement, ce qui réduit considérablement
leur intérêt.
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Au-dessus des portails,
on trouve, au centre, une rose
rayonnante inscrite dans un arc brisé. De part et
d'autre de la rose, on voit des baies géminées
surmontées d'oculi
à six lobes. Au niveau supérieur, une courtine
à claire-voie
aurait dû relier les deux tours. Au sud, la seule
tour existante ne comporte qu'un niveau, orné de
baies garnies d'abat-sons
et terminé par une terrasse. Des contreforts
très marqués divisent verticalement l'édifice.
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Le transept
nord est lui aussi dépourvu de portail digne d'intérêt.
Le portail ne situe d'ailleurs pas à l'extrémité du
transept, mais sur sa face orientale. Au-dessus du mur
plein de l'extrémité, on trouve une rose inscrite
dans un arc brisé et dont les écoinçons
sont garnis de quatre lancettes.
L'ensemble est surmonté d'un pignon
orné d'un oculi aveugle rayonnant.
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Le transept reflète extérieurement
l'élégance de l'intérieur. On retrouve l'arrondi
orné de trois baies supérieures au centre et de
baies plus larges tout au long du niveau inférieur.
La chapelle attenante au transept est couverte par un
toit aux tuiles colorées (vertes, marron...).
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Le chevet
n'est pas particulièrement élégant. Les baies des
chapelles rayonnantes sont séparés par des contreforts
très saillants. Les arcs-boutants
à double niveau, qui soutiennent la partie supérieure
prennent appui sur les chapelles.
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Visite intérieure
La nef
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Les arcs
retombent en faisceaux de colonnettes enserrées
par des tores
et ce, jusqu'aux chapiteaux
des arcades. En dessous des chapiteaux, on
trouve des colonnes rondes augmentées d'une
unique colonnette engagée.
Au niveau de la troisième travée au nord se
trouve un accès à une vaste salle à trois
vaisseaux de trois travées (fermée au
public).
Au niveau de la cinquième et de la sixième
travées, on trouve de petites chapelles latérales.
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Le transept
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Construits à des
époques différentes, les croisillons
présentent des dispositions dissemblables.
Côté nord, le croisillon s'amorce par un élargissement
du bas-côté au niveau de la dernière travée
de la nef. Les trois travées qui le composent
ont des voûtes quadripartites aussi hautes
que celle de la croisée (alors qu'elles sont
plus basses au sud). L'élévation est
similaire à celle du chœur.
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Le mur de fond a
également une élévation à trois niveaux:
d'abord un mur plein devant lequel on trouve
un autel ; puis une claire voie dont les baies
sont dominées par des gâbles
et enfin, une rose
rayonnante précédée par quatre lancettes
tréflées inscrites dans des arcs brisés.
Pour les amateurs, on peut également
trouver sur ce mur de fond une œuvre de
Rubens : l'Adoration des bergers.
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Mais, comme à Noyon,
la partie la plus originale de la cathédrale
est le croisillon sud du transept qui est en hémicycle,
avec déambulatoire.
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L'élévation à
quatre niveaux est typique du gothique
primitif : grandes arcades étroites, tribunes
à trois arcades,
triforium à six arcades puis fenêtres hautes
à trois lancettes. L'ensemble donne une
impression de grande légèreté.
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Au sud-est, se
trouve une belle chapelle circulaire, dont les
ogives rayonnent autour d'une clef de voûte
présentant l'agneau de l'Apocalypse.
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Le chœur
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Le chœur est plus élancé
que la nef, avec ses 31 mètres de hauteur
sous voûtes. Les quatre travées droites ont
une élévation à celle du croisillon nord,
c'est à dire un triforium composées de baies
à quatre arcades et des fenêtres à deux
lancettes. Dans les cinq pans du rond point,
le triforium perd une arcade dans chaque baie
et il est surmonté de baies simples.
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Les chapelles du déambulatoire
sont peu profondes. Le voûtement est
particulier : une seule croisée à cinq
branche soutient la voûte des chapelle et
celle du déambulatoire (trois branches pour
les chapelles et deux branches pour le déambulatoire
qui prennent appui sur les piliers du chœur).
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retours
: Églises et
chapelles
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