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Historique
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Le Paris de l'Antiquité choisit, pour
assurer sa défense, de se réduire à l'île de la Cité. C'est donc sur
cette île qu'apparaît, dès le IVe siècle, une importante basilique.
Initialement consacrée à Saint Étienne, elle devient la cathédrale
Notre-Dame de Paris, après une période de cohabitation entre les deux
titulatures. Cette double attribution s'explique par une partition
interne entre la partie réservée à l'évêque (Saint Étienne) et la partie
réservée au chapitre (Notre-Dame).
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On retrouve aujourd'hui cette dualité
dans les portails du transept, consacré au nord (portail qui donnait sur
l'enclos canonial) à la Vierge et au sud (portail qui donnait sur
l'enclos épiscopal) à Saint Étienne
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Au début du XIIe siècle, le chapitre,
devenu plus puissant, ne veut plus se contenter de la basilique antique
(malgré ses dimensions importantes). Des travaux d'embellissement sont
donc réalisés. Mais la véritable transformation n'intervient qu'avec le
retour en force du pourvoir épiscopal. Les cathédrales de Saint Denis et
de Sens inaugurent le début d'un mouvement de reconstruction qui touche
Paris. L'évêque Maurice de Sully change l'administration paroissiale de
Paris et entreprend la construction de la nouvelle cathédrale dès 1161.
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Il a le
mérite de concevoir dès l'origine l'emplacement du parvis, ce qui n'est
pas fait pour la majorité des autres grandes cathédrales.
Les travaux avancent rapidement. La consécration du chevet à lieu en
1182. Cependant, à la mort de Maurice de Sully, le rythme de construction
fléchit. On manque ensuite de documents pour déterminer de façon précise
quelle a été la marche des travaux. On estime que les statues de la
galerie de la façade ont été mises en place en 1222. Durant cette même
période, alors que la façade n'est pas encore achevée, on modifie
l'élévation de la cathédrale.
Console
du portail septentrional de la façade occidentale (ébrasement droit)
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En effet, celle-ci est rapidement jugée
trop sombre (elle l'est encore). Pour faire entrer un plus grand flot de
lumière, on décide d'allonger les fenêtres hautes en supprimant les roses
aveugles qui s'intercalaient entre ces fenêtres et les tribunes
(Viollet-le-Duc a reconstitué cette disposition, à sa façon, dans la
dernière travée de la nef). Cela rend nécessaire l'installation d'un
nouveau système d'évacuation des eaux et la réfection de la charpente. On
ajoute également une flèche (même si rien ne prouve formellement qu'elle
n'existait pas antérieurement. Vers 1230, le transept est réaménagé
(ajout d'une travée, grandes roses). L'ensemble est probablement terminé
vers 1245.
Socle de la statue du Beau Dieu, portail central.
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Le choeur (clôture, jubé, stalles...)
est réaménagé plusieurs fois, notamment par Louis XIII, puis par Louis
XIV. Tous ces travaux d'aménagement disparaissent avec la Révolution.
Notre-Dame de Paris a ensuite bénéficié d'une restauration de très bonne
qualité, effectuée par Viollet-le-Duc.
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La façade occidentale
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La façade de Notre-Dame de Paris est l'une des plus
régulières qui soit. Cependant, cette régularité peut paraître un peu
écrasante (nous lui préférons la légère dissymétrie d'Amiens), d'autant
plus que ses tours n'ont la finesse de celles de Reims. Il serait
pourtant perfide d'accuser Notre-Dame de lourdeur. La richesse de
l'ornementation allège la silhouette.
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On
peut distinguer cinq niveaux :
- les trois portails,
qui sont encadrés par des statues insérées dans des niches. On trouve Saint Etienne à gauche du portail nord,
l'Église (à gauche) et la Synagogue
(à droite) de chaque côté du portail central et Saint Denis à droite du
portail sud.
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- la galerie des rois, qui ne réunit pas, comme on
le pense parfois, les rois de France, mais les rois de Judas. Il s'agit
donc d'une espèce d'arbre de Jessé
horizontal, dont la signification est donné par la présence d'une Vierge à l'enfant,
au-dessus de la galerie.
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l'étage de la rose
: celle-ci est devancée par la galerie dite de la Vierge, composée
d'une balustrade et de statues (la Vierge à l'enfant au centre, Adam à
droite et Eve à gauche). La rose est entourée de deux larges baies à arcades géminées. Leur remplage est orné
d'oculi aveugles.
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la courtine est constituée
d'une belle galerie d'arcades ajourées reposant sur de fines
colonnettes. Entre les deux tours, on aperçoit le pignon de la nef et la flèche.
- les deux tours constituent le dernier niveau. De base carrée, elles
sont percées de deux baies garnies d'abat-sons. Elles n'ont jamais reçu les
flèches qui leur avaient été destinées.
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Les portails
occidentaux
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Le portail central est relatif au Jugement dernier. Au linteau, on
assiste à la résurrection des morts, au son de l'olifant. Ceux-ci,
rois, soldats ou autres, sortent vêtus de leur tombeau et restent
vêtus même lorsqu'ils se dirigent vers l'enfer (alors que les damnés
sont très souvent nus, comme à Autun,
Bourges...).
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Au registre inférieur, l'archange St Michel pèse les
âmes, au centre, tandis que le diable triche de façon éhontée. A
gauche, les élus lèvent le visage vers le Christ qui trône au-dessus
d'eux. A droite, un diable pousse les damnés, enserrés dans une corde,
vers une gueule d'enfer.
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Les voussures
complètent le tympan
en présentant l'enfer, à droite (le premier niveau seulement) et le
paradis dans tous le reste des voussoirs (anges, saints...).
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Les piédroits
illustrent la parabole des vierges sages et des vierges folles
(ci-contre les Vierges folles).
Les soubassements sont consacrés aux Vices et aux
Vertus. Ci-contre la force. Pour voir les autres vices et vertus,
allez sur la page consacrée à L'art
religieux du XIIIe siècle selon Emile Mâle.
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Le portail nord est consacré au Couronnement de la
Vierge. Les voussures sont occupées par des prophètes, des rois, des
anges. Au linteau, des rois et des prophètes entourent l'arche
d'alliance.
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Au registre inférieur, on assiste à la résurrection de la
Vierge, enlevée de son tombeau par deux anges, en présence des
apôtres et de son fils, qui la bénit. Le registre supérieur montre le
Couronnement.
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Au trumeau, la Vierge foule au pied le serpent
tentateur (la console représente le péché d'Adam et Ève)
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Dans les ébrasements, on trouve les statues de St Denis,
avec des anges et un roi (à droite) et de St Jean-Baptiste, St Etienne,
Ste Geneviève et un évêque (à gauche).
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Aux piédroits, on voit les travaux des mois.
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Le portail sud est dédié à Saint Anne. Il s'agit du
portail de la Vierge de l'ancienne basilique, qui a été démonté et
remonté sur la façade de la nouvelle cathédrale. On lui a adjoint un
nouveau linteau et de nouvelles voussures. Le linteau retrace
essentiellement l'épisode du mariage de la Vierge, de façon un peu
confuse.
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Le premier registre du tympan est beaucoup plus
clair. Après Isaïe (premier prophète à annoncer la venue du Messie),
on trouve l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, l'Annonce aux
bergers, un pharisien et un docteur de la Loi et, enfin, Hérode et
les rois mages.
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Le registre supérieur montre une Vierge Hodigitria, sous
un baldaquin, entourée d'un évêque et d'un roi (peut-être Saint
Germain, évêque de Paris et Childebert, considérés au XIIe siècle
comme les fondateurs de la Cathédrale).
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Au trumeau se trouve Saint Marcel, évêque de Paris. Les
ébrasements accueillent des rois, des reines et des saintes.
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Au centre des voussures est représentée la sainte
Trinité
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Le transept
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Les façades du transept sont dominées par de
larges roses
rayonnantes (13 mètres de diamètre, soit trois mètres de plus que
la rose occidentale). En-dessous de la rose, on trouve des portails
abrités par des porches ornés de plusieurs gâbles, puis une claire-voie.
Au-dessus, un pignon
flanqué de tourelles ponctue l'ensemble.
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Le portail nord est consacré à la Vierge. Celle-ci est présente au trumeau et
dans le premier registre du tympan (scènes de l'enfance du
Christ). Les deux registres supérieures du tympan relatent
l'histoire du diacre Théophile, qui, ayant vendu son âme au diable,
a été sauvé par la Vierge.
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La porte rouge, à côté du portail nord, était l'entrée
réservée aux chanoines. Elle est consacrée au Couronnement de la
Vierge. Saint Louis et son épouse assistent au sacre. Les voussures évoquent
le miracle réalisé par Saint Marcel, qui délivra le corps d'une
pécheresse d'un serpent qui l'avait dévorée.
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Le portail
sud, consacré à Saint
Etienne, est malheureusement inaccessible au public. Au
tympan, on trouve la prédication et le martyr du Saint. Au trumeau,
on peut voir sa statue.
Le chevet
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Le chevet
est plus aérien que la façade, notamment grâce à la finesse de ses
arcs-boutants. On ignore quel était le contrebutement original de
Notre-Dame de Paris. La présence d'arcs-boutants dès l'origine est
discutée puisqu'il n'existe aucune preuve de leur existence à cette
époque. Ceux que l'on voit aujourd'hui datent du XIVe siècle.
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De ce côté, on aperçoit mieux la flèche de 90 mètres,
reconstruite par Viollet-le-Duc
d'après l'ancien modèle. Constituée de bois et de plomb, elle est
ornée de statues de cuivre représentant les Evangélistes et les
apôtres.
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Visite
Intérieure
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La nef
de huit travées,
précédée par un narthex
de deux travées, est couverte par des voûtes sexpartites qui reposent
sur des piliers apparemment semblables (alors que de telles
voûtes prennent généralement appui sur des piles alternées). En
fait, l'alternance entre piles fortes et faibles existe bien,
mais de façon dissimulée.
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A la retombée forte, les arcs doubleaux,
formerets et les branches d'ogives sont reçus par un tailloir
unique reposant sur trois chapiteaux ; à la retombée faible,
seule la branche d'ogives
est reçue par un tailloir et un chapiteau, les formerets se
poursuivant jusqu'au tailloir des grosses colonnes, en bas. Ces
dernières, dont les chapiteaux sont classiquement ornés de
feuilles d'acanthe et autres motifs végétaux, sont assez
massives.
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Le vaisseau latéral est longé
par un double collatéral
à voûtes quadripartites et par 14 chapelles latérales éclairées
par des fenêtres à quatre lancettes, groupées par deux et
surmontées de trois oculi
polylobés.
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L'élévation est à trois niveaux :
au-dessus des grandes arcades, on trouve une tribune à claire-voie
ouvrant sur la nef par des baies composées de trois arcades
reposant sur de fines colonnettes, avec des remplages
pleins. Les fenêtres hautes comportent deux lancettes et un
oculus. La tribune étant profonde et les vitraux de la
claire-voie très sombres, l'éclairage de la nef est assez faible.
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On observe de petites irrégularités dans la nef : la
première travée
est plus étroite que les autres (la tribune n'a que deux arcades et
la fenêtre haute est une baie simple). La dernière travée a une
élévation à quatre niveaux, due à Viollet-le-Duc : la fenêtre haute
est moins longue et, dans l'espace ainsi libéré, on a introduit
un oculus dentelé, qui rappelle ceux du transept.
Le revers de la façade est essentiellement occupé par une tribune
d'orgue, qui précède la rose, consacrée à la Vierge, entourée des prophètes,
des vices et des vertus, des travaux des mois et des signes du
zodiaque. Cette rose a été en grande partie refaite par
Viollet-le- Duc.
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La croisée du transept,
sans tour lanterne ni aucun ornement de voûte, manque de charme.
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Le transept comporte deux croisillons
de trois travées, dont deux sont couvertes par une croisée
d'ogives sexpartite et la troisième par une croisée
quadripartite. Dans les deux premières travées, l'élévation est à
quatre niveaux. Les grandes arcades, surmontées par des arcs en
mitre, ouvrent sur les collatéraux. Les baies des tribunes, à
deux arcades, sont toujours à claire-voie. On trouve au-dessous
des oculi semblables à des roues, puis des fenêtres simples. Le
mur de la troisième travée est plein au niveau des grandes
arcades. Il est ensuite orné de deux niveaux d'arcatures aveugles
dans le transept sud et d'un niveau seulement dans le transept
nord.
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Le mur de fond du croisillon
nord est à 3 niveaux : une porte, encadrée d'arcatures aveugles et
surmontée d'un pan de mur sans ornement ; une claire-voie à neuf
arcades ; une rose
de 12 mètres de diamètre, datant du XIIIe siècle et représentant
la Vierge, entourée de personnages de l'Ancien Testament.
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Dans le croisillon sud, la
disposition est à peu près semblable, mais les arcades sont
surmontées d'arcs
en mitre à redents. La rose, organisée autour du
Christ, représente les vierges
folles et sages, des apôtres, des saints...
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Le choeur, entouré d'un double
déambulatoire, est composé de cinq travées droites (unies deux à
deux par des voûtes sexpartites), précédant un rond-point à
cinq pans, donnant sur cinq chapelles rayonnantes. L'élévation de
la première travée droite est semblable à celles du transept. On
retrouve dans les autres travées une élévation à trois niveaux,
comme dans la nef. Dans les travées droites comme dans le
rond-point, la tribune a des baies à deux arcades et les fenêtres
hautes sont à deux lancettes, surmontées de trois oculi.
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Le double déambulatoire est muni d'une voûte originale
pour épouser la courbe : entre deux doubleaux, au lieu d'une
croisée, on trouve un seul arc.
Le choeur est occupé par deux rangs de stalles (52 stalles
hautes et 26 stalles basses). La clôture qui ferme le chœur
présente, côté déambulatoire,
des boiseries du XIVe siècle restaurées par Viollet-le-Duc.
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Elles représentent, au nord,
des scènes de la vie du Christ (Visitation, adoration des mages,
massacre des innocents, fuite en Égypte,
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aux apôtres Jean et
Pierre, aux disciples, aux pèlerins d'Emmaüs,
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au cénacle, à Thomas, au lac de
Tibériade et la Cène).
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