DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES
et des principaux initiés
Préambule - sources
A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Lettre A
Athiroddîne ABCHÂRÎ ( + 1265 )
Jacob Moïse et Shalom ABENTSOUR
Abraham ben Shmouêl ABOULAFIA (Saragosse 1240 - Rome 1291).
ABRAHAM ben David (1110-1180).
Isaac ABRAVANEL (Lisbonne 1437 - Venise 1506).
Salomon (ou Shlomo) Ben ADRET (1235-1310).
Cornelius AGRIPPA (Cologne 1406 - Grenoble 1535).
Pierre d'AILLY (Compiègne 1350 - Avignon 1420).
William ALABASTER (1567-1540).
AL-FÂRÂBI (Ouassif 870 - Damas 950).
ALl ibn Talib (La Mecque, vers 602 - Coufa 661).
Mirza ALI-MOHAMMED (Chiraz 1819 - Tabriz 1850).
Iochannn AL-LEMAIN (ou Alleman), dit Alemanius.
Jean-François ALLIETTE (1738-1791).
Chârith ibn Assad AL-MOUCHASSIBI ( + 857 ).
Sayied Haydâne AMOULI (1320-vers 1390).
ANAXIMANDRE (Milet, vers -610 - 546).
James ANDERSON (vers 1660 - 1739).
Jean-Valentin ANDREA (1586-1654).
Abraham-Hyacinthe ANQUETIL-DUPERRON (1731-1805).
Aour-Mazda (ou Ahura-Mazda ou Ohrmazd).
APOLLÔNIOS MOLON (255-216 av.J.C.)
AQUIBA ben Iossef (vers 70 - 135).
Argot, art gault, art goth, art gothique.
ARNAUD de Villeneuve (1235-1311).
Elias ASHMMOLE ( 1617-1696 ) .
ChaÏm ben ATTAR ( 1696-1743) .
AUGUSTIN (Tagaste 354 - Hippone 430) .
Samaël AUN WEOR ( 1917-1977) .
Eléazar ( ou Eliézer) AZIKRI ( 1533-1600 ) .
Abraham ben Mordechaï AZOULAIL (Fez 1570 - Hébron 1643).
Chaïm Iossef David AZOULAIL ( 1723-1806) .
AZRIEL (Ezra ben Shlomo, 1160-1238).
A
AARON
Frère aîné de Moïse, il participa à beaucoup des activités de ce dernier, ainsi que leur sœur Myriam.
Rabbi ABA
Un des sept disciples principaux de Syméon Bar Iochaï, lequel est lui-même le principal auteur du Sepher Ha-Zohar, maître-livre du cabbalisme. Aba fut aussi le secrétaire du groupe formé par Bar Iochaï et ses disciples, et donc probablement, en fait, le rédacteur d'une grande partie de ce livre.
Jehanne d'ABANTONNE
Grande prêtresse des Turlupins, secte contre-gnostique du XIVe siècle. D'une grande beauté, elle se donnait à tous ceux qui la désiraient. Jetée en prison, elle sera condamnée en 1372 à être brûlée vive.
ABARBANEL
Voir: Abravanel.
Athiroddîne ABCHÂRÎ ( + 1265 )
Philosophe musulman persan pour lequel les "principe" étant antérieures aux choses naturelles, il conviendrait plutôt de parler de "préphysique" que de "métaphysique" quand on les étudie. Abchârî développera cette idée notamment dans son traité Kashef al-Chacaïc.
ABDOUL BAHA (1844-1931).
Abbas Effendi, dit Abdoul Baha, fut le fils et le successeur de Baha Oulla, le fondateur de la confession Bahail. Il désignera lui-même pour son successeur son petit-fils Shoghi Effendi.
Jacob ABECHSERA (1804-1880).
Né au Maroc et mort en chemin alors qu'il se rendait en Terre Sainte, Abechsera avait écrit de nombreux traités relatifs à la Cabale.
ABEL
Deuxième fils, après Caïn, selon la Bible hébraïque, d'Adam et d'Ève, il fût tué par son frère aîné. Les mandéens le surnomment Ziva (le Lumineux). D'autres gnostiques en font de même un être de lumière et l'appellent alors aussi Adacas ou Adamas (ce dernier nom signifiant « diamant » ou « acier poli »).
V. aussi: Caïn, Eblis, Enosh, Kantéens.
Raymond ABELLIO (1907-1988).
Pseudonyme littéraire de Georges Soulès. Né à Toulouse, polytechnicien et militant socialiste, il fit partie du cabinet du ministre Jules Moch. Pendant la deuxième guerre mondiale, Soulès fera la connaissance de Pierre de Combes et de René Guénon, et il lira notamment les œuvres d'Edmond Husserl, qui le mèneront à la Cabale.
Il publiera ensuite, sous son pseudonyme d'Abellio, un grand nombre d'œuvres, dont des romans, des études de philosophie, de sociologie, d'ésotérisme, d'exégèse biblique, etc…
Pour Raymond Abellio, nous vivons, en cette deuxième partie du XXe siècle, la fin d'un cycle, mais le rôle de l'Europe n'est pas encore terminé dans le déroulement de l'histoire du monde, cependant que celui de la Chine en Extrême-Orient et celui de la Californie en Extrême-Occident sont encore appelés à grandir. La Cabale et l'astrologie pourront être des traits d'union entre ces civilisations.
Lorsque la Terre aura presque entièrement péri dans le gigantesque cataclysme qui doit se produire vers l'an 2000, pense Abellio, les survivants devront unir la pensée des prophètes hébreux aux traditions orientales, aux techniques occidentales et aux découvertes de la parapsychologie pour pouvoir surmonter la crise que connaît notre civilisation et rendre celle-ci réellement universaliste en ne séparant pas l'être de son devenir : ce sera là la vraie Gnose, celle à laquelle Abellio a donné le nom poétique, repris d'ailleurs aux soufis iraniens théoriciens des "fidèles d'amour", de fiancée éternelle, laquelle devrait donner naissance à une caste nouvelle, celle des "prêtres invisibles".
Joseph ABEN-TSOUR
Partisan marocain de Shabbatail Tswi.
V. aussi: cévisme.
Jacob Moïse et Shalom ABENTSOUR
Cabaliens marocains du XVIIIe siècle, frères ou cousins entre eux, qui publièrent conjointement un recueil de leurs œuvres, Tsitselé Shama (les Cymbales retentissantes), s'ouvrant par un prologue lyrique dû à la plume de Moïse Abentsour.
Ce dernier était aussi juriste, de même que Jacob, lequel fut juge à Fez et s'inspirait souvent, dit-on, pour rendre ses jugements, des enseignements de Joseph Caro. Jacob Abentsour est en outre l'auteur d'une anthologie poétique, At-Lekol Chafetz
ABOU ABDALLAH
Prédicateur chiïte qui s'en alla en 894 annoncer en Kabylie l'arrivée prochaine de l'Imâm qui rétablirait l'unité de l'Islam.
Abou Abdallah sera assassiné sur l'ordre d'Obéïd Allah, qui disait descendre d'Ali et de Fatima, la fille du Prophète Mahomet, et qui s'était rendu maître de la Kabylie, de la Tunisie, de la Sicile et de la Cyrénaïque.
V. aussi: Fatimides.
ABOU HATSIRA
Cabaliste marocain établi au Tafilalet à la fin du XIXe siècle. Il prédit la venue du Messie au cours du XXe siècle.
Abraham ben Shmouêl ABOULAFIA (Saragosse 1240 - Rome 1291).
Cabaliste mystique espagnol, auteur du Sepher ha-Tserouf, du Sepher ha-Oth et de "Consultations". Son originalité fut de fonder l'extase mystique sur la forme même des lettres de l'alphabet hébraïque, outre l'interprétation guématrique classique, laquelle n'est, pour lui, par l'étude des divers noms de la Divinité qu'une étape vers la Cabale prophétique, conduisant elle-même à l'acquisition de pouvoirs surnaturels.
Dans l'extase prophétique, "l'homme rencontre son propre moi comme s'il était devant lui", selon Aboulafia, qui recommande de se détourner, par l'ascèse, de tous les objets matériels afin d'arriver à vivre dans la pure contemplation du Nom divin.
Il se prit un moment pour le Messie et tenta de convertir le pape Martin IV en lui représentant que Dieu aurait, en hébreu, trois noms : Jéhovah pour le Père, lach pour le Fils et Elohim pour l'Esprit-Saint. Mais il faillit être condamné au bûcher et ne du son salut qu'à la mort providentielle du pape le 26 mars 1284.
Dans la suite, Abraham Aboulafia écrira encore Imré Shôfer (Paroles de Beauté), qui paraîtra en 1291.
Meir ben Todros ABOULAFIA
Cabaliste espagnol ayant vécu à Burgos au XIIe siècle. Il est le grand-père de Todros Aboulafia
Todros ABOULAFIA
Cabaliste espagnol du XIIIe, petit-fils de Meir ben Todros Aboulafia et parent d'Abraham Aboulafia. Il vécut, quant à lui, à Tolède et il est l'auteur de plusieurs ouvrages, où il réagit contre le néo-platonisme de certains philosophes juifs de son époque, préconisant de s'en tenir à la Torah et à la Cabale
ABDU SEHOULA
Cabaliste juif du XIIIe siècle, qui vécut à Barcelone. Auteur du Mashal ha Cadmon et d'Or ha-Ganouz, ce dernier étant un commentaire du Sepher ha-Bahir.
ABOU YSSA
Juif d'Ispahan de la fin du VII° siècle. Il s'efforça de concilier le judaïsme, le christianisme et l'islam en une sorte de messianisme apocalyptique.
ABRAHAM (le patriarche).
Personnage de la Genèse hébraïque, laquelle raconte qu'il commença sa carrière en quittant la ville d'Our en Chaldée, Aour Khasdim. Mais ces derniers mots signifiant "Lumière des Chaldéens", il faut en déduire qu'Abram (il ne portera le nom d'Abraham que plus tard, sur l'ordre de Dieu) avait été initié aux mystères des mages chaldéens, mais qu'il quitta ceux-ci pour suivre sa propre voie. Il est dit d'ailleurs "fils de Térach"; or, ce nom était l'un de ceux de la Lune en Mésopotamie. Il est écrit en outre qu'un jour, Abram rencontra Melkitsédec, roi de Salem, et qu'ils se partagèrent du pain et du vin (Gen. XIV, 18-19), ce qui était, dans l'ancienne Egypte et en Mésopotamie, un signe de reconnaissance entre initiés des cultes monothéistes d'Osiris et de Mardouk.
Juifs et musulmans reconnaissent les uns et les autres Abraham comme leur ancêtre. Car il engendra de Sarah, sa femme légitime, Isaac, qui est l'ancêtre des Hébreux, et d'Agar, une servante de sa femme Sarah, Ismaël, que les musulmans considèrent comme l'ancêtre des Arabes.
V. aussi: Abram.
ABRAHAM ben David (1110-1180).
Cabaliste espagnol du XIIe, philosophe et historien, appelé aussi Ibn Daoud, qui émigra à Posquières et y épousa une Narbonnaise, fille d'Abraham ben Isaac. Abraham ben David est le père d'Isaac ben Rabed, dit l'Aveugle. Il est l'auteur notamment d'un Sepher ha-Cabala (1161), où il expose l'histoire de la Tradition hébraïque depuis Moïse.
ABRAHAM ben Isaac
Juif cabaliste et talmudiste, qui vécut à Narbonne au XIIe siècle. Il est le beau-père d'Abraham ben David et grand-père d'Isaac l'Aveugle.
ABRAHAM ben Maïmon
Voir: Ben Maïmon.
ABRAHAM ben Meir
Voir: Ibn Ezra.
ABRAHAM ben Shiméon
Cabaliste juif qui vécut à Worms au XVe siècle. Il a été fortement influencé par le livre d' "Abramelin le Mage".
ABRAM
Premier nom du patriarche Abraham. Abram pourrait signifier, Ab voulant dire "père" en hébreu et ram, "grand, élevé", ancêtre; mais, si ram veut dire "bélier", ce nom signifierait "Père d'un bélier". C'est effectivement un bélier qui sera substitué à son fils Isaac au moment où, sur l'ordre de Dieu, Abraham s’apprêtait à l'immoler. Abraham s'étant donc, en cette circonstance, montré entièrement soumis à Dieu, les musulmans le considèrent comme ayant été le tout premier des leurs, puisqu' Islâm signifie en arabe "Soumission".
"Abramelin le Mage"
Oeuvre composée au XIVe siècle, peut-être à Zagreb, par un juif converti au christianisme. A mi-chemin des mystiques juive et occidentale, elle a pour sujet les anges et les démons. Elle sera le livre de base des "Elus Cohen de l'Univers", obédience maçonnique fondée par Martinès de Pasqually. Elle a aussi influencé Aleister Crowley et l'ésotériste celtisant contemporain Robert Ambelain, qui en a édité une version française (Paris, 1959).
Abraham ABRAVANEL
Frère aîné d'Isaac Abravanel, Abraham Abravanel (ou Abarbanel) fût, malgré les services qu'il avait rendus au roi Fernand d'Aragon, chassé d'Espagne en 1492. Il se réfugia alors au Portugal chez son frère Isaac, mais tous deux en seront expulsés en 1497.
Isaac ABRAVANEL (Lisbonne 1437 - Venise 1506).
Talmudiste et cabaliste portugais. Chassé de son pays en 1497, il se réfugia à Corfou, puis Venise, où il publiera Iômôt Olam (Les Jours du Monde) et des commentaires de plusieurs livres bibliques, notamment ceux d'Isaïe et de Daniel approfondissant surtout les passages relatifs au Messie, dont il croyait proche la venue.
Juda ABRAVANEL
Fils aîné d'Isaac Abravanel. Voir: Léon l'Hébreu.,
Samuel ABRAVANEL
Fils d'Isaac Abravanel et frère de Léon l'Hébreu, il dispensa un enseignement cabaliste à Naples vers 1530.
ACCOMANI
Voir: Sam Bothiva.
Achamôth.
Nom de la Sagesse déchue dans le système gnostique de Salomon Valentin (v. ce nom). Achamôth est vraisemblablement une déformation de l'hébreu Chokma (Sagesse).
Achmad ACHSAï (1753-1826).
Philosophe arabe de Bahrein, penseur et visionnaire mystique, considéré comme l'initiateur de l'école dite « shaïkie ».
ACHTAB Khwârezmî ( + 1189 ).
Prédicateur et poète chiite, auteur d'un Kitab al Manâquib apologie du premier imâm de Mahomet, son gendre Ali.
Açouras
Nom (qui veut dire en sanscrit "privés de lumière") des anges rebelles dans les religions hindouistes. La Bhagavad Ghitâ est le récit de leur guerre contre les dieux, laquelle est donc l'équivalent de la révolte des titans dans l'orphisme.
Adacas
Autre nom d'Abel chez certains gnostiques.
v.aussi: Abel.
Adam
Le premier homme (ha-adam selon la Genèse hébraïque) D'après celle-ci, Dieu aurait tiré de lui la première femme, qu'il appellera Eve (Chawa) après que Dieu eut découvert leur désobéissance, et dont il aura trois fils : Caïn, Abel et Seth, ainsi que des filles (dont Azoura, appelée Nôréa par les séthiens).
Selon d'autres traditions, Adam aurait eu d'abord pour épouse Lilith. Celle-ci est assimilée par les astrologues la Lune noire, c'est à dire au deuxième foyer de l'orbite elliptique que décrit la Lune autour de la Terre, laquelle en occupe le premier foyer. D'autres traditions encore font jouer Lilith un rôle analogue à celui de Cybèle.
V. aussi: Adamites, Lilith.
Adamas
Nom que porte, chez les séthiens, l'Homme primordial, qui est l'Anthrôpos de l'hermétisme, et chez d'autres gnostiques Abel le lumineux.
V. aussi: Abel, Adam Cadmon.
Adam Cadmon
Nom que donnent les cabalistes à l'"Homme primordial", l'Anthrôpos de l'hermétisme, c'est dire l'homme archétypique tel que Dieu le conçut de toute éternité dans sa pensée avant de réaliser sa création matérielle.
Cet Homme aurait, selon les cabalistes, franchi successivement avant cette création les quatre mondes de l'arbre séphirotique : d'Atzilout, le monde des archétypes, il passa dans B'ria, le monde de la création, où il prit la forme d'un archange puis dans létsira, où il devint un simple ange; dans Assia enfin, il revêtit le corps de l'homme de chair modelé par Dieu.
v. aussi: Adamas, Cabale, Hermétisme, Sephirôt.
Adamites
Secte gnostique du 11e siècle, fondée en 130 par Prôdicos. Elle tenait Adam pour le premier de tous les prophètes. Ses adeptes se dévêtaient entièrement pour prier,
Adonaï
Les prêtres de Juda ayant, à l'époque de la captivité de Babylone, défendu sous peine de mort par lapidation d'encore dire le nom de IHWH, dont la prononciation exacte n'était plus connue, les juifs remplacent ce nom depuis lors par d'autres vocables, tels que Ha-Shem le Nom, Macôm le Lieu, etc..., un des plus fréquents étant Adonaï qui veut dire "(mon) Seigneur". C'est pourquoi, dans la Bible grecque chrétienne, le tétragramme est toujours traduit par Kyrios qui veut également dire "Seigneur".
Quelques sectes gnostiques donneront le nom d'Adonaï ou Adonaïos à l'archonte qui gouverne, selon eux, le Soleil et qui a la forme d'un aigle.
V. aussi: Aigle.
ADONIRAM
Voir: Ahiram.
Adonis
Dieu phénicien, adoré également sous les noms de Tammouz, Doumouzi, etc. par d'autres peuplades.
Salomon (ou Shlomo) Ben ADRET (1235-1310).
Grand rabbin de Barcelone, qui fonda en cette ville une école cabaliste importante. Adversaire du rationalisme, il interdit l'étude de la philosophie à ceux qui avaient moins de 25 ans. Sa célébrité fut telle, que des conseils lui furent demandés d'un peu partout dans le monde juif. Ses réponses ont été rassemblées en un recueil : Responsa.
Afrites
Voir: préadamites.
Aga Khan
Titre actuel du chef de la secte islamique des nizarites, qui continue celle des assacis, fondée au Moyen Age par Hassan ibm Sabbagh.
AGARTTHA
Région fabuleuse, dont on ne sait si elle est réelle ou imaginaire. Située sous terre quelque part entre la Mongolie et le Tibet, elle serait habitée par une humanité supérieure, dont les dirigeants gouverneraient occultement le monde. Ces derniers auraient soutenu les bogomiles, puis les templiers. On a parfois affirmé aussi que c'est dans cette région que résidait le "prêtre Jean" des nestoriens. Plusieurs gnostiques prétendront avoir eu des contacts avec des "supérieurs inconnus" mandatés par l'Agartha, entre autres Liddell Mathers, Max Heindl, Saint-Yves d'Alveydre, Chérenzi-Lindt, Maurice Braive, etc…
AGLA
Société de pensée de la Renaissance. Née au XIIIe siècle en France, elle groupait des apprentis, compagnons et maîtres de la corporation des travailleurs du livre, ainsi que des écrivains et des dirigeants. Rabelais et même le roi François I pourraient avoir adhéré à l'AGLA, qui fut active surtout à Paris, à Lyon, à Montpellier et jusqu'à Florence. La doctrine qu'elle professait continue celle des cathares et d'autres gnostiques médiévaux, et elle préfigure celle des Rose-Croix.
L'AGLA vénérait en particulier le chiffre 4, symbole du nombre des lettres de son sigle, lesquelles seraient les initiales des mots hébreux Atta Ghibor Léolam Adonaï "Tu es puissant dans l'éternité, Seigneur", ou encore Aïéth Gadol Léolam Adonaï: "Grand soit le Seigneur dans l'éternité".
Dans son De Arcanis Pierre Galatin fera d'Agla l'un des noms de Dieu lui-même.
Cornelius AGRIPPA (Cologne 1406 - Grenoble 1535).
Juriste, médecin, astrologue, alchimiste, magiste, occultiste et cabaliste, philosophe pythagoricien et platonisant, peut-être adepte de la Rose-Croix, Heinrich Cornelis von Nettesheym, dit Agrippa, fut l'un des disciples les plus éminents du célèbre cabaliste et historien Jean Trithème et un ami de Johann Reuchlin. Parti d'Allemagne, il se fixa à Lyon, où il devint le médecin de Louise de Savoie, mais il sera chassé par elle et il mena alors une vie errante en France et aux Pays-Bas, pour mourir finalement dans un hôpital de Grenoble.
Cornelius Agrippa est l'auteur de plusieurs ouvrages en latin, notamment d'une Polygraphia (1518) et de De Occulta Philosophia (1531).
AHIRAIM (ou Adoniram).
Maître d'œuvre d’Hiram, roi phénicien de Tyr, à qui Salomon avait demandé un architecte en vue de la construction d'un temple à Jérusalem. Pour que cette construction soit appropriée à sa fonction, Salomon initia Ahiram et Hiram à la Tradition et c'est ainsi que la Cabala passera au Liban (où avait d'ailleurs déjà séjourné auparavant le patriarche Abraham, dans la région de Harran, la future Carrhae des Romains.)
Ahiram aurait été assassiné par trois de ses compagnons auxquels, ne les en jugeant pas aptes, il avait refusé l'accès à la maîtrise. C'est un des fondements de la tradition maçonnique, selon laquelle il y aurait eu, dans l'histoire ésotérique trois "meurtres rituels": celui d'Abel par Caïn, celui d'Ahiram par trois compagnons et celui de Jésus par les autorités en place.
Selon une tradition islamique, ce ne serait pas de Salomon, le roi des Hébreux, que Balkis, la reine de Saba, aurait été l'amante, mais d'Adoniram, et c'est du fils de ce dernier que descendraient les rois de l'Abyssinie.
AHRIMANE
Contraction du nom d'Angra-Mainiou, l'esprit mauvais de la religion mazdéenne et du manichéisme.
Aigle
Symbole solaire. Pour différentes sectes gnostiques, l'archonte du Soleil a la forme d'un aigle.
C'est cette forme aussi que, dans la mythologie grecque, Zeus aurait prise pour enlever le berger Ganymède afin de l'emmener dans l'Olympe, où il deviendrait l'échanson des dieux.
Pour les Séthiens, le fils du Père céleste et de Barbêlô, Christ était apparu sous la forme d’un aigle au sommet de l’arbre de la connaissance du Jardin d’Eden au moment de l’Epinoïa, la pensée du Père, ayant, elle, la forme d’un serpent, révéla la gnose à Ève et à Adam. Pour les mandéens, c’est de même la Sagesse divine qui, sous la forme d’un aigle perché sur un arbre à l’embouchure de l’ Euphrate, avait enseigné aux hommes la vérité.
C’est un aigle encore qui, dans les versions éthiopiennes et syriaques de l’ « Apocalypse de Baruch », sert de messager entre Baruch à Jérusalem et Jérémie en exil.
Irénée fera de l’aigle l’animal allégorique de l’Évangile selon Marc, mais les chrétiens l’ont traditionnellement attribué à l’Évangile selon Jean.
V. aussi: Archanges et archontes.
Aigle noir
Voir: Willermoz.
Pierre d'AILLY (Compiègne 1350 - Avignon 1420).
Théologien et astrologue. Auteur d'un Tractatus super Reformationem Ecclesiae (Traité sur la réforme de l'Eglise), d'une Concordantia Historiae et Astrologiae (Concordance de l'histoire et de l'astrologie) et d'une Imago Mundi (Image du Monde) qui sera l'une des sources d'information de Christophe Colomb. Il soutint notamment, comme avant lui Alboumazar et Roger Bacon, que la naissance des grandes religions s'était produite sous des conjonctions planétaires remarquables, et il prédit la fin du monde pour environ 1785.
Fait cardinal par l'anti-pape Jean XXIII en 1412, Pierre d'Ailly participa au concile de Constance de 1414, au cours duquel il se prononça pour la primauté des conciles sur le pape. Il eut de nombreux disciples, parmi lesquels le célèbre théologien Jean Germen.
Aïn.
Mot hébreu signifiant "rien". C'est l'attribut essentiel de Dieu pour les cabalistes, le Rien n'étant pas le néant. Basilide a émis une idée analogue en affirmant que le Dieu suprême est l' Être non-existant.
Henry AINSWORTH (1571-1621).
Cabaliste puritain anglais, qui vécut à Amsterdam. Il publia, partir de 1616, des "Annotations sur le Pentateuque'.
Omraam Mikhaël AÏVANHOF
Voir: YVANOF.
AKIBA ou AKIVA
Voir: Aquiba ben Iossef.
AKIROF
Voir: Ahiram, Jubelas.
LES AKKADIENS
Peuple sémite primitif des bords du Tigre, qui envahit et conquit les pays de Sumer, sur le Tigre également, dont les populations étaient indo-européennes, et de la Chaldée, sur l'Euphrate, peuplée également de sémites, qui les civilisèrent.
Avant ces conquêtes, la religion akkadienne ne connaissait comme Dieu suprême que le Soleil, qui était la Grande Déesse Mère et avait deux enfants: son fils, Shahar (la Lune), et Athtar (notre Vénus), qui était une divinité masculine, dieu de la guerre comme étoile du matin, mais féminine et déesse de l'amour comme étoile du soir et appelée alors aussi Ishtar.
Au contact des populations chaldéennes et sumériennes, les akkadiens se civilisèrent et adoptèrent la mythologie des peuples qu'ils avaient conquis.
V. aussi: Ishtar, Sine, Sumer et Chaldée
William ALABASTER (1567-1540).
Cabaliste anglaisChapelain du comte d'Essex, il se convertit, lors d'un séjour en Espagne, au catholicisme romain. Ses commentaires de l'Apocalypse johannite et de la Genèse sont très discutables. Ils seront d'ailleurs condamnés à Rome, où Alabaster sera même jeté en prison. Libéré, il rentra en Angleterre et il se tourna finalement vers l'anglicanisme.
Saïed Achnad ALAOUI
Philosophe duodéciman persan, mort en 1645.
Alaouites
Secte musulmane chiite comptant des adeptes de la Syrie au Maroc. Ils sont appelés aussi Ansariyas ou Nouçayris.
V. aussi: Nazoréens, Noucayris.
ALBERT le Grand (1193-1200).
Dominicain allemand, Albert de Bollstadt, dit le Grand, fut magiste, théologien et homme de science. Il sera canonisé par l'Eglise, ayant compté parmi ses disciples un autre théologien, Thomas d’Aquin, canonisé lui aussi, qui contribuera comme lui propager en Occident les oeuvres et la pensée d'Aristote et d'Augustin.
N'étant pas dualiste, Albert le Grand ne saurait non plus être considéré comme gnostique, mais ne peut néanmoins être passé sous silence, car il pratiqua notamment l'astrologie et l'alchimie, s'illustrant en ces arts au point de passer pour un maître des plus éminents en la matière et il influencera de nombreux autres penseurs, notamment gnostiques.
Il fera d'ailleurs un remarquable effort de synthèse entre l'alchimie, les sciences expérimentales, la philosophie grecque et la théologie chrétienne, aboutissant parfois, comme l'avait fait aussi le savant et philosophe arabe Averroès, à la thèse de la "double vérité" : la vérité de la science et celle de la religion peuvent être différentes. Cependant, pour Albert, la première reste toujours subordonnée à la seconde.
Pareille attitude peut paraître spécieuse, et elle l'est souvent en effet, mais elle a permis à Albert le Grand d'affirmer impunément des vérités scientifiques jugées suspectes, telles que la sphéricité de la Terre, n'hésitant pas à taxer d'ignorance ceux qui affirmaient que des hommes vivant aux antipodes devraient nécessairement tomber dans le vide...
Albigeois
Nom sous lequel sont souvent désignés les cathares de la région d'Albi et de Toulouse.
Voir aussi: Cathares.
ALBIN
Philosophe juif néo-platonicien du 11e siècle de notre ère, Albinus ou Albin fit des idées platoniciennes les modèles sur lesquels le Créateur façonnerait la matière pour en tirer les créatures. L'Âme cependant, pour Albin, n'est pas individuelle, mais universelle.
De même, comme son contemporain Marcion, distingue-t-il deux Dieux: le Dieu Un, Être ineffable qui engendra l'Intelligence, pur effet de sa divinité, et l'Âme universelle ; et le Dieu créateur, qui façonna les astres, les démons et le monde sublunaire à partir de la matière en prenant pour modèles les idées émanées de la triade précédente. Ces dernières, le Dieu Un, l'Intelligence et l'Âme, ne sont pas sans analogies avec l'Atzilout de la Cabale, qui comprend Kéter, Bina et Chokma.
V. aussi: Adam Cadmon, Sephirot belima.
ALBOUMASSAR
Nom sous lequel est connu en Occident Abou Mouça Djaffâr ibn Mohammed al Soufi, célèbre astrologue arabe du XVe siècle, auteur notamment d’un ouvrage traduit en latin sous le titre De Magnis Conjunctionibus annorum perfectionibus traduction qui sera publiée à Augsbourg en 1489.
ALBOUMAZAR (796-885)
Nom latinisé de l'astrologue Abou Mahar al Balkhi, de Bagdad, auteur notamment d'une théorie des cycles d'inspiration hermétiste.
Achmed ben Ali AL-BOUNI ( + 1225 )
Magiste musulman fortement influencé par la Cabale pratique juive.
ALBRECHT von Scharffenberg
Auteur de Titurel (vers 1270), qui est la suite et fin du dernier ouvrage de Wolfram von Eschenbach
V. aussi: Wolfram.
Salomon ALCABETZ (1505-1584).
Cabaliste juif né en Turquie, qui adhéra à la
communauté de Safed, en Galilée. Il est l'auteur du cantique Lécha dôdi (Viens,
mon aimé), souvent chanté par les juifs à la veille du sabbat.
Alcabetz fut un des disciples de Joseph Care et il assista à quelques unes de
ses extases. Il aura lui-même pour disciple, entre autres, son beau-frère Moïse
Cordovero.
Alchimie
L'alchimie, qui est sans doute née en Chine, puis s'est répandue jusqu'en Grèce, où elle fut illustrée notamment par le philosophe Démocrite, lequel l'introduisit en Égypte, est indépendante de toute religion et ses principes ne se rattachent pas au gnosticisme.
Pour les alchimistes, le salut ne doit pas venir de la Divinité, mais de l'esprit même de l'homme qui la pratique. Cependant, de nombreux gnostiques ont pratiqué l'alchimie, entre autres les ismaéliens musulmans, par qui elle s'est répandue en Europe occidentale, via l'Espagne.
Pour les alchimistes, les éléments sont à la fois matériels et spirituels. Dans leur état matériel, ils sont grossiers, opaques, épais. Dans leur état spirituel, ils sont subtils, fins, éthérés.
En travaillant à purifier la matière brute, l'alchimiste se spiritualise lui-même.
A noter encore le fait que, pour l'alchimie, traiter la materia prima dans un creuset (crux) se dit la "crucifier".
V.aussi: Démocrite, Ismaéliens, Martinisme, Séthiens.
AL-FÂRÂBI (Ouassif 870 - Damas 950).
Nom sous lequel est mieux connu Mohammed ibn Tarchâne Abou-Nasr, soufi turkmène qui fut à la fois philosophe, imprégné de Platon et d'Aristote, linguiste et physicien. Pour lui, Dieu préexiste à la création, mais il a engendré, non seulement des "intellects passifs", qui ont organisé l'univers sensible, mais encore un "intellect agent", qui a transmis ses facultés à l'âme des hommes.
Ibn AL-FARIDH (1181-1235).
Poète et philosophe soufi, auteur de l'"Éloge du Vin", le vin symbolisant ici l'extase mystique.
AL HALLAD
Voir: Hallâdj.
AL GHAZALI
Voir: Ghazâli.
ALl ibn Talib (La Mecque, vers 602 - Coufa 661).
All ibn Talib, un cousin de Mahomet, épousera Fatima, l'une des filles de ce dernier, devenant ainsi son gendre. Après la mort de Mahomet en 632, ce sont successivement Abou Bakr, Oumar, Othmane et Ali qui exerceront les fonctions de calife, ce dernier à partir de 656.
Cependant, les musulmans chiites ne considèrent les trois premiers que comme les successeurs temporels de Mahomet et non comme des imâms, c'est à dire ses successeurs spirituels : le premier imâm après le Prophète, c'est donc pour eux Ali.
Mahomet, sa fille Fatima, son gendre Ah ibn Tahib et les onze autres imâms qui succédèrent à ce dernier constituent, pour les chiites duodécimans, les quatorze "grands immaculés", dont les âmes sont supérieures à celles de tous les autres hommes.
V. aussi: Duodécimans.
Mirza ALI-MOHAMMED (Chiraz 1819 - Tabriz 1850).
Fondateur du babisme en 1844 année où il se proclama le Mahdi, c'est à dire le septième imâm attendu par les musulmans chiites septidécimains, et aussi le Bâb (la Porte) nouçayris.
Il professa alors une doctrine tendant à syncrétiser les gnoses zervaniste, ismaélienne et alaouite, mais consacrant l'égalité de droit des hommes et des femmes.
Le Bab sera déclaré hérétique et, ses partisans et lui ayant provoqué une insurrection en Perse, il sera fait prisonnier et fusillé à Tabriz.
ALLAN-KARDEC (1804-1869).
Pseudonyme d'Hippolyte-Léon Rivail, qui se prétendit la réincarnation d'un druide de ce nom et fera du spiritisme une véritable religion, pour ne pas dire une superstition.
Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages, qui lui vaudront de nombreux adeptes, entre autres Victor Hugo, mais qui contiennent, notamment sur la Cabale, des interprétations discutables.
AL-LATIF
Voir: Saba.
Iochannn AL-LEMAIN (ou Alleman), dit Alemanius.
Juif érudit du XVe siècle, qui passe pour avoir initié à la Cabale Pic de la Mirandole. Son nom véritable était peut-être Isaac Deutscher.
Jean-François ALLIETTE (1738-1791).
Magiste, hermétiste, astrologue, mathématicien et cartomancien, dit aussi Etteilla. Il a affirmé les origines égyptiennes du tarot, comme le fera aussi Aleister Crowley.
Jacob AL-MOLI (1515-1542).
Médecin et cabaliste juif ayant vécu à Salonique et à Istanbul. Il est l'auteur de livres d'interprétation des songes.
Chârith ibn Assad AL-MOUCHASSIBI ( + 857 ).
Soufi iranien qui subit des influences judaïques et chrétiennes. Il a beaucoup écrit et fait de nombreux disciples. Pour lui, "le monde est la prison du croyant; il n'y trouve, ni joie, ni plaisir.
Al-Mouchassibî a aussi exalté l'amour de Dieu et il peut, à ce titre, être compté parmi les précurseurs des "fidèles d'amour".
Alphabets
Les origines des écritures occidentales et celles de la Gnose sont étroitement liées et plusieurs systèmes gnostiques sont d'ailleurs basés sur un alphabet : la Cabale sur l'alphabet hébreu, certaines conceptions nordiques sur les runes, les doctrines de Marcos et de Monoïme sur l'alphabet grec, certains systèmes ismaéliens sur l'alphabet arabe, etc…
Il s'indique, par conséquent, de retracer, fût-ce brièvement, quelles sont en réalité les origines des alphabets méditerranéens, nordiques et occidentaux.
On affirme habituellement que l'écriture alphabétique aurait été inventée par les phéniciens.
En fait, ceux-ci n'ont fait que reprendre l'alphabet hébreu primitif, dérivé probablement lui-même de l'écriture cananéenne, issue de l'écriture démotique égyptienne tirée des hiéroglyphes.
On a retrouvé dans le désert du Sinaï de nombreux documents écrits selon un alphabet dérivant lui aussi des hiéroglyphes et paraissant avoir donné naissance à l'alphabet hébreu primitif, à l'alphabet araméen et à l'alphabet phénicien.
A Lachish notamment a été retrouvée toute une correspondance, écrite au moyen d'une sorte d'encre sur des tablettes de terre cuite, entre le gouverneur de cette ville, qui relevait alors du royaume de Juda, et le roi de Jérusalem, peu avant la chute de cette dernière et la déportation de ses habitants à Babylone.
C'est au cours de la captivité que l'écriture hébraïque, influencée par la cunéiforme, devint ce qu'on appelle "l'hébreu carré", qui est encore aujourd’hui en usage parmi les juifs, notamment en Israël, et qui aurait été mis au point par Esdras.
L'alphabet phénicien dérive de l'alphabet hébraïque primitif d'avant la captivité de Babylone.
Il donnera lui-même naissance à l'alphabet grec : selon la légende, ce serait Kadmos (ou Cadmus), fils du roi, phénicien Agénor, qui aurait fondé la ville de Thèbes en Béotie et aurait adapté à la langue grecque l'alphabet phénicien.
Ce dernier est probablement aussi à l'origine des runes nordiques et même de l’écriture maya, car les navigateurs phéniciens ont, dans l'Antiquité, sillonné les mers du monde entier, y compris de l'actuelle Amérique.
Les noms des vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu, d'où dérivent ceux des lettres correspondantes des alphabets phénicien et grec, sont des mots qui commencent par chacune de ces lettres.
Ainsi aleph veut dire "tête de boeuf", beith signifie "demeure", ghimel est une déformation de ghamal qui veut dire "chameau", noun veut dire "poisson", côf (auquel correspond la lettre grecque archaïque coppa d'où dérive notre q) signifie "singe", etc.
Ces lettres sont toutes des consonnes ou des semi-voyelles parce qu'aucun mot hébreu ne commence par une voyelle.
Au VIII° siècle de notre ère, des juifs érudits, appelés "massorètes", suppléèrent cette carence au moyen d'un système de points et de barres qui s'inspirent de l'écriture arabe.
Mais les hébreux avaient en outre une numération basée sur leur alphabet, dont chaque lettre symbolise un nombre : aleph vaut 1, beith vaut 2, ghimel vaut 3, daleth 4, hé 5, wav 6, zaïne 7, chêt 8, thêt 9, iod 10, kaf 20, lamed 30, mêm 40, noun 50, samech 60, ayïne 70, pé 80, tsadé 90, cof 100, resh 200, shine 300 et tav vaut 400.
On utilise aussi les graphies finales de certaines lettres en leur attribuant une valeur plus élevée : le kaf final vaut ainsi 500, le mêm final 600, le noun final 700, le pé final 800 et le tsadé final 900; enfin, à partir de mille, on reprend avec aleph en surmontant la lettre d'un trait, tandis que le million est représenté par un grand aleph
Ces valeurs coïncident exactement avec celles des lettres de l'alphabet grec jusqu'à la lettre pi (l'équivalent du pé hébreu), qui vaut 80, y compris l'antique di-gamma qui correspondait au wav hébreu, l'un et l'autre valant 6, et d'où dérive notre F, mais qui se prononçait comme le wav hébreu pourvu d'un point daghésh c'est à dire comme le w anglais actuel.
Ensuite, la valeur des lettres change : en grec, c'est le rhô qui vaut 100, sigma vaut 200, tau 300, upsilonn 400, phi 500, chi 600, psi 700 et omega 800.
Il semble avoir existé aussi une lettre grecque correspondant au tsadé hébreu et valant 90 ou 900, comme cette dernière, mais elle était déjà totalement inusitée bien avant l'époque classique.
Enfin, les lettres de l'alphabet arabe ont aussi une valeur numérique, qui correspond à celles du grec et de l'hébreu jusqu'au noun et au nu, les autres lettres arabes ayant d'ailleurs une valeur différente dans le Maghreb et dans les pays orientaux de langue arabe, tandis que les lettres de l'alphabet persan sont au nombre de trente-deux, ce qui est aussi, selon le Sepher Iétsira cabalistique, le nombre des "sentiers de sagesse" grâce auxquels Dieu aurait édifié le monde et qui sont, d'après ce livre, les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu et les dix séphirôt.
Ces valeurs numériques ont donné naissance à divers systèmes arithmosophiques: le tsérouf des cabalistes juifs, le pséphisme grec, etc.
De même, les nordiques attribuèrent-ils une valeur magique à la forme même des runes, comme certains cabaliens, tels qu'Abraham Aboulafia, la forme des lettres de l'hébreu carré.
On peut aussi adapter l'alphabet latin, qui dérive du grec, tel qu'il est usité en français, à la valeur des lettres hébraïques et, subsidiairement, grecques correspondantes.
On obtient ainsi l'alphabet symbolique latin suivant :
A=1 I=J=Y=1O Q=C=1OO
B=2 K=20 R=200
C=Q=1OO L=30 S=300
D=4 M=40 T=400
E=5 N=50 Ts ou Tz=90
F=U=V=6 U=V=W=6
G=3 0=70 X=60
H=8 P=Ph=80 Y=I=10
Th=9 Z=7.
Enfin , les astrologues hébreux représentaient aussi les planètes par des lettres de leur alphabet: Saturne par beith Jupiter par ghimel, Mars par daleth, le Soleil par kaf, Vénus par Pé , mercure par resh et la Lune par taw.
En outre, à l'air correspond aleph, à l'eau mêm, à la terre ayîne et le feu à shine, les trois premières de ces lettres étant qualifiées de "mères".
Quant aux signes du zodiaque, qui ont toujours eu en outre leurs propres symboles, dérivés eux aussi des hiéroglyphes égyptiens, ils correspondent aux onze autres lettres, dites "simples", de l'alphabet hébreu.
V. aussi: Cabale, Esdras, guématrie, Kadmos, runes, séphirôt, origines.
Alpha Galates
Cercle ésotériste né en France pendant la deuxième guerre mondiale, lié au prieuré de Sion et ayant entretenu des rapports avec le cercle occultiste allemand Kreisar, opposé à Hitler et au nazisme. Pierre Plantard de Saint-Clair en devint le grand maître en 1943. Alpha Galates et Kreisar avaient l'un et l'autre des objectifs analogues au "Grand Dessein" de Henri IV et de Maurice de Nassau.
V. aussi: Amadou, Barnaud.
Abou Hâtim AL-RAZI
Voir: Râzi.
Aboul Hassan AL-SHÂDIBI
Penseur arabe qui fonda au XIIIe siècle dans la partie occidentale de l'Islam un ordre soufi dont les enseignements s'inspiraient d'Abou Bakr Ibn Arâbi et de Djalaleddîne Roûmi.
Moïse ALSHEICH (1508-1600).
Cabaliste éminent qui succéda à Joseph Caro à la tête de la communauté galiléenne de Safed et eut pour disciples, entre autres, Moïse Isserlès et Isaac Louria. Pour lui, le sens du Shir ha-Shirîm (cantique des Cantiques) est uniquement et tout entier mystique (sôd: secret). Alshéich transmettra ses pouvoirs à Chaïm Vital.
Robert AMADOU
Occultiste français contemporain, membre de l'Église martiniste, d'Alpha Galates et de l'Ordre de Memphis et Misraïm.
Il a publié notamment un ouvrage remarquable sur « l’occultisme »(1950) et, en collaboration avec Robert Kanters, une excellente "Anthologie littéraire de l'occultisme" (1975).
Amalécites
Peuple dont l'habitat, aux temps bibliques, se
situait entre l'Idumée et l'Arabie et qui fut en lutte contre les hébreux
lorsque ces derniers eurent conquis Canaan, la Terre promise.
Comme les habitants de celle-ci, les amalécites donnaient à la Divinité le nom
d'El. Leur religion initiatique était semblable à celle de l'Égypte ancienne et
leurs prêtres étaient d'ailleurs admis dans la hiérarchie sacerdotale
égyptienne et réciproquement. Ils semblent avoir été les descendants de mages
réfugiés sur le Caucase au moment d'un déluge, redescendus ensuite dans la
plaine et ayant grossi leur nombre en initiant à leurs traditions plusieurs
personnes parmi les peuplades dont ils traversèrent les territoires avant de se
fixer au nord de la péninsule arabique. Ils se confondent peut-être avec les
Elamites. Ils seront dispersés par Saül et David. Certains d'entre eux se
réfugieront à nouveau dans des montagnes et peut-être ces derniers comptent-ils
parmi les ancêtres des Druzes.
Selon certains cabalistes, la révolte des anges rebelles eut lieu lors d'une bataille entre les hébreux et les amalécites, pour lesquels ils avaient pris parti. Dieu les auraient ravalés alors au rang de démons.
V. aussi: Azazel, Cananéens, Druzes.
Robert AMBELAIN
Écrivain français contemporain, auteur d'ouvrages sur le celtisme, la franc-maçonnerie et les origines du christianisme. Grand-maître de l'Ordre de Memphis et de Misraïm.
V. aussi: "Abramelin le Mage".
"Les Amitiés spirituelles"
Association magiste et mystique fondée au début du XXe siècle par Paul Sédir, qui la mit sous le patronage du Christ et la voua notamment à des activités charitables.
AMMNIOS SACCAS (175-242).
Philosophe néo-platonicien égyptien, qui fut d'abord chrétien et pourrait être l'auteur d'un Diatessaron grec sur le modèle du Diatessaron syriaque de Tatien. Mais il rompit avec l’Église romaine et s'employa dès lors à rapprocher les diverses religions et philosophies connues à son époque. Il est ainsi le fondateur de l'histoire des religions et le précurseur des théosophes contemporains. Les disciples d'Ammonios Saccas se dénommèrent "philalèthes" (amis de la vérité). Il fut notamment le maître de Plotin et d'Origène.
AMON.
Un des principaux disciples, avec Asclépios et Tat, de l’Hermès Trismégiste dans les écrits hermétistes.
V. aussi: Hermétisme.
A.M O R.C
Initiales des mots anglais Ancient and Mystic Ordre of the Rosy-Cross appellation d'une association soi-disant rosicrucienne fondée par l'américain H. Spencer Lewis en 1909.
Sayied Haydâne AMOULI (1320-vers 1390).
Soufi persan du XIVe siècle, appelé aussi Haydar Hosseyni Amôli, qui se rendit célèbre par son livre Djâmi al Asrâs et tentera un rapprochement entre le soufisme et le chiïsme. Il considérait la Tradition ésotérique de l'Islam comme un dépot divin, transmis de génération en génération à ceux qui sont aptes à la recevoir, mais il distinguait parmi ceux-ci trois niveaux de compréhension de cette Tradition, lesquels correspondent assez bien à la distinction qu'avaient faite les caïnites et les valentiniens entre hyliques, psychiques et pneumatiques : aux premiers est donnée, selon Amoli, la sharia qui ne dépasse pas le sens littéral des textes; aux deuxièmes, la tariqua qui est la voie mystique; aux troisièmes, la haquiqua qui est la vérité gnostique. Amouli identifiait enfin le Paraclet des chrétiens avec le Mahdi.
ANAN ben David
Exégète juif qui, s'étant fait élire contre-exilarque en 767 par un conclave tenu en Babylonie, fonda la secte gnostique des caraïtes, qui rejette le Talmud pour s'en tenir à l'étude attentive du texte des livres de la Bible hébraïque.
V. aussi: Caraïtes.
ANAXIMANDRE (Milet, vers -610 - 546).
Philosophe ionien, disciple de Thalès. Pour lui, la matière est éternelle et infinie, et l'homme a eu pour ancêtre un poisson. Anaximandre sera l’un des maîtres de Pythagore.
V. aussi: Pythagorisme, Vishnou.
James ANDERSON (vers 1660 - 1739).
Écrivain anglais qui fut chargé par la franc-maçonnerie de coordonner les règles des diverses loges maçonniques de son époque et qui rédigea dans ce but l'ouvrage connu sous le nom de "Constitutions d'Anderson". Celles-ci seront approuvées en 1722 par vingt-quatre loges. Elles sont encore à la base de la plupart des obédiences actuelles.
v. aussi: Franc-maçonnerie.
Jean-Valentin ANDREA (1586-1654).
Alchimiste et mathématicien, encore appelé Andreae ou Andras. Il réforma l’organisation de la Fraternité de la Rose-Croix et écrivit notamment "Les Noces chymiques de Christian Rosenkreuz" et la "Christianopolis". Celle-ci, ville idéale et utopique, tient à la fois de la Jérusalem céleste de l'Apocalypse johannite et de l’Utopia de Thomas More. Andréas passe pour avoir été en son temps nautonier du Prieuré de Sion.
ANDRÉ
Frère de Simon Bariôna, né probablement à Beth-Saïda vers 12 avant notre ère. On ne sait de lui que peu de choses. Il pourrait avoir accompagné Syméon Pierre et Jean (dit Marc) à Rome et y avoir assuré l'intérim de l'épiscopat lorsque Syméon fut rappelé à Jérusalem en 62. Mais c'est Lin que ce dernier désignera en 67 pour lui succéder à Rome. On ne sait ensuite plus rien d'André. Sa mort à Patras est en tout cas tout à fait légendaire.
ANDRIAS
Nom que porte aussi Abel chez les kantéens.
Angélologie
Dans la Bible hébraïque, il est souvent question d'"anges des élohîm" ou "de Dieu", c'est-à-dire d'envoyés, de messagers (malakîm) que les Septante, traducteurs alexandrins de la Bible en grec, appelèrent angheloï, d'où le latin angeli et le français "anges". Leur nature exacte ne ressort pas clairement du contexte de la Bible, mais les écrits juifs dits "intra-testamentaires", c'est-à-dire ceux qui se placent entre l'Ancien et le Nouveau Testament chrétien, en feront, en particulier les livres d'Hénoch, des êtres surnaturels, d'essence intermédiaire entre la Divinité et les hommes.
Cette conception sera reprise par le christianisme, puis par l'Islam, tandis que, pour Philon, les anges seraient des âmes qui ne se sont pas encore unies à un corps d'homme et qui apparaissent dans le monde sublunaire comme des agents du Logos émanation de la Divinité, qui est sa Sagesse; ils aident les hommes dans leur lutte contre les passions mauvaises et transmettent à Dieu leurs prières.
Ces êtres d'une nature intermédiaire entre la nature humaine et la nature divine jouent souvent un rôle important dans les doctrines gnostiques, il convient d’esquisser ici les principales conceptions qui ont cours à leur sujet, d'autant plus que les religions chrétiennes catholiques et orthodoxes elles-mêmes reconnaissent l'existence des anges et ont leurs propres angélologies.
Selon toutes ces traditions, les anges célestes seraient hiérarchisés en trois fois trois "classes" (dans le sens à peu près du latin classis, "armée" ou "escadre"), donc neuf classes au total.
Il y a tout d'abord les anges proprement dits, ishîm en hébreu, les "fantassins" en quelque sorte, analogues aux férouêr perses et aux genii latins. Leur élément est l’air Ils sont aussi appelés "fils de la vie". Dans certaines croyances, un ange de cette "classe" est attaché à chaque homme ou femme (chez les latins, il porte alors, s'il est le gardien d'une femme, le titre de iuno) avec la charge de le ou de la suivre et de le guider - d'incarnation en incarnation notamment, pour ceux qui croient à la métempsycose - : c'est « l’ange gardien » des chrétiens, dont il est question notamment dans "Le Pasteur" d'Hermas.
Au dessus de ces anges sont les archanges analogues aux açouras des hindous. Leur élément est le feu.
Viennent ensuite les archées ou "puissances" (élohîm en hébreu), qui sont censés présider aux grands mouvements, de foule ou de pensée, aux révolutions, à l'entrée en scène des personnalités dirigeantes qui font l'histoire. Les archanges sont censés être leurs enfants (b'néi élohîm)
Les premiers anges de la deuxième triade sont appelés vertus. Ils correspondent aux dêvas des hindous. Viennent ensuite les dominations qui sont censées être les ordonnateurs du système planétaire. Puis les principautés ou princes que certains gnostiques assimilent aux Elohîm de la Genèse, organisateurs de la Terre et créateurs d'une première humanité, composée comme eux, "à leur image", d’êtres mâles et d'êtres femelles (Gen. I 27).
Vient enfin la troisième triade, avec tout d'abord les trônes puissances suprêmes régissant les dons et les sacrifices. Puis les chérubins dont le nom est issu de celui des khéroubîm assyriens, êtres surnaturels au corps de taureau avec une tête d'homme, les pattes arrières et une queue de lion, et des ailes d'aigle ils sont les reflets de la Lumière divine, de l'Aïn des cabalistes. Enfin, les séraphins anges de l’amour dont le nom a la même racine que l'hébreu saroph qui veut dire "brûler"
Parmi les "princes", Lucifer (qui, pour d'autres, serait un chérubin), le porteur de lumière, osa se mesurer à Dieu. Il fut vaincu et entraîna dans sa chute des archanges et des anges qui s'étaient rebellés avec lui.
Selon certaines traditions, Caïn n'aurait pas été un fils d'Adam et d'Ève, mais celui de Lucifer et de Lilith, celle-ci ayant d'ailleurs été la première femme d'Adam. Selon d'autres traditions encore, qui associent chaque classe d'anges à une planète, les astéroïdes qui gravitent entre les orbites actuelles de Mars et de Jupiter seraient les débris de la planète qui correspondaient à Lucifer et dont la destruction aurait été une conséquence de la chute de ce dernier.
Ajoutons cependant que, dans la Perse antique et actuellement dans l'Islam chiïte, il n'y a que deux catégories d'anges : les anges (ordinaires) et les chérubins, qui sont des "archanges", des anges supérieurs.
Animaux cosmiques
Voir: Archanges et archontes, Astrologie.
ANNUBION
Astrologue égyptien originaire de Diospolis. Ayant adhéré au simonisme, il accompagnera Apion à Rome quelque temps, mais rentrera ensuite en Égypte.
ANOSH
Nom d'Enosh, fils de Seth, chez les mandéens, qui en font toutefois un fils d'Abel (Hibil), un frère de Seth (Shitil).
Abraham-Hyacinthe ANQUETIL-DUPERRON (1731-1805).
Linguiste d'origine normande, mais né et mort à Paris, qui s'adonna à l'étude, entre autres, du sanscrit, du persan, et traduisit de nombreuses oeuvres indiennes et persanes. Il est de ceux qui ont soutenu que les Celtes et les Hindous seraient des descendants des habitants d'Hyperborée.
Ansariyas
Voir: Nouçayris.
Anthroposophie
Dissidence de la Société théosophique, provoquée par Rudolf Steiner.
Anthropos
Voir: Adam Cadmon, Hermétisme, Homme primordial, Zosime.
Egidio ANTONINI
Voir: Gilles de Viterbe.
Aour-Mazda (ou Ahura-Mazda ou Ohrmazd).
Le Dieu suprême et sans forme pour Zoroastre. De lui dépendent trois "génies" : Atar, qui régit le feu; Ahrimane, qui régit les ténèbres; et Mithro, qui régit la lumière et a pour tâche spécifique de s'employer à concilier les deux autres.
APELLÈS
Chrétien gnostique du 11e siècle, qui systématisa les enseignements de Cerdon et de Marcion dans deux ouvrages : les "Syllogismes" et les "Révélations", qu'il publia à Rome. Il y professait qu'il y a un Dieu suprême, bon et unique, auquel sont subordonnés un ange juste qui a créé toutes les choses matérielles, un ange de feu qui a parlé à Moïse et un ange qui est l'auteur du mal. Ces trois anges ne sont que des créatures de Dieu et la Bible hébraïque est mensongère au sujet de ce dernier.
C'est pour apporter aux hommes la vérité à son sujet que Jésus, son fils, est descendu sur Terre, où il se composa, au moyen des éléments cosmiques, un corps de chair.
Il a été "pendu au bois" par des juifs, mais il est ressuscité et il est réapparu à ses disciples; puis, se dépouillant de sa chair en rendant successivement aux éléments les substances de son corps, il est retourné vers son Père, le Dieu bon, laissant à ses disciples la semence de vie qu'il leur incombe de porter aux croyants.
APION
Simonien originaire d’Alexandrie. Il exerça à Rome la profession d'avocat à l'époque de Caligula, de Claude et de Néron, mais il était aussi grammairien et littérateur, et il a écrit notamment des études sur Homère.Violemment hostile aux juifs, Apion affirmait, entre autres, que le Temple de Jérusalem abritait la statue en or d'un dieu à tête d'âne. Il eut pour adversaires notamment Philon d'Alexandrie, Flavius Josèphe et peut-être aussi Syméon Pierre, tandis qu'il pourrait avoir été l'avocat de l'apôtre Paul. Josèphe écrira vers 94 un pamphlet célèbre en deux livres contre Apion
V. aussi: Annubion, Simon le Mage.
Apocalypses
Le mot "apocalypse" est la francisation d'un mot grec qui signifie "révélation". Il s'agit de visions prophétiques relatives, pour la plupart, à la fin des temps et aux cataclysmes qui doivent la précéder. Ce genre littéraire est d'origine iranienne. Il a été beaucoup utilisé par les juifs et par les chrétiens.
Les apocalypses juives les plus célèbres sont le 3e livre de Baruch la Révélation d'Abraham , la Révélation d'Elie. La plus célèbre apocalypse chrétienne est celle qui a été mise sous le nom de l'apôtre Jean.
Il y a aussi des "petites apocalypses" insérées dans d'autres oeuvres, comme celles du livre de Daniel et celles des trois Évangiles synoptiques et de l'Évangélion marcionite.
Il y a enfin des Apocalypses de Pierre, dont l'une fut bien près d'être admise dans le canon des Écritures chrétiennes, car elle est mentionnée dans le fragment dit "de Muratori" comme étant de valeur égale à celle attribuée à Jean.
L'Apocalypse johannite
Le dernier des livres du canon chrétien est attribué, en son entier à l'apôtre Jean, un des disciples de Jésus le Nazaréen, mais il paraît bien être en fait une compilation de deux ou de trois oeuvres antérieures : la première, écrite sans doute en 62 ou en 63 par Marc l'évangéliste (qui s'appelait aussi Jean : V. Actes des Apôtres XII 25); la deuxième, écrite vers 80, au moment de l'éruption du Vésuve; la troisième, composée probablement en effet par Jean l’Apôtre, vers 95, au moment de son exil à Patmos, avec des épîtres aux sept églises d'Asie.
Le compilateur final est sans doute Papias, qui se disait disciple de Jean l'Apôtre (qu'il appelle plus volontiers Jean le Théologue) et aussi de Jean le Doyen mais qui était aussi cabaliste, car il fut aux côtés du rabbi Aquiba au moment de l'insurrection de Syméon Bar Kochba de 132 à 135. C'est sans doute après l'échec de celle-ci qu'il se réfugia à Ephèse avec le rabbi Tarphon, qu'il s'y convertit au christianisme johannite et qu'il fusionna en un seul, les deux ou trois textes mentionnés ci-dessus.
Comme la plupart dos cabalistes, Papias faisait tout aller par sept. Il dit notamment que les disciples principaux de Jésus avaient été sept, tout comme ceux de Syméon Bar Iochaï, l'auteur présumé du Sepher ha-Zohar, que Papias avait bien connu aussi, et Bar Iochaï appelait ses sept disciples, ses "yeux". De même, dans l'Apocalypse johannite, presque tout tourne autour du nombre sept, notamment les sept cornes et les sept yeux de l'Agneau (Ap. V 6). En outre, les citations et les allusions les plus nombreuses proviennent du livre d'Ezéquiel un des plus en honneur auprès des cabalistes (Mercaba) et le nombre des chapitres qui la composent est de vingt-deux, le nombre des lettres de l'alphabet hébreu.
L'œuvre se présente comme une vision prophétique que Jean aurait eue à Patmos. L'Église connaîtra de nombreuses tribulations, mais à la fin des temps Jésus reviendra pour procéder au grand jugement ; puis il y aura de nouveaux Cieux et une nouvelle Terre, où il régnera mille ans dans une Jérusalem nouvelle, entouré de 144 000 justes. Après quoi tous remonteront dans l'Empyrée pour l'éternité et l'univers matériel sera consumé par le feu.
V. aussi: Alphabet, Cabale, Jésus, johannites, millénarisme, Papias.
Apocalypses de Pierre
On connaît deux oeuvres portant le titre « d’Apocalypse de Pierre ».
La première, qui date du troisième quart du II° siècle, est probablement l'œuvre de Clément, secrétaire des évêques de Rome Pie Ier et Anicet. Elle se présente comme un complément au premier chapitre des Actes des Apôtres. Pierre y joue un rôle important.
La deuxième, écrite sans doute pour faire pièce à la première, est une oeuvre séthienne qui paraît dater de la fin du II° siècle ou du début du III°. De tendance nettement gnostique et docétiste, elle conteste violemment la hiérarchisation de l’Église romaine.
APOLLÔNIOS MOLON (255-216 av.J.C.)
Grammairien et poète hellénistique, philosophe stoïcien et hermétiste, originaire de Rhodes (et, pour ce motif, appelé aussi Apollonios de Rhodes), Apollonios Melon devint directeur de la célèbre bibliothèque d'Alexandrie. Il est l'auteur des "Argonautiques", récit de la quête de la toison d'or.
APOLLÔNIOS de Tyane (2-99 ?)
Célèbre, mais énigmatique philosophe, magiste, théurge et thaumaturge, originaire de la Cappadoce, mais qui voyagea beaucoup, tant en Perse et en Inde que dans tout l'Empire romain, accomplissant partout des prodiges, principalement des guérisons remarquables, des retours à la vie de personnes supposées mortes, des visions prémonitoires. C'est ainsi qu'il prédit notamment à Vespasien, alors seulement chef des armées de Néron en Palestine, qu'il serait un jour empereur. De même, s'étant finalement établi à Ephèse, où il rencontra notamment Jean l'Apôtre, il y eut la vision du meurtre de l'empereur Domitien à Rome le jour même où cela se produisit, en 96.
A Ephèse, Apollônios avait fondé une secte initiatique philosophique très fermée, dont les rites secrets étaient d'inspiration gnostique. De ses nombreux voyages il avait d'ailleurs rapporté des livres très anciens, qui sont malheureusement perdus; mais des passages de ces livres, ainsi que d'annotations faites sur ceux-ci par son disciple Damis, sont réputés se retrouver dans quelques uns des traités hermétistes qui ont été conservés.
APOLLÔS
Disciple de Jean le Baptiseur, Apollôs se rendit en Égypte, où il connut Philon d'Alexandrie, et il devint également un des disciples de ce dernier, fréquentant notamment comme lui les thérapeutes du lac Maréotide. Ayant appris les morts violentes de Jésus le Nazarénien, de Jean le Baptiseur et d'Etienne, en 30, en 35 et en 37 environ, Apollôs écrivit le livre de la Sagesse en l'attribuant à Salomon : ce livre sera admis dans le canon chrétien d'abord, puis classé parmi les deutérocanoniques; il y est clairement fait allusion à ces exécutions, ainsi qu'aux incidents qui marquèrent, en Judée et en Egypte le règne de Caligula, ce qui permet de le dater d'environ l'an 40.
Apollôs ira ensuite à Ephèse, où il rejoindra d'autres disciples du Baptiseur qui s'y étaient réfugiés après la lapidation d'Étienne, et il y opéra d'assez nombreuses conversions. Il participa probablement aussi à la rédaction d'une version antécanonique du IVe Évangile c'est sous son influence qu'y fut introduite notamment, selon toute vraisemblance, la notion philonienne du Logos
Il se rendra aussi à Corinthe et, pendant son absence, l'apôtre Paul arriva à son tour à Ephèse. Apollôs le rencontra à son retour et, après l'avoir combattu, il parvint à s'entendre avec lui. Dès lors, les johannites d'Éphèse et les chrétiens pauliniens fusionnèrent en une seule Eglise.
Pierre d'APONE
Cabaliste et magicien, mort à Padoue en 1313. Il influença notamment Trithème.
Apsou
Divinité égyptienne, ancêtre des autres dieux, analogue au Zervane Akérène des mazdéens et des parsis. Oswald Wirth l'a assimilé au Fou des arcanes majeurs du tarot, lame que les égyptiens appellent "le Retour".
APULÉE (124-175).
Poète latin d'origine africaine, magiste et hermétiste, qui fit de nombreux voyages en Grèce, en Asie, en Italie. Il fut initié aux mystères d'Isis et Osiris et il est l'auteur de "l'Âne d'or" et de De Deo Socratis .On lui attribue en outre la version latine du "Discours parfait" (Logos téléios) du Corpus Hermeticum
V. aussi: Hermétisme.
AQUIBA ben Iossef (vers 70 - 135).
Exégète juif du début du Ie siècle, encore appelé Akiba ou Akiva, compagnon de Symeon Bar Iochaï et fondateur avec lui du cabalisme. Il passa pour être allé au Ciel et en être revenu, en étant autorisé à utiliser pour ce voyage le kabod ("gloire" ou "trône" de Dieu), ce qui est sans doute une interprétation matérialiste d'une autre légende le concernant, selon laquelle il se serait aventuré avec trois autres rabbis dans le pardès (verger) de la Cabale et serait le seul des quatre à avoir pénétré tous les arcanes de celle-ci sans perdre la vie, la raison ou la solidité de sa foi, comme cela arriva aux trois autres.
Un autre de ses compagnons fut Papias ben Iéhouda. Ce dernier, Syméon Bar Iochaï et lui participeront, aux côtés de Syméon Bar Kochba, à la révolte de ce dernier contre les romains en 132. Bar Kochba fut tué au combat en 135 et Papias parvint à s'enfuir, mais Aquiba fut fait prisonnier et il sera exécuté à Césarée dans des conditions atroces.
AQUILAS
Voir: Onquelos.
Philippe d'AQUIN
Rabbin juif né à Carpentras, qui se convertit au catholicisme. Il fut professeur d'hébreu et de chaldéen au Collège de France. D'Aquin est notamment l'auteur d'une "Interprétation de l'Arbre de la Cabale" (1625). Il mourut à Paris en 1650.
ARATOS (310-245 av.J.C.)
Poète et astrologue grec, né en Cilicie. Il est l’auteur des "Phénomènes", que Cicéron traduira en vers latins.
Araucans et Arawacs
Les Araucans, qui sont sans doute des descendants de rescapés du cataclysme ayant entraîné la disparition de l'Atlantide, se sont répandus de la Floride à la Terre de Feu. On donne plus particulièrement le nom d'Arawacs à ceux d'entre eux qui habitent les territoires de l'actuel Pérou, du Chili et de l'Argentine.
V. aussi: Atlantide.
Arbre séphirotique
Voir: Cabale, Elohim, Sephirôt.
Arca
Mystérieuse terre (peut-être une planète d'un autre système stellaire ou un satellite d'Uranus) dont il est question dans Jérémie (X, 11-12) et dans le Zohar ( I, 9 b). C’est d'elle que pourraient provenir les extra-terrestres que la Genèse appelle Elohim. Caïn y aurait été relégué après le meurtre d'Abel.
V. aussi: Angélologie, Caïn, Elohim, N. Poussin.
Archanges et archontes .
On sait que les traditions juives et chrétiennes répartissent les anges célestes en neuf "classes", dont la deuxième est celle des archanges (en hébreu : b’néi élohîm, "enfants des élohîm"). Quelques uns de ceux-ci se seraient révoltés contre Dieu, avec à leur tête Azazel ( appelé en latin Lucifer) , qui était lui-même, selon les uns un chérubin, un prince selon les autres, et ils furent vaincus par d'autres anges, menés par Michel: ce sont ces anges déchus que les chrétiens traditionnels appellent les "mauvais anges", les diables ou les démons.
Mais, dans plusieurs systèmes gnostiques, sept d'entre ces "démons" sont les maîtres des sept cieux que ces systèmes placent entre la Terre et l'Empyrée, et chacun d'eux est alors appelé "archonte" (en grec : archôn). Ils ont chacun la forme d'un animal. Dans quelques textes, le fils du Dieu de lumière et de bonté, lorsqu'il descend sur la Terre accomplir sa mission salvatrice, prend successivement la forme de chacun de ces animaux, à fin de tromper la vigilance de l'archonte maître de chacun de ces cieux.
Cependant, dans d’autres systèmes, chaque planète
est en outre gardée par un archange, ce dernier et l'archonte maître du ciel de
cette planète étant perpétuellement sur pied de guerre.
Il est possible de dresser le tableau suivant des noms des archanges, des
archontes et des animaux dont ces derniers ont la forme pour beaucoup de sectes
gnostiques (avec cependant de nombreuses variantes), y compris pour la plupart
des cabalistes, qui associent en autre aux planètes et à leurs gardiens les
sept lettres dites "doubles" de l'alphabet hébreu :
Planète / Archange / Archonte / Animal cosmique / Lettre hébraïque
§ Saturne/ Michel/ Ialdabaôth /Lion/ beith
§ Jupiter/ Souriel/ Iao/ Taureau/ ghimel
§ Mars/Gabriel/ Sabaôth/ Dragon/ daleth
§ Soleil/ Raphaël /Adônaios /Aigle/ Kaf (ou Eçaldaüs)
§ Vénus /Saraquiel /Thautabaôth /Ourse/ pé
§ Mercure /Ragouël /Erathraâth ou (Hor) chien/ resh
§ Lune /Onoël . /Astaphail /Ane/tav (ou Phanouël)
Cependant, dans Pistis Sophia, oeuvre d'un disciple de Salomon Valentin, les archontes sont au nombre de douze, ayant chacun également la forme d'un animal. Leur correspondance avec les signes du zodiaque n'est pas claire, mais on peut avancer hypothétiquement la suivante :
Archonte •Animal •Signe du zodiaque
§ Euchtonios Crocodile Vierge
§ Charakhar Chat Lion
§ Archarôkh Chien Gémeaux
§ Achrôkar Serpent Cancer
§ Marchoûm Taureau Taureau
§ Lamchamôr Sanglier Bélier
§ Louchar Ours Poissons
§ Laraôkh Vautour Verseau
§ Arshéôkh Basilic ( uraeus ) Capricorne
§ Xarmarôkh Dragon Sagittaire
§ Rôchar Chat à 7 têtes Scorpion
§ Khrimaôr Chien à 7 têtes Balance
V. aussi: Alphabet, Amalécite, Angélologie, Animaux cosmiques, "Ascension d'Isaïe".
ARCHIPPE.
Disciple de Pythagore, qui lui succéda à Métaponte, mais ira s'établir à Tarente. Il aura lui-même, parmi ses disciples, Archytas .
Archontiques .
Nom qui est parfois donné aux Séthiens de Syrie et d'Arménie , pour lesquels Seth se serait réincarné en Derdikéa et en Melkitsédec ( mais pas en Jésus) .
V. aussi: Séthiens .
ARCHYTAS.
Disciple d' Archippe et ami de Platon .
Argot, art gault, art goth, art gothique.
L'origine du mot "argot" est très controversée.
Il désigne d'ailleurs deux réalités assez différentes, bien que voisines et se recouvrant l'une l'autre : le langage convenu des malfaiteurs et du monde de la prostitution, d'une part, dans toute la France et dans plusieurs pays de langue française; le parler populaire des parisiens, d'autre part. Toutes ces controverses et ces méprises proviennent de ce qu'ont été confondues, à tort sans doute, mais presque inévitablement, trois étymologies différentes, phénomène dû à des homonymies, dont le quadruple titre de la présente notice offre d'ailleurs un parfait exemple. Il semble bien que le véritable argot n'ait été autre, à l'origine, que le langage propre, le "jargon" des filateurs et des merciers de la région de Troyes, le mot "argot" lui-même dérivant du nom d'un de leurs outils, dénommé "argue". Cet argot semble bien, en effet, avoir été aussi le langage particulier des "argotiers" lorrains (encore appelés "aricotiers" ou "arcandiers"), nom que l'on appliqua au XVIe siècle à des fermiers besogneux, à des ouvriers médiocres, à de petits marchands ambulants auxquels se mêlèrent des merciers ruinés et des gueux, bref toutes gens le plus souvent réduits à colporter ou à mendier.
Et c'est à partir de cette classe sociale que leur langage se répandra dans toute la gueuserie de France, puis dans la pègre. Mais auparavant, il y avait eu aussi l'art gault. "Gault" est un mot de l'ancien français, d'origine celtique, synonyme de "gaulois". L'art gault est donc l'art original des Gaules. Il ne fut supplanté que temporairement par l'art dit "roman" à l'époque gallo-romaine et sous les deux premières dynasties des rois de France .
Lorsque cet art roman fit place à l'architecture ogivale, ce fut en réalité un retour aux sources, à « l' art gault ». Mais, par une fâcheuse homonymie, due également à l'influence des humanistes de la Renaissance italienne, pour qui tout ce qui était, à leurs yeux, barbare était "goth", le style ogival, art gault, fut orthographié "art goth" , puis qualifié, par un contre-sens énorme, d'art "gothique" , nom qui lui est malheureusement resté et qui fit croire que cet art était d'origine germanique, croyance favorisée par le fait que les premières dynasties des rois de France avaient été d'origine germanique: mais on a rappelé que, sous les mérovingiens et les carolingiens, c'est au contraire l'art roman qui avait prévalu en Gaule. Or, les bâtisseurs de cathédrales utilisaient entre eux, eux aussi, un langage convenu, destiné à sauvegarder certains secrets connus seulement des initiés admis dans leurs confréries. C'est ce langage des praticiens de l'art gault qui fut confondu avec l'argot, le langage des merciers, des colporteurs et des gueux, comme vu plus haut, par un phénomène d' homophonie quasiment inévitable
Au moment où la franc-maçonnerie spéculative se distingua de la maçonnerie opérative, ce langage ne fut plus utilisé que par cette dernière, c'est-à-dire par des artisans et des ouvriers, que les préjugés de classe du XIXe siècle ravalèrent aux derniers rangs de la société. Cela provoqua sa dégénérescence et son extension à la pègre des voleurs et des filous de toutes espèces, au sein de laquelle avait déjà pénétré l'argot proprement dit, celui qui est, on l'a vu, d'origine lorraine et champenoise.
C'est ce langage dégénéré, mais ayant gardé de ses origines sa vigueur et sa verdeur expressives et souvent pittoresques qu'ont décrit dans certaines de leurs oeuvres Honoré Balzac et Victor Hugo, avant d'être illustré dans "La Chanson des Gueux" de Jean Richepin .
Ces consécrations littéraires, suivies du phénomène d'égalisation des classes sociales qui s'est développé en Occident depuis 1920, ont fait que l'argot , au terme de son évolution, se répand de plus en plus dans le langage courant, au point qu'il tend à se confondre aujourd’hui avec le niveau familier de la langue .
ARIALO
Diacre milanais qui, en 1057 , souleva les patarins contre le clergé catholique, auquel il reprochait sa richesse outrageusement ostentatoire. Il sera massacré par les gardes de l'archevêché en 1066.
V. aussi: Patarins.
ARIÉ LÉB (1847-1905).
Rabbin de Gour, Arié Léb est l'auteur du Sepher-Emet (le Livre de Vérité), qui sera publié en 5 volumes à Jérusalem en 1971.
Arimaspes.
Peuple fabuleux dont les anciens situaient le territoire à l'extrême nord du monde, ils se confondent peut-être avec les Hyperboréens ou avec les Ases. Leurs adversaires étaient les griffons, gardiens de l'or. Leur chef s'appelait Iao et avait une tête de coq. Cette lutte entre les Arimaspes et les Griffons a été transposée par beaucoup de gnostiques sous la forme du combat entre les archanges et les démons, Iao devenant l'archange Souriel.
V. aussi: Archanges et archontes, Hyperborée, Iaô, Préadamites.
ARISTARQUE de SAMOS.
Le plus grand astronome d'avant notre ère mérite, bien qu'il ne fût peut-être pas gnostique, d'être mentionné dans cet ouvrage, car il eut le mérite considérable d'affirmer sur des bases solides, dès le IIIe siècle avant l'ère chrétienne , le système héliocentrique du monde, qui n'avait été que pressenti philosophiquement par les pythagoriciens, notamment par Philolaos, et partiellement par Héraclide du Pont, lequel avait déjà affirmé que Mercure et Vénus tournaient autour du soleil. Mais les théories d’Héraclide et d'Aristarque seront rejetées par Aristote, et Aristarque sera accusé de "troubler le repos des dieux" . . .
L'héliocentrisme sera néanmoins professé par les hermétistes, les cabaliens et les bogomiles .
ARISTOTE.
Le principal des disciples de Platon ne fut toutefois pas gnostique, mais naturaliste, t il est, à ce titre, justement revendiqué par les scientistes comme leur précurseur. Il est toutefois l'auteur aussi d'un curieux traité "Sur la divination par les rêves." A vrai dire, Aristote reprit de son maître Platon surtout ses erreurs , comme l'héliocentrisme. Au Moyen-Age, Thomas d'Aquin tentera de concilier son enseignement avec la doctrine chrétienne officielle: le thomisme est donc la combinaison de deux philosophies erronées. Aussi, à la Renaissance, Paracelse ne ménagera-t-il pas ses sarcasmes contre Aristote et ceux qui invoquaient son autorité, ce qui lui vaudra, bien entendu, beaucoup d'ennemis.
Arithmosophie et numérologie.
Sciences de la signification symbolique des nombres.
Exemples: Un est le nombre de l'Être .
Deux, celui de la génération ou de la création.
Trois est le nombre de la Divinité.
Quatre, celui de la matière.
Cinq, celui de l'initiation ésotérique et du pentagramme (qui est notamment un des emblèmes de l'Islam).
Six est le nombre de l'équilibre, celui du "bouclier de David".
Sept, c'est la somme de trois et de quatre, du divin et du matériel, donc du Tout.
Douze, c'est le produit de quatre par trois, de la matière divinisée, donc; c'est le nombre du Tout en acte.
V. aussi: Alphabets, Cabale, Cinquante , Marcos, Monoime.
ARNAUD de Villeneuve (1235-1311).
Théologien, alchimiste, cabaliste, astrologue et médecin, le catalan Arnaldo de Vilanova croyait à l'existence réelle des démons et il fut millénariste à la façon de Joachim de Flore, croyant proches la venue de l'Antéchrist et la fin du monde. Il eut l'occasion de collaborer avec Raymond Lulle, dont il adoptera la théorie de la quinte-essence. Il confectionnera même, en s'en inspirant, une sorte d'élixir capable de remédier à de nombreux maux ; il fut d'ailleurs quelque temps, le médecin du pape Clément V.
"L'Ascension d'Isaïe".
Apocalypse judéo-chrétienne d'inspiration gnostique de la fin du Ier ou du début du IIe siècle. Elle se compose de deux parties, dont une première version de la première, écrite en hébreu, était l'œuvre d'un juif. Cette première partie décrit le martyre du prophète Isaïe, scié en deux au moyen d'une scie à bois sur l'ordre du roi Manassé, fils d'Ezéchias. Le prophète est, pendant son martyre, ravi en extase jusqu'au septième ciel, où il retrouve d'autres prophètes et des patriarches.
Dans la seconde partie, qui est exclusivement chrétienne, Isaïe est mené, au septième ciel, auprès du Très-Haut et il assiste à l'ordre que donne ce dernier à son divin Fils de descendre à travers les six autres cieux jusqu'aux enfers. Le Fils du Très-Haut prend successivement la forme animale des gardiens de chacun de ces cieux afin de ne pas être reconnu d'eux. Arrivé sur Terre, c'est d'un homme qu'il prend finalement l'apparence, naissant miraculeusement du sein d'une vierge mariée à Joseph, à peu près tel que cela est raconté dans l'Evangile selon Luc, sauf que la grossesse de la vierge Marie ne dure que deux mois et qu'elle n'accouche pas, mais aperçoit un jour près d'elle un petit enfant déjà capable de marcher. Cet enfant passe ses premières années en Galilée, puis accomplit, devenu adulte, des prodiges au cours de sa vie publique. Alors le Prince de ce monde, c'est à dire le Dieu des juifs, ameute contre lui les enfants d'Israël, qui le font mettre à mort et suspendre à un poteau "sans savoir qui il est". Mais cela a pour effet de faire perdre au Prince de ce monde une partie de son pouvoir. Le Fils de Dieu descend alors aux enfers; il y reste trois jours, puis remonte à travers les cieux, accompagné de beaucoup de justes et recevant, cette fois, l'hommage des archanges gardiens de chaque planète. Arrivé au Ciel supérieur, ses compagnons et lui reçoivent leurs vêtements de lumière, et l'on prédit son retour sur Terre "au jour de la consommation des mondes".
Cette oeuvre, dont des versions complètes n'existent qu'en grec et en éthiopien, paraît avoir inspiré, entre autres, Satornil et son disciple Cerdon. La substance de sa deuxième partie sera reprise dans "La Vision d'Isaïe" des cathares.
V. aussi: Archanges et archontes, Satornil, "Vision d'Isaïe".
ASCLEPIOS.
Nom grec d'Esculape.
ASES
Personnages légendaires des traditions scandinaves, peut-être issus du pays d'Hyperborée , lequel serait lui-même à l'origine de toutes les traditions gnostiques. Les Ases sont des géants divinisés ou des dieux incarnés. Les plus célèbres sont Odin (ou Wotan) et Thor. C'est eux qui auraient colonisé l'Ibérie et l'Atlantide, et par cette dernière la tradition se serait ensuite transmise à l'Égypte, puis aux Hébreux. Les noms d'Osiris (Oussir) et d' Isis (Isêt) paraissent ne pas être d'origine égyptienne, mais avoir la même étymologie que le mot Ase (Asie, formé d'as ou os, "ancêtre" ou "dieu", dans l'ancienne langue nordique, et is "glace").
V. aussi: Arimaspes, Origines .
ASHER ben Shaoul
Cabbaliste provençal du XIVe siècle, dont le principal mérite est d'avoir propagé dans son Sepher ha-MinchaPôt ( Livre des Usages) , les enseignements de son frère aîné Jacob Nazir .page 25
Asherach
Parèdre du dieu Él chez les philistins .
Elias ASHMMOLE ( 1617-1696 ) .
Disciple de Robert Fludd qui fonda en 1646 une société Rose-Croix et qui fût reçu la même année dans une loge maçonnique opérative .Il paraît avoir été un des initiateurs de la franc-maçonnerie spéculative.
Hassan ASKARI ( 845-874) .
Onzième imam des musulmans chiites duodécimans . Askari est le père de Mohammed, le douzième imam : lequel est censé être mort avant lui, mais qui se serait en réalité caché en attendant de revenir en qualité de Mahdi.
V. aussi: Duodécimans, Imam caché, Mahdi.
Asmodée .
Un des diables de la démonologie juive. Son nom est une déformation d'Aéshma dêva, le démon de la concupiscence du mazdéisme. Asmodée est, pour les cabbalistes, le fils de Tubal Caïn et l'époux de Lilita, fille elle-même de Lilith.
Assacis .
Voir: Hassan ibn Sabagh.
Les Assidéens .
Juifs pieux de l'époque des Macchabées, qui furent en fait les premiers chassidîm. De leur secte sont issus les pharisiens, les esséniens et les messianistes, mais ces derniers se rallieront à la branche essénienne des sicaires quand celle-ci sera fondée, en 6 de notre ère, par le pharisien Sadoq et le thérapeute Juda le Golanite.
Astarté .
Nom syrien de la déesse sumérienne Ishtar. Elle correspond à l'Aphrodite des grecs, à la Tanit des carthaginois, à la Vénus des romains.
Astrologie.
L'astrologie joue un grand rôle dans la plupart des religions, en particulier dans leurs variantes gnostiques. Nombreux sont, en effet, les systèmes cosmiques gnostiques qui prévoient sept cieux, délimités par les orbites des corps célestes considérés comme planètes par les anciens, c'est à dire les deux "luminaires" , le Soleil et la Lune, et cinq des planètes proprement dites: Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.
Ces derniers noms sont d'ailleurs ceux qui leur seront donnés par Claude Ptolémée au IIe siècle, mais l'astrologie remonte aux temps les plus reculés de la civilisation et pourrait être née en Chine. Ce sont les mages de la Chaldée qui paraissent en avoir les premiers établi les principes en un système cohérent. Ils donnèrent aux corps célestes, quant à eux, les noms de Shamash ( le Soleil) , Shine ( la Lune) , Adar ( Saturne) , Mérodac ( Jupiter) , Nergal (Mars) , Ishtar (Vénus) et Nébo ou Nabou (Mercure) .
Ils connaissaient aussi, bien entendu, la division des cieux en douze secteurs et plaçaient, semble-t-il, le début de leur zodiaque dans la constellation du Taureau, qu'ils divinisaient sous le nom de Khéroub, d'où est tiré, au pluriel, le mot hébreu khéroubîm (en français: chérubins) qui désigne, dans l' angélologie judéo-chrétienne la deuxième des "classes" d'anges, la première étant celle des séraphins.
Les khéroubîm chaldéens avaient un corps de taureau, une tête d'homme, l'arrière-train d'un lion et des ailes d'aigle. Abram fut initié à la science des mages chaldéens, qui s'était répandue aussi en Egypte, et c'est pourquoi, dans la Genèse hébraïque, il est raconté que son petit-fils Jacob eut douze fils , puis que la terre de Canaan conquise par les Hébreux fut partagée entre douze tribus. Plus tard, le Christ de l'Evangélion marcionite (v. Cerdon et Marcion) choisit de même, parmi ses disciples, douze plus éminents, circonstance qui sera reprise dans les Évangiles, les synoptiques leur attribuant le titre "d'apôtres" que s'étaient donné Paul de Tarse et que portera aussi Jean d'Ephèse.
La répartition des douze signes du zodiaque entre les quatre éléments de la physique antique semble, quant à elle, remonter à l'astrologie iranienne, pour laquelle les signes d'eau paraissent avoir été les Poissons, le Verseau et le Capricorne ; les signes de terre, le Scorpion, la Balance et la Vierge; les signes d'air, le Cancer, les Gémeaux et le Taureau ( on a vu plus haut que celui-ci est un khéroub, animal ailé , qui pouvait donc voler); les signes de feu, le Bélier, le Sagittaire et le Lion.
Claude Ptolémée, lorsqu'il réforma l'astrologie, jetant ainsi les bases de l'astrologie classique, les répartira autrement: sont classiquement de terre le Taureau, la Vierge et le Capricorne; d'eau, le Cancer, le Scorpion et les Poissons; d'air, les Gémeaux, la Balance et le Verseau; les signes de feu restant les mêmes. Les théories de Claude Ptolémée demeurent à la base de l'astrologie moderne, mais une première réforme sera opérée à la Renaissance en ce qui concerne la répartition des "maisons" dans les horoscopes individuels. Alors que Ptolémée pratiquait un système de domification par lequel les douze maisons s'étendent toutes sur 30°, la première allant de 5° avant l'Ascendant à 24° après, la deuxième, du 25e au 44e degrés suivants, et ainsi de suite, un géom&egrav! e;tre italien du XIIIe siècle, nommé Campanus, qui avait traduit les "Eléments" d'Euclide d'après leur version arabe, mit au point une méthode de domification établie sur des bases moins empiriques. Cette méthode n'est toutefois plus guère utilisée. Au XVe siècle, le mathématicien astrologue allemand Johann Müller, dit Regiomontanus, imaginera un autre système de répartition de la carte du ciel en maisons. Au XVIlI° siècle enfin, un religieux italien, Placidus de Titis, mathématicien et astrologue lui aussi, établit la méthode qui porte son nom ( domification placidienne) et qui est actuellement la plus pratiquée, bien qu'on assiste depuis quelques années à un regain d'intérêt pour la domification en maisons égales, du fait notamment que la domification placidienne ne permet pas d'établir une! carte du ciel valable au delà du cercle arctique . Enfin, les découvertes de trois planètes inconnues des anciens: Uranus en 1781, Neptune en 1846, Pluton en 1930, ainsi que les travaux statistiques menés par Michel Gauquelin depuis 1950, ont obligé les astrologues contemporains à compléter et à préciser les données de l'astrologie classique de Ptolémée et de l'astrologie moderne de Placidus.
Il existe aussi des systèmes astrologiques particuliers à certains gnosticismes. Les cabbaliens ont notamment le leur, qu'ils tiennent probablement des esséniens. Les Templiers paraissent de même avoir utilisé une méthode astrologique qui leur était propre et qui a été reprise par certains martinistes .
Astrologie templière.
Comme dit à l'article précédent, il existe des systèmes astrologiques particuliers à certaines gnoses. Les Templiers notamment passent pour avoir eu la leur . Ils répartissaient la carte du ciel en maisons égales, mais en partant du Milieu du ciel, l'Ascendant étant pour eux la cuspide de la troisième maison suivante. Mais ils numérotaient les maisons, en partant de cet Ascendant, en suivant le mouvement des aiguilles d'une montre, alors que l'astrologie classique suit le mouvement inverse. Les Templiers reconnaissaient en outre certains aspects en plus des aspects majeurs universellement utilisés. Leurs méthodes astrologiques ont été reprises par d'autres gnostiques, entre autres par l'Église martiniste des Chevaliers du Christ .
"Astrum Argentinum" .
Voir: Aleister Crowley , Golden Dawn.
Astar
Génie du feu dans les religions iraniennes. Mithro, le génie de la lumière, et lui sont les compagnons d'Ormouzd, le Dieu bon. Cette trinité, à laquelle Ahrimane est antagoniste, trouve sa correspondance dans les trois premières Sephirôt de la Cabbale, qui constituent le "Long Visage", c'est à dire le Dieu caché, les sept autres étant le "Petit Visage" ou Dieu manifesté .
Atargatis ( ou Atergatis) .
Nom syriaque de l'Astarté phénicienne appelée aussi Derkétô.C"est sous ce nom qu'elle fut vénérée à Chypre .
ATHANASE (295-373) .
Diacre d'Alexandrie qui s'opposa violemment à l'arianisme. Il sera nommé patriarche de cette ville, mais déposé en 335 par Constantin, excédé de son fanatisme, puis néanmoins rétabli par Jovien en 363. Il a écrit une "Vie d'Antoine", où il personnifie le Mal sous les traits du Diable, qui harcèle le célèbre anachorète des tentations les plus diverses, ce qui a inspiré nombre de littérateurs et de peintres célèbres .
Atharvanes ( ou athravanes) .
Titre que portaient les prêtres de la religion zervaniste ou mazdéenne. C'est à tort qu'on les appelle souvent aussi «mages », par analogie avec les prêtres chaldéens et cappadociens, qui leur reprirent quelques unes de leurs conceptions.
Athelstane (895-941)
Roi de ? et de Wessex, qui serait le premier à avoir accordé des franchises aux maçons de ses Royaumes.
Athotis.
Voir: Atota, Thot.
Atlantide.
Ancien continent situé entre l'Europe et l'actuelle Amérique dans l' Océan qui porte son nom. Le Groenland, les Antilles (nom venant sans doute du diminutif "Atlantilles") et quelques autres îles de cet Océan, notamment les Açores, en sont probablement des vestiges. Ce continent fut peut-être colonisé par les Ases. Ses populations rendaient un culte au dieu de la mer que les grecs appelaient Poséidôn .
Selon ce que des prêtres égyptiens racontèrent à Platon, qui le rapporte dans ses traités de Timée et de Critias, les Atlantes avaient porté leur domination en Europe jusqu'en Grèce et jusqu'aux confins de l'Égypte, dont les prêtres recueillirent leurs traditions . Cette hégémonie des Atlantes correspond vraisemblablement à l'ère astrologique des Gémeaux et Poséidôn aurait engendré plusieurs couples de jumeaux. Mais un cataclysme engloutit l' Atlantide quelques 12000 ans avant notre ère . En Amérique, les Incas, les Araucans, les Nahouas, les Toltèques; en Europe, les Basques descendent peut-être d'Atlantes rescapés de ce cataclysme.
V. aussi: Araucans, Ases, Egypte ancienne, Hyperborée, Origines, Platon, Thulé .
Atota.
Autre nom d' Athotis ou Thot, dieu égyptien .
V. aussi: Hermès, Egypte ancienne, Thot .
ATTAR (1120-1190 ) .
Farid EI-Dine Mohammed, dit Attar (le Pharmacien), poète et philosophe soufi persan, se rattache à l'école de pensée de Nassir et de Roûmi. Il a écrit plusieurs oeuvres, notamment "Le Divan" , "Le Livre des Secrets divins" , "Le Langage des oiseaux" . Ce dernier met en scène la huppe et l'oiseau Simorg, ce dernier étant à peu près l' équivalent du Phénix de l'Égypte . .
ChaÏm ben ATTAR ( 1696-1743) .
Cabaliste marocain, auteur d' Or ha-Chaïm (La Lumière de la Vie)
ATTIS
Dieu phrygien, personnification de la jeunesse, qui aurait, selon sa légende, été aimé de la déesse Cybèle. Il était censé mourir et renaître chaque année au printemps, comme Dionysos, fils de Zeus, auquel il sera assimilé par l'orphisme. Celui-ci reprendra aussi du culte d'Attis la coutume de prendre des repas sacrés en commun, ce que feront aussi les esséniens de Judée. Les prêtres du culte d'Attis portaient le titre de "galles". Quand l'empereur Claude officialisera le culte d'Attis et de Cybèle dans l'Empire romain, il nommera un "archi-galle", ayant sa résidence à Rome .
"Aube dorée".
V. Golden Dawn, Mothers .
Raoul AUCLAIR
Écrivain français contemporain, auteur de nombreux ouvrages, où il reprend les thèmes gnostiques classiques de la lutte entre Dieu (de qui émanent la Lumière et la Sagesse) et le Prince de ce monde, de l'Esprit qui est feu, du millénarisme, etc…
AUGUSTIN (Tagaste 354 - Hippone 430) .
Théologien chrétien, qui fut d'abord manichéiste, puis se posa, après sa conversion, en adversaire de Pélage le Breton et des ariens. Augustin a notamment développé la thèse du péché originel, que le Christ serait venu racheter par sa mort sur une croix, mais dont il n'est nulle part question dans les Évangiles et qui est à peine esquissée dans les Épîtres de Paul. Augustin est probablement aussi l'auteur véritable du Contra Celsum, habituellement attribué à Origène. Nommé évêque d'Hippone (actuellement Annaba, en Algérie), Augustin mourra pendant le siège de cette ville par les Vandales.
Samaël AUN WEOR ( 1917-1977) .
Pseudonyme du gnostique colombien Victor Manuel Gomez, qui publia la plupart de ses nombreux écrits au Mexique. La doctrine qui s'en dégage est un amalgame de nombreuses autres gnoses et du tantrisme .
Pierre AUTHIÉ
Notaire à Aix-les-Bains au XIIIe siècle, qui fut un "parfait" cathare et un théologien important du catharisme.
Avâtar.
Dans les croyances hindoues, Vishnou, l'un des trois dieux de la Trimourti, est censé être apparu sur Terre successivement sous plusieurs formes. Chacune de celles-ci est dénommée avâtar. La première fut celle d'un poisson et c'est pourquoi Vishnou est souvent représenté, soit sous la forme d'un poisson, soit avec, à ses pieds, un poisson.
Le septième avâtar de Vishnou fut le sage Krishna, dont la légende présente de nombreuses analogies avec ce qu'il est dit de Jésus-Christ dans les Évangiles chrétiens.
V. aussi: Krishna, Noun, Poissons.
AVICEBRON.
Voir: Shlomo ibn Gabirol.
Azazel.
Nom d'un des chefs des anges rebelles, appelé aussi Azaël dans les livres apocryphes d'Hénoch. Les esséniens donnaient le nom d'Azazel au "bouc émissaire". C'est ce nom également que donneront à Lucifer les Nouçayris .
V. aussi: Archanges et archontes, Lucifer.
Eléazar ( ou Eliézer) AZIKRI ( 1533-1600 ) .
Disciple d'Isaac Louria. Il est l'auteur d'un Sepher Charédîm, où il recommande notamment de ne pas réagir aux offenses .
Abraham ben Mordechaï AZOULAIL (Fez 1570 - Hébron 1643).
Cabaliste et poète marocain qui écrivit de nombreuses études sur le Zohar, outre un commentaire de celui-ci ,Orha-Chamah ( La Lumière du Soleil) . Il estimait d'ailleurs que l'étude assidue du Zohar pouvait contribuer à hâter la venue du Messie.
Chaïm Iossef David AZOULAIL ( 1723-1806) .
Petit-fils du précédent, appelé aussi Rabbi Hyda ou Chaïda. Il quitta très tôt Hébron pour aller s'établir en Pologne. Il est l'auteur du Shem ha-Gdôlîm (le Nom des Grands), T recueil de biographies de cabbalistes notoires, du Midbar Kadeinôt et d'un Nitzoutzé Orôt, où il affirme que, lorsque des anges sont envoyés sur Terre, ils y prennent un corps d'apparence humaine et qu'ils retournent, une fois leur mission accomplie, à leur état premier, à moins qu'ils ne s'attardent en ce monde sept jours de plus que nécessaire, auquel cas ils ne le recouvrent plus.
AZOURA
Fille d'Adam et d'Êve, née après Seth, dont elle sera l'épouse, selon plusieurs traités gnostiques.
v. aussi: Nôréa.
Azraël.
Nom de l'ange de la Mort chez les musulmans .
AZRIEL (Ezra ben Shlomo, 1160-1238).
Cabaliste catalan, né à Valladolid, qui avait étudié à Beaucaire en Provence et fondé une école cabaliste à Gironne. Appelé parfois aussi Rabbi Ezra de Gerone, Azriel a contribué à préciser certains principes du cabbalisme. De l'AÏn notamment , il a dit qu'il était "l'Etre sans le Non-Être à la manière du Non-Être” , tandis que "le Non-Être est dans l'Être à la manière de l'Être", ce qui est dans la ligne de la pensée, tant de Platon que de Basilide .
Moïse de Léon s'inspirera de ses exégèses du "Cantique des Cantiques".
Aztèques
Peuple amérindien, peut-être issu des Atlantes ou colonisés par eux. Ils professaient une religion de type manichéen, dans laquelle les dieux Quetzalcoatl et Tezcatlipoca sont en lutte perpétuelle. Les Aztèques seront anéantis par les conquérants espagnols et il ne reste plus, au Mexique et au Guatémala, que quelques rares vestiges de leur civilisation.