DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule   -    sources

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M 

N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre D

Les Daces ou Dacs

DAGOBERT II (vers 652 - 579 ).

DAMASCIOS

DANIEL

Danites

DANTE (Florence 1265 - Rayonne 1321).

Jacques D'AUTUN

DAVID ben léhouda ha-Chassid (1240-1320).

David Brand-Berg

Les Dayaks

Claude DEBUSSY (St Germain en Laye 1862 - Paris 1918).

Gilbert DECAMP (Bruxelles 1928).

John DEE (1527-1608).

Arthur DEE (1579-1651).

Bernard DELICIEUX (Montpellier 1260 - Avignon, vers 1320).

Giambatista DELLA PORTA

Cesare DELLA RIVIERA

Delphes

Jean DELVILLE (Louvain 1867 - Bruxelles 1953).

DOM0CRITE (vers -470 - 370 )

Démons

Léon DENIS (Foug 1846 - Tours 1927).

DENYS le Pseudo-Aréopagite

Polydore DE PAEPE (Gand 1824 - Bruxelles 1907).

DEDIKEA

Derkétô

Derviches

Derwentwater.

René DESCARTES (La Haye en Touraine 1596 - Stockholm 1650).

Charles DETRE

Isaac DEUTSCHE

Jacques DEUZE (Cahors 1249 - Avignon 1334).

Dêvas

Sâvitri DÊVI (Lyon 1905 - En Angleterre 1982).

Roger DÉVIGNE (Angoulême 1886 - Paris 1965).

Dévorants ou devoirants

DHOÛL NOÛN ( + 859 ).

Diables

DIADOQUE

DIEU

DIONYSOS

DIOTIME

Dives

Fernand DIVOIRE (1883-1940).

Abou Mousra DJABIR Ibn HAILLANE El Soufi

Abderrachmâne DJÂMI (1414-1492).

Djinns

Docétisme

Dodécade

Jules DOINEL (Moulins 1842 - Carcassonne 1902).

Domification

DOMINIQUE de Guzman (1170-1221).

DOSITHÉE

Dosthéens ou Nazôréens

DOV BEER (1792-1827).

Paul-Louis DRACH (1791-1865).

Le Dragon vert

Le Drapeau blanc

DREVON

Druidisme

Druzes

Touzay DUCHANTEAU

Albrecht DURER (Nuremberg 1471-1528).

Bertrand DU GUESCLIN (Dinan 1320 - Randon 1380).

DUNS SCOTT (John) (Maxton, Écosse, v. 1266 ­ Cologne, 1308).

Les duodécimans

Hotham DURANT

Claude DURET

Jean-Philipe DUTOIT-MEMBRINI (1721-1793).

Les Daces ou Dacs

Peuplade qui occupait l'actuelle Roumanie et qui fut vaincue en 107 par les troupes de Trajan. Les Daces avaient pour dieu Zalmoxis, dont l'adversaire était Lucifer.

DAGOBERT II (vers 652 - 579 ).

Roi D'Austrasie, petit-fils du roi des Francs Dagobert le Grand, il fut déposé par Grimoald, le maire de son palais et exilé à York. Rappelé en 676, Dacebert II sera finalement assassine sur l'ordre de Pepin de Herstal (ou d'Héristal) dans une forêt proche de Stenay.

Dagobert II passe pour avoir détenu les secrets des Sicambres, lesquels seraient des descendants d'une des tribus hébraïques dispersées par les Assyriens. Très aimé de ses sujets, il sera canonisé par la dévotion populaire, canonisation ultérieurement reconnue par l'Eglise.

V. aussi : Samaritains.

DAMASCIOS

Philosophe néo-platonicien du VI°s., né à Damas, qui enseigna à Athènes, puis en Perse.

DANIEL

Prophète hébreu du VIe s. avant notre ère, considéré comme un des quatre grands par les chrétiens, mais non par les juifs, ce qui s'explique sans doute par le fait que le texte hébreu (avec des passages en araméen) du livre de Daniel est beaucoup plus court que la version grecque, considérée comme canonique par les chrétiens. David vécut Babylone sous les derniers rois de cette cité et les premiers des rois de Perse qui la conquirent, ce qui en fait un contemporain de Pythagore, ou deuxième Zoroastre, de Confucius, du Bouddha. Il fut lui-même l'un des plus éminents astrologues et oniromanciens de son temps, devenant même, bien qu'hébreu, le chef des mages de Babylone sous le hiéronyme de Bél-Tchattsar (Baltassar), c'est à dire "Prince des serviteurs de Bél". Daniel est le premier à avoir introduit dans le judaïsme l'idée zoroastrienne de résurrection des morts.

Danites

Nom qui s'applique à deux groupements très différents l'un de l'autre.

On appelle Danites les descendants du patriarche Dan, un des fils de Jacob, ainsi que les habitants de la contrée de Canaan où ils s'établirent lorsque les hébreux eurent conquis celle-ci.

On a aussi donné le nom de "danites" à un groupement fondé par des mormons en 1538 dans l'Etat américain du Missouri en vue de chasser de cet Etat tous ceux qui n'étaient pas mormons. L'activité de ces danites ne reçut d'ailleurs pas l'approbation des dirigeants de l'Eglise mormone.

DANTE (Florence 1265 - Rayonne 1321).

Nom (diminutif de son prénom) sous lequel s'est rendu célèbre Durante Alighieri, un des plus grands penseurs et des meilleurs écrivains de tous les temps. Il rédigea d'abord en latin, la langue savante de toute l'Europe à l'époque, De Monarchia puis De Vulgari Eloquentia (1303). Dans celle-ci toutefois, il déplore notamment le manque d'unité linguistique de l'Italie. Il écrira dès lors ses autres oeuvres en une langue qui emprunte à tous les dialectes de celle-ci, en prenant toutefois pour base le dialecte florentin. Il a fondé ainsi, en fait, la langue italienne classique. C'est en cette langue qu'il écrira notamment quelques sonnets, ainsi que ses chefs-d'œuvre : Vita Nuova, Il Convivio et surtout La Divina Commedia par laquelle il est surtout connu et qui est subdivisée en trois parties : l’enfer, le Purgatoire et le Ciel. La structure de ces trois oeuvres est basée essentiellement sur les nombres trois et neuf. C'est ainsi que le personnage central de La Vita Nuova est appelée Béatrix (Bea Trix trois fois bienheureuse) et que chacune des trois parties de "La Divine Comédie" se compose de trente-trois chants, ce qui, avec le chant introductif, fait au total 1 + 99 = 100 chants. L'auteur suppose avoir été guidé d'abord par Virgile dans son voyage dans l'autre monde, puis par Béatrice, qui vient à sa rencontre dans le Purgatoire au trentième chant de celui-ci, lequel est ainsi précédé de 53 chants et suivi des 35 autre! s. Dans la cosmogonie de l'œuvre l'enfer se compose de neuf "cercles", le purgatoire, de neuf cercles également et le ciel de sept cercles, auxquels il faut ajouter l'Empyrée, ce qui fait au total vingt six lieux, le nombre même du tétragramme divin IHWH en guématrie hébraïque. Au vingt sixième chant du Paradis, l'auteur dialogue un moment avec Adam, qui lui révèle avoir passé, avant d'être admis au Ciel, 3402 ans dans les limbes, c'est è dire 378 fois neuf ans. Et tout est à l'avenant.

Comme Pythagore, en outre, Dante fait du ciel des étoiles fixes le séjour des bienheureux et, selon lui, après la mort corporelle d'un homme, son âme va d'abord au purgatoire, puis au paradis s'il a vécu en juste, en enfer dans le cas contraire, mais il retourne alors, après un séjour plus ou moins long dans celui-ci, sur la Terre pour s'y réincarner et recevoir une nouvelle chance d’être sauvé.

Au cours d'un séjour en France, Dante eut aussi des contacts avec "la Sainte Foi", secte liée aux cathares et aux Fidèles d'Amour de l'Occitanie, de l'Italie du nord et de l'orient musulman. Rentré en Italie, il y fondera une section italienne de cette secte, la Fede Santa

Ayant pris parti pour les Guelfes, qui soutenaient l'empereur contre le pape, Dante ne put toutefois pas rentrer è Florence, où dominaient les gibelins, les partisans du pape. Il se retira alors à Ravenne, où il achèvera la rédaction de sa Divina Commedia. Il retourna cependant aussi en France au moment du procès des Templiers. Selon certains auteurs, il aurait été le dernier des « maîtres secrets » de ceux-ci.

V. aussi : Fidèles d'Amour, Geoffroy de Charnay, Lulle, Templiers.

Jacques D'AUTUN

Moine capucin français qui fit un rapport sur la sorcellerie au parlement de Dijon, rapport qui sera publié à Lyon en 1671. D'Autun croyait à la réalité du Diable, avec lequel les sorciers concluaient, selon lui, des pactes.

DAVID ben léhouda ha-Chassid (1240-1320).

Cabalien, auteur du Sepher Marôt ha-Tsovéôt (Le Livre des Miroirs).

David Brand-Berg

Voir : Brand-Berg.

Les Dayaks

Pour cette peuplade de l'île de Borneo, en Insulinde, l'élément primordial est l'eau. La divination y est pratiquée par le cristal et, pour les Dayaks, c'est la lutte entre le bien et le mal qui provoque toutes les calamités.

Claude DEBUSSY (St Germain en Laye 1862 - Paris 1918).

Compositeur français de grand talent, qui s'intéressa aussi à l'occultisme et qui succéda à Victor Hugo en 1885 comme nautonier du Prieuré de Sien.

Gilbert DECAMP (Bruxelles 1928).

Astrologue, chiromancien, cabaliste et occultiste belge, adepte à la fois de la Rose-Croix et de l'Eglise martiniste. Juif par sa mère, il s'efforce de concilier les traditions hébraïques et chrétiennes, en s'inspirant notamment d'Aboulafia et de Papus.

John DEE (1527-1608).

Médecin, astrologue, géographe, hermétiste et magiste gallois, qui s'intéressa aussi à la Cabale, mais interprétera souvent celle-ci d'une manière très personnelle et contestable. Il perfectionna aussi la "stéganographie" de Trithème et parvint à fabriquer des automates, ce qui passa pour de la sorcellerie et lui valut d'être expulsé de Cambridge, où il enseignait et d'où il alla se réfugier à Louvain. Bénéficiant néanmoins de la protection de la reine Elisabeth d'Angleterre, celle-ci le chargea alors de missions secrètes sur le continent.

Grâce à elle, Dee pourra rentrer en Grande-Bretagne et, en 1581, il fera la connaissance d'un jeune homme de 26 ans, Edward Kelley, qui s'adonnait, lui aussi à la magie, mais en outre à la cristallographie et à la ventriloquie. Grace à lui, John Dee aurait un jour reçu la visite de l'ange de lumière Ouriel, qui lui remit un miroir magique, fait d'une pierre polie noire concave ayant un aspect cristallin (actuellement conservée au British Museum). Au moyen de ce miroir, Dee et Kelley pouvaient, disaient-ils, converser avec des intelligences extra-terrestres et ce, au moyen d'un langage que celles-ci leur enseignèrent en leur affirmant que c’était celui qu'avaient parlé Adam, Hénoch et d'autres patriarches. Aussi baptisèrent-ils cette langue l'"énochien". Celle-ci est d'ailleurs parfaitement structurée et elle sera utilisée plus tard par l! es adeptes du Golden Dawn Brotherhood in Outer.

V. aussi : Golden Dawn Brotherhood, Kelley.

Arthur DEE (1579-1651).

Fils du précédent, qui fut médecin, hermétiste, alchimiste et rose-croix.

Bernard DELICIEUX (Montpellier 1260 - Avignon, vers 1320).

Moine franciscain de tendance hermétiste. Ayant dénoncé les excès de l'Inquisition, il sera condamné par le pape Jean XXII à la réclusion à vie.

V. aussi : Deuze.

Giambatista DELLA PORTA

Voir: Porta.

Cesare DELLA RIVIERA

Cabaliste italien du XVIe siècle, auteur d'Il Flondo magico degli Eroi paru à Mantoue en 1603.

Delphes

Ville de Grèce célèbre par les oracles des Pythies, les prêtresses de son temple, consacré d'abord è Poséidon, puis à Apollon. La ville est située sur un des flancs du mont Parnasse, là où Deucalion aurait échoué après le déluge selon la version grecque de celui-ci.

Pythagore et Socrate auraient eu recours aux oracles des Pythies de Delphes pour fixer certains points de leur doctrine. C'est à Socrate notamment que furent adressés ces deux célèbres aphorismes : Gnôthi séauton , « connais toi toi-même » et Mêden agan "rien de trop". La première de ces deux sentences est toutefois souvent attribuée plutôt à Thalès de Milet, philosophe présocratique. Sa formulation complète est d'ailleurs : « Connais toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux » Ce principe sera repris, en l'adaptant à leurs autres croyances, par les séthiens et par les soufis iraniens.

Jean DELVILLE (Louvain 1867 - Bruxelles 1953).

Peintre et dessinateur belge, rose-croix et théosophe. Il fut le président d'honneur de l'Institut astrologique de Belgique, fondé en 1926.

DOM0CRITE (vers -470 - 370 )

Philosophe grec originaire de Thrace, qui voyagea beaucoup en Asie, en Egypte et en Grèce. C'est lui notamment qui introduisit à Alexandrie la pratique de l'alchimie. Il y développera aussi la physique, la médecine, les mathématiques et diverses autres sciences. Pour Démocrite, les dieux comme les hommes sont composés d'atomes, et le nombre total de ceux-ci est infini.

Démons

Le mot grec daimôn désignait les esprits, dont certains étaient censés inspirer les penseurs. C'est ainsi que Socrate avait son "démon" familier. Le christianisme assimilera tous les "démons" aux mauvais anges et aux diables.

V. aussi: Angélologie, Archanges et archontes.

Léon DENIS (Foug 1846 - Tours 1927).

Spirite français qui croyait en outre à la réincarnation. Optimiste, Denis ne fut sans doute pas dualiste, mais il est l'auteur d'un assez grand nombre de publications, d'inspiration très proche du gnosticisme, où il s'élève souvent contre les charlatans du spiritisme, de l'astrologie et des autres "sciences" dites "occultes".

DENYS le Pseudo-Aréopagite

Théologien chrétien néo-platonicien du VIe siècle, dont les oeuvres, fortement inspirées par Proclos et par la Cabale, ont longtemps été attribuées à Denys l'Aréopagite, le premier évêque chrétien d'Athènes, nommé par l'apôtre Paul, mais dont l'identité exacte n'a jamais pu être trouvée.
Selon Arthur E. Waite, la façon dont le pseudo-Aréopagite décrit le monde angélique présente des analogies avec les "émanations" séphirotiques de Dieu selon la Cabale.

Polydore DE PAEPE (Gand 1824 - Bruxelles 1907).

Juriste éminent, conseiller à la Cour de cassation de Belgique et professeur à l'Université de Bruxelles, P. De Paepe publia, sous le pseudonyme de Paul Le Moyne, des études de philosophie religieuse où il souligne notamment les analogies entre la pensée occidentale et l'orientale,

DEDIKEA

Patriarche légendaire en qui, selon les séthiens, se serait réincarné Seth, lequel se serait manifesté sous cette forme à Shem, l’aîné des fils de Noé, comme cela est relaté notamment dans « La Paraphrase de Shem »

J. aussi: Archontiques, Fils de l'Homme, Séthiens.

Derkétô

Voir: Atargatis.

Derviches

Ordre religieux islamique issu du soufisme iranien au XIIe siècle, mais qui essaimera dans tout le monde musulman. Il développa un idéal de pauvreté (dervish veut d'ailleurs dire en persan "mendiant") analogue à celui des carmes et des franciscains chez les chrétiens à la même époque.

L'ordre comprend différentes congrégations, les unes laïques, les autres monastiques. La plus connue est celle des derviches dits "tourneurs" parce que leur rite essentiel est une sorte de danse qui les fait tournoyer en vue d'arriver à l'extase mystique. Les derviches s'adonnent aussi au chant, à la prière et à l'étude.

Derwentwater.

Voir : Radclyffe.

René DESCARTES (La Haye en Touraine 1596 - Stockholm 1650).

Philosophe et mathématicien français, qui ne fut pas lui-même réellement gnostique, mais qui sympathisa avec la Rose-Croix, en particulier avec Comenius, ainsi qu'avec l'astrologue Morin de Villefranche.

Charles DETRE

Successeur de Papus en 1916 à la tête de l'Église martiniste. Il aura lui-même pour successeur Joanny Bricaud en 1918.

Isaac DEUTSCHE

Voir: Al-Lemain.

Jacques DEUZE (Cahors 1249 - Avignon 1334).

Evêque de Fréjus, puis de Porto, fut élu pape en 1316 sous le nom de Jean XXII. Il s'adonnait à l'alchimie et il protégea l'Ordre clandestin du Temple, tout en encourageant l'Inquisition.

V. aussi: B. Délicieux.

Dêvas

Déités hindoues analogues aux dives préadamites des traditions ésotériques islamiques et aux ases nordiques.

Après Zoroastre cependant, les mazdéens les assimileront, au contraire, à partir du V° s. av. J.C., aux démons mauvais, serviteurs d'Ahrimane.

Sâvitri DÊVI (Lyon 1905 - En Angleterre 1982).

Epouse du brahmane Moucherdjî, Sâvitri DÊVI fut une admiratrice de Hitler et de l'arianisme, tant nazi qu'indien.

Roger DÉVIGNE (Angoulême 1886 - Paris 1965).

Ecrivain français, créateur en 1926, avec Paul le Cour, de la Société d'Études atlantéennes.

Dévorants ou devoirants

Voir: Compagnons du Devoir.

DHOÛL NOÛN ( + 859 ).

Soufi mystique égyptien pour qui "l'âme est de Dieu et avec Dieu".

Diables

Autre nom des démons mauvais dans le christianisme. Leur chef est Satan, le Diable par excellence quand ce nom est orthographié avec une majuscule. Les musulmans les appèlent d'ailleurs shayatîne (pluriel de sheytane satan ou diable). Satan lui-même, qui est l'adversaire de Dieu (shathane en hébreu veut dire adversaire), serait hermaphrodite, mais il y a des diables mâles, les incubes, et des diables femelles, les succubes.

Au Moyen Age cependant, les cabalistes donneront à Satan le surnom de Samaël (le "dieu aveugle"), nom que les gnostiques séthiens avaient donné aussi à Ialdabaôth, le grand Archonte créateur de l'univers matériel. Les cabalistes attribueront alors à Satan-Samaël deux épouses : Lilith, qui aurait été auparavant selon certaines traditions, la première femme d'Adam, avant la création d'Eve, et de qui Satan aurait eu une fille, Lilita ; et Machalate, une fille supposée d'Ismaêl, le fils d'Abrarn et d'Agar.

DIADOQUE

Evêque chrétien de Photikî, en Epire, au V° siècle, Diadoque niait toute possibilité, pour la Divinité, de s'incarner. Il est l'auteur notamment de "Cent chapitres gnostiques" et de sermons.

Il ne faut pas le confondre avec Proclos, qui fut surnommé "le Diadoque".

DIEU

La conception que se font de Dieu tous les gnostiques est celle de ho Théos des philosophes grecs: Etre parfait, infiniment bon et lumineux, qui est cependant en même temps le Non-être, puisqu'il ne saurait âtre défini que négativement parles êtres pensants, capables seulement de ne dire que ce qu'il n'est pas, les mots des langues humaines, forcément imparfaits, n'étant pas adéquats à la perfection divine. Pour la Cabale notamment, Dieu est l'Aïn, le Rien (qui pas le néant, comme on l'écrit souvent, car le Rien, le Non-Etre, participe lui aussi, certaine façon, à l'Etre). Dieu étant donc absolument parfait et bon, il ne saurait avoir créé le monde matériel, qui est, lui, très imparfait au contraire, et même, pour de nombreux gnostiques (mais pas tous), essentiellement mauvais.

Pour un grand nombre de penseurs, l'univers matériel n'a donc, en réalité, pas été créé du tout: il est éternel et infini, qualités qui ne conviennent en rien à Dieu, puisqu'il est, Lui, immatériel et intemporel.

Pour d’autres, la création serait l'œuvre d'un être imparfait, en tout cas distinct de Dieu, mais qui serait néanmoins une émanation, soit de Lui-même, soit de sa partie féminine, à laquelle sont donnés différents noms : Ennoïa, Sophia, Barbèlô, etc., tandis que sa partie masculine est le Noûs (l'Intelligence) ou le Logos (la Raison). On ne peut que constater la contradiction que recèlent toutes ces hypothèses, puisqu'en logique, rien d'imparfait ne peut émaner, ni directement, ni même indirectement, de la Perfection absolue, qui est l'attribut essentiel de Dieu, lequel ne saurait donc contenir en Lui rien de si peu imparfait que ce soit, à peine de n'être plus réellement parfait, donc de n'être plus Dieu, et de qui ne peut donc provenir la moindre imperfection. Pour les cabaliens cependant, mais pour eux seuls parmi les penseurs gnostiques, le ciel et la terre ont néanmoins été créés par Dieu, par l'Aïn, et ce, par l'intermédiaire de l'En-Sof (l'Infini), d'où sont émanées les dix sephirôt belima lesquelles sont, avec les vingt-deux lettres de l'alphabet, les 32 "voies de sagesse" au moyen desquelles sont constitués l'univers et tout ce qu'il contient. S'il y a du mal dans le monde, ce n'est pas Dieu qui en est responsable, pour la Cabale, mais cela est dû au fait que, lorsque Dieu créa l'homme, il le fit avec en lui à la fois le bon et le mauvais penchants, qui se disputent son cœur. C'est à l'homme qu'il revient de faire triompher en lui le bon penchant et, s'il se laisse dominer par le penchant au mal, c'est lui seul qui en est responsable, Dieu lui ayant aussi laissé son libre-arbitre.

DIONYSOS

Fils de Zeus et de Sémélé, elle-même fille du roi phénicien Cadmos. Sémélé ayant brûlé en osant contempler son épouse de face, Zeus acheva la gestation de Dionysos en le portant dans une de ses cuisses, d'où il sortit au jour prévu pour sa naissance. Dionysos fut allaité par Ino, une soeur de Sémélé, et éduqué par des nymphes.

Le culte de Dionysos comportait quatre grandes fêtes : en décembre, celle de sa naissance; en février, celle de sa manifestation, de son "épiphanie"; en mars, celle du printemps, au cours de laquelle étaient évoquées sa mort et sa descente aux enfers; les "grandes dionysies" enfin, en avril, au cours desquelles était annoncé son prochain retour sur terre. Les deux dernières étaient célébrées notamment par des cortèges, au cours desquels Dionysos était surnommé Bacchus, d'où le nom de "bacchanales" donné à ces réjouissances.

V. aussi : Cadmus, Orphisme.

DIOTIME

Inspiratrice de Socrate, qui lui doit notamment quelques-unes de ses conceptions de l'amour.

Dives

Un des quatre peuples préadamites des traditions ésotériques islamiques. Ils sont analogues aux dêvas de la mythologie hindoue, aux ases des nordiques.

V. aussi : Dêvas, préadamites.

Fernand DIVOIRE (1883-1940).

Ecrivain français, auteur notamment de "Pourquoi je crois en l'occultisme". Fondateur, avec les italiens Accomani (Sam Bothiva) et Mario Fille, de la Fraternité des Polaires, qui avait son siège à Montmartre. Celle-ci entretint des rapports avec la société initiatique allemande Thulé et encouragera Otto Rahn dans ses recherches sur le Graal à Montségur. La Fraternité des Polaires se disait d'ailleurs dépositaire de la Tradition apollinienne d'Hyperborée.

J. aussi : Gadal, Rahn, Rivière.

Abou Mousra DJABIR Ibn HAILLANE El Soufi

Voir : Geber.

Abderrachmâne DJÂMI (1414-1492).

Soufi persan qui écrivit des commentaires de l'œuvre d'Ibn Arbi, des recueils de poésies, de fables et de contes, notamment le Baharistan (Jardin du Printemps) et Leila va Maghnoune où l'amour des amants est présenté comme un symbole de l'amour divin, ainsi qu'un roman, loussouf va Zoulaika (Joseph et Zouleika), qui est une paraphrase du récit biblique de Joseph et de ses frères, complétée par celui des amours de Joseph et de l'égyptienne Zouleika.

V. aussi : Joseph.

Djinns

Dans le mazdéisme, les djinns (ou "génies") sont les bons anges, et les dêvas, les mauvais esprits, distinction qui sera reprise par les juifs, puis par les chrétiens, sous d'autres noms. Pour certaines traditions ésotériques islamiques cependant, les djinns (en arabe djenoun auraient été un peuple fabuleux qui, avec les péris, les afrites et les dives, auraient peuplé la Terre avant la création d'Adam. La sourate 72 du Coran leur est entièrement consacrée. Leur prince est Iblis ou Eblis.

V. aussi: Dêvas, Dives, Génies, Iblis, Préadamites.

Docétisme

Conception qui eut cours dans certains milieux simoniens, mandéens et chrétiens des premiers siècles de notre ère, selon laquelle Simon le Mage et Jean le Baptiseur pour les premiers, Jésus ou le Christ pour les chrétiens, ne seraient pas apparus dans le monde avec un corps de chair analogue à celui des humains, mais avec un corps n'en ayant eu que l'apparence, étant fait en réalité d'une substance éthérée non sujette au mal, ni à la corruption, voire à la souffrance. En conséquence, lorsqu'ils furent suppliciés par les dirigeants de la Judée poussés par les esprits mauvais, leur corps ne souffrit pas et ne mourut qu’en apparence, remontant ensuite vers le Ciel du bon Dieu-Père sans laisser de trace (ce qui expliquerait notamment, en ce qui concerne Jésus, l'épisode du tombeau trouvé vide).

Dodécade

Ensemble de douze cieux superposés dans l'intervalle qui sépare la Terre de l'Empyrée, selon la conception de divers gnostiques. Cette conception est à rapprocher de celle de certains chiïtes duodécimans, pour lesquels douze voiles sont tendus entre la Terre et le Paradis d'Allah, chacun de ces voiles correspondant à des imams successeurs de Mahomet.

Jules DOINEL (Moulins 1842 - Carcassonne 1902).

Employé è la Bibliothèque municipale d'Orléans, J. Doinel déclara, en 1889, avoir reçu de l'éon Christos la consécration épiscopale. Il fonda, en conséquence, en 1890, l'Eglise gnostique universelle, dans l'intention de faire revivre les doctrines des gnostiques Cérinthe et Valentin, et il s’en proclama lui-même le patriarche sous le non de Valentin II. Il institua aussi un sacerdoce, tant masculin que féminin, la supérieure des "sacerdotesses" portant le titre de Sophia. Pour rendre valables ses ordinations, Valentin II les fera confirmer par des évoques vieux-catholiques, notamment celui d'Utrecht. Outre l’ordination d'ailleurs, l'Eglise gnostique universelle connaît comme sacrements le baptême, l'eucharistie (célébrée selon un rite proche de celui des anciens marcionites) et le consolamentum tel qu'il avait été pratiqué par les manichéens et les cathares. La liturgie se dit en grec, mais c'est en latin qu'il faut interpréter le sigle I.N.R.I. Ione Natura Renovatur Integra "Le Monde se renouvellera intégralement par le feu".

Dès 1894 cependant, Jules Doinel abjura son hérésie et résignera ses fonctions patriarcales, qui seront reprises par Théophile Fabre des Essarts avec le hiéronyme de Synesius. Doinel lui-même se retirera à Carcassonne et il pourrait avoir adhéré au Prieuré de Sion et au Temple du Cromlech.

Domification

Méthode de répartition du ciel de naissance en douze secteurs, dénommés "maisons". Il y en a plusieurs variétés.

V. aussi: Astrologie.

DOMINIQUE de Guzman (1170-1221).

Fondateur de l'Ordre monastique des Dominicains, adversaire résolu des gnostiques et d'ailleurs de toutes les hérésies. Ce n'est toutefois qu'après sa mort que les tâches de l'Inquisition seront confiées à l'Ordre qu'il avait fondé.

DOSITHÉE

Nom que porta Jean le Baptiseur en Samarie. Dosithéos a, en grec, pratiquement la même signification, "Faveur de Dieu", que Iochannân « Faveur de Jéhovah » en hébreu, et ce nom avait déjà été porté aussi par Théudas, le père de Juda de Gamala, et d'autres. En fait, Théudas et Dosithée ont en grec la même signification ; ils sont les équivalents des noms français Dieudonné et Déodat. Le nom de Dosithée, que porta donc Jean, existe aussi sous différentes autres formes, telles que Dositos, Dousthane, Dousis, etc.

Jean ou Dosithée répandit en Samarie les principes de l'essénisme thérapeute. Ceux-ci, combinés plus tard avec les enseignements d'Étienne et du diacre Philippe, donneront naissance au Simonisme, Simon le Mage étant probablement un personnage imaginaire, s'identifiant en fait très vraisemblablement à Dosithée cru ressuscité.

V. aussi: Docétisme, Jean le Baptiseur, Simon le Mage.

Dosthéens ou Nazôréens

Noms par lesquels se désigneront aussi les mandéens quand ils auront ajouté Jean le Baptiseur (Dosithée) à leurs prophètes principaux.

V. aussi: Dosithée, Jean le Baptiseur, Mandéens, Nouçairis.

DOV BEER (1792-1827).

Fils de Shnéour Zalman et disciple du Baal-Shem-Thov. Il continua leur oeuvre en faisant preuve d'une telle éloquence qu'il sera surnommé "le grand Maggid".

Paul-Louis DRACH (1791-1865).

Rabbin cabaliste français qui se convertit au catholicisme en 1840 et s'employa à faire suivre son exemple par d'autres juifs. Il écrivit dans cette vue "De l'Harmonie entre l'Eglise et la Synagogue" (1844), où il entendait prouver que le christianisme serait en germe dans la Cabala. Ce livre reçut l'approbation du pape Grégoire XVI et vaudra à son auteur d'être nommé bibliothécaire de la congrégation De Propaganda Fide au Vatican. Il se fera dès lors appeler "le chevalier Drach".

Le Dragon vert

Société initiatique ultra-secrète qui parait être née en Suède au début du XXe siècle et qui pourrait avoir aidé les bolchevistes à prendre le pouvoir en Russie en 1917. Après la première guerre mondiale, le Dragon vert aurait, au contraire, concurremment avec la société allemande Thulé encouragé le national-socialisme en ses débuts, mais aurait cessé de le faire, comme aussi celle-ci, à partir de 1941.

J. aussi: Hess, Thulé.

Le Drapeau blanc

Secte contre-gnostique se réclamant de l'Islam, née en Malaisie en XIXe s., mais déclarant avoir eu pour précurseur Ourwâne Soufiane, qui aurait vécu, lui, au XVIIIe siècle. Cette secte alliait des croyances islamiques et chaldéennes à des rites d'inspiration maçonnique et se proposait d’éliminer, en les chassant ou en les massacrant, les chrétiens et les étrangers. Elle adopta comme emblème le triangle pour figurer l'union de la terre, du ciel et de l’homme. De la Malaisie, le Drapeau blanc se répandra dans tout le sud-est asiatique, principalement à Bornéo et aux Philippines.

DREVON

Voir: Hiéron du Val d'or.

Druidisme

Doctrine des prêtres celtiques. Ceux-ci se répartissaient en trois classes : les druides proprement dits, les bardes et les ovates. Leur enseignement n'a jamais été mis par écrit, ce qui rend difficile de dire exactement ce qu'il était. Il semble toutefois que les druides aient eu une conception trinitaire de la Divinité et cru à la transmigration des âmes. Leur connaissance de l'astrologie et l'usage qu'ils en auraient fait sont discutés. Paul le Cour penche pour la négative (v. "L'Ere du Verseau", pp. 25-26), tandis que, pour Paul de Saint-Hilaire, ils croyaient à l'influence des planètes (v. "Histoire secrète de Bruxelles", p. 29). Il n'est en réalité pas probable qu'ils l'aient complètement ignorée.

V. aussi: Celtes.

Druzes

Les Druzes sont en fait une peuplade dont l'origine est mal connue. D'aucuns croient qu'ils descendaient des Amalécites dont parle la Bible, que combattirent les Hébreux en marche vers la Terre promise et que disperseront les rois Saül et David. Lorsqu'ils auront été conquis par les Arabes musulmans, les Druzes se convertiront à l'Islam, mais n'en garderont pas moins certains de leurs particularismes, tout en pratiquant, en fait, une sorte d' oecuménisme, syncrétisant dans leurs enseignements et leurs coutumes particulières l'hébraïsme, l'hindouisme, le christianisme, l'ismaélisme et même aussi certains aspects du pythagorisme, du zoroastrisme et du manichéisme. Ils croient notamment à la transmigration des âmes et ils affirment qu'il arrive à la Divinité elle-même de se manifester sur Terre sous la figure d'un homme plus éminent que les autres. Cela se serait produit notamment, à les en croire, aux époques de Hénoch, de Noé, d'Abraham, de Moïse, de Zoroastre, de Pythagore, de Jésus, de Mahomet et enfin de l'égyptien Abou Ali el-Hakem, qui se proclama ! tel en 1017, alors qu'il était calife du Caire. C'est en conséquence en 1017 que les Druzes font actuellement débuter leur ère particulière et ils croient que Hakem reviendra sur Terre, que c'est lu! qui sera le Mahdi qu'attendent les musulmans chiites, et que, pour commencer, il détruira alors La Mecque et Jérusalem, pour établir ensuite le règne de la justice pendant au moins mille ans.

Les Druzes estiment qu'entre eux ils doivent toujours se dire loyalement ce qu'ils pensent être la vérité, mais qu'à l'égard des autres. il est licite de dissimuler, de feindre notamment, en vue d'échapper à d'éventuelles persécutions, de se conformer aux pratiques du culte dominant là où ils sont établis. Ils ne font pas l'aumône, dégradante selon eux pour la personne qui l'accepterait. Pour les Druzes enfin, ce n'est pas par l'humilité qu'on s'élève, mais par l'étude et la science, car plus on sait de choses, davantage on se rapproche de Dieu. Ils connaissent aussi un degré d'initiation supérieure, l'akil, auquel il n'est possible d'accéder qu'après avoir subi certaines épreuves, et aux titulaires duquel est réservée la révélation de certains mystères.

V. aussi: El-Hakim.

Touzay DUCHANTEAU

Adepte de la Rose-Croix et de l'Eglise martiniste qui s'adonna notamment à la cabale et à l'alchimie. Il a publié en 1790 "Le Grand Livre de la Nature", sorte d'apocalypse qui se veut philosophique et hermétiste.

Albrecht DURER (Nuremberg 1471-1528).

Peintre allemand qui paraît avoir été détenteur de traditions gnostiques.

Bertrand DU GUESCLIN (Dinan 1320 - Randon 1380).

Noble breton qui prit parti pour le roi de France Charles V contre les rois d'Angleterre. Il sera nommé connétable et aidera le roi à triompher des Bourguignons. Du Guesclin fut probablement membre de l'Ordre de Notre Dame de la Noble Maison et il passe pour avoir été le grand maître occulte de l'Ordre du Temple clandestin. Il fut d'abord l'époux de Tiphaine Raguenel, qui s'adonnait à l'alchimie et à l'astrologie. Devenu veuf, il épousera en deuxièmes noces Jehanne de Laval, dont deux des petits-fils seconderont Jehanne la Pucelle dans ses campagnes, ainsi qu'un de ses petits-neveux, Gilles de Rays.

V. aussi: Geoffroy de Charny, Templiers.

DUNS SCOTT (John) (Maxton, Écosse, v. 1266 ­ Cologne, 1308).

(surnommé le «Docteur subtil», partisan de l’augustinisme, il combattit Averroès et saint Thomas d’Aquin.)

Théologien franciscain écossais, qui séjourna longtemps en France, mais mourut à Cologne. Il s'efforça de concilier l'aristotélisme et l'augustinisme, mais il ne donnait pas la première place à la raison, l'amour et la volonté devant, pour lui comme pour Juda Halévy, l'emporter sur elle. La théologie n'est donc pas, pour Duns Scott, une science spéculative, mais pratique. Il sera aussi l'un des premiers à formuler ce qui deviendra le dogme de l'Immaculée Conception: Jésus ayant été une incarnation de Dieu, qui est parfait, il ne pouvait être né d'une femme dont la naissance aurait été entachée par le "péché originel".

Les duodécimans

Secte islamique issue du chiisme, comme les ismaéliens. Mais, alors que ces derniers n'admettent que sept imâms comme successeurs de Mahomet sur le plan religieux, les duodécimans (que certains auteurs préfèrent appeler "duodécimains") en reconnaissent douze, le premier de ceux-ci étant toutefois pour eux aussi Ali, le gendre et cousin du Prophète. Pour les duodécimans, Mahomet fut le plus grand de tous les prophètes passés, mais il n'était pas nécessairement le dernier, comme le disent les sunnites. Son enseignement a, en tout cas été continué par les imams. Il y a donc eu, pour les duodécinans, quatorze "êtres immaculés", qui sont : Mahomet lui-même; sa fille Fatima; l'époux de cette dernière, Ali Mortaza, le premier imâm ; et les onze autres imâms. La "substance de lumière" que Dieu avait insufflée à Adam, lequel fut le premier de tous les prophètes, s'est perpétuée en son fils Seth, puis en les autres prophètes. Elle s'est dédoublée à partir d'Abdoul Mottalîb, le père d'Abdouhlah et d'Abou Tahib. Abdoullah fut le père de Mahomet et Abou Talib, celui d'Ali Mortaza, qui épousa Fatima et en les successeurs de qui cette substance de lumière s'est donc unifiée à nouveau. Parmi ces successeurs d'Ali, Mohammed, le douzième imâm, a disparu officiellement en 871, mais pour les duodécimans, comme pour les ismaéliens, il n'est en réalité pas mort : il s'est seulement caché, et c'est lui le Mahdi qui reviendra à la fin des temps pour établir le règne de la justice en ce monde ; c'est pourquoi les duodécimans l'appèlent Al Mountazar

Depuis le XVIe siècle, cette doctrine est la religion officielle de l'actuel Iran.

V. aussi: Ali, Dodécade.

Hotham DURANT

Disciple anglais de Jakob Boehme au XVIIe s Il professait notamment que "le Royaume" est "en nous".

Claude DURET

Cabaliste chrétien français, mort en 1611.

Jean-Philipe DUTOIT-MEMBRINI (1721-1793).

Mystique suisse dont la pensée est dans la ligne du "piétisme" de la fin du XVIIe siècle, tout en s'opposant aux idées de Swedenborg et de Saint-Martin. Dutoit-Membrini est l'auteur notamment de "La Philosophie divine" (1793). Il voyait dans la Nature la sagesse du Logos qui répand sa lumière sur les hommes, tandis que les Elohims seraient des "idées" destinées à prendre forme dans la création. Pour lui, l'Homme primordial aurait été l'un de ces Élohim qui portait en lui le feu divin, mais qui, tombé dans la matière, devint l'Adam de chair et entraîna dans cette chute toute la nature...