DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES
et des principaux initiés
Préambule - sources
A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Lettre M
MAETERLINCK Maurice (Gand 1862 – Nice 1949).
MAGRE Maurice (Toulouse 1877 – Paris 1941).
MAÏMONIDE ( Cordoue 1135 – Le Caire 1204).
MAISTRE Joseph de (Chambéry 1753 – Turin 1821).
Saint Malachie (Armagh 1095 – Clairvaux 1148).
MALLARME Stéphane (Paris 1842 – Valvins 1898).
MANASSE Ben Israël (1604 – 1657).
MANI (215-277) et le manichéisme.
MARTINEZ de PASQUALLY (Grenoble 1727 – Port-au-Prince 1774).
MATHERS Samuel Liddell (1854 – 1917).
MAZZINI Giuseppe (Gênes 1825 – Pise 1872).
MEAD Georges .R.S. (1863 – 1933).
MELKITSEDEC (ou Melkissédech ou Melchisédech).
MENDEL Menachem (1787 – 1859).
MEYRINCK Gustav (1865 – 1932).
MICHELET Victor-Emile (1861 – 1937).
MIRZA Saïd Ali Mohammed (Shiraz 1819 – Tabriz 1850).
MOCKEL Albert (Ougrée 1866 – Bruxelles 1945).
MOLAY Jacques de (vers 1243 – 1314).
Nicolas de MONTFAUCON de VILLARS (1635 – 1673).
Bernard de MONTFAUCON (1655 - 1741).
MOORE George-August (1852 – 1933).
MOORE George-Edward (1873 – 1958).
MORIN de VILLEFRANCHE Jean-Baptiste
MO-TS OE (vers – 470 - - 395).
Machalate.
Deuxième épouse, la première étant Lilith, de Satan-Samaël, selon les cabalistes du Moyen-Age. Elle aurait été une fille d’Ismaël, fils lui-même d’Abram et d’Agar, et ancêtre supposé des Arabes.
V. aussi : Diables, Lilith, Samaël.
Macrobiotique.
Voir : Koushi, Ohsawa.
MAETERLINCK Maurice (Gand 1862 – Nice 1949).
Ecrivain flamand de langue française, qui obtint le prix Nobel de littérature en 1911. Il a composé notamment des drames symboliques baignant dans le mystère, dont le plus célèbre est « Péléas et Mélisande », qui sera mis en musique par Claude Debussy. Mais Maeterlinck est l’auteur d’essais sur des sujets très divers, notamment sur la gnose et l’occultisme : « Le Grand Secret », « L’Hôte inconnu », etc.
Marie MAGDELAINE
Dite aussi Marie de Magdala, du nom d’un bourg de Samarie d’où elle aurait été originaire, ou encore Marie Madeleine (forme francisée). Elle apparaît dans les Evangiles chrétiens comme une des femmes qui auraient suivi Jésus, après qu’il l’eût délivrée de sept démons. Elle était la sœur de Marthe, de Simon le lépreux, dit Lazare, et du « disciple que Jésus aimait ». Son nom est en réalité une déformation grecque de l’hébreu Miriam Magad Helena, « la Précieuse Princesse Hélène », et celle-ci n’est autre que l’Hélène des simoniens, laquelle est aussi, en fait, la Samaritaine aux cinq maris avec qui se serait entretenu Jésus, d’après l’Evangile selon Jean, près du puits de Jacob. On en a parfois fait, à tort, une prostituée de Tyr, à la suite d’un jeu de mots malveillant sur le nom hébreu de cette ville, Tsour, qui veut dire « Rocher », comme Kîpha en araméen, surnom qu’aurait porté un Simon. Dans la littérature gnostique, Marie Magdelaine joue un rôle important : elle y est souvent présentée comme la dépositaire privilégiée de l’enseignement ésotérique de Jésus ou du « Sauveur ». Selon une tradition orthodoxe grecque, Marie Magdelaine serait allée finir ses jours à Ephèse.
Mages
Nom donné dans l’Antiquité, en Médie, en Cappadoce et en Mésopotamie, à ceux qui étaient chargés du sacerdoce et de l’enseignement. Selon le célèbre thaumaturge et philosophe Appollônios de Tyane, qui était cappadocien et contemporain de Paul de Tarse, un mage est « celui qui est un représentant des dieux ou qui a en lui-même la faculté divine » (Lettre 17). On les appelait aussi « magiciens », mais ce mot a pris en français un sens différent.
Maghariens.
Secte gnostique palestinienne du Ier siècle avant notre ère, pour qui l’univers matériel n’a pas été créé par Dieu, mais par un « ange », un envoyé de ce dernier. Cette secte pourrait être à l’origine du simonisme.
MAGNUS Petrus.
Voir : Plama Caye.
MAGRE Maurice (Toulouse 1877 – Paris 1941).
Poète, romancier et écrivain occultiste français, auteur notamment de « Chansons des hommes », « Le Sang de Toulouse », « Magiciens et illuminés », « Le sortilège », etc.. Maurice Magre fut aussi un membre important de la Fraternité des Polaires et il fonda, avec Nita de Pierrefeu et René Nelli, le Cercle des Amis de Montségur. Il a exalté l’œuvre des Templiers et soutenu que Christian Rosencreuz aurait été initié au catharisme par des albigeois réfugiés en Allemagne.
Maha-Chohan.
Voir : Charenzi-Lindt.
Mahdi.
Nom du justicier, analogue au Messie hébreu, qui doit venir à la fin des temps pour les sectes islamiques chiites.
V. aussi : Askari, Duodécimans, Ismaéliens, Imâm caché, Saushyant.
Michel MAIER (1568 – 1622).
Médecin, astrologue, alchimiste et magiste rosicrucien allemand qui affirma l’unité de la matière. Il a écrit notamment plusieurs traités de philosophie hermétiste, entre autres Atalanta fugitiva, des Cantilenae intellectuales à la louange du Phénix et une Septimana philosophica.
MAÏMONIDE ( Cordoue 1135 – Le Caire 1204).
Penseur juif célèbre, le plus important sans doute depuis Philon, Moshé ben Maïmon, dit aussi Rambane ou Moïse l’Egyptien, ne fut pas vraiment gnostique, car il inclinait plutôt vers un certain matérialisme analogue à celui des philosophes arabes Averroès et Avicenne. Il avait d’ailleurs étudié la médecine dans une université musulmane et il écrivit en arabe. Il influencera néanmoins presque tous les exégètes juifs après lui, y compris nombre de cabalistes. Lui-même pensait qu’il ne fallait prendre que dans un sens métaphorique ceux des passages de la Bible hébraïque qui paraissent laisser entendre qu’il y aurait eu d’autres mondes avant le nôtre et qu’il pourrait y en avoir encore après lui.
MAISTRE Joseph de (Chambéry 1753 – Turin 1821).
Ecrivain français de citoyenneté sarde qui fut quelque temps ambassadeur en Russie du Royaume de Piémont-Sardaigne. Il est souvent, dans ses écrits, allé à contre-courant des idées de son époque, développant notamment des conceptions manichéennes ou réactionnaires.
Maître de Justice.
Personnage important dont il est beaucoup question dans les écrits esséniens et qui paraît avoir été quelque temps le chef de la branche thérapeute de l’essénisme en Judée. Il aurait subi le martyre par le fait d’un « prêtre impie », mais les noms, ni de ce prêtre, ni du Maître de justice lui-même, ne sont mentionnés dans aucun des documents connus où il en est question. Aussi ont-ils fait l’objet des supputations les plus diverses. Certains commentateurs, comme André Ragot, ont assimilé le Maître de justice au Jésus qui avait d’abord été l’un des disciples de Josué ben Parahya et qui serait le véritable Jésus historique, le Jésus des Evangiles n’en étant que la déification. D’autres encore, comme Barbara Thiering, l’ont assimilé à Jean le Baptiseur. D’autres encore, comme Michel Baigent et Richard Leigh, retardant audacieusement le « Commentaire d’Habacuq » des écrits de la Mer Morte à l’époque de la Guerre de Judée de 66, soutiennent qu’il s’agirait de Jacques, dit le Juste, un frère de Jésus. Le « Prêtre impie » serait alors le Hanan qui présidait, à l’époque, le Sanhédrin de Jérusalem et qui avait fait condamner ce Jacques à la lapidation en 62. Le plus vraisemblable paraît être l’hypothèse de Claude Violette, qui voit en le Maître de justice le roi asmonéen Onias III, le prêtre impie étant alors Ménélas.
V . aussi : Onias III.
Maitraya.
Equivalent, dans certaines sectes bouddhistes, du Sayshyant iranien, du Kaldi hindouiste, du Messie hébreu, du Mahsi musulman.
V. aussi : Mahdi, Messie, Vishnou.
Saint Malachie (Armagh 1095 – Clairvaux 1148).
Prêtre irlandais, Mael Maedoc O’Morghair, dit Malachie, se rendit à Rome en 1138, en passant par Clairvaux, où il se lia d’amitié avec saint Bernard. Revenu en Irlande après avoir été reçu par le pape Innocent II, il y fondera cinq monastères cisterciens. En 1148, Malachie voulut faire un nouveau voyage à Rome en passant derechef par Clairvaux, mais il y tomba gravement malade et il prédit sa mort, qui se produisit exactement au jour prévu par lui. Il avait d’ailleurs fait de nombreuses autres prédictions et opéré des guérisons remarquables. On lui attribue la célèbre « prophétie des papes ».
Le Malin.
Nom souvent donné au Diable des religions chrétiennes ou à son équivalent dans d’autres croyances.
V. aussi : Diable, trickster.
MALLARME Stéphane (Paris 1842 – Valvins 1898).
Poète français qui a souvent dissimulé ses conceptions ésotériques en des œuvres d’allure hermétique. Il a consacré aussi un essai au « Vathek » de Beckford et écrit une « Prose pour des Esseintes » en l’honneur du personnage central du roman « A Rebours » de J.K. Huysmans. Claude Debussy a mis en musique son «Après-midi d’un faune».
Malte.
Ile de la Méditerranée donnée par l’empereur Charles-Quint à l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem en 1530.
V. aussi : Hospitaliers, Ordre de Malte.
MANASSE Ben Israël (1604 – 1657).
Ecrivain juif portugais établi en hollande, auteur notamment de « L’Espérance d’Israël », où il exposait, se fondant sur divers auteurs cabalistes, que la venue du Messie était proche. Manassé Ben Israël intervint auprès d’Olivier Cromwell en faveur des juifs, dont l’immigration en Angleterre cessa peu après d’être interdite.
mandéisme.
La doctrine de cette secte de Basse-Mésopotamie était un mélange assez complexe d’éléments iraniens, chaldéens, hébreux et hindouistes. Les mandéens enseignaient notamment que l’âme est étrangère au monde matériel opaque et n’est que temporairement prisonnière du corps. Ils croyaient qu’à la mort, l’âme souffrante du juste retourne à la lumière. Les mandéens connaissaient aussi un dieu-enfant, Manda d’Chqïé (dont le nom signifie : Connaissance de la Vie) et ils plaçaient au début de l’humanité la triade Hibil (Abel), Shitil (Seth) et Anosh (Enosh) ; mais ces deux derniers étaient pour eux les fils du premier, qu’ils qualifiaient de Ziva (lumineux). Après la persécution des disciples du diacre Etienne par les juifs orthodoxes à Jérusalem, un groupe de fugitifs se rendit en Mésopotamie et fusionna avec ces mandéens, qui ajouteront alors à leurs prophètes Jean le Baptiseur et dénommeront dès lors aussi nazôréens ou dosthéens. Il paraît y avoir eu en outre des contacts entre ces mandéens ou dosthéens de Mésopotamie et l’église chrétienne d’Ephèse, fondée vers la même époque. Jean prit alors une grande place dans la littérature sacrée des mandéens, mais ceux-ci s’en feront une idée très idéaliste, affirmant notamment que la chair dont avait été faite son corps n’était pas de la même substance que celle des humains ordinaires, mais d’une nature nébuleuse ou éthérée. Tandis qu’ils ferons de Jésus un homme néfaste, un imposteur ayant tenté de prendre la place de Jean son maître. Jean le Baptiseur finira par être pour eux une incarnation de l’Homme primordial de l’hermétisme et de la Cabale, lequel aurait combattu les puissances ténébreuses, mais ne serait finalement arrivé à les vaincre qu’après avoir souffert et subi une défaite apparente, et était ensuite remonté vers le Dieu de bonté qui règne au plus haut des cieux entouré de sa force et de sa sagesse.
V. aussi : Aigle, Dosthéens.
Manéisme.
Théorie gnostique élaborée par Antonin Gadal (v. ce nom).
MANI (215-277) et le manichéisme.
Au III° siècle, un iranien né en Babylonie, nommé Mani ou Manès, dont le père Patek ou Fatak, était membre d’une secte baptiste, probablement elcésaïte, dit à l’âge de 24 ans avoir eu une apparition de « l’ange » de l’apôtre Thomas, à la suite de quoi il quitta la secte de son père et, comme l’avait fait Montan avant lui, se proclama le Paraclet. Il fit alors un voyage aux Indes, puis revint en Iran prêcher la doctrine qu’il y avait élaborée et qui est un syncrétisme de bouddhisme, de zervanisme et de gnosticisme, surtout mandéen, elcésaïte et séthien, mais se fondant aussi en grande partie sur les épîtres de l’apôtre Paul. Après l’avoir combattu, son père Patak finit par se rallier à lui et il devint même l’un de ses partisan s les plus actifs. A l’origine, d’après Mani, il y avait eu deux principes égaux en puissance : le Dieu de bonté Lucifer et le Prince des ténèbres Ahrimane ou Saclas, lequel a pour parèdre la démone Nibrouèle. Leurs domaines étaient nettement séparés et distincts, malgré l’existence d’une frontière commune : le premier s’étendant vers le haut, le second vers le bas, mais en enfonçant un coin dans le domaine de la Lumière, qui est celui du Dieu bon. L’univers matériel est le théâtre d’une lutte affreuse entre les deux principes, lutte dont l’homme est l’enjeu et la victime, car l’homme a été formé par les démons, serviteurs du Prince des ténèbres, lesquels voulurent emprisonner en Adam, le premier homme, la plus grande quantité possible de lumière. Mais Lucifer a envoyé aux descendants d’Adam une succession de prophètes illuminateurs pour leur faire connaître leur condition vraie : Seth, Hénoch, Nicothée, Noé, Sem, Abraham, Zoroastre, le Bouddha, le Sauveur chrétien, l’apôtre Paul et enfin, lui, Mani, le Paraclet. Moïse, en revanche, aurait été le prophète du Prince des ténèbres, tandis que Jésus, qui avait voulu accomplir la Loi de Moïse, était un diable incarné. On ne sait pas bien qui était, pour Mani, « le Sauveur chrétien »,, mais ce pourrait être Jean le Baptiseur, tel que se le représentaient les mandéens ou les elcésaïtes, plus probablement ces derniers, pour lesquels il était le Christ, tandis que les mandéens ne se sont jamais qualifiés de chrétiens. Le salut sera, pour les manichéens, la récompense de ceux qui auront mené une vie ascétique, grâce à laquelle chacun peut être délivré du mal après sa mort. Celui qui, sans vivre de cette façon, pratique néanmoins la vertu de justice, sera sauvé également, mais seulement au terme de plusieurs réincarnations, au cours desquelles l’occasion lui sera donnée de vivre d’une manière de plus en plus méritoire. A la fin des temps, la lutte du bien et du mal produira une déflagration générale de l’univers matériel, qui durera 1468 ans ; après quoi, le bien triomphera définitivement du mal, Lucifer d’Ahrimane, et les deux principes seront réunis. Les membres de l’Eglise de la Justice, comme se dénommera elle-même la religion manichéenne, se répartissaient en cinq classes : 1. Les docteurs, au nombre de douze ; 2. Les évêques, au nombre de soixante douze ; 3. Les anciens, au nombre de trois cent soixante ; 4. Les adeptes, qui recevaient un enseignement particulier ; 5. Les auditeurs, qui comprenaient tous les autres fidèles et qui étaient seuls autorisés à se marier, les membres des autres classes devant faire vœu de chasteté. Mais Mani s’attira l’hostilité des prêtres zoroastriens, qui le feront arrêter et condamner en 276. Il sera torturé et mourra en prison en février 277. Ses adeptes diront néanmoins qu’il était toujours vivant d’une certaine façon (Mani chaï) : c’est pourquoi les grecs l’appelleront Manichai, d’où le nom de « manichéens » appliqué à l’Eglise qu’il avait fondée. C’est Sisin, l’un de ses disciples, qui lui succéda, mais il transportera le siège de l’Eglise de la Justice à Babylone.
MANILIUS Marcus
Philosophe latin du Ier siècle de notre ère. Il disait de lui-même qu’il était un « poète astrologique » et affirmait tenir sa science des égyptiens. Manilius a écrit notamment un traité d’astrologie, Astronomicum, où il déclare, entre autres, avoir pénétré « les mystères du ciel par la faveur des dieux » et entreprendre de « faire descendre du Ciel des connaissances véritablement divines ».
MANOU.
Législateur indien probablement légendaire, que Louis Jacolliot a mis en parallèle avec l’hébreu Moïse, l’égyptien Ménès, le crétois Minos. Il est indéniable que le début du livre appelé « Lois de Manou » présente des analogies frappantes avec les récits de la création du monde des égyptiens et avec le début de la Genèse hébraïque.
Mantram.
Formules incantatoires (au singulier : mantra) en usage dans de nombreuses sectes indiennes, notamment bouddhistes.
MARC l’Evangéliste.
Voir Jean, dit Marc.
MARC AURELE (121 – 189).
Philosophe stoïcien. Fils adoptif de l’empereur romain Antonin, à qui il succéda, Marc -Aurèle persécuta les chrétiens – Justin notamment serait mort martyr sous son règne – mail il y fut contraint par le fait qu’ils refusaient le service dans les armées de l’Empire, alors que celui-ci était menacé par les Barbares, et l’hommage aux dieux de la Cité, s’excluant ainsi eux-mêmes de la communauté politique des citoyens romains. Comme philosophe, Marc Aurèle est l’auteur de Pensées où apparaît notamment l’influence d’Epictète.
MARCELLINE.
Disciple de Carpocrate et de son fils Epiphane, Marcelline répandit leur doctrine à Rome à l’époque où l’évêque nazaréen était Anicet et elle sera mêlée à la querelle qui opposait les chrétiens gnostiques aux partisans dudit évêque. Elle-même teintait toutefois son enseignement d’un certain syncrétisme, honorant notamment Pythagore à l’égal de l’apôtre Paul. Ses propres disciples seront appelés « harpocratiens », du nom égyptien de Hor pa chrouton, « Horus le jeune », lequel jouait également un rôle dans ses croyances et les leurs.
MARCION (85 – 162).
Né à Sinope, sur la Mer Noire, Marcion était, a-t-on dit, le fils de l’évêque de la communauté chrétienne de cette ville, mais cela est douteux. Il fit de nombreux voyages, notamment à Ephèse, où il aurait assisté Jean le Théologue dans la rédaction de son Evangile, mais il se fit chasser par lui, selon Papias, parce qu’il pensait trop autrement que lui. Devenu armateur, Marcion commanda souvent lui-même l’un de ses navires et il devint très riche. Il eut ainsi l’occasion de relâcher en de nombreuses villes portuaires, entre autres à Alexandrie et à Antioche, où il rencontra Cerdon et il devint son disciple. Marcion débarquera à Rome peu de temps après lui et il y publiera l’Evangelion et l’Apostolikon dont Cerdon y avait entre temps apporté le texte. Ayant ensuite lui-même écrit et publié des « Antithèses », plus violemment anti - juives encore que l’enseignement de Cerdon, Marcion se fit exclure à son tour par Pie, l’évêque nazaréen de Rome, en 144. Il fera néanmoins de nombreux adeptes dans tout le monde méditerranéen, ainsi qu’au Proche - Orient, et l’Eglise marcionite subsistera longtemps encore après lui, mais elle semble avoir finalement été absorbée par le manichéisme. D’après Marcion, le bon Dieu Chrîstos est préexistant à toutes choses, y compris à la matière, qui est cependant éternelle. Ce Dieu bon est resté inconnu des hommes jusqu’à la révélation qu’en a faite son fils lorsqu’il apparut sur la Terre sous la forme d’un homme âgé d’environ trente ans, mais en un corps fait d’une substance plus pure que celle des hommes ordinaires. Quant au Dieu de l’Ancien Testament, il a sous doute « créé » le monde, mais seulement en organisant la matière pré - existante, et sa justice inexorable n’y a produit que des calamités. Les prophètes hébreux ont annoncé deux Messies : l’un, qui est destiné par le Dieu créateur à restaurer Israël, apparaîtra un jour, mais on ne sait pas quand ; l’autre est venu, il est descendu sur Terre pour sauver tous les peuples au temps de Tibère, sous la forme d’un homme adulte, mais fait d’un corps non sujet au mal et à la mort, car il était le propre fils de Chrîstos. Il fut poursuivi par les puissances mauvaises, mais il leur échappa et ne fut l’objet que d’une mise en croix cosmique et glorieuse avant de retourner à son Père, lequel lui donna alors le nom de Jésus. Trois jours après cette mort apparente, ce dernier réapparut à quelques uns de ses disciples, puis il remonta à nouveau au Ciel. Quelques temps après, il se montra encore à Paul de Tarse et le chargea de répandre, sous le nom d’Evangelion, « Bonne Nouvelle », la doctrine qu’il avait enseignée sur la Terre.
V. aussi : Cerdon, Christ, Docétisme, Hermas, Jésus, Mandéens, Paul de Tarse.
MARCOS.
Magiste, disciple de Valentin, contemporain d’Irénée, Marcos professa qu’un Principe inengendré, voulant exprimer l’inexprimable, avait émis un logos composé de quatre syllabes comprenant 30 lettres. Il imagina, à partir de cela, quantité de combinaisons de ces lettres, compte tenu de ce que les lettres de l’alphabet grec ont toutes une valeur numérique. Lors du baptême de Jésus par Jean notamment, si une colombe descendit sur lui, qui alpha et oméga, c’est parce que la valeur de ces deux lettres additionnés, 1 + 800, fait 801, exactement comme les lettres additionnées du mot grec péristéra (colombe). Marcos expliquait de même la parabole des 99 brebis, la centième, la brebis chérie, égarée et retrouvée, étant la Sophia des gnostiques. Marcos disait encore qu’à chacune des sept voyelles de l’alphabet grec correspondait un des sept cieux et une des sept notes de la gamme. Pour lui, la Terre et les Cieux avaient été créés ensemble, mais c’est sur la Terre que les maux s’accumulent, le Diable étant contraint d’y rester à cause de leur pesanteur.
MARCOTOUNE Serge.
Président du gouvernement de l’Ukraine en 1917, se réfugia en France et devint avocat à Paris. Marcotoune y accéda aux fonctions de supérieur de l’Ordre martiniste et de grand-maître de la Grande Loge de France. Il œuvrera sans relâche pour le rapprochement des obédiences maçonniques et des religions.
Mardouk.
Nom du dieu suprême (Bél Mardouk) chez les chaldéens.
MARINUS.
Mathématicien et philosophe néo-platonicien samaritain du Vè siècle.
Le baron Yves de MARSAUDON.
Disciple de René Guénon. Chevalier bienfaisant de la Cité sainte et membre de l’Ordre de Malte, Marsaudon a préconisé le rapprochement de l’Eglise chrétienne orthodoxe et de la franc-maçonnerie initiatique.
MARTHE .
Sœur d’une Marie, probablement Marie la Magdeleine, puisqu’elle figure également, aux côtés de celle-ci, dans Pistis Sophia, parmi les disciples auxquels Jésus expose son enseignement ésotérique après sa résurrection. Il est aussi question de Marthe dans les Evangiles selon Luc et selon Jean.
MARTINEZ de PASQUALLY (Grenoble 1727 – Port-au-Prince 1774).
Nom par lequel se fera appeler Martin Pascal, fondateur en 1754 de l’Ordre des Chevaliers maçons Elus Cohens de l’Univers, lequel était accessible seulement aux maçons réguliers déjà titulaires au moins du grade de maître. Les adhérents étaient initiés à des pratiques théurgiques appelées « passes », qui étaient censées les mettre en rapport avec des « anges ». Pour Martinez, le Christ reviendra sur la Terre sept mille ans après son premier avènement, en vue de procéder au grand jugement, puis proclamer la loi du pardon et fonder l’Eden terrestre. En 1765, il rencontra à Foix Louis-Claude de Saint-Martin, qui sera élevé en 1771, au grade de commandeur d’Orient de l’Ordre des Elus Cohens, et deviendra alors le secrétaire particulier de Martinez de Pasqually. Il succédera à ce dernier à sa mort en 1774.
Martinisme.
Voir : Martinez de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin.
Massaï.
Peuplade africaine du Kenya, d’origine nilotique. Les Massaïs croient en un Dieu unique, qu’ils appellent Engail, mais qui est composé de deux principes : le Noir ou Bien, et le Rouge ou Mal. Ils disent aussi que c’est un serpent venu du ciel qui leur à donné leurs premiers troupeaux d’où descendraient tous les autres troupeaux de la Terre, lesquels par conséquent leur appartiennent de droit et qu’ils ne font donc que récupérer lorsqu’ils s’en emparent chez d’autres tribus.
MATHERS Samuel Liddell (1854 – 1917).
Magiste, membre de la branche anglaise de la Société théosophique, de la Societas Rosicruciana en Anglia, et du Hermetic Brotherhood of Luxor, Mathers fondera lui-même en 1887, avec William Robert Woodman, William Wynn Westcott et Anna Sprengel, tous trois membres de l’Ordo Templi Orientis, le Hermetic Brotherhood of the Golden Dawn in Outer, dont il se proclama lui-même l’imperator sous le hiéronyme de Mac Gregor.
MATHIAS.
Disciple de Jésus le Nazaréen qui, selon les « Actes des Apôtres », tut coopté comme « apôtre » par la communauté nazôréenne de Jérusalem en remplacement de Judas Iscariote, exécuté pour trahison. Mathias passe pour être allé porter la « Bonne Nouvelle » en Egypte et en Ethiopie.
MATHUSALEM.
Patriarche biblique, qui aurait vécu 999 ans. Il était le fils d’Hénoch, qui fut enlevé par les élohîm, et le père de Lamech, père lui-même de Noé.
MAURAN Pierre (+ 1199).
Dirigeant cathare qui feignit de se soumettre à l’Eglise pour échapper à la répression.
MAXIMILLE.
Une des principales disciples de Montan.
Mayas.
Ancien peuple de l’actuelle Amérique du nord, descendant probablement des Atlantes. Leur livre sacré était le popol Vuh. Les Mayas avaient de fortes connaissances en astronomie, connaissant parfaitement notamment l’orbite de la planète Vénus, en arithmétique, en architecture, et ils édifièrent des pyramides. J.L. Bernard attribue leur disparition à une erreur de calcul : ils auraient eu l’art de capter, grâce à leurs pyramides, la force du Soleil, (qu’ils appelaient le « Serpent céleste) par les relais de la Lune et de Vénus ; mais ayant par erreur capté l’autre pôle du « cœur du ciel », le « soleil noir », toute leur religion s’en serait trouvée subvertie et les Mayas se mirent à pratiquer des sacrifices humains, ce qui provoqua l’ire d’autres populations amérindiennes, qui les massacrèrent.
V. aussi : Atlantide.
MAZDAK.
Prêtre zoroastrien du V° et du début du VI° siècles de notre ère, qui voulut réaliser une réforme sociale. Il se proclama l’envoyé de Dieu et entendit abolir toutes distinctions de classe et de sexe, prêchant notamment la mise en commun de tous les biens, et déconseillant le mariage et la mise à mort d’animaux pour en consommer la chair. Mazdak s’assura de nombreux disciples, mais l’empereur sassanide Kauadh, après avoir d’abord feint de l’approuver, mena contre lui et ses partisans une expédition militaire qui s’acheva en massacre à Ctésiphon.
Mazdéisme (ou ZERVANISME)
Antique religion iranienne dualiste, selon laquelle le Temps sans Limite (Zervane Akèrèn) s’était, aux origines, scindé en deux principes antagonistes : Spenta Mainiou, l’Esprit saint, et Angra Mainiou, l’Esprit pervers. Cette religion fut réformée au VI° siècle avant notre ère par Zoroastre, pour qui il n'y avait qu'un Dieu unique, Aour Mazda, la Lumière vivante, auquel étaient subordonnés trois génies Atar, Mithro et Arhimane, ainsi que tous les autres êtres célestes. Après Zoroastre cependant, le mazdéisme redeviendra dualiste et Mithro, confondu avec l’indien Mitra, fera l’objet d’un culte distinct. Pour le mazdéisme des débuts de notre ère, le monde est le théâtre d’une lutte sans merci entre Ormouzd (nouveau nom d’Aour-Mazda), le dieu du feu, de la lumière et du bien, et Ahrimane (Angra Mainiou), dieu de la fumée, des ténèbres et du mal. Les prêtres mazdéens étaient appelés atharvanes ou atravanes. On les confond souvent avec les mages chaldéens, qui leur reprirent quelques unes de leurs coutumes.
V. aussi : Eléments, Mages, Zoroastre.
MAZZINI Giuseppe (Gênes 1825 – Pise 1872).
Fondateur, avec le théurge américain Albert Pike, du palladisme.
MEAD Georges .R.S. (1863 – 1933).
Historien et occultiste anglais, qui fut le secrétaire d’Helena P. Blavatsky pendant les trois dernières années de la vie de cette dernière. Mead a été l’éditeur de The Quest Review et l’auteur d’un grand nombre d’études très fouillées, parmi lesquelles on notera surtout Fragments of a Faith forgotten, étude exhaustive des documents gnostiques ou relatifs à la Gnose connus de son temps ; Appollonius of Tyane, the Philosopher-Reformer, The Gospel and the Gospels, The Mysteries of Mithra, etc.
MEGETIUS.
Disciple de Marcion, qui reconnaissait trois Principes essentiels : le Dieu bon, un Démiurge intermédiaire et l’Esprit mauvais, auxquels correspondaient respectivement les chrétiens gnostiques, les juifs et les chrétiens judaïsants, les païens.
MEIR ben Shimeon.
Voir : « Sepher ha-Bahir ».
MEIR ben Shlomo.
Voir : Abou Sehoula.
Melkart.
Mauvais fils du dieu El des cananéens, Melkart est, chez les phéniciens, le protecteur de la ville de Tyr.
MELKITSEDEC (ou Melkissédech ou Melchisédech).
Personnage énigmatique dont le nom signifie, en hébreu, « Mon Roi est Justice ». Dans la Genèse (XIV, 18-19), il rencontre Abram et ils consomment ensemble du pain et du vin. Il est dit roi de Salem et prêtre d’El Elyôn (le Très-haut), mais Shalem n’est probablement pas Jérusalem, comme on le croit souvent : il s’agit plus probablement de l’actuel village d’Al-Salâma, en Arabie occidentale. On retrouve Melkissédech dans l’Epître aux Hébreux (VI-20 à VII-19), où il est assimilé au fils de Dieu et où il est dit qu’il est « prêtre pour l’éternité », mais Jésus lui est supérieur. Cependant, Théodote le banquier soutenait l’opinion inverse, se basant probablement sur le chapitre XXIII du Livre des Secrets d’Hénoch, où il est dit que Melkitsédec reçut son nom de Noé ; qu’il fut enlevé de la Terre par l’archange Michel et transféré en Eden afin qu’il échappe au déluge ; qu’il sera dans l’avenir placé à la tête des prêtres et que, quand l’humanité sera purifiée, il sera le Maître du Monde. Aussi, dans certains milieux ésotéristes hébraïsants, professe-t-on que c’est Elie et lui qui annonceront la venue du Messie ou encore que Melkitsédec serait le Messie lui-même. Pour les séthiens d’ailleurs, Melkitsédec avait été une réincarnation de Seth, qui se serait ensuite incarné à nouveau en Jésus. On retrouve enfin Melkitsédec dans Pistis Sophia, un écrit égyptien de tendance valentienne, et dans les Livres de Iéou, où il est surnommé Zorokotora, ce qui est fort proche de Zarathoustra et vient donc à l’appui de ceux qui pensent que le premier Zoroastre n’avait été autre précisément que Melkitsédec. Dom Calmet, quant à lui, croyait que les trois mages venus en Judée saluer Jésus à sa naissance, selon Matthieu, avaient été Hénoch, Melkitsédec et Elie.
V. aussi : Noé, Séthiens, Zoroastre.
Memphis et Misraïm.
Ordre maçonnique
initiatique issu de la fusion de l’Ordre de Misraïm et du Rite de Memphis. Le
rite de Memphis avait été fondé en France par des soldats français au retour de
l’expédition en Egypte de Napoléon Bonaparte. Quant à l’Ordre maçonnique de
Mitsraïm, il avait été fondé en 1814 par des francs-maçons bonapartistes.
Les deux organisations fusionneront dès 1901 en Italie, puis en France en 1908,
avec pour premier grand maître de l’Ordre de Memphis et Misraïm, Gérard
Encausse, dit Papus.
MENACHEM ben Iédouha.
Dernier fils de Juda de Gamale (ou peut-être un de ses petits-fils,,,), dont il professait la doctrine. C’est lui qui provoqua la Guerre de Judée contre les Romains en 66, mais il sera assassiné à Jérusalem dès les premiers mois des hostilités.
MENANDRE de Samarie.
Simonien pour qui le monde matériel a été créé par des anges. Il s’établit à Antioche et y fit de nombreux adeptes. De ceux-ci, les plus importants seront Paul et Satornil. Il ne faut pas le confondre avec le poète grec du même nom. A la doctrine simonienne, Ménandre ajoutait l’opinion que, par le baptême, l’homme devient immortel.
V. aussi : Simoniens.
MENDEL de Vitebsk.
Hassid lituanien du XVIIIè siècle qui émigra en Palestine et fonda des communautés à Safed et à Tibériade.
MENDEL Menachem (1787 – 1859).
Rabbin de Kotzk (Pologne). Son hassidisme se fonde surtout sur la condamnation de toute hypocrisie et sur une recherche passionnée de la vérité.
Mer Blanche.
Mer qui entourerait l’Ile Verte des croyances islamiques chiites.
V. aussi : Groenland.
Mercure.
Dieu romain (Mercurius) correspondant au hermès de la mythologie grecque, auquel fut aussi assimilé le dieu égyptien Thot. Il est à remarquer, à ce propos, que c’est précisément en Egypte que s’est développée l’alchimie, dont toutes les opérations se font à partir d’un métal liquide appelé, lui aussi, mercure. Mercure est aussi le nom français actuel de la planète la plus proche du Soleil.
MERLAU.
Voir : Petersen.
Messalianisme.
Secte chrétienne gnostique du V° siècle pour laquelle, dans l’âme humaine, coexistent la grâce, d’une part, l’esprit du mal, d’autre part, ce dernier pouvant toutefois être combattu par la prière. Cette doctrine, dont les adeptes seront aussi appelés « euchites », sera condamnée, en même temps que le nestorianisme au Concile d’Ephèse de 431.
Messie.
Personnage annoncé par les prophètes hébreux comme devant procéder, à la fin du monde, au grand jugement. Pour les chrétiens, le Messie s’est déjà manifesté en la personne du christ Jésus, mais il reviendra à la fin des temps. Pour les juifs, il n’est pas encore venu et, avant de procéder au grand jugement, il aura préalablement restauré Israël.
V. aussi : Mahdi, Maitraya, Vishnou.
Métatrôn.
Ange protecteur d’Israël selon la Cabale. Sa nature est cependant très controversée, certains en faisant un ange, d’autres le considérant comme antérieur aux anges. Il dépend en tout cas de la séphire Malkout (La Royauté).
METHOUSHAEL (ou Métoushaël).
Nom que porte, dans la tradition ésotérique islamique, l’un des trois compagnons d’Adoniram qui assassinèrent ce dernier et qui aurait été un hébreu.
V. aussi : Ahiram, Jubelas.
Métoushhala.
Nom hébreu de Mathusalem.
MEUNG Jean de (1240 1302).
Nom sous lequel est mieux connu Jehan Clopinel, poète et alchimiste français qui acheva « Le Roman de la Rose » de Guillaume de Lorris. Jean de Meung est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages d’alchimie, tels que « La Clef de Sapience », « Le Miroir d’Alchymie », « De la transformation métallique », « La Fontaine des Amoureux de Science », etc.
MEYRINCK Gustav (1865 – 1932).
Romancier autrichien, auteur d’œuvres fantastiques où il met à profit son initiation à plusieurs gnoses. Il est ainsi l’auteur du « Golem » (1915), du « Visage vert » (1916), etc.
MICHEL
Le principal des archanges des traditions judéo-chrétiennes et leur chef, chef même de tous les autres anges. Il est impossible de donner une description exhaustive de ce personnage, tellement nombreux sont les textes où il intervient. Les principaux de ceux-ci sont les livres d’Hénoch, l’Apocalypse chrétienne, le y de la Cabale, y, etc. etc…
MICHEL Pierre.
Voir : Vintras.
MICHELET Victor-Emile (1861 – 1937).
Poète et occultiste français, disciple d’Edouard Schuré et ami de Stanislas de Guaita. Auteur, entre autres, du « Secret de la Chevalerie » (1928).
MILA-REPA.
Philosophe et poète tibétain du XIè siècle, le plus illustre sans doute des bouddhistes tantriques. Mila-Repa professait notamment que, par la volonté et l’ascèse, il est possible à l’homme de vaincre les « forces démoniaques » qui sont en lui, ce qui n’est pas sans analogie avec le bon et le mauvais penchant des cabalistes.
MILOSZ (1877-1939).
Ecrivain français d’origine lituanienne, Oscar-Wladimir de Lubicz-Milosz a produit des œuvres d’inspiration symboliste, cosmique et hermétiste, où l’on trouve les influences notamment de Baudelaire, de Saint-Yves d’Alveydre, de Rimbaud, etc. Un des poèmes de Milosz, « Les Arcanes » (1927), contient notamment sur la Genèse, en particulier sur Adam et Eve, des idées originales qui se situent parfaitement dans la ligne des traditions ésotéristes et occultistes.
MILTON John (1608-1674).
Poète anglais, auteur notamment de Paradise Lost (Le Paradis perdu), où se retrouvent des conceptions inspirées des apocryphes juifs, de Marcion, de Dante Alighieri, de la Cabale, etc. Dans son Arcadia, Milton développe aussi la théorie pythagoricienne de la musique harmonieuse des sphères célestes. Pour lui, la matière est éternelle, et il croyait possible à l’homme de passer progressivement de ladite matière aux mondes les plus élevés, jusqu’à s’apparenter aux anges.
Minoëns.
Aux temps préhistoriques, la Crète fut peuplée par des sémites, les Minoëns. C’est par ces derniers, semble-t-il, que les mystères d’Osiris passèrent partiellement en Grèce, avant que les traditions hébraïques ne soient transmises à celle-ci par les Phéniciens.
MINUCIUS FELIX Marcus.
Avocat romain qui vécut au début du III° siècle. Auteur d’Octavius, dialogue qui met en présence Cecilius, un païen, Octavius, un chrétien, et lui-même Linucius. Il y fait triompher Octavius, bien qu’il ne croie pas, quant à lui, que Christ se soit incarné en un homme, moins encore que cet homme soit mort crucifié comme un criminel. Minucius Felix en effet se plaçait plutôt dans la ligne de Paul de Tarse et de Marcion du Pont.
MIR JAMAD (+ 1631).
Soufi mystique persan qui sera l’un des maîtres de Molla Sadrâ. Sa théorie, reprise d’Avicenne, des dix Intelligences angéliques, n’est pas sans analogie avec celle des dix sephirôt cabalistiques.
MIRZA Saïd Ali Mohammed (Shiraz 1819 – Tabriz 1850).
Fondateur, ayant pris le titre de Bâb (La Porte) d’une religion syncrétiste appelée le Bâbisme, laquelle deviendra, réformée par Baha Oullah, le Bahail.
V ; aussi : Ali Mohammed, Bahail, Baba Oullah.
MIRZA Houssein Ali Nouri.
Voir : Baha Oullah.
MISRAKI Paul.
D’origine juive, né à Istamboul en 1908, mais établi très jeune à Paris, Misraki connut d’abord la célébrité comme chanteur de variétés, mais il se convertit au catholicisme peu après la deuxième guerre mondiale, et entama alors une carrière littéraire. Après avoir publié quelques romans, Paul Misraki s’est finalement tourné vers la Gnose, abordant dans ses dernières œuvres des sujets tels que l’après - vie, les extra-terrestres, l’irrationnel, etc.
Mithraïsme.
Culte issu du zoroastrisme, le génie Mithro de ce dernier et le Mitra hindou ayant été assimilés l’un à l’autre. Le rite essentiel de ce culte était le « taurobole », sacrifice d’un taureau, suivi d’un repas des fidèles en commun, au cours duquel on en consommait la viande, censée être la chair même de Mithra, tandis que le vin que l’on buvait était censément son sang. Ce rite paraît être d’origine égyptienne et repris au culte d’Oussit (Seth). Le mithraïsme connaîtra son apogée lorsqu’il gagna Rome, grâce au fait que nombreux furent les légionnaires romains qui s’y étaient fait initier en Orient. En 188, l’empereur romain Commode l’unit même au culte de Cybèle.
A Rome, le principal centre mithriaque occidental était un temple érigé sur le Vatican. L’initiation était à sept degrés : corax (corbeau), degré placé sous la protection de Mercure ; nymphus (époux), protégé par Vénus ; miles (soldat), protégé par Mars ; leo (lion) protégé par Jupiter ; perses (perse), protégé par la Lune ; heliodromus (messager du Soleil) ; pater enfin, protégé par Saturne. Les titulaires de ce dernier grade se vêtaient d’un habit rouge et se coiffaient d’une mitre. C’est parmi les patres qu’étaient choisis les dix supérieurs qui administraient l’organisation du culte et qui élisaient l’un d’entre eux pour être le Pasteur suprême, désigné à vie, avec le titre de Sanctus Pater (Saint Père). Les Mithraïstes, à l’instar de ce qu’espéraient d’Orphée les orphistes, les juifs du Messie, les chrétiens du Christ, les bouddhistes de Maitreya, attendaient le retour à la fin des temps, de Mithra pour qu’il procède au grand jugement. Après quoi, monté sur un char solaire guidé par Mercure, le dieu voguerait, croyait-on, vers l’Océan pour remonter finalement dans l’Empyrée. Le jour de Mithra était célébré le 25 décembre. En 354, l’évêque de Rome, Libère, décréta qu’à cette date serait célébrée aussi la naissance de Jésus-Christ. Mais ce n’est que sous le règne de l’empereur byzantin Justin, au VI° siècle, qu’elle deviendra officielle également en Orient et dans tout l’Empire romain.
V. aussi : ; Mercure, Zervanisme.
Mithro.
Deuxième des génies dépendant d’Aour-Mazda pour le zoroastrisme, Mithro régissait spécialement la lumière et il avait pour tâche spécifique de tenter de concilier Atar, le génie du feu, et Ahrimane, l’esprit mauvais. C’est lui aussi, qui, assisté des souras Sraoshi et Rashnou, présiderait au jugement des âmes après la mort. Il sera confondu avec le Mithra hindou et fera alors l’objet d’un culte particulier sous le nom de Mithra.
V. aussi : Mithraïsme, Zervanisme, Zoroastre.
Mitra.
Divinité inférieure des mythologies indienne et mittanienne. Elle sera confondue avec le Mithro perse sous le nom de Mithra, ce qui donnera naissance au mithraïsme.
Mittanniens.
Peuple indo-européen établi dans l’Antiquité entre l’Assyrie et l’Anatolie. Ce peuple étant allié à l’Egypte, les pharaons pouvaient épouser des princesses mittanniennes. Les mittanniens connaissaient une trinité composée d’Indra, Varouna et Mitra.
V. aussi : Mitra.
MNESARQUE.
Voir : Pythagore.
MOCKEL Albert (Ougrée 1866 – Bruxelles 1945).
Poète, conteur et critique littéraire wallon de langue française, Mockel fut un des premiers à préconiser la réorganisation de la Belgique en un Etat fédéral. Il séjourna quelque temps à paris, où il fut un des familiers de Stéphane Mallarmé, et il devint l’un des meilleurs théoriciens du symbolisme en littérature et en art. Mockel pratiqua aussi le spiritisme, entretenant notamment des communications avec son fils, mort jeune. Il fut conservateur du Musée Wiertz, à Bruxelles, de 1939 à sa mort.
MOHAMMED Ibn Ismaïl.
Prophète particulier des ismaéliens, qui en font une réincarnation de Seth.
V. aussi : Ismaéliens, Mahdi.
MOHAMMED Ibn Nouçayr.
Théologien musulman, fondateur en Syrie, au IX° s., d’une secte chiite, les ansariyas ou alaouites, qui se répandra surtout dans les régions de Damas et de Lattaquié, mais essaimera jusqu’au Maroc.
V. aussi : Nouçairis.
MOHOUN ROY Râm (1774 – 1833).
Voir : Brahmaïsme.
MOÏSE.
Le plus grand prophète hébreu, probablement fils naturel de la princesse égyptienne Tarmoute et le l’hébreu Amram. Son nom hébreu Moshé est une transcription de l’égyptien ancien Mosè, qui veut dire « enfant » et que l’on retrouve dans les noms de plusiers pharaons : Ramsès (Râ-Mosè, enfant de Râ) ; Toutmès (Thot-Mosè, enfant de Thot), etc.
Moïse fut élevé à la Cour du pharaon, où il reçut l’initiation notamment aux mystères d’Osiris, fondés sur le monothéisme, et il participa peut-être à la réforme religieuse d’Aménophis IV, dit Akhnaton. Il se rebella contre un des successeurs de ce dernier, qui avait rétabli le polythéisme, et il s’en alla, suivi du peuple dont faisait partie son père, ainsi que d’un certain nombre d’égyptiens restés fidèles au monothéisme, porter ailleurs les traditions gnostiques, qu’il transmettra à son frère Aaron et à Hoshéa, fils de Noun, dont il changera le nom en celui de Josué (Iéhoshouo = Dieu Sauveur).
V. aussi : Josué, Noun.
MOÏSE de CORDOUE.
Voir : Cordovero.
MOÏSE de Léon (1243 – 1305).
Cabaliste juif espagnol éminent, Moshé ben Shemtov passe, aux yeux de beaucoup d’auteurs, pour être le véritable et même le seul rédacteur du Sepher ha-Zohar, mais il n’est plus probablement que le compilateur du texte définitif, avec sans doute quelques additions de sa main. Moïse de Léon est toutefois aussi l’auteur de nombreux autres traités, entre autres de Shoshane Edoute (la Rose du Témoignage) et Shekel ha-Codesh (Le Sicle saint). Dans ce dernier, il expose notamment que c’est la Lumière qui est la créatrice du monde sensible, mais qu’elle est elle-même une émanation du Dieu éternel et qu’elle serait issue du iod du nom d’Aïn, le Rien, un des attributs de Dieu : ajouté au mor ‘or (aleph wav resh), lumière, le iod en effet produisit l’awir, « l’éther ». Dans le Sepher Or-Zaroua (Le Livre de la lumière illuminatrice) enfin, Moïse de Léon précise que Dieu a créé d’abord Elohîm, le « Prince des anges », qui est la Lumière, et que de celle-ci procèdent tous les êtres vivants.
MOLAY Jacques de (vers 1243 – 1314).
Grand maître de l’Ordre du Temple au moment des poursuites intentées contre celui-ci en France. Ayant d’abord passé des aveux sous la torture, Molay se rétracta et fut brûlé comme relaps devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, en même temps que Geoffroy de Charnay, qui s’était pareillement rétracté.
V. aussi : Charnay, Templiers.
MOLCHO Shelomo
Juif portugais qui fut d’abord chrétien sous le nom de Diego Pires, mais revient ensuite au judaïsme et se mit à l’étude de la Cabale. Il se proclamera Messie en 1530 et parcourra, en prêchant, la Turquie, l’Allemagne et l’Italie. Mais il sera arrêté, condamné au bûcher et exécuté à Mantoue en 1532.
MOLIERE (Paris 1622 – 1673).
Bien qu’il ne fût certainement pas gnostique, il convient que Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, figure dans le présent ouvrage, du fait qu’il est l’égal, dans l’histoire universelle de la littérature et des idées, d’un Dante, d’un Léonard, d’un Goethe, d’un Baudelaire, qui y sont mentionnés. C’est d’ailleurs Molière qui, dans sa pièce « Tartuffe », l’un de ses chefs-d’œuvre avec « Le Misanthrope », « Dom Juan », « Les Femmes Savantes », etc. mettra en scène un membre de la Compagnie du Saint Sacrement de l’Autel, laquelle s’opposera avec acharnement à cette pièce et sera, à cause de cela, surnommée « la Cabale des dévôts » : c’est depuis lors que le mot « cabale » a pris en français un sens p&ea cute;joratif.
V. aussi : Compagnie du Saint Sacrement de l’Autel.
MONOÏME.
Gnostique arabe qui donnait au Tout le nom d’Homme, ce dernier étant une monade éternelle possédant en elle absolument toutes les qualités avec leurs contraires et correspondant à peu près à l’Homme primordial de l’hermétisme et de Colorbaze. Cet Homme a un fils, né de Lui, mais en même temps que Lui. C’est de ce fils d’Homme, lequel est la beauté même, n’ayant pas été engendré par un être femelle, que sont nés tous les êtres existants. Quant au monde matériel, il est composé des quatre éléments, eux-mêmes formés de nombres. Le symbole le plus parfait de l’Homme est la lettre grecque iota, qui se trace d’un seul trait. Le Iota majuscule, dans un des deux systèmes de numération des grecs, représente l’unité, d’où sont issus les autres nombres ; le iota minuscule, dans l’autre système, représente la dizaine, qui est, selon Monoïme, le nombre parfait. Partant de là, il interpréta à sa façon la création, les dix plaies d’Egypte, la Pâque, etc…
V. aussi : Eléments, Fils de l’Homme, Marcos.
MONTAN (136-212).
Dans l’Evangile selon Jean, tel qu’il s’est définitivement constitué, sans doute entre 160 et 170, Jean le Baptiseur commence par annoncer la venue après lui d’un plus grand que lui, dont il déclarera peu après qu’il s’agit de Jésus le Nazaréen. Puis, ce dernier annonce à son tour la venue prochaine d’un troisième personnage, qu’il appelle le Paraclet, nom dont le sens exact n’a jamais été éclairci de façon satisfaisante. Cette étrangeté devait jeter, dès cette époque, le désarroi dans bien des esprits. Il se trouva notamment des illuminés pour se proclamer le Paraclet. Ce fut le cas notamment, vers 172 déjà, d’un prêtre païen converti au christianisme, nommé Montan, né en Phrygie, qui déclara avoir eu des révélations au cours d’extases. Ses premiers disciples furent deux femmes, Priscille et Maximille, qui se firent aussi prophétesses et annoncèrent l’avènement prochain sur la Terre de la Jérusalem céleste, telle que décrite dans l’Apocalypse. La secte montaniste préconisa d’autre part une morale très stricte, mais connut néanmoins un grand succès, et de nombreux chrétiens y adhérèrent. Le plus connu d’entre ceux-ci est Tertullien.
V. aussi : Mani, Maximille, Paraclet, Priscille.
Nicolas de MONTFAUCON de VILLARS (1635 – 1673).
Occultiste et Rose-Croix, auteur du « Comte de Gabalis » (1671), roman à clés où sont dévoilés sous une forme plaisante certains des enseignements de la Rose-Croix et où le nom de « sylphes » est donné aux enfants qui naîtraient d’un homme terrestre et d’un être extra-terrestre.
Bernard de MONTFAUCON (1655 - 1741).
Moine bénédictin, neveu du précédent et Rose-Croix comme lui. Il est l’auteur de « L’Antiquité « expliquée et représentée par des figures », ainsi que de curieuses « Lettres pour et contre la fameuse question si les Solitaires, appelés Thérapeutes, dont a parlé Philon le Juif étaient chrétiens » (1711).
MOON Sun Myung.
Né en Corée du nord en 1920 de parents convertis au presbytérianisme, Moon prétendit que le Christ lui était apparu en 1936. Fuyant la persécution des chrétiens en Corée du Nord, il se réfugia à Séoul, où il fonda, en 1954, une Association pour l’Unification du Christianisme mondial et prêcha une doctrine combinant le taoïsme, le bouddhisme et le christianisme. S’étant plus tard établi aux Etats-Unis d’Amérique, il a organisé son mouvement en une Eglise remarquablement structurée, qui s’est répandue dans le monde entier. Ses activités sont toutefois fortement controversées. Sun Myung Moon a lui-même prédit la fin du monde pour environ l’an 2000.
MOORE George-August (1852 – 1933).
Peintre et écrivain irlandais, auteur de romans et d’œuvres autobiographiques en anglais. D’abord catholique, il se convertit au protestantisme et vécut alternativement en Grande-Bretagne et en France. ans The Brook Kerith (1916), traduit en français sous le titres « Le Solitaire de Kérith », George Moore fait de Jésus un essénien condamné à mort par les romains à l’instigation des prêtres juifs, mais qui ne meurt pas sur la croix : recueilli chez lui par Joseph d’Arimathie, Jésus y aurait guéri de ses blessures, puis se serait réfugié en Syrie près du torrent Kérith, où il reçut quelques années plus tard la visite de Paul de Tarse. Mais ce dernier aurait mal compris l’enseignement que Jésus lui donna et il en ira porter à Rome une version déformée, faisant notamment de Jésus le Christ, fils de dieu et Dieu lui-même, ce que Jésus n’avait jamais prétendu être.
MOORE George-Edward (1873 – 1958).
Philosophe anglais, auteur de Principia Ethica qui établissent une distinction nette entre le bien et le mal.
MOORE Robert.
Luciférien américain contemporain, disciple de Ron Hubbard, le fondateur de la « scientologie », et de Charles Manson, fondateur lui-même d’une secte satanique. our Robert Moore, il y a trois puissances divines : Jéhovah, Lucifer et Satan, le Christ s’identifiant à Lucifer.
MORE Henry (1614 – 1919).
Essayiste et poète français, un des théoriciens du symbolisme, More participa activement à divers groupements occultistes.
Moraves.
Voir : Frères moraves.
MORIN de VILLEFRANCHE Jean-Baptiste
(Villefranche-sur-Saône 1583 – Paris 1656).
Célèbre médecin, astrologue, mathématicien et physicien, qui fit notamment l’horoscope du futur roi Louis XIV. Professeur d’astrologie au Collège de France, il combattit les adversaires de Copernic, ainsi que le philosophe matérialiste Gassendi. A sa mort, sa chaire d’astrologie sera malencontreusement supprimée, ce qui autorisera dès lors n’importe qui à se prétendre astrologue et à raconter n’importe quoi…
Morin de Villefranche est notamment l’auteur d’une Astrologia Gallica (1561) et d’une méthode particulière de domification.
Les Mormons.
Secte chrétienne fondée en 1830 à Fayette, aux Etats-Unis d’Amérique, par Joseph Smith, qui prétendit être un descendant du patriarche biblique Joseph et avoir reçu d’un ange, nommé Moroni, la révélation de textes anciens d’où il résulterait, d’une part, que des hébreux auraient traversé l’Atlantique en 600 avant notre ère, après la prise de Jérusalem par les Babyloniens ; qu’ils y auraient fait souche sous le nom de « néphites » et que, d’autre part, Jésus serait apparu à ceux-ci en 34 de notre ère dans des conditions analogues à celles de sa prédication en Palestine peu auparavant.
Au cours de sa prédication en Amérique, Jésus aurait déclaré être venu sur Terre pour accomplir la Loi de Moïse, les rites prescrits par celle-ci ne devant cependant plus être observés. Par ailleurs, les mormons, s’ils croient en un Dieu de Lumière, qu’ils appellent le Père éternel, croient aussi que ce dernier a un Fils, lequel s’est incarné en Jésus, et qu’il y a en outre un Esprit. Ce n’est cependant pas ce dieu en trois personnes qui a créé l’univers matériel. Notre galaxie a été créée par un démiurge nommé Jéhovah et chacune des autres galaxies de l’univers a pareillement été créée par d’autres démiurges.
Pour les mormons enfin, les âmes des hommes ont été créées avant l’univers matériel. Elles sont chacune une parcelle du dieu de Lumière et tendent à retourner à ce dernier. C’est ce qui arrive à la mort de quiconque a vécu en juste, tandis que les âmes des mécréants seront détruites par le feu après le grand jugement, lequel sera prononcé par Jésus revenu une nouvelle fois sur la Terre.
L’Eglise mormone de Joseph Smith a d’abord eu son siège dans le Missouri, mais il le transporte an 1838, avec son frère Hiram, dans l’Illinois, où ils fonderont la ville de Nauvoo. Des frictions s’étant cependant produites avec d’autres confessions de villes voisines, Joseph et Hiram seront lynchés à mort en 1844.
Leur disciple Brigham Young conduisit alors les fidèles mormons en Utah, où ils fondèrent la ville de Salt Lake City, laquelle est encore aujourd’hui le siège de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints du Dernier Jour, appellation officielle de l’Eglise mormone. Celle-ci est dirigée par un « Conseil des douze Apôtres », avec à sa tête un doyen. A la mort de ce dernier, c’est le plus âgé des autres qui lui succède d’office et un nouvel apôtre est ensuite coopté.
V. aussi : Danites.
MOSCATO Juda (1530 – 1590).
Poète et cabaliste italien qui devint rabbin de Mantoue en 1587. Il est l’auteur d’un commentaire du Kouzari de Juda Halevy et de « La Dispersion des Juifs ».
MOSHE Ben Shemtov.
V. : Moïse de Léon.
MO-TS OE (vers – 470 - - 395).
Philosophe chinois du Vème siècle avant notre ère, qui sut trouver une troisième voie entre le taoïsme, jugé trop intellectuel, et le confucianisme, trop tourné vers la pratique. La vertu essentielle, pour Mo-Ts oe, c’est la bienveillance, qui doit être témoignée à tous sans aucune discrimination : c’est là une préfiguration de « l’Aimez-vous les uns les autres » du christianisme paulinien et johannite.
Myamoto MOUSASHI.
Philosophe shintoïste japonais de la fin du XVIème siècle ou du début du XVIIème. Il est l’auteur d’un « Traité des cinq roues ». Mousashi estimait qu’une « vie droite » consiste en un combat entre le bien et le mal.
MÜNZER Thomas (1489 – 1525).
Moine augustin qui se rallia d’abord à Martin Luther, mais prêcha ensuite une doctrine révolutionnaire personnelle de type dualiste, dont il prétendait puiser les fondements dans la Bible. Münzer déclenchera avec ses partisans une guerre dite « des paysans », mais il sera défait et il subira le martyre à Mülhausen en Thüringe.
MYRIAM.
Sœur d’Aaron et de Moïse, Myriam fut probablement initiée aux mystères d’Isis. Les alchimistes la vénèrent comme ayant été l’initiatrice de leur art.
La « Myriam ».
Fraternité magiste fondée en 1896 par Ciro Formisano, qui prit le hiéronyme de Giuliano Kremmertz. Elle se prétend héritière des traditions templières et s’emploie à propager l’hermétisme et l’alchimie. Après la mort de Kremmertz, ses disciples ont publié des traductions françaises de plusieurs des articles qu’il avait fait paraître dans des revues et les ont réunis en volume sous le titre « Introduction à la Science hermétique ».
V. aussi : Kremmertz.