DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES
et des principaux initiés
Préambule - sources
A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Lettre P
PAPUS (la Corogne 1865 - Paris 1916)
PARMENIDE (vers - 530 - vers - 450)
PASCAL Blaise (Clermont-Ferrand 1623 - Paris 1662)
PAUL DE TARSE (vers 10 - 64 ?)
PAVILLON Nicolas (Paris 1597 - Alet 1677).
PÉLADAN Louis-Adrien (Le Vigan 1825 - Nîmes 1890).
PÉLADAN Joséphin (Lyon 1859 - Neuilly 1918).
PÉLAGE dit le Breton (354-420).
PERNETY Dom (Roanne 1716 - Valence 1801).
PETERSEN Jean-Guillaume (1649-1727).
PHARES Simon de (Meung-sur-Loire 1445. Paris, vers 1500).
PHILIPPE Anthelme (1849-1905).
PHILON d'Alexandrie (vers -20 - vers 56).
PIC de la MIRANDOLE Jean (Mirandola 1463 - Fiesole 144),
PIERRE d'Amiens dit l'Ermite (Amiens, vers 1050 - Huy 1115).
PIKE Albert (Boston 1809 - Washington 1891).
PINCHAS de Koretz (1726-1791).
PLANIS-CAMPY David de (1554-1643).
PLANTARD de SAINT-CLAIR Pierre ( Paris 1920).
PORRETE Marguerite ( + 1310 ).
PORPHYRE (Tyr 234 - Rome 305).
PORTA Jean-Baptiste (Naples 1537 - 1615).
POSTEL Guillaume (Barenton 1510 - Paris 1580).
POUSSIN Nicolas (Les Andelys 1594 - Rome 1665).
PRELATI Francesco (1380-1445).
PTOLEME Claude (Alexandrie, vers 90 - Canope 160).
PACIOLI di BORGO Luciano
Moine franciscain du XVIe siècle qui se fit le théoricien de la « divine proportion » ou «nombre d’or».
PACLOS
Astronome grec du Ve siècle, auteur d’un « Manuel d’observations mathématiques permettant l’étude de la trame d’une âme ».
PACÔME (286-348)
D’origine païenne, ayant d’abord été militaire, Pacôme se convertit au christianisme à l’âge de 23 ans. Il se rendit alors au désert chez l’ermite Palamon près de Khénoboskion, en Haute Egypte. Après la mort de Palamon, Pacôme créera lui-même une communauté cénobitique. Il déclarait avoir fréquemment des visions au cours desquelles lui serait apparu le Diable en personne, mais aussi des extases le faisant converser avec des anges, voire avec Dieu lui-même.
PACUDA (Bachya Ibn PACUDA)
Philosophe juif né à Saragosse au XIè siècle, qui fut juge rabbinique dans cette ville et qui décrivit des Hovôt ha-Levanôt (les Devoirs des Cœurs), œuvre rédigée en arabe et qui sera traduite en hébreu. Profondément imprégnée de spiritualité judaïque, la pensée d’Ibn Pacuda a cependant aussi subi quelques influences islamiques.
Pain
Voir : Fraction de pain
Palamon
Voir : Pacôme
Palladisme
Organisation maçonnique plus ou moins occulte, contre - gnostique et anti-papiste, tirant son nom de celui d’un moine irlandais, Palladius, du Ve siècle. Fondée aux Etats-Unis d’Amérique au XIXe siècle par le carbonaro Giuseppe Mazzini et le théurge américain Albert Pike, ses membres étaient recrutés au sein des hauts grades des obédiences régulières de rite écossais, qui devaient y répercuter les thèses des loges palladiennes. Les loges d’Europe du palladisme paraissent s’être intégrées, après la deuxième guerre mondiale, dan la Lucifer Gesellschafft.
V. aussi : Lemmi, « Lucifer Gessellschaft », Mazzini, Pike, Ordre Vert
Pansophie
Ecole philosophique et mystique issue en France d’un « Cercle pansophique » fondé en Angleterre par Comenius en 1541, mais qui n’avait u s’y développer. D’inspiration cathare et rosicrucienne, ses adeptes se dénommaient eux-mêmes « philadelphes ». Elle s’intégrera au XIXe siècle à l’Ordre de Memphis et Misraïm.
Pantacle
Talisman, généralement de forme ronde ou carrée, parfois pentagonale, sur lequel sont gravés ou inscrits divers symboles, y compris des lettres de l’alphabet hébreu, et destiné à attirer sur celui qui le porte certaines faveurs en rapport avec ces symboles ou à le préserver de certains dangers. Il ne faut pas le confondre avec le pentacle (v. ce mot).
PAPIAS
Père de l’Eglise, évêque chrétien de Hiérapolis en Phrygie au Ier siècle. On connaît de lui divers passages de ses oeuvres cités par d’autres Pères. Le plus célèbre est celui où il fait allusion aux premiers écrits de Matthieu et de Marc, ainsi qu’à un évangile de Jean. Papias se disait d’ailleurs disciple de ce Jean, qu’il qualifie de Théologue ; d’une autre Jean, qu’il appelle le Doyen (et qui est peut-être Marc l’évangéliste, dont le nom hébreu était Jean) ; de Polycarpe, évêque de Smyrne, et d’un certain Aristion, dont on ne sait rien d’autre sous ce nom, mais qui pourrait être Symeon Bar Iochaï, un des principaux fondateurs du cabalisme. Car Papias, appelé aussi parfois Pephos ou Pappus, semble bien avoir été d’abord cabalien et s’être trouvé notamment aux côtés du rabbi Aquiba lors du soulèvement de Symeon Bar Kochba en 132. Après la défaite de ce dernier en 135, Papias alla se réfugier, avec d’autres juifs, à Ephèse, où il paraît s’être converti au christianisme johannite. C’est vraisemblablement lui aussi qui compila en un seul texte deux ou trois apocalypses antérieures, mettant le tout sous le nom de Jean, le premier patriarche de l’Eglise d’Ephèse, lequel était sans doute l’auteur de l’une d’elles. L’Apocalypse chrétienne est en tout cas une œuvre de facture indiscutablement cabalistique. Elle comprend 22 chapitres, le nombre même des lettres de l’alphabet hébreu, et tout y tourne autour du nombre « sept ». Un des agneaux dont il y est question a même sept yeux (Ap. V 6). Or, les principaux disciples de Symeon Bar Iochaï étaient sept et étaient appelés ses « yeux ». De même, Papias disait-il aussi que Jésus avait eu sept disciples principaux : André, Pierre, Jacques, Jean, Matthieu, Thaddée et Thomas. Papias enfin croyait à la parousie, c’est-à-dire au retour sur Terre de Jésus, qui devait y régner mille ans.
aussi : Apocalypse de Jean, Aquiba, Millénarisme, Symeon Bar Ichaï
PAPUS (la Corogne 1865 - Paris 1916)
Pseudonyme de Théophraste-Aurelius Bonbast von Hohenheym, alchimiste et médecin suisse qui voyagea beaucoup en Europe, faisant preuve d’une activité débordante, d’ailleurs dépourvue de tout conformisme, ce qui lui attira de nombreux adversaires. Aux quatre éléments de la physique classique, Paracelse ajoutait l’éther, lequel est pour lui l’alcool, qui est chaud et humide. Il faisait au surplus du feu le père de tout ce qui existe matériellement, tandis que l’eau en serait la mère. Il existe enfin, pour Paracelse, un principe du mal, qu’il dénomme Cagaster.
V. aussi : Aristote
PARACLET
Personnage mystérieux dont, dans l’Evangile selon Jean, Jésus est censé annoncer la venue encore après lui et qui, dans le contexte, paraît être assimilé à l’Esprit (de vérité). Nombreux sont ceux qui, en conséquence, se proclameront le Paraclet annoncé par le Jésus du IVe Evangile. Les plus célèbres sont Montan, Mani et Mahomet. D’autres ont vu dans cette annonce la prédiction de ce qu’après le règne sur Terre du Père, qui s’est manifesté dans l’hébraïsme, puis du Fils, qui est le christianisme, viendrait celui de l’Esprit (saint).
V. aussi : Joachim de Flore, Mani
PAREDRE
Compagne d’un personnage divin : dieu, demi-dieu, ange ou héros. Exemples : dans l’orphisme, la parèdre d’Orphée est Eurydice ; dans le simonisme, la parèdre du fils du dieu Simon ou Eshmoûnest Hélène, qui apparaît dans les Evangiles sus le nom de Marie la Madeleine ; pou les ophites, la parèdre de Christ est Sophie ; chez les séthiens et les manichéens, la parèdre de Saclas est Nibrouèle ; etc...
PARMENIDE (vers - 530 - vers - 450)
Disciple de Xénophane, Parménide tentera de concilier la notion de continuité de l’univers sensible, qui serait le réel, et celle du cosmos, qui serait discontinu.
PARSIS
Groupe ethnique formé en Inde de persans ayant fui leur pays au VIIIe siècle au cours des guerres qui opposèrent alors les arabes aux mongols. Dans leur mythologie particulière, le Dieu suprême est Zervane Akérène, de qui procèdent un Spenta Mainiou (esprit saint), Atar, qui est le génie de la lumière et du bien ; et un Angra Maniou (esprit mauvais)., Droug, qui est le mensonge. Ces deux « esprits » se combattent sans cesse et leur lutte doit se perpétuer jusqu'à ce que survienne le grand embrasement de l’univers. En attendant, quatre autres anges gardent, croient-ils, les « quatre coins » du monde.
PASCAL Blaise (Clermont-Ferrand 1623 - Paris 1662)
Physicien, mathématicien, philosophe et polémiste français, qui railla notamment la casuistique des jésuites dans ses « Lettres Provinciales ». Dans toutes ses oeuvres, Pascal fait preuve d’une connaissance approfondie des Pères de l’Eglise, en particulier de Justin ; des philosophes juifs, notamment Philon et Maïmonide, et de la Cabale judaïque. Dans plusieurs de ses célèbres « Pensées », il affirme en outre qu’il faut chercher Dieu davantage par le cœur que par la raison, ce qui l’apparente, entre autres, à Iéhouda Halévy, à Ghazâli, à Luther.
V. aussi : Bonaventure, Justin
PASCAL Martin
Voir : Martinez de Pasqually
PATARINS
Secte milanaise issue du bongomilisme au XIIe siècle, qui s’éleva contre le haut clergé, prônant le retour à l’idéal de pauvreté des premières communautés chrétiennes. En 1057, le diacre Ariald tenta de soulever le peuple milanais en vue d’obtenir une réforme en ce sens, mais il sera massacré avec plusieurs de ses partisans par les gardes archiépiscopaux en 1066. Le mouvement patarin s’étendit néanmoins dans tout le nord de l’Italie et il soutiendra les gibelins contre le pape Au XIIIe siècle encore, le nom de « patarins » sera donné à un groupement milanais de cathares.
PATEK (ou Fatak)
Père de Mani. Il paraît avoir été d’abord membre d’une secte mandéenne ou elcésaïte, mais il se ralliera à la doctrine de son fils, dont il se fera un ardent propagandiste.
PAUL de SAMOSATE
Evêque d’Antioche en 260. Il niait la divinité de Jésus, lequel n’avait été, pour lui, qu’un homme comme les autres jusqu'à ce que le Logos, fils de Dieu, s’incarne en lui au moment de son baptême. Paul de Samosate sera revendiqué comme un de leurs précurseurs parles pauliciens. Il influencera aussi le nestorianisme.
PAUL DE TARSE (vers 10 - 64 ?)
Shaoul, né à Tarse en Cilicie sans doute d’un colon romain et d’une juive dela diaspora, fut d’abord pharisien. Mais, il paraît avoir été initié à l’essénisme à Kokba, près de Damas, puis au simonisme à Antioche par Ménandre de Samarie et au nazôréisme par Juda Thaddée (Théoas). Enfin, il rencontrera à plusieurs reprises à Césarée le diacre Philippe, auquel est attribué un évangile. Shaoul connaissait aussi ces dieux sauveurs païens qui mouraient et ressuscitaient : Sandan en Cilicie, Osiris en Egype, Attis en Asie, Tammouz en Mésopotamie, Dusarès en Arabie, Mithra en Perse et en Syrie, etc... La doctrine syncrétiste que prêchera en conséquence Shaoul de Tarse au cours de ses voyages d'évangélisation sous son nom grec de Pavios ou son nom latin de Paulus était fort voisine de celle des simoniens, mais il la structura sur le modèle des religions paÏennes de salut, et les communautés qu'il fondera, il les organisera sur le modèle des fraternités esséniennes. Il était mystique et peut-être voyant. Continuellement il tombe en extase ou invoque des visions. Dans sa deuxième épître aux Corinthiens notamment, il raconte comment il fut un jour "ravi jusqu'au troisième ciel" et, enlevé dans l'Empyrée, y entendit "des paroles ineffables" (X, 24-25). C'est l'apôtre Paul aussi qui donna au Dieu suprême et unique le qualificatif de Chrîstos ce qui veut dire en grec "bon, secourable, compatissant". Il avait remarqué que de nombreux dieux païens étaient qualifiés de bons. En Égypte notamment, le dieu Osiris était surnommé Oun-Nofer, l'Être bon, cependant qu'un autre dieu, Sérapis (dont le culte, inauguré par les pharaons lagides, était un syncrétisme d'antiques mythologies grecques et locales), était un chrîstos. De même, chez les celtes, Dagda était un dieu bon, comme aussi Ormouzd chez les perses. Enfin, c'était par bonté encore que le dieu phénicien Eshmon avait envoyé son fils sur la Terre pour qu'il assure aux hommes leur salut. Paul dut se dire que tous ces noms de dieux bons désignaient un seul et même Etre. Il lui donna celui qui les qualifiait tous : le Bon, chrîstos. C'est pourquoi les communautés qu'il fonda méritent seules, à son époque, le qualificatif de "chrétiennes": ce n'est que plus tard qu'elles fusionneront avec d'autres, notamment avec la Grande Église nazaréenne de Rome, qui avait été fondée par Symeon Kîpha, l'un des disciples de Jésus le Nazaréen, appelé aussi Pétros, Pierre. L'apôtre Paul préchait en effet que le fils du bon dieu Christos avait, après son séjour sur terre, reçu de son divin Père le nom de Jésus lorsqu'il était remonté au Ciel (Phil II, 9,11) et que c'est sous ce nom qu'il était réapparu à quelques uns de ses disciples trois jours après, pour remonter enfin définitivement chez son Père après leur avoir enseigné sa doctrine ésotérique, celle même que lui Paul avait été chargé de répandre dans le monde païen. Dans aucune de ses oeuvres connues, ni dans ceux de ses propos qui sont rapportés dans les "Actes des Apôtres", Paul ne parle d’aucune Marie, ni de Pilate, ni des Hérode. Son Jésus n'est donc pas un personnage historique: c'est un être divin ayant séjourné quelque temps sur la Terre en prenant l'apparence d'un homme. Pour l'apôtre Paul, d'ailleurs, la "rédemption", ce n'était pas l'effacement de la prétendue "faute" d'Adam et d’Ève, qui n'ont en réalité pas péché en voulant accéder la connaissance, mais c'est la délivrance de l'âme, cette parcelle de la Lumière divine, du corps de chair, sujet à corruption, où elle est enclose. On confondra son Jésus, fils du dieu Christos, avec Jésus le Nazaréen, et ce personnage unique recevra le nom double de Jésus-Christ. Pour les Séthiens cependant, c'était Seth, réincarné en l'homme Jésus, qui était apparu à Paul après sa mort apparente et l'avait chargé de répandre sa doctrine véritable.
Pauliciens
Secte née au VIle siècle en Arménie, qui se réclamait à la fois de Paul de Tarse et de Paul de Samosate. Elle professait une doctrine assez proche du manichéisme et rejetait comme inauthentiques les épîtres canoniques mises cous le nom de Pierre. Combattue par les empereurs byzantins, elle fut contrainte de s’organiser militairement. L'Empire ne parvint à en venir à bout qu'en déportant massivement ses adeptes en Bulgarie. C'est de ceux-ci qu'est issu le bogomilisme. Selon quelques auteurs, les pauliciens auraient néanmoins subsisté jusqu'à aujourd'hui et c'est leurs dirigeants occultes qui seraient les "supérieurs inconnus" dont se réclament de nombreux gnostiques depuis le XVIIIe siècle.
PAULY Jean de (1860-1903).
Cabaliste chrétien d'origine albanaise qui est l'auteur d'une traduction française du Zohar, avec des commentaires qui témoignent d'une très vaste érudition, mais qui, d'après la plupart des spécialistes, ne serait pas d'une fidélité satisfaisante.
PAVILLON Nicolas (Paris 1597 - Alet 1677).
Évêque d'Alet, ami de François de Sales et membre comme lui de la Compagnie du Saint Sacrement de l'Autel.
PAYNS Hugues de
Noble champenois né en Ardèche. Ami de Bernard de Clairvaux, il fondera, avec huit autres chevaliers, l'Ordre du Temple.
PÉLADAN Louis-Adrien (Le Vigan 1825 - Nîmes 1890).
Poète, journaliste et exégète biblique. Auteur de nombreux opuscules sur les prophéties, les apparitions mariales, les visions, etc., Louis-Adrien Péladan fonda aussi les revues Annales du Surnaturel et La Semaine religieuse de Lyon. Il est le père d'Adrien et de Joséphin Péladan.
PÉLADAN Adrien
Fils aîné du précédent. Médecin et occultiste, c'est lui qui fera initier son frère Joséphin par une loge rosicrucienne de Toulouse.
PÉLADAN Joséphin (Lyon 1859 - Neuilly 1918).
Frère cadet du précédent. Écrivain, occultiste et rose-croix, Joséphin Péladan se prétendra descendant des rois de Babylone; il s'attribuera en conséquence le titre de sâr et signera ses écrits du nom de Sâr Péladan. En 1887, le Sâr Péladan fonda l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix avec Stanislas de Guaita, Papus et quelques autres écrivains et occultistes, mais il le quittera dès 1889 avec Maurice Barrès. Il créa alors en juin 1890 l'Ordre de la Rose-Croix du Temple et du Graal, avec Élémir Bourges et Paul Roux, et fondera en 1892 le Salon de la Rose-Crnix, galerie d'art qui organisera des conférences, des expositions et autres manifestations culturelles. Dans ses oeuvres littéraires, le Sâr Péladan exposera une doctrine qui prétendait syncrétiser l'antique sagesse des mages chaldéens, la philosophie catholique et les enseignements de la Rose-Croix, mais il n'est pas authentiquement gnostique, car le mal n'est présenté que comme une notion relative et Satan, qui le personnifie, devrait finalement être pardonné. Cette doctrine connaîtra un certain succès, non seulement en France, mais encore en Belgique, où se déclareront disciples de Joséphin Péladan, entre autres, le peintre Fernand Khnopff et les écrivains Edouard Dantinne et Edouard Bertholet.
PÉLAGE dit le Breton (354-420).
Moine écossais qui se rendit à Rome vers 400, puis en Sicile, en Afrique et en Orient. Il professait une doctrine assez voisine de celle des stoïciens, mettant l'accent notamment sur la valeur morale de la volonté. Pour Pélage, au surplus, la matière est mauvaise et donc aussi la chair dont sont faits les hommes, mais le baptême chrétien purifie celle-ci de l'antique souillure et rend celui qui l'a reçu capable de faire librement le bien ou le mal. Ces propositions seront approuvées par le concile de Jérusalem en 415. Mais, ayant été combattues ensuite par Augustin et par Jérôme, ceux-ci convaincront le pape Innocent de les condamner en 417. Après la mort de Pélage, sa doctrine n'en sera pas moins continuée par ses disciples, notamment par Julien d'Éclane.
PELLICAN Conrad (1478-1556).
Humaniste hébraïsant alsacien, Konrad Kursiner, dit Pellican, s'intéressa activement à la Cabale, surtout telle qu'elle était comprise par les chrétiens.
PENCOAST Seth
Cabaliste américain qui fut le premier vice-président général de la Société théosophique créée aux Etats-Unis en 1875 par Henry S. Olcott et Helena P. Blavatsky. Seth Pencoast est l'auteur notamment de The Kabbalah or The True Science of Light (New-York, 1883).
PENN William (1644-1718).
Quaker qui propagea en Amérique la doctrine de George Fox.
Pentacle ou pentagramme
Figure pentagonale en forme d' étoile. Les musulmans en ont fait un de leurs symboles. C'est pourquoi sans doute, au Moyen Age, l'Église chrétienne en fit un signe diabolique.
V. aussi: Pantacle.
PENTADIUS (1518-1585).
Collaborateur et légataire d'Ulrich de Mayence, il brûlera cependant tous les exemplaires en sa possession de l'Arbor Mirabilis Il ne subsisterait de celui-ci que deux copies de l'original, conservées l’une à Dusseldorf et l’autre à Montségur.
Pérates
Secte chrétienne gnostique ayant son centre dans l'Île d'Eubée. Les pérates professaient que l'univers, bien qu'il soit un, se compose de trois parties une bonne, inengendrée; une autre, qui est faite d'une multitude de puissances nées d'elles-mêmes; une troisième enfin, celle des formes, qui a été engendrée et qui doit périr. Au temps d'Hérode, un homme appelé Christ est descendu du premier de ces mondes pour secourir le troisième cet homme était triple, possédant en lui les trois natures. Quant au Fils de Dieu, il n'est autre, pour cette secte, que le Serpent, la plus brillante des constellations; c'est aussi son Verbe, qui a inspiré de sages discours adressés à Êve, la mère de tous les hommes. Il siège entre le Dieu-Père et la Matière. Celle-ci a été créée par un dieu mauvais qui aime le sang: c'est pourquoi il préféra le sacrifice d'Abel à celui de Caïn le cultivateur. Mais c'est le Fils qui donne à la Matière les formes, dont il a reçu du Père les empreintes. Personne sur la Terre ne peut donc être sauvé, ni monter au Ciel, sans le Serpent-Fils. Ce dernier appelle au Ciel ceux qui ont conscience d'avoir reçu de Lui une empreinte du Père; les autres sont les enfants du Démiurge, du Diable: ils resteront dans le monde de la perdition. Après la mort, l'âme des justes doit, selon les pérates, traverser le monde des astres, qui sont les dieux de la perdition. Grâce aux indications de leur livre "Les Chefs de ville jusqu'à l'éther", ils se croyaient toutefois capables de franchir ces abîmes de la corruption et de la mort, dont ils prétendaient connaître les détours et les issues, pour arriver finalement au Royaume de Dieu.
PEREGRINUS Bachiarius
Disciple de Priscillien, qui s'enfuit d'Espagne après l'exécution de son maître en 386 et se réfugia en Irlande, où il propagea sa doctrine. Peregrinus ne rejetait pas tous les écrits déclarés "apocryphes" par l'Église et il interprétait les Écritures d'une façon analogue à celle de la plupart des autres chrétiens gnostiques.
PERETZ Abraham
Juif de Salonique, disciple de Nathan de Gaza, Péretz est l'auteur d'un Ighérêt Maghèn Abraham (1668), où il affirme qu'il faut renier la Torah laquelle serait dépassée depuis la venue de Shabatail Tswi le Messie.
Péris
Un des quatre peuples préadamites de la Gnose islamique égyptienne, avec les génies, les afrites et les dives. Les péris sont analogues aux fées et aux korrigans celtiques, aux gnomes d'autres légendes. Le dernier de leurs princes se serait appelé Gian ben Gian. S'étant révolté contre Dieu, ce dernier envoya contre lui Eblis, prince des génies (denoun) qui le vainquit. D'autre part, le grand-prêtre des péris s'appelait Kater et avait pouvoir sur les archontes gardant les planètes du système solaire. Il est à remarquer que la plus élevée des sephirôt belima de la Cabbale se nomme Keter (la couronne).
V. aussi: Archanges et archontes, Iblis, préadamites, sephirôt.
Périsprit
Partie subtile du corps des êtres vivants qui, selon les spirites, subsisterait après la mort du corps de chair et qui permettrait certains contacts entre les morts et les vivants.
V. aussi: Spiritisme.
Pernelle
Voir: Flamel.
PERNETY Dom (Roanne 1716 - Valence 1801).
Moine bénédictin qui s'adonna à l'alchimie. Antoine-Joseph Pernety fonda en Avignon la secte du "Temple de Thabor", dont les adeptes furent appelés "les Illuminés d'Avignon", par analogie avec les Illuminés de Bavière. Grand admirateur de Swedenborg, Dom Pernety traduisit quelques unes de ses oeuvres, mais il est aussi l'auteur d’un"Dictionnaire mytho-hermétiste" et de "Les Fables égyptiennes et grecques dévoilées".
PETERSEN Jean-Guillaume (1649-1727).
Pasteur protestant cabaliste allemand. Continuateur de Jakob Boehme et de Valentin Weigel, il sera contraint de se démettre de ses fonctions ecclésiastiques en raison de ses opinions, jugées hérétiques. Il prédit notamment que le futur règne de mille ans du Christ commencerait lorsque les juifs, s'étant convertis au christianisme, auraient repris possession de la Palestine. Il fut secondé activement par sa femme, Eléonore de Merlau, qui disait avoir des visions.
PHANOR
Voir: Jubelas.
Phanouël
Ange protecteur de la lune pour certains gnostiques, notamment pour les ophites.
Pharaons
Rois de l'Égypte antique. Ils disaient descendre de Horus, le fils d'Osiris. En égyptien ancien, Per-Ahâ veut dire, soit "descendant de l'ancien", soit "la Grande Maison".
PHARES Simon de (Meung-sur-Loire 1445. Paris, vers 1500).
Astrologue, magiste et historien, qui fut un des conseillers du roi de France Louis VIII.
PHAURE Jean
Esotériste français contemporain, qui se place dans la lignée de Paul le Cour et de René Guénon. Dans son "Cycle de l'humanité adamique" (1973), il a réalisé une remarquable synthèse de presque tous les gnosticismes antérieurs à lui, mais dans une perspective chrétienne, qui ne se rattache toutefois pas à l'orthodoxie catholique, mais plutôt au johanisme. Pour Phaure notamment, l'homme Jésus a été le "vêtement" temporel du Christ éternel, Fils de Dieu, Verbe divin, créateur avec le Père et avec l'Esprit du Ciel et de la Terre. Du gnosticisme "chrétien" - qu'il oppose, assez artificiellement, au gnosticisme traditionnel - Jean Phaure refuse néanmoins un point important: pour lui, l'univers matériel n'a pas été créé, ni même seulement organisé, par un mauvais démiurge distinct de Dieu, mais c'est bien ce dernier qui a créé et organisé tant le monde matériel que le ciel des idées et des formes. Aussi y a-t-il, pour Phaure, plutôt qu’une véritable lutte antagoniste entre le bien et le mal, une tension "attraction-répulsion" de nature alchimique, assez analogue au yin-yang du taoïsme, dont il se réclame d'ailleurs également. Il n'en croit pas moins au Démon et à l'action néfaste que ce dernier déploierait sur notre infortunée Terre en dépit des efforts en sens contraire de la Vierge Marie - dont les "apparitions" seraient réelles et de son divin fils...
Jean Phaure croit enfin que, lors du jugement dernier, les hommes ressusciteront, mais dans un "corps de lumière" ce qui n'est guère conforme non plus au credo chrétien officiel, mais l'apparente plutôt au zoroastrisme et à l’Essénisme.
Phéniciens
Issus probablement d'indonésiens, de cananéens et de crétois, les phéniciens avait-ils comme dieux Èl (appelé aussi Eshmoûn), sa parèdre Tanit et leur fils Baal ou Melkart, la parèdre de ce dernier étant Astarté (ou Ashérate). Mais il arrivait aussi à Èl de féconder des femmes humaines, qui engendraient alors d'autres dieux encore. L'un de ceux-ci fut Adonis. Selon Manéthon, les Hyksos, qui dominèrent quelque temps l'Égypte, étaient des phéniciens. Ceux-ci ont beaucoup navigué, y compris sans doute dans l'actuelle Amérique du sud, qu'ils pourraient même avoir abordé tant par l'est que par l'ouest.
V. aussi: Cananéens, Melkart.
Phénix
Animal fabuleux ayant l'apparence d'un aigle et nichant dans des palmiers. Il était censé s'immoler par le feu tous les 400 ans et renaître ensuite de ses propres cendres. Les stoïciens ont fait du phénix le symbole de l'embrasement périodique de l'univers, suivi de régénérescence. Les premiers chrétiens en feront, quant à eux, un des symboles de la résurrection. Le phénix joue aussi un rôle dans les conceptions des alchimistes.
PHÉRECIDE
Philosophe et historien du VIle s• avant notre ère. Un des maîtres de Pythagore, il passa pour être le premier philosophe grec à avoir écrit ses oeuvres en une langue claire, accessible au commun des mortels, et à avoir affirmé l'immortalité de l'âme humaine.
Phibionites
La doctrine de Basilide ne fut pas toujours bien comprise. Il avait enseigné notamment qu’il y a 365 cieux, la valeur numérique du nom grec du grand Archonte Abraxas, étant égale à 365. Il se fonda une secte qui professa notamment que chacun de ces cieux était dominé par un "éon" et qu'il importait de rendre son dû à chacun de ces éons en pratiquant chaque jour pendant un an l'union sexuelle avec une femme différente. Au terme de cette étrange ascèse, le postulant était censé être devenu un être "pneumatique" délivré de l'esclavage de la chair et pouvant alors être admis dans la secte.
PHILALÈTHE Irénée
Pseudonyme d'un mystérieux philosophe hermétiste et alchimiste britannique, peut-être adepte de la Pansophie, auteur notamment d'un Introitus Apertus Il semble avoir été, comme Nicolas Barnaud, dont il pourrait avoir été le continuateur, un conseiller secret des rois de France et d'Angleterre. Son identité exacte n'a jamais pu être déterminée avec certitude. Son vrai nom pourrait avoir été Thomas de Vaughan.
PHILALÈTHES Eugenius
Voir: Thomas Vaughan.
PHILIPPE de Beth-Sarda.
Originaire de la même localité que Simon Bariôna et André, il est compté parmi les "apôtres" qu'aurait désignés Jésus le Nazarénien pour l'assister. Ce Philippe fera partie aussi, selon les "Actes des Apôtres, de la communauté nazôréenne de Jérusalem et un évangile lui a été attribué par Epiphane, mais il ne paraît pas avoir été très actif et c'est à tort qu'on l'assimile parfois au diacre Philippe, sous le nom duquel a également été mis un évangile apocryphe.
PHILIPPE le diacre.
Disciple de Jean le Baptiseur. Après la mort de ce dernier, il fut de ceux qui, avec Étienne à leur tête, rejoindront la communauté thérapeute de Jérusalem dirigée par Jacques, frère de Jésus, et y exercera les fonctions de diacre. Après l'exécution d'Étienne, Philippe passa en Samarie, où il parait avoir joué un rôle important dans l'élaboration du simonisme, puis alla s'établir à Césarée maritime. L'apôtre Paul lui rendit plusieurs fois visite et les "Actes des Aptres" le qualifient à cette occasion d'"évangéliste". La version copte d'un évangile portant sen nom a effectivement été découverte à Nag-Hammadi. Au moment de la guerre de Judée, Philippe quitta Césarée et alla se réfugier, avec deux de ses quatre filles, à Hiérapolis, où selon Eusèbe de Césarée il aurait subi le martyre, mais où, selon d'autres sources, il serait décédé paisiblement de mort naturelle.
PHILIPPE Anthelme (1849-1905).
Célèbre guérisseur français qui fit des études de médecine et de pharmacie pour pouvoir exercer ses dons légalernent. Ami de Papus, il se rendit avec lui en 1901 à la Cour du tsar Nicolas II à la demande de ce dernier.
La fille du "maître Philippe", comme on l'appela, épousera l'occultiste Marc Haven, un de ses principaux disciples avec Paul Sédir.
Philistins
Voir: Cananéens.
PHILOLAOS
Disciple de Pythagore, qui émit l'hypothèse d'un "feu central" (qui n'est pas le soleil), autour duquel se mouvraient les autres planètes, y compris une "anti-terre", située exactement à l'opposé de la Terre par rapport au feu central.
PHILON d'Alexandrie (vers -20 - vers 56).
Célèbre philosophe juif platonicien, qui peut être considéré comme un des principaux précurseurs du cabalisme. D'une érudition étendue et d'une grande profondeur de pensée, Philon a tenté une synthèse de la tradition hébraïque et de la philosophie grecque, et il entretint des contacts suivis avec diverses branches de l'essénisme, en particulier avec les thérapeutes. Il a laissé une oeuvre abondante, constituée principalement de traités de philosophie et d'essais d'exégèse biblique. Dans ces derniers, il distingue le sens littéral des textes sacrés d'autres sens, allégorique ou symbolique, qu'ils peuvent avoir, et il estime que ces interprétations sont valables les unes comme les autres, que chacune revêt de l'importance au niveau qui lui est propre et qu'on ne peut en négliger aucune. L'idée métaphysique essentielle de Philon d'Alexandrie est que l'homme n'a pas la capacité de connaître le Dieu suprême, lequel n'est pas perceptible aux sens, mais que ce Dieu a insufflé dans l'âme des hommes une parcelle de son essence, ce qui expliquerait leur aptitude, malgré les limites de leur entendement, à tout comprendre. Philon estimait aussi, comme les esséniens, que lors de la création Dieu donna naissance à la fois à l'esprit de vérité et à l'esprit d'iniquité, qui se partagent le cœur des hommes et entre lesquels il incombe à ces derniers librement de choisir. Quant aux anges célestes, ils sont pour Philon des âmes qui ne se sont pas unies des corps d'hommes et qui apparaissent comme des agents, dans le monde du Logos autre émanation de Dieu, qui est sa Sagesse et sert d'intermédiaire entre Lui et ceux des êtres périssables qui aspirent à l'immortalité, fiais Philon considère aussi comme des "anges", au sens du grec aggelos (messager), tous ceux qui agissent, même sur terre, en intermédiaires entre la Divinité suprême et les autres hommes : rois, prêtres et prophètes notamment.
PIC de la MIRANDOLE Jean (Mirandola 1463 - Fiesole 144),
Le plus illustre sans doute, avec Reuchlin, des cabalistes chrétiens de son époque, le comte Giovanni Pica (ou Picco) della Mirandola était doué d'une mémoire prodigieuse, grâce à laquelle il lui fut possible, à l'âge de 23 ans, de soutenir une thèse De Omni Re scibili formulée en 900 propositions. Mais treize de celles-ci furent jugées hérétiques et Picco dut aller se réfugier à Florence, où il fut reçu dans la célèbre Académie platonicienne qu'y avaient fondée les Médicis. Pic de la Mirandole fut aussi l'un des premiers humanistes à s'intéresser aux langues sémitiques: hébreu, araméen, arabe, ce qui lui permit d'avoir un accès direct à des oeuvres écrites en ces langues, notamment au Zohar, au Bahir, au Talmud. Il trouvera dans celles-ci des éléments qui l'inciteront à affirmer que le christianisme avait été annoncé par la Cabale. Et, en ce qui concerne l'astrologie, c'est exclusivement sur l'astrologie cabalistique et sur les oracles chaldaïques qu'il se fondera désormais, notamment dans son traité In Astrologiam (1489). Pour Pic de la Mirandole, tout se correspond dans chacun des trois mondes qu'il distingue: le sublunaire, le céleste et le supra céleste, l'humanité constituant en outre un quatrième monde, lequel réunit en lui les constituants des trois autres.
PICATRIX
Théologien et magiste du XIIIe siècle, qui fut professeur à l'université de Tolède. On lui doit "La Clef des Clavicules" (1256), abrégé de 224 autres ouvrages d'alchimie, d'astrologie et de magie.
PIE Ier.
Evêque nazaréen de Rome de 140 à 155. Il exclura de sa communauté en 144 l'hérésiarque Marcion. Il est le frère d'Hermas, l'auteur du "Pasteur", et un Clément fut son secrétaire.
V. aussi: Clément le Romain, Hermas, Marcion.
PIERRE
Deux personnages évangéliques ont porté ce nom, mais ils ont presque toujours été confondus comme s'ils n'en faisaient qu'un seul. Le premier, Simon Barina, seconda d'abord Jésus le Nazaréen, puis Jean le Baptiseur (Dosithée), dont il était sans doute un demi-frère. Il jouera ensuite un rôle important dans la communauté nazaréenne de Jérusalem présidée par Jacques le Juste, un frère de Jésus, jusqu'à sa crucifixion, en même temps qu'un autre de ses frères à lui, nommé également Jacques, en 47. Le deuxième, Symeon Kîpha, fut disciple de Jésus le Nazaréen, puis membre influent de cette même communauté nazaréenne et enfin apôtre de celle-ci en dehors de la Judée. C'est lui qui fonda notamment l'Église nazaréenne de Rome et c'est lui que rencontrera l'apôtre Paul à Jérusalem, à Antioche et à Rome.
V. aussi: Jesséens, Ktpha, Nazaréens.
PIERRE d'Amiens dit l'Ermite (Amiens, vers 1050 - Huy 1115).
Vassal d'Eustache de Boulogne, le père de Godefroy de Bouillon. D'origine calabraise, Pierre d'Amiens entreprit un pèlerinage en Terre sainte, mais sans parvenir jusqu'à Jérusalem. Après le concile de Clermont, secondé par d'autres moines calabrais établis à Orval, il entraîna vers Jérusalem des foules conduites par Gauthier, dit Sans Avoir, mais celles-ci se feront exterminer en Anatolie. Pierre l'Ermite accompagnera enfin Godefroy de Bouillon, qui parvint à conquérir Jérusalem en 1099. A la mort de Godefroy, il lui succédera comme nautonier de l'Ordre du prieuré de Sion, charge qu'il passera en 1112 au roi Baudouin de Jérusalem. Pierre l'Ermite rentra alors en Europe, où il fonda le monastère de Neufmoustier, près de Huy, dans la principauté de Liège.
V. aussi: Godefroy de Bouillon, Prieuré de Sion.
PIERREFEU Nita de
Occultiste française, fondatrice avec Maurice Magre et René Nelli des
"Amis de Montségur".
V. aussi: Magre.
PIKE Albert (Boston 1809 - Washington 1891).
Théurge américain, fondateur avec Giuseppe Mazzini du "Nouveau Palladisme".
V aussi: Palladisme.
PINCHAS de Koretz (1726-1791).
Rabbin hassid ukrainien qui mettait l'accent, dans son enseignement, sur l'étude du Zohar et sur la prière comme principales voies d'accès vers Dieu. Pinchas de Koretz est l'auteur de Guéoulate Israël (La Délivrance d'Israël), ouvrage posthume publié Ostrog en 1821.
PIOBB Pierre V.(1862-1942).
Pseudonyme de Vincenzo Vincenzi de Piobbetta, occultiste italien qui publia en français de nombreux ouvrages d'alchimie, d'astrologie et de magie.
PISTORIUS (1546-1608).
Nom de plume du médecin badois Johannes Pistor de Nida, qui entra dans les ordres et étudia la Cabale.
PLANIS-CAMPY David de (1554-1643).
Médecin et astrologue, disciple de Paracelse.
PLANTARD de SAINT-CLAIR Pierre ( Paris 1920).
Rédacteur en chef, de 1942 à 1945, de la revue Vaincre organe d'Alpha Galates et nautonier du Prieuré de Sion partir de 1981.
V. aussi: Alpha Galates, Kreisar.
PLATON (428-347 av. j.c.)
Le plus éminent des philosophes grecs classiques, disciple de Socrate et continuateur de Pythagore. Théoricien des "idées", réalités immatérielles et éternelles, Aristoklès Platon est l'auteur de nombreux "dialogues", où il fait converser plusieurs personnages discutant d'un sujet donné. Parmi ces dialogues, on trouve notamment dans le "Phédon", le "limée", "La République" et divers autres, des opinions qui montrent que Socrate et lui connaissaient les doctrines orphiques et pythagoriciennes et qu'ils en admettaient les principes essentiels, tels que le Dieu unique, bon et parfait, la transmigration des âmes, etc. Toutefois, si les conceptions que Platon fait exprimer par Socrate témoignent de l'optimisme du maître, cet état d'esprit se modifiera peu à peu chez le disciple, lequel développera , dans le "Timée" surtout, une théorie de la dégénérescence de la matière, laquelle trouverait son terme dans le désir de la copulation, désir honteux, selon Platon, faisant des hommes qui y succombent les égaux des bêtes... Dans le "Timée" encore et dans le "Critias" se trouve en outre développée la relation, en partie légendaire, de ce qui fut l'Atlantide.
Il semble aussi que, dans la pensée de Platon, les "dieux" aient été des daimones "esprits" ou "génies" intermédiaires entre le Dieu unique, lumineux et parfait, dont ils seraient d'ailleurs des émanations et les hommes. Cette conception paraît reprise aux théologies perse et arabe. Elle sera adoptée par la plupart des chrétiens gnostiques.
PLETHON (1360-1452).
Nom par lequel se fit appeler à Florence le philosophe grec Ghéorgos Ghémistos, qui avait enseigné à Constantinople, mais avait fui cette ville devant la menace des turcs. C'est sur son conseil qu'en 1450, Cosme de Médicis fonda une Académie platonicienne, dont feront partie nombre d'humanistes éminents. Dans ses ouvrages "Des Lois", "De la différence entre Aristote et Platon", "Traité des Vertus", etc., Pléthon a tenté de concilier le platonisme, le christianisme et diverses traditions antiques comme l’orphisme et le zoroastrisme.
PLOTIN (204-179).
Considéré comme le fondateur de l'école philosophique appelée le néo-platonisme. Pour lui comme pour Platon, pour Albin et pour beaucoup d'autres gnostiques, la matière est fondamentalement mauvaise, étant le siège et le principe du mal. Les âmes cependant, qui sont des étincelles jaillies de la Lumière divine, aspirent à retourner à celle-ci. Elles peuvent y parvenir, selon Plotin, grâce aux trois moyens d'arriver à la Connaissance: l'opinion, la science, l'illumination; on atteint la première par les sens, la deuxième par la dialectique ou le raisonnement, la troisième par l'intuition, celle-ci menant elle-même à l'extase, par laquelle l'esprit se libère des limitations de la science matérialiste, puisqu'elle aboutit à l'union de l'âme et de la divinité. Pour Plotin d'ailleurs, la matière est, comme Dieu, éternelle. Mais ce dernier ne l'a pas créée, bien qu'il en soit l'origine. Plotin finira d'ailleurs par nuancer son opinion première au sujet du caractère essentiellement mauvais de la matière, constatant qu'il y a aussi dans l'univers sensible de l'harmonie et de la beauté.
PLUTARQUE (46-123).
Ecrivain grec, historien et philosophe, pythagoricien et platonicien, connu surtout par ses "Vies parallèles", mais qui est l'auteur aussi de très nombreuses oeuvres traitant de philosophie ou d'occultisme.
Dans "Isis et Osiris" notamment, Plutarque disserte savamment sur les mythes égyptiens et perses. Il y affirme entre autres qu'Areimanios (c'est à dire l'Ahrimane mazdéen) a créé pour son compte six autres esprits hostiles au Dieu de lumière Aour Mazd. Il professait que, par delà toutes les croyances particulières, il n'y a qu'un seul Dieu, qui ne saurait être décrit, et que c'est ce Dieu unique que révèrent, sous des formes et des noms différents, tous ceux qui sont épris de vérité et de beauté. Plutarque aboutit ainsi à l'idée d'une religion universelle qui rapprocherait les hommes malgré la diversité des cultes particuliers, au lieu de les diviser. Pour lui cependant, l'âme serait le souffle chaud qui quitte l'homme au moment de sa mort. Étant chaud, il s'élève et aboutit d'abord à la Lune. De là, les âmes les plus légères s'en vont ensuite dans le Soleil, puis dans d'autres étoiles, tandis que les âmes lourdes retombent sur la Terre et se réincarnent.
Poissons
On trouve le symbolisme du poisson ou des poissons dans de nombreuses idéologies. Pour les hindous notamment, le premier avatar de Vishnou aurait été un poisson. Pour Anaximandre, l'un des maîtres de Pythagore, l'humanité serait issue des poissons. Le père du Josué biblique s'appelait Noun, ce qui veut dire en hébreu "Poisson". Tandis que les chaldéens connaissaient une sorte de dieu-poisson amphibie nommé Oannès et que les philistins vénéraient Dagon, animal mi-dieu, mi-poisson. Même dans le Popol-Vouh le livre des Mayas Quichés de l'actuelle Amérique, il est question d' hommes-poissons. Le poisson sera en honneur aussi chez les esséniens et il sera, avant la croix, le signe des premiers chrétiens. En astrologie ésotérique chrétienne d'ailleurs, les Poissons du douzième signe du zodiaque, qui sont deux, symbolisent Jean le Baptiseur et Jésus. Pour certains cabalistes enfin, les poissons symbolisent les croyants, tandis que les soufis de l'Islam connaissent, eux aussi, le mythe des poissons qui s'ébattent dans la "source de la vie", c'est à dire dans l'tteau vive".
V. aussi: Cinquante, Eau vive, Noun.
Polaires
Fraternité fondée à Paris, peu après la première guerre mondiale, par deux italiens: Marie Fille et Sam Bothiva, et un français, l'écrivain Fernand Divoire avec pour objectif de remettre en honneur les traditions d'Hyperborée, de Thulé et de la Rose-Croix. Elle compta parmi ses membres Antonin Gadal et encouragea les recherches faites par Otto Rahn à Montségur sur les cathares et le Graal. Dissoute en 1945, la Fraternité des Polaires s'est intégrée dans l'Ordre vert, lequel se fédérera en 1976 dans l'Internationale luciférienne.
PORRETE Marguerite ( + 1310 ).
Religieuse hainuyère qui quitta son voile pour se mettre à precher une doctrine de fin amor basée notamment sur le règne de l'Esprit tel que l'avait conçu Joachim de Flore. Marguerite Porrète écrira dans cet esprit "L'Etre de l’affinée amour", qui sera condamné en 1298 par l'évêque de Cambrai et brûlé en place publique à Valenciennes; puis encore "Le Miroir des simples âmes" (1307). Pour elle, en se conformant aux lois naturelles,, on s'élève vers le Dieu de bonté, auquel s'oppose Ialdabaôth, représenté sur Terre par l'Eglise de Rome. Jugée par l'Inquisition hérétique et relapse, Marguerite Porrète sera exécutée par le feu à Paris en 1310.
PORPHYRE (Tyr 234 - Rome 305).
Surnom d'un juif de Syrie nommé Malchus ou Mocho, qui fut un des disciples les plus importants de Plotin, tout en ayant été aussi initié au mithraïsme. Pour Porphyre, les dieux, demi-dieux et héros des diverses mythologies existent réellement, mais en tant que facettes multiples du Dieu suprême et unique, destinées à rendre ce dernier mieux intelligible aux hommes. Si d'ailleurs Apollon est accompagné de neuf Muses, c'est parce que l'univers sensible, selon Porphyre, se répartit en neuf sphères: la sublunaire, les sept planétaires et celle des étoiles fixes. Porphyre a écrit aussi un pamphlet contre les chrétiens, où il nie la divinité de Jésus et se gausse des incohérences entre les Evangiles.
PORTA Jean-Baptiste (Naples 1537 - 1615).
Nom sous lequel fut connu par les français le physicien italien Giambattista della Porta, qui pourrait avoir été le dépositaire de traditions occultistes et qui est l'auteur d'une Magia Naturalis
PORTACE John
Mystique anglais du XVIIe siècle, ami de Jane Lead-Ward, avec qui il n'aurait eu, à les en croire, qu'une liaison purement platonique et qu'il encouragera à publier son "Journal".
V. aussi: Lead-Ward.
Porte-Glaive (Chevaliers).
Voir: Ordre teutonique.
POSTEL Guillaume (Barenton 1510 - Paris 1580).
Un des principaux cabalistes chrétiens français, qui fut notamment l'élève du célèbre hébraîsant Vatable. D'une précocité intellectuelle rare, très doué notamment pour les langues, Postel composera un "Traité de douze langues" et sera l'un des premiers et le plus jeune des professeurs nommés au Collège fondé par le roi François Ier, qui deviendra le Collège de France. Il professa notamment que l'univers matériel n'a pas été créé par Dieu en personne, mais par un Médiateur entre la Divinité immobile et le Monde mobile, tandis que, pour lui, le Paradis terrestre se serait trouvé sous le pôle arctique. Quant l'âme humaine, elle serait double, étant comme Dieu lui-même, dont elle est l'image, à la fois masculine et féminine. Et, s'il est vrai que le Verbe s'est fait homme, le monde ne sera définitivement sauvé que lorsqu'il se sera aussi fait femme. Le monde et les hommes doivent d'ailleurs, selon Guillaume Postel, passer par quatre ages: celui de la loi de nature, celui de la loi écrite, celui de la grâce et enfin celui de la concorde, lequel verra la réconciliation des adeptes de toutes les religions. Cette réconciliation devrait être l’œuvre des rois de France, car il incomberait à la Gaule, selon Postel, de prendre le relais de la Galilée.
POUSSIN Nicolas (Les Andelys 1594 - Rome 1665).
Artiste peintre français, qui résida longtemps an Italie. Par son tableau célèbre Et in Arcadia ego il pourrait être un des chaînons de la solution du mystère de la planète Arca et de l'Arcadie.
Préadamites
Selon certaines traditions islamiques, la Terre aurait été habitée pendant soixante-dix mille ans avant Adam par quatre races d’élohîm, êtres faits d'une matière subtile et lumineuse: les dives, les djinns, les afrites et les péris. Les péris s'étant cependant révoltés contre Dieu, il envoya contre eux pour les combattre Iblis, prince des djinns. Ces traditions présentent de grandes analogies avec les légendes d'Hyperborée, des Ases, des Arimaspes, des Griffons, des Dêvas, des Titans, etc...
V. aussi: Arimaspes, Ases, Caïn, Elohîm, Hyperborée, Iblis, Péris, Pyramides.
Précession des équinoxes
Phénomène astronomique consistant en ce que le "point vernal", c'est à dire le degré du zodiaque que franchit le soleil tout au début du printemps, recule d'un degré tous les 72 ans, ce qui provoque un décalage des signes du zodiaque tous les 2160 ans environ. C'est sur ce phénomène qu'est basée la théorie dite des "ères astrologiques".
PRELATI Francesco (1380-1445).
Poète, géomancien, alchimiste et magiste florentin, qui fut appelé en France par Gilles de Rais en 1438 et y portera le nom de François de Prélat. Il assistera Gilles de Rais dans ses activités lucifériennes, mais tandis que ce dernier sera condamné à la pendaison, Prelati ne le sera qu'à l'emprisonnement à vie. Il s'évadera, puis sera repris, condamné à nouveau pour d'autres méfaits et pendu à son tour.
Prêtre jean
Titre qu'aurait porté le chef de la secte chrétienne des nestoriens. Diverses légendes se sont constituées autour de ce personnage.
V. aussi: Nestorianisme, Sabéens.
Prieuré de Sion
Ordre de chevalerie initiatique fondé par Godefroid de Bouillon à Jérusalem. Cet Ordre forma d'abord le noyau de l'Ordre du Temple, mais il se séparera de ce dernier vers 1190, alors que son grand maitre était Gérard de Ridefort.
L'objectif du Prieuré de Sion est de rendre justice à la mémoire des mérovingiens, injustement spoliés, selon lui, par les carolingiens et dont Godefroid de Bouillon était un descendant. Son grand maître porte le titre de "nautonier".
V. aussi: Godefroid de Bouillon, Pierre l'Ermite.
Princeton
Ville des Etats-Unis d'Amérique (New-Jersey). Siège d'une université où se réunissent fréquemment des esprits parmi les plus éminents de notre temps, qui ont jeté les bases d'une nouvelle Gnose, appelée pour ce motif « Gnose de Princeton » Les principes ce celle-ci sont cependant assez différents de ceux de la Gnose traditionnelle.
PRISCILLA
Deux dames importantes ont porté ce nom :
- la femme d'Aquilas (Onquelos);
- une des principales disciples de Montan.
PRISCILLIEN (340-386).
Evêque chrétien de Labila (aujourdhui Avila), qui se mit à répandre, à partir de 370 environ, une doctrine de tendance manichéenne, dans laquelle l'astrologie jouait un rôle important et par laquelle il promettait de mener vers la perfection ceux qui s'y conformeraient. Il enseignait notamment que Thomas avait été le frère jumeau de Jésus, lequel n'était pas un être divin. Ascétique à l'excès, Priscillien considérait que la nourriture, qui est matière, est donc l’œuvre du Diable et qu'il convient, par conséquent, de manger le moins possible. Il sera accusé d'immoralité et de magie par les autorités ecclésiastiques, condamné à mort et exécuté.
PROCLUS
Grammairien et historien grec du II° siècle et du début du III°. Ii est l'auteur d'une célèbre "Chrestomathie". Le philosophe Proklos est parfois aussi appelé Proclus, ce pourquoi ils sont souvent confondus l'un avec l'autre.
PROCURE
Un des sept diacres de la communauté nazaréenne de Jérusalem, dont le nom est parfois aussi orthographié Prochore ou Prochorus. Après la lapidation d'Etienne, il quitta Jérusalem avec Jean, fils de Zébédée, et après diverses pérégrinations, ils finiront par s'établir à Ephèse. Procore a raconté ces voyages dans Le Livre de Jean . Il passe pour être également l'auteur des Actes de Jean et d'une Prière au Golgotha dont on ne connaît qu'une version éthiopienne.
V. aussi: Johannites.
PRODIKOS
Fondateur à Alexandrie vers 130 de la secte des Adamites.
PRUKLOS (410-485).
Souvent aussi appelé Proclus et parfois confondu, en conséquence, avec
le grammairien de ce noms Pruklos était un philosophe néo-platonicien qui
voulut voir dans les traditions religieuses, en particulier dans les mystères
d'Eleusis, la source même de la philosophie. Il professait que toutes les
religions particulières sont issues d'une seule religion originelle, mais il
combattra les chrétiens.
Pruklos disait aussi que c'est Dieu qui a fait passer l'univers matériel du
désordre à l'ordre, tandis que le Soleil, qui est le Démiurge, relie la Terre
au Ciel en envoyant en bas la substance et en élevant vers le haut la matière.
Prygouny.
Secte de khlysty qui professait le millénarisme et pratiquait la flagellation en vue de hâter la descente de la Sagesse divine.
PTAH (ou Phtah).
Le Dieu unique de la religion ésotérique égyptienne primitive. Tous les autres dieux ne seraient que des "émanations" de ce Principe unique.
V. aussi: Égypte ancienne, Osiris, Seth.
PTAHIL
Nom du Démiurge chez les mandéens.
PTOLEME Claude (Alexandrie, vers 90 - Canope 160).
Disciple de Valentin, pour lequel il y a trois principes supérieurs le Père, dieu bon et parfait; un principe négatif, Bythos (l'Abîme), qui est le Diable; et un principe intermédiaire. La Loi de Moïse n'ayant été instituée, ni par le Dieu parfait, ni par le Diable, doit donc l'avoir été par le troisième principe. Ce dernier est aussi le Démiurge, créateur de ce monde et de tout ce qu'il contient. Le Père a, pour Claude Ptolémée, deux épouses, la Pensée (Ennola et la Volonté (Thélàma) car il a d'abord pensé à émettre quelque chose et ensuite il l'a voulu. Il a ainsi engendré le Monogène et la Vérité, deux éons qui sont les empreintes visibles de deux vertus invisibles du Père: l'Intelligence et la Sagesse.
Le Sauveur, qui est le Noûs fils incarné du Père et de sa Pensée, est venu accomplir la Loi de Moise en l'épurant.
Claude Ptolémée était aussi géographe, astronome et astrologue. C'est lui qui hellénisa l'astrologie antique des Chaldéens, fondant ainsi l'astrologie classique, qui est restée en honneur jusqu'à la découverte de la planète Uranus et qui reste une des bases essentielles de l'astrologie moderne.
V. aussi: Astrologie, Valentin.
Pyramides
Sorte de monuments que l'on trouve à la fois au Mexique et en Égypte, ce qui semble bien indiquer une commune origine, probablement atlante, en dépit des explications d'Hérodote qui, malgré leur peu de plausibilité, sont acceptées par tous ceux des historiens qui refusent par principe les origines atlantéennes de la civilisation égyptienne primitive. Il est cependant à noter que les pyramides du Mexique sont à degrés, comme ne l'est aussi que la plus ancienne des pyramides d'Égypte, celle de Saccarah.
Pour certaines traditions ésotériques islamiques d'Égypte, les pyramides auraient été construites avant le déluge, qu'ils avaient prévu et pour s'y réfugier au moment voulu, par des descendants des races préadamites, lesquelles seraient les élohïm de la Genèse. Le mot grec d'où est dérivé notre mot français "pyramide", puramis comprend la racine pur, le feu, et Platon a d'ailleurs affirmé que "le solide qui a pris la forme de la pyramide est l'élément et le germe du feu". Cette conception est typiquement gnostique. Il est à remarquer, en outre, que la base des pyramides étant carrée elles ont donc au total huit arêtes, ce qui est en rapport avec l’ogdoade de beaucoup de gnostiques, notamment de Basilide, qui était égyptien.
V. aussi: Origines, Préadamites, Sabéens.
Pythagorisme (La).
Pythagore, qui était originaire de Samos, aurait eu pour maîtres Anaximandre et Phérécide. Selon sa légende, Pythagore (qui se serait d'abord appelé Mnésarque et aurait reçu son nom définitif des prêtres égyptiens) aurait voyagé, avant de fonder sa propre école philosophique, un peu partout dans le monde connu à son époque, notamment en Gaule, en Égypte, en Chaldée, en Perse et même en Inde. Il finira par s'établir à Crotone, en Italie du sud. Avant lui, les philosophes grecs étaient surtout des physiciens ot des astronomes. Grâce au rejet du polythéisme, le pythagorisme put allier la science, la métaphysique, la cosmologie, les mathématiques et la musique en un tout harmonieux et assez cohérent. Il établit notamment dans l'univers la distinction, reprise plus tard par d'autres, par Aristote notamment, entre le monde sublunaire ou inférieur et le -,onde céleste des sphères, c'est à dire des planètes et des étoiles, infiniment supérieur au premier. Le second est, en effet, le siège de la perfection, tandis que le premier est voué la corruption et à la mort. Affirmant, en outre, que le mouvement des astres serait circulaire, Pythagore en déduisit que la sphère serait le symbole de la perfection, conception qui aura cours jusqu'à Keppler, lequel découvrira que ce mouve ment est en réalité elliptique. Les âmes, qui participent de la perfection céleste et divine, pour les pythagoriciens, viennent du ciel et sont destinées à y retourner, après avoir éventuellement séjourné dans plusieurs corps : l'âme y retourne immédiatement après la mort de l'homme qu'elle habitait si celui-ci a eu une vie exemplaire; sinon, elle passe d'abord par d'autres corps. Certains pythagoriciens diront même que les étoiles ne sont autres que les âmes des bienheureux. C'est par les mathématiques et la musique qu'on atteint le mieux à la perfection : les rapports entre les nombres et entre les sons sont immuables et éternels en effet, alors que tout le reste est mouvant et périssable. Dieu est donc le premier géomètre et le monde sidéral est éternel comme lui.
Pythie
Voir: Delphes.