DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule  -   sources

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M 

N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre E

Eau vive (ou Eaux vives ou Eaux de la vie).

Ebionites

Eblis

Eçaldaüs (ou Esaldaos),

Dietrich ECKART (1868-1923).

Johan ECKHARDT (1260-1327).

Karl von ECKHARTSHAUSEN (1752-1803).

Écriture.

L'Edelweiss.

Shoghi EFEENDI (1897-1957).

Raphaël EGLINUS (1559-1622).

Eglise de Jésus-Christ des Saints du dernier jour.

Eglise gnostique universelle

Eqypte ancienne

Jonathan EIBESCHÜTZ (1690-1764).

Elamites

Hassan EL-BANNA (Nohammedia 1906 - Le Caire 1949).

Moïse EL-BAZ

ELCHASSAIL (ou Elquésail ou Elxail ou Elchasaï).

Abdelkader ben Abou Salah Moussa al-Hassani EL DJILANI (Djilâne, perse, 1070 - Boudouane, Algérie, 1166)

Rabbi ELEAZAR (11e s.)

ELEAZAR de Worms (1170-123e).

Éléments

Eleusis

EL-FARADI (Ouassif 872 - Damas 950).

Elgail

Abou All El-Mansour EL-HAKIM (986-1021).

ELIAHOU Gaon de Vilna (1720-1797).

ÉLlE

ÉLIE ARTISTE

ELIMELECH (1717-1787).

ELIPHAS-LEVI (1810 -1875).

Elohim

David EL-ROÏ

Élus Cohens de l'Univers

ELY STAR (1847-1942).

Embrasement final de l'univers

Mikhaï EMINESCU (1850-1889).

Ann-Catherine EMMERICH (1774-1824).

EMPEDOCLE ( - 490 - 430).

Empyrée

Gérard ENCAUSSE

Philippe ENCAUSSE

Encratites

ENEL

Les Enfants de Dieu

Jean ENGELBERT (Brunswick 1599 - Hambourg 1644).

ENOSH

En-Sof.

EPHREM de Nisibi (306-373).

ÉPICTÈTE (Hiérapolis, vers 45 - Nicopolis 125).

ÉPIPHANE (fils de Carpocrate).

ÉPIPHANE évêque de Salamine (près de Gaza, vers 315 - 403).

Ères astrologiques

Esaldaos

W von Eschenbach

ESCULAPE

ESDRAS

ESHMOÛN

Jean d'ESPAGNET

L’Essénisme

ETTEILLA

ÉTIENNE

Euchites

EUDES de l'étoile.

EUGNOSTE

"Eulis Brotherhood"

EURYDICE

EVAGRE le Pontique (345-39g).

ÈVE.

EVHÉMÈRE (IV° s. av. J.c.)

EVHÉMÈRE (IV° siècle).

Julius EVOLA (1898-1974).

ÉZÉQUIEL ( - 628 - 570 ).

EZRA

EZRA Ben Shlomo

Eau vive (ou Eaux vives ou Eaux de la vie).

Symbole à peu près universel de purification ou de régénération. Il en est question, tant dans les écrits mazdéens que dans les apocryphes chrétiens, dans l'Évangile selon Jean et dans bien d'autres écrits encore.

Ebionites

Les nazaréens, disciples directs de Jésus le Nazaréen et de Jean l'Immergeur, s'étaient regroupés, après la mort de ces derniers, à Jérusalem sous la direction de Jacques le Juste, un frère de Jésus, lequel sera lapidé en 62. Ils émigrèrent à Pella en 67 pour fuir la guerre qui avait éclaté l'année précédente en Judée et ils élurent alors à leur tête Symeon, dit Pierre, l'épiscope de Rome. Ce dernier nomma Lin pour lui succéder en cette dernière qualité. Les nazaréens de Pella prirent alors le nom d' "ébionites", de l'hébreu ébion qui veut dire "pauvre". Ils combattront les simoniens et n'accepteront jamais les doctrines de Paul de Tarse relatives au Christ Jésus, car pour eux Jésus, s'il avait été un homme éminent entre tous, n'était néanmoins rien d'autre que le fils de Joseph et de Marie, non l'incarnation du "fils" de Dieu. Pour ces motifs, les ébionites seront finalement déclarés "hérétiques" par l'Église de Rome au 11e siècle, alors qu'ils étaient donc, en fait, les véritables continuateurs du Jésus authentique.

Eblis

Voir : Iblis, Djinns, Yézidis.

Eçaldaüs (ou Esaldaos),

La plupart des gnostiques attribuent à l'archange Raphaël la garde du Soleil et à l'archonte Adonaios la maîtrise du ciel délimité par son orbite. Certains ophites cependant attribuaient cette maîtrise à un autre archonte, qu'ils nommaient Esaldaos ou Eçaldaols et dont ils faisaient en outre le créateur de l'univers matériel, le Démiurge, alors que les autres chrétiens gnostiques, ou bien croient que l'univers n'a pas été créé, qu'il est éternel, ou bien qu'il est l'œuvre du grand archonte Ialdabaoth, assimilé parfois à Satan.

V. aussi : Archanges et archontes, Ialdabaoth, Ophites.

Dietrich ECKART (1868-1923).

Journaliste, traducteur et auteur dramatique allemand, qui fut l'un des fondateurs, en Bavière, de la société initiatique Thulé mais qui contribuera à infléchir les objectifs de celle-ci dans un sens raciste. Rédacteur en chef du Völkischer Beobachter, Eckart encouragea fortement Adolf Hitler à ses débuts. Son successeur à la rédaction de ce journal sera Alfred Rosenberg.

Johan ECKHARDT (1260-1327).

Appelé souvent "Mettre Eckhardt", il est un des principaux mystiques allemands du Moyen Age et son influence s'exercera longtemps encore après sa mort. Pour lui, la Déité, qui est l'être non-existant, à peu près comme pour Basilide, c'est aussi l'état essentiel de l'homme au delà de l'être. Et, quand elle s'incarna en jésus, c'est "dans la nature humaine" qu'elle aurait entendu, selon Eckhardt, se manifester plutôt que dans un homme particulier.

Karl von ECKHARTSHAUSEN (1752-1803).

Théosophe bavarois, qui fut aussi juriste, chimiste, numérologue et cabaliste chrétien.

Écriture.

Voir : Alphabet.

L'Edelweiss.

Confrérie fondée au Danemark à la fin du XIX° s. par une irlandaise mariée à un danois. La doctrine qu'elle propagea est un syncrétisme de christianisme gnostique anti-juif, de celtisme et de germanisme.

Shoghi EFEENDI (1897-1957).

Successeur de son grand-père Abdoul Baha è la tête de la secte bahaille, qu'il réorganisa sur une base élective. C'est pourquoi il n'a pas eu lui-même de successeur en titre, la secte étant dirigée, depuis sa mort, par un organe collégial élu démocratiquement.

V. aussi : Bahâil, Abdoul Baha.

Raphaël EGLINUS (1559-1622).

Théologien protestant, alchimiste, astrologue et rose-croix, auteur de Fleerwunderische Prophezeihunqen (1611), livre prophétique et apocalyptique, et d'une apologie des Roses-Croix qui parut en 1618.

Eglise de Jésus-Christ des Saints du dernier jour.

Voir : Mormons.

Eglise gnostique universelle

Voir : Doinel.

Eqypte ancienne

La religion égyptienne primitive, probablement d'origine atlante, deviendra dualiste lorsqu'elle opposera au dieu bon Osiris (Oussir) son mauvais frère Seth (Oussit), tous deux censés âtre les fils de Ptah, le Dieu suprême. Mais ces dieux eux-mêmes avaient eu une naissance. C'est de l'Océan primordial Noum ou Noun que serait né Atoum ou Aton, le Dieu Soleil, duquel était né à son tour un premier couple divin, Chou et Tefnout. C’est des larmes de joie que versa Àtoum lors de cette paternité que seraient issus les hommes. Chou et Tefnout donnèrent naissance è Ghêb, la Terre, et à Nout, le Ciel, lesquels engendrèrent Isis, Osiris et Nephthys. La naissance d'Osiris avait d'ailleurs eu lieu en Amentêt (ou Amenti), le séjour des bienheureux, situé en Occident (il s'agit sans doute de l'Atlantide), où Nout, encore vierge, avait été fécondée par l'Esprit, ce dernier ayant pris la forme d'un ibis. Ce n'est que plus tard que, sous l'influence d'envahisseurs sémites, lesquels révéraient notamnent Seth, le troisième fils d'Ada! m et d'Ève, les égyptiens ajouteront Seth aux enfants qu'aurait engendrés Nout. Et c'est après le départ d'Egypte de ces envahisseurs qu'on fera de Seth l'esprit du mal, le mauvais frère d'Osiris. On racontera notamment que ce dernier avait été tué par Seth par traîtrise et déchiqueté en quatorze morceaux, puis enseveli par Anubis, le dieu è tête de chacal, et par Nephthys; mais, grâce à Isis, sa sœur et son épouse, qui alla rechercher les débris de son corps jusqu'à Byblos en Phénicie, Osiris serait ressuscité trois jours plus tard, cependant qu'Isis donnait elle-même le jour, dans le delta du Nil, à leur fils Horus, qui est le soleil levant. Cette résurrection d'Osiris était fêtée chaque année le jour qui correspond dans notre calendrier au 6 janvier. La religion osirienne étant un culte à mystères, il fallait y âtre initié. Abram et Melkitsédec le furent probablement et aussi Moïse, qui transmit cette initiation à Josué. Il y aura donc chez les Hébreux une tradition gnostique, qui sera transmise parallèlement à la doctrine monolatrique officielle, tradition où Osiris devint Adam, dont Seth n'est toutefois pas le mauvais frère, mais au contraire un fils, destiné à remplacer Abel, tué par Caïn le réprouvé. Un des éléments essentiels de la doctrine ésotérique osirienne est le principe des "émanations" : il n'y a qu'un seul Dieu, lumineux et parfait, mais il peut faire émaner de Lui des êtres qui participent de Lui tout en ayant une personnalité distincte de la sienne. D'où l'apparent polythéisme de la religion égyptienne. D'où aussi les "éons" et les "anges" de beaucoup de doctrines gnostiques, et même la Trinité chrétienne, qui est en réalité une variante de la trinité égyptienne et de la Trimourti hindouiste. C'est contre les excès de cette conception et ses conséquences que réagit le pharaon Aménophis IV, lequel changera son nom en Akhnaton et voulut rétablir un monothéisme plus épuré. Mais, après sa mort, le polythéisme officiel reprendra le dessus, et c'est pourquoi Moise entraînera hors d'Egypte presque tous les Hébreux, suivi aussi par quelques égyptiens initiés et même par quelques étrangers. La religion osirienne ayant évolué en Egypte même également, elle donnera naissance, à l'époque hellénistique, à la doctrine hermétiste, du nom d'Hermès, dieu grec à qui sera assimilé Thot, l'antique législateur égyptien, cependant qu'officiellement était instauré le culte de Sérapis, dieu bon lui aussi, comme Osiris, d'où son surnom de Chrîstos qui le fera assimiler au Christ par les premiers chrétiens gnostiques d'Alexandrie,

v. aussi :.Christos, Hermétisme, Moïse, Osîris, Sérapis, Thot.

Jonathan EIBESCHÜTZ (1690-1764).

Cabaliste et juriste, qui fut rabbin successivement à Prague et à Metz. Il se montra favorable au cévisme.

Elamites

Peuplade de la Mésopotamie et de l'Iran descendant probablement, comme les amalécites, de mages réfugiés sur le Caucase au moment d'un déluge. Ils semblent avoir été détenteurs de traditions gnostiques antérieures à ce déluge, rédigées en une langue sacrée. Les élamites seront exterminés par Assourbanipal, roi d'Assyrie, lorsqu' il s’emparera de Suse, leur capitale, vers 640 avant notre ère.

V. aussi : Druzes.

Hassan EL-BANNA (Nohammedia 1906 - Le Caire 1949).

Fondateur en 1928 de la secte des Frères musulmans, qui pratiqua le terrorisme pour réaliser ses objectifs. Aussi sera-t-il abattu lui-même en 1949 par les agents spéciaux du gouvernement égyptien de l'époque.

V. aussi: Frères musulmans.

Moïse EL-BAZ

Raphaël Moshé ben Mimoun, dit El-Baz, naquit à Taroudant, au Maroc, au XVII° siècle. Pour ce cabaliste, la lutte en l’homme, entre le bon et le mauvais penchants, entre le bien et le mal, c'est le reflet de l'antagonisme entre la séphire Tipheret et l'archonte Samaël. Pour lui, d'autre part, la séphire Keter ne serait autre que le zodiaque.

V. aussi : Samal, Séphires.

ELCHASSAIL (ou Elquésail ou Elxail ou Elchasaï).

Docteur gnostique qui vécut à l'époque de l'empereur Trajan et dont le nom est orthographié de différentes façons. Il professait une doctrine étrange tenant la fois de du simonisme et de l'hindouisme. Selon Elquésail, l'Esprit de Dieu se serait incarné successivement en Adam, Hénoch, Noé, Abraham, Moise, Elie et Christ. Il déclarait tenir son message de ce dernier et de sa parèdre la Pensée, qui lui seraient un jour apparus sous la forme de deux géants assis sur un nuage entre deux montagnes. Les elcésaïtes, ses disciples, pratiquaient des baignades rituelles, qui devaient être effectuées au moins une fois par jour et, en outre, chaque fois qu'ils avaient commis un acte réputé impur. Ils reconnaissaient sept "éléments": le feu, la terre, l'air, l'eau, l'huile, la farine et le sel, chacun d'eux ayant un ange préposé à sa garde.

Abdelkader ben Abou Salah Moussa al-Hassani EL DJILANI (Djilâne, perse, 1070 - Boudouane, Algérie, 1166)

Soufi persan qui émigra au Maghreb, où il fonda des communautés de son ordre. El Djilâni professait un profond amour envers l'humanité en général et il avait, comme Al Hallâdj, une vénération particulière pour Jésus.

Rabbi ELEAZAR (11e s.)

Fils de Symeon Bar Iochaï. En son vivant, son père le tenait en très haute estime. Après sa mort, R. Eléazar contribuera activement à répandre et à développer les principes de la Cabale zoharique.

ELEAZAR de Worms (1170-123e).

Fils de Samuel Kalonymos le Pieux, l'un des fondateurs du hassidisme du Moyen Age, auteur lui-même du Sepher Raziel et, avec Juda le Saint, de Ratisbonne, du Sepher Chassidîm, où se trouve exposée en détail la doctrine dudit hassidisme.

Éléments

L'idée que toute chose, dans le monde matériel, est faite d'éléments, au nombre de quatre: le feu, la terre, l'eau et l'air, est d'origine iranienne, mais c'est par les mages chaldéens qu'elle sera transmise è l'Occident. Toutefois, contrairement à ce qu'on croit souvent, les iraniens et les mésopotamiens ne pensaient pas que la matière soit composée de ces éléments, comme le diront plus tard les grecs des atomes, mais bien plutôt qu'ils étaient les quatre principes du monde visible: la lumière, la solidité, l'état gazeux et l'état liquide. Certains penseurs ajouteront à ces quatre éléments une "quinte essence", mais chacun d'eux s'en fera une conception particulière : pour Lulle notamment, cette quintessence serait l'éther; pour Paracelse, c'était l'alcool, etc.

V. aussi: Mazdéisme, Ptolémée.

Eleusis

Ville grecque de l'Attique, où furent très longtemps pratiqués des "mystères", initiation au culte ésotérique de la déesse Isis, laquelle était vénérée, tant en Gaule qu'en Egypte, mais qui, au moment où la Tradition hébraïque, la Cabala, passa d'Israël en Phénicie sous le règne de Hiram, puis de là en Thrace et en Attique, fut remplacée par la déesse grecque Déméter. Ces rites étant tout à fait secrets, on n'en connaît que très peu de chose. Les mystères d'Eleusis seront d'ailleurs interdits à la fin du IV° siècle de notre ère par l'empereur romain chrétien Théodose.

EL-FARADI (Ouassif 872 - Damas 950).

Soufi turkmène, Mohammed ibn Tarchâgne Abou Nasr fut appelé plus simplement Al-Fârâdi ou El- Fârâdi. Linguiste, philosophe et physicien, il fut l'un des premiers à établir judicieusement la distinction capitale entre essence et existence. Al- Fârâdi contribuera fortement en outre à l'avancement des sciences naturelles dans le monde islamique.

Elgail

Nom de l'archonte qui, dans le simonisme, est le gardien du ciel de la planète Vénus. Il a la forme d'un bélier.

Abou All El-Mansour EL-HAKIM (986-1021).

Sixième calife fatimide, qui succéda è son père, le calife el-Aziz, et commença son propre règne en faisant construire une université et une bibliothèque à Oar elHikma, mais versera ensuite dans l'intolérance envers les chrétiens et les musulmans sunnites. El-Hakim finira par se proclamer en 1017 au Caire une incarnation de la Divinité et il fondera alors une nouvelle religion, qui sera adoptée par les Druzes et qui se répandra aussi parmi les sabéens d'Egypte, de la Syrie et du Liban.

V. aussi : Druzes, Sabéens.

ELIAHOU Gaon de Vilna (1720-1797).

Le plus éminent des mitnaghdîm c'est à dire de ceux qui s'opposèrent à l'expansion du hassidisme du Baal Shem Thov, Elia ben Salomon, dit Eliahou, est pourtant lui-même l'auteur du Iaël Or, un commentaire très apprécié du Sepher ha-Zohar. "Gaon", c'est-à dire maître éminent, de Vilnius en Lituanie (Vilna en polonais), il attribuait cependant priorité absolue au Talmud sur les livres cabalistiques. Les hassids considèrent néanmoins le Gaon Eliahou de Vilna comme ayant été un chassid véritable, du fait qu'il pratiquait lui-même assidûment la vertu et l'étude.

ÉLlE

Prophète hébreu du IX° s. av. J.C., qui comme tel doit avoir été dépositaire de la Tradition ésotérique, de la Cabala. Il sera emporté au Ciel dans un "char de feu" en présence de son disciple Elisée, ce pourquoi les cabalistes se plaisent à voir en lui un malak un "ange", c'est à dire un envoyé de Dieu, d'origine non-terrestre, et ayant été ramené à Lui, sa mission accomplie. Élie est d'ailleurs réputé être apparu encore à de nombreux cabaliens éminents, entre autres à l'un des plus importants d'entre eux, le rabbi galiléen Siméon Bar Iochaï, dont l'enseignement forme la base du Sepher ha-Zohar, ainsi qu'à Isaac Louria au XVIe siècle.

ÉLIE ARTISTE

Personnage mythique de la Rose-Croix, qui lui attribue la paternité d'un traité d'alchimie, le Mutus Liber.

ELIMELECH (1717-1787).

Rabbin cabaliste de Lizensk, auteur du Noam Elimelech

ELIPHAS-LEVI (1810 -1875).

Occultiste et spirite français, Adolphe-Louis Constant prétendra être la réincarnation d'un prêtre juif du temps d'Esdras dont le nom n'aurait été autre que la forme hébraïque de ses propres prénoms. Sous le pseudonyme d'Eliphas-Lévi, Constant écrira donc, après avoir connu de nombreuses tribulations et avoir, à l'en croire, rencontré à Londres en 1854 des "supérieurs inconnus", de très nombreux ouvrages traitant de magie, de théurgie, de cabale, des tarots, etc…

Il adhéra aussi à la Rose-Croix, aura des contacts avec Pierre Vintras et avec des martinistes et sera reçu en 1861 dans la Loge La Rose du Parfait Silence du Grand Orient de France. Éliphas-Lévi estimait notamment que le monde métaphysique se répartirait en deux zones intellectuelles, "l'une blanche et lumineuse renfermant les idées positives ; l’autre noire et obscure renfermant les idées négatives", la première ayant reçu des hommes l’appellation de Dieu, la seconde, celle de Satan ou le Diable.

Elohim

Ce mot, qui revient très souvent dans la Bible hébraïque, a été compris de façons très diverses, du fait surtout que, dans la toute première phrase du Livre, dont il est le troisième mot, il régit un verbe, bara ("créa" ou "avait créé"), conjugué au singulier, alors qu'Elohim, le sujet de ce verbe, n'est pas un singulier. Traditionnellement, malgré sa forme, que l'on croit être plurielle, on considère qu'Elohim doit être compris néanmoins comme un singulier et qu'il désigne Dieu. C'est ce qui fait notamment que, dès la toute première traduction de la Bible en grec, rédigée à Alexandrie sous le règne du pharaon lagide Ptolémée Philadelphe au III° s. avant notre ère, traduction dite des Septante, le mot Elohim est traduit par les mots ho Théos c'est à dire "Dieu" (le Dieu unique). Il a été observé cependant que, dans la suite du récit, il est dit qu'"Elohim créa l'Adam à son image, à l'image d'Elohim il le créa, mâle et femelle il les créa." On ne peut qu'en déduire qu'Adam désigne dans cette phrase, non un homme individuel, mais une humanité composée, comme ses créateurs, mâles et d'êtres femelles, donc d'hommes et de femmes. Elohim désigne par conséquent au moins un couple et ce mot n'est donc pas un pluriel, mais un duel, ce qui explique que bara dans la première phrase de la Genèse ne soit pas non plus conjugué au pluriel. Mais qui sont donc ces Elohim qui vont ainsi par couples ? Beaucoup de gnostiques ont répondu à cette question que ce furent des anges. C'est le cas notamment de Viénandre de Samarie et de Carpocrate de Céphalonie, pour qui, par conséquent, ce seraient des anges qui auraient créé les cieux et la terre, puisque c'est ce que dit en réalité la toute première phrase du texte biblique. Ils en déduisent aussi, très logiquement, que le créateur n'est donc pas le Dieu suprême, ho Théos des philosophes grecs et que, par conséquent, la traduction des Septante est, sur ce point, erronée. Comme, d'autre part, il est écrit au chapitre II, verset 4, de la Genèse que Jéhovah Elohim créa, lui aussi, "une terre et des cieux", d'autres gnostiques en déduiront que ceux-ci avaient été l'œuvre, non d'un seul couple d'anges, mais « d'archontes » (en grec archontes pluriel d'archôn, dirigeant, gouvernant) dont le chef était Jéhovah et ils leur donnèrent souvent divers noms. Pour les ophites notamment, ces archontes étaient sept, avec à leur tête Ialdabaoth ; mais d'autres gnostiques proposent d'autres nombres et d'autres dénominations. Pour quelques théosophes, les Elohim seraient en réalité les dix séphires de l'arbre de vie de la Cabale, lesquelles sont elles-mêmes l'Adam Cadmon l'Homme primordial, qui pour beaucoup de cabaliens n'est autre que Dieu manifesté. Pour certaines traditions ésotériques islamiques enfin, les Elohim ne seraient même pas des créateurs : c'est le Jéhovah du chapitre II de la Genèse (que les musulmans appèlent Allah) qui a seul créé les cieux, la terre et les hommes, et ce sont ces derniers qui seraient les Elohim du chapitre Ier. Selon ces traditions, ces élohîm ces hommes préadamites donc, auraient été répartis en quatre peuples les afrites, les dives, les péris et les djinns. Ils auraient été anéantis par le déluge, ainsi que les descendants d'Adam, sauf Noé et sa famille; sauf aussi, selon ces traditions, certains d'entre eux qui, ayant pressenti le cataclysme grâce à des rêves prémonitoires, avaient bâti les pyramides et s'y réfugièrent, le moment venu.

V. aussi : Adam, Adam Cadmon, Archanges et archontes, Ialdabaôth, Ophites, Préadamites, Pyramides.

David EL-ROÏ

Juif persan de langue syriaque qui se proclama le Messie en 1163 et qui paraît avoir pratiqué la Cabale pratique. Il provoquera un soulèvement des juifs de l'Iran contre le roi, mais sera assassiné par un prince turc vassal de ce dernier.

Élus Cohens de l'Univers

Ordre maçonnique créé en 1754 par Martinès de Pasqually. Accessible seulement à ceux qui étaient déjà titulaires au moins du grade de maître dans une autre obédience, cet Ordre conférait une initiation à des pratiques théurgiques, appelées « passes », destinées à établir des rapports avec les anges.

ELY STAR (1847-1942).

Pseudonyme de l'astrologue Eugène Jacob, auteur des "Mystères de l'horoscope" (1888).

Embrasement final de l'univers

Croyance d'origine iranienne, très répandue parmi les sectes gnostiques et qui constitue l'un des dogmes essentiels du manichéisme. Pour ce dernier, ce phénomène durera 1468 ans et sera suivi de la réunification des deux principes fondamentaux antagonistes qui sont à l'origine de toutes choses. Pour les stoïciens et d'autres, au contraire, cet embrasement général anéantira l'univers actuel, mais sera suivi d'une régénération et de la naissance d'un nouvel univers, ce que les stoïciens symbolisaient par le mythe du phénix.

Mikhaï EMINESCU (1850-1889).

Poète et philosophe roumain pour qui c'est Ormouzd qui est le Dieu bon.

Ann-Catherine EMMERICH (1774-1824).

Visionnaire allemande sur le corps de laquelle apparaissaient périodiquement des stigmates correspondant à ce qu'auraient été les blessures du Christ en croix. Elle est l'auteur aussi d'une « Passion de Jésus-Christ ».

EMPEDOCLE ( - 490 - 430).

Disciple de Thélanghès, un des fils de Pythagore, Empédocle vécut à Agrigente, en Sicile (actuellement Girgenti). Pour lui, le principe premier de toute chose est le feu, mais l'homme est issu d'un poisson. Le monde est dominé par deux forces antagonistes, Eros et Polémos, l'Amour et la Guerre. Les mieux doués survivent et font souche. Empédocle croyait aussi à la destruction finale de l'univers matériel par le feu, croyance qui sera reprise notamment par les manichéens.

V. aussi : Vishnou.

Empyrée

Nom donné par certains gnostiques au domaine du Dieu suprême de lumière et de bonté. Ce lieu coïncide avec le septième ciel pour plusieurs de ceux qui croient qu'il y a sept cieux. Pour d'autres, il est situé au-delà des cieux. L'Empyrée est notamment le plus haut des lieux célestes dans "La Divine Comédie" de Dante.

Gérard ENCAUSSE

Voir : Papus.

Philippe ENCAUSSE

Fils du précédent et médecin comme lui. Il succéda à Charles-Henry Dupont à la tête de l’Église martiniste.

Encratites

Secte née en Cilicie dans le courant du IIe siècle, dont on ne sait pas bien si elle fut fondée par Tatien ou si elle existait déjà avant qu'il y adhère après qu'il eût quitté Rome. Les encratites condamnaient le mariage comme immoral, car la fornication était pour eux abominable, quelles que soient les circonstances en lesquelles elle est accomplie. Ils s'abstenaient de viande animale et ne buvaient que de l'eau. Ils connaissaient un évangile égyptien et, selon eux, lorsqu'il s'incarna, le Logos n'avait eu d'un homme que l'apparence.

V. aussi : Docétisme, Tatien.

ENEL

Voir : Skariatine.

Les Enfants de Dieu

Secte contre-gnostique fondée vers 1970 par le pasteur méthodiste anglais David Brand-Berg. Selon ce dernier, l'harmonie du Paradis terrestre créé par Dieu a été détériorée par Satan. Il importe de revenir à cette harmonie première et, de même que Dieu a offert son fils à l'humanité, il convient que chaque femme offre son corps au plaisir divin des hommes. Après la disparition de Brand-Berg en 1986, les Enfants de Dieu se sont réorganisés et se sont répartis en divers groupements de tendances caritative et altruiste.

V. aussi : Brand-Berg.`

Jean ENGELBERT (Brunswick 1599 - Hambourg 1644).

Visionnaire allemand, Johann Engelbrecht (appelé en français Engelbert) prétendit avoir reçu des révélations relatives au Ciel et à l'Enfer.

ENOSH

Fils de Seth selon la Bible hébraïque, Enosh aurait été le premier à invoquer le nom de Jéhovah (Gen. IV 26). Pour les mandéens cependant, Enosh et Seth étaient tous deux des fils d'Abel, qu'ils surnomment Ziva (le Lumineux). Il ne faut en tout cas pas confondre Enosh avec Hénoch, fils de Caïn, ni avec Hénoch, le patriarche sous le nom duquel ont été mis des livres apocalyptiques. Il est à remarquer aussi qu'en araméen, "Fils de l'Homme" se dit bar énosh

V. aussi : Abel, Fils de l'Homme, Mandéens.

En-Sof.

En-Sof, en hébreu, signifie "sans fin", donc infini. Pour les cabalistes, En-Sof c'est Dieu pensé par Dieu lui même, tous les autres noms donnés à ce dernier par les hommes désignant la Divinité pensée par eux. Justin dira de même qu'"on ne saurait donner un nom au Père de toutes choses, car il est non-engendré : recevoir un nom suppose en effet quelqu'un de plus ancien qui donne ce nom; ces mots : père, créateur, dieu, seigneur, souverain, ne sont pas des noms, mais des appellations dues à ses bienfaits et à ses oeuvres" (11e Apol. VI, 1-2). Dieu s'est manifesté en créant l'univers, puis en faisant connaître la Loi à Moise. Les Elohim et Jéhovah ne sont donc pas, pour les cabaliens, des hypostases de l'Ain, du Rien, mais ils sont ce dernier manifesté au niveau auquel l'homme est apte à concevoir la Divinité, car Dieu ne descend jamais, disent-ils, jusqu'à notre ignorance et il se tient toujours au-dessus de la sagesse des hommes. Si donc l'En-Sof ne peut être perçu adéquatement par les hommes, Dieu peut l'être grâce aux dix sephirot belina qui, avec les vingt-deux lettres de l'alphabet, constituent les trente-deux voies de la connaissance divine et humaine. Selon le Zohar, en outre, il y a, en plus des dix sephirot trois middot qui leur sont encore supérieures et qui, se mouvant dans l'En-Sof, sont les trois "lumières supérieures et sacrées qui n'en forment qu'une" - conception fort proche assurément de la trinité chrétienne - ou encore les "trois degrés suprêmes qu'aucun oeil n'a jamais vu."V. aussi: Ain, Cabbale, Sephirot-belima.

EPHREM de Nisibi (306-373).

Exégète et poète syriaque qui, comme Marcion, distinguait le Dieu bon et le Dieu juste. Il est l'auteur notamment d’hymnes et de commentaires de livres bibliques, ainsi que de quelques épîtres de Paul, d'un Diatessaron etc... Il paraît avoir connu certaines traditions cabalistes, relatives notamment à l'arbre séphirotique, lequel est probablement celui qu'il appelle, dans un de ses hymnes, "l'arbre pur des symboles".

ÉPICTÈTE (Hiérapolis, vers 45 - Nicopolis 125).

Philosophe stoïcien, qui fut l'esclave d'Epaphrodite, un des affranchis de Néron et son homme de confiance, lequel l'affranchira à son tour. Lors de la persécution de Domitien contre les philosophes, Epictète quittera Rome en 94 et il alla fonder une école philosophique en Épire. Ses propos ont été recueillis par son disciple Arrien dans le Manuel d'Épictète..

V. aussi : Stoïcisme.

ÉPIPHANE (fils de Carpocrate).

Après un long séjour à Alexandrie, Carpocrate rentra avec sa femme dans sa patrie, l'île de Céphalonie, où lui naquit un fils appelé Epiphane. D'une précocité étonnante, ce dernier mourra en 138 à l'âge de 17 ans après avoir composé un traité important sur la justice. Épiphane appelait Unicité le principe premier du monde, qui est, pour lui comme pour les séthiens, incompréhensible, inexprimable et invisible. Comme son père, il préconisait la communauté des biens et des femmes.

V. aussi : Carpocrate, Narcelline.

ÉPIPHANE évêque de Salamine (près de Gaza, vers 315 - 403).

D'une famille juive convertie au christianisme, Épiphane combattra vigoureusement toutes les hérésies, en particulier les gnostiques. À Alexandrie, il arriva notamment, en les dénonçant, à faire condamner 80 barbéliotes, secte dans laquelle il s'était un moment fourvoyé. Il s'opposera aussi à Origène et même à Jean Chrysostome, qui sera pourtant canonisé comme lui. Épiphane est l'auteur de plusieurs livres, en particulier un Panarion (boite à médicaments) contre les hérésies, où il décrit, pour les réfuter, quatre-vingt doctrines qu'il rejette, ouvrage précieux (même s'il n'est pas toujours fiable, étant l'œuvre d'un adversaire) pour la connaissance de la pensée gnostique vu l'indigence des autres sources disponibles.

Ères astrologiques

Par l'effet de la précession des équinoxes, le point vernal, c'est à dire le degré du zodiaque qui se lève à l'est au moment où le soleil entre dans le signe astrologique du Bélier, se déplace d'un degré environ tous les 72 ans dans le sens inverse du cours du soleil. Le point vernal fait donc le tour du zodiaque en 26 000 ans environ. Chaque fois qu'il entre dans un autre signe, soit à peu près tous les 2160 ans, commence une nouvelle ère, dite "astrologique", marquée par les caractéristiques de ce signe. L'ère des Poissons, qui a été marquée, les Poissons étant un signe d'eau, par les baptêmes essénien et chrétien, s'est achevée en 1962. L'ère du Verseau, en laquelle nous venons donc d'entrer, sera vraisemblablement, le Verseau étant un signe d'air, domicile de la planète ! Uranus, celle des voyages interplanétaires et du non-conformisme.

Esaldaos

Voir : Eçaldaüs.

W von Eschenbach

Voir : Wolfram.

ESCULAPE

Dieu latin de la médecine, dont le nom dérive du grec Asklépios. Ce dernier est censé avoir été, avec Amon et Tât, un des trois principaux disciples de Hermès Trismégiste. Il avait lui-même pour prototype Amenhotep, architecte et médecin égyptien.

V. aussi : Égypte ancienne, Hermétisme, Thot.

ESDRAS

Nom grec sous lequel est le plus connu le prophète hébreu Ozra ou Ezra (en arabe: 0zar) qui restaura le culte israélite à Jérusalem après la captivité de Babylone et le retour des judéens dans leur patrie et qui présida à la reconstruction du Temple au V° s. av. J.C. Esdras établira aussi une nouvelle rédaction des Livres saints, écrite en l'hébreu, dit "carré" qui est encore en usage aujourd’hui. Esdras fut détenteur de la Tradition (Cabala) et, pour les Séthiens, Seth se serait manifesté à lui comme il l'avait fait à Moise. Il aurait transmis cette Cabala à Syméon le Juste, qui la transmettra lui-même aux assidéens. Selon certains exégètes, Esdras aurait pratiqué notamment la Cabale dite "littéraire" (qui portera plus tard le nom de "guématrie") selon la méthode dite "de position" ou "par rang".

V. aussi : Assidéens, Cabale, Guématrie.

ESHMOÛN

Nom syrien d'un Dieu sauveur appelé Tammouz en Mésopotamie, Adonis en Phénicie, Simon en Samarie (à moins que Simon n'ait été en réalité tenu peur le fils d'Eshmoûn) et portant d'autres noms encore dans différentes régions.

V. aussi : Adonis, Ishtar, Simoniens.

Jean d'ESPAGNET

Magistrat à Bordeaux au XVIe s. Il pratiqua l'alchimie et écrivit à son sujet un Arcanum Hermeticae Philosophiae et un Enchiridium Physicae restitutae

L’Essénisme

La secte judéenne des esséniens, esséens ou osséens, dont les adeptes se dénommaient eux-mêmes "les Saints du Très-Haut", a été fondée à l'époque des Macchabées, étant issue des assidéens. Elle rassemblait à l'origine des juifs pieux, attachés à la stricte observance de la Loi hébraïque. Mais leur doctrine subit bientôt l'influence de la gnose iranienne, dont elle reprendra notamment le mythe du combat entre la lumière et les ténèbres, ainsi que celle de la philosophie pythagoricienne et platonicienne. Les esséniens croyaient notamment à la résurrection, au jugement dernier et à l'embrasement final de l'univers, les âmes de ceux qui devaient être sauvés reposant en attendant en un séjour lumineux analogue aux Îles fortunées des mythologies celtique et grecque. Ils pratiquaient une astrologie qui leur était propre et avaient leur calendrier particulier, basé sur les livres d'Hénoch. Leur dualisme rigoureux les porta à considérer la matière comme mauvaise par nature et, par conséquent, comme répréhensible tout ce qui pouvait la perpétuer, notamment l'acte de chair. Aussi les plus ascétiques d'entre les esséniens proscrivaient-ils les femmes de leurs communautés. Cette secte se répartit entre plusieurs branches, ayant leurs propres coutumes. La plus connue est celle des thérapeutes établie principalement en Egypte, mais répandue aussi en Judée, qui s'adonnait surtout à l'étude et qui, comme le pythagorisme, admettait les femmes. Jésus le Nazaréen la fréquenta très probablement : son enseignement est très proche du leur, il était guérisseur et thaumaturge, et il était entouré de femmes. Apolôs, autre disciple de Jean l'Immergeur, lequel fut certainement essénien, connut très probablement, lui aussi, les thérapeutes. D'autres esséniens refusaient d'avoir sur eux de la monnaie et évitaient de franchir les portes des villes, parce que les pièces de monnaie portent des effigies et qu'il y a dans les villes des statues, ce qui est contraire à ce que prescrit le Décalogue. Un thérapeute, Juda de Galilée, fonda avec le pharisien Sadoq le groupe des sicaires au moment du recensement de Quirinius, vers l'an 6 de notre ère. Il sera tué au cours du soulèvement qu'il provoqua, mais ses disciples continueront la résistance armée contre les romains. Jean l'Immergeur doit avoir fait partie quelque temps de cette fraction de l’essénisme bien qu'il ait eu aussi une activité de prédicateur. Il a, en tout cas, très probablement été membre quelque temps de la communauté thérapeute de Coumrâne. Ses adeptes furent appelés "nazaréens", ce qui veut dire "vigilants". Au moment de la guerre de Judée, en 66, les sicaires de Galilée seront dénommés « zélotes ».Les derniers d'entre ceux-ci se réfugièrent à Massada, où ils se suicidèrent collectivement, plutôt que de se rendre aux romains, en 73. On a retrouvé à Massada des écrits analogues aux manuscrits esséniens et thérapeutes. La doctrine des thérapeutes parait aussi avoir été reprise, au moins en partie, par les cabaliens.

V. aussi : Assidéens, Jean-Baptiste, Sicaires, Thérapeutes, Zélotes.

ETTEILLA

Voir : Alliette.

ÉTIENNE

Supérieur des diacres de la communauté nazôréenne de Jérusalem. Professant une doctrine très proche de celle des Samaritains, il sera condamné par le Sanhédrin et lapidé. Ses disciples alors se dispersèrent.

Euchites

Voir : Messalianisme.

EUDES de l'étoile.

Contre-gnostique breton du XIIe s., né è Loudéac, qui se prétendit le Fils de Dieu et appelé à juger tous les hommes. Il organisa ses adeptes selon des principes communistes analogues à ceux qui avaient marqué la première communauté nazaréenne de Jérusalem et il leur donna des noms gnostiques, prenant pour lui-même celui d'Éon de l'Étoile. Mais Eudes organisera aussi, dans l'est de la France, sous prétexte de justice, des expéditions contre des châteaux et des couvents, où ses disciples se livreront à des pillages et à des orgies. Un concile réuni à Reims en 1148 condamnera Eudes et ses sectateurs comme manichéens et magiciens. Lui-même mourra peu après en prison, mais ceux de ses suiveurs qui avaient été arrêtés avec lui seront exécutés par le feu.

EUGNOSTE

Hiéronyme de Gonghessos ou Concessus, membre de la communauté séthienne de Shenest, auteur d'une Lettre importante traitant de métaphysique et d'un évangile qualifié d'"égyption" et appelé aussi "Le Saint Livre du Grand Esprit Invisible".

"Eulis Brotherhood"

Cercle magiste fondé à Boston en 1868 par Pascal B. Randolph.

EURYDICE

Parèdre d'Orphée. Elle aurait, le lendemain même de leurs noces, été mordue par un serpent et en serait morte. Orphée alla aux enfers et, par ses chants, arriva à convaincre Hadès de lui rendre Eurydice; mais Hadès y mit une condition : Orphée ne regarderait pas derrière lui avant d'avoir franchi le seuil du séjour des morts. Or, Orphée ne pût se retenir de se retourner pour voir si Eurydice le suivait bien. Eurydice fut alors ramenée chez les morts et Orphée la perdit ainsi une deuxième fois. Revenu sur terre, il ne voulut pas avoir d'autres femmes et, selon certaines versions de sa légende, pratiqua alors l'amour uniquement avec des garçons. Pour se venger d'avoir ainsi, selon elles, été dédaignées, les bassarides, menées par Aglaonice, l'agressèrent alors et le mirent en pièces.

V. aussi : Orphisme.

EVAGRE le Pontique (345-39g).

Diacre de Grégoire de Nazianze, évêque de Constantinople, qui renonça à succéder à ce dernier et se retira au désert en 362, Evagre est l'auteur de "Chapitres gnostiques", de tendances origéniennes, de traités sur la vie monastique, de commentaires sur les oeuvres d’Origène. Sa métaphysique sera condamnée par l'Église romaine en 553,

ÈVE.

Femme que Dieu aurait tirée du sein d'Adam, selon la Bible hébraïque. Elle fut séduite par le Serpent du Jardin d'Eden, mangea de l'arbre défendu par Dieu et en offrit à son conjoint. Toutefois, quelques commentateurs déduisent de la réflexion que fit Adam lorsque Dieu lui présenta la femme qu'il avait tirée de lui: "Celle-ci, cette fois est l'os de mes os ... Il qu'il avait reçu auparavant une première épouse, moins appropriée à lui que la deuxième, tirée comme lui et comme les autres animaux, du limon de la terre et appelée Lilith. Adam et ses deux premiers fils, Caïn et Abel, qu'il aurait eus de cette Lilith, se seraient disputé les faveurs de celle-ci et le meurtre d'Abel par Caïn aurait été la conséquence de cette rivalité. Pour divers gnostiques enfin, le Serpent est celui qui a apporté la Connaissance à Ève; celle-ci aurait alors été l'instructrice d'Adam et de leur postérité, qui ne commencerait véritablement, selon eux, qu'avec Seth.

V. aussi : Caïn, Lilith, Pérates, Serpent.

EVHÉMÈRE (IV° s. av. J.c.)

Philosophe grec d'origine sicilienne, auteur d'une "Histoire sacrée" où il soutient notamment que les êtres révérés par les hommes comme des dieux ne sont autres que des hommes eux-mêmes, mais auxquels furent rendus des hommages divins après leur mort à cause de l'excellence dont ils avaient fait preuve de leur vivant.

EVHÉMÈRE (IV° siècle).

Philosophe libyen qui fit partie de l'entourage de l'empereur romain Julien.

Julius EVOLA (1898-1974).

Philosophe et sociologue italien, qui se rallia au fascisme de Mussolini, tout en gardant sa liberté d'expression, qui le fera notamment s'élever en pleine guerre contre le racisme et l'anti-judaïsme, entre autres dans sa Sintesi di dottrine della razza (1941). Après la guerre, Evola se prononcera ouvertement pour une fédération européenne et contre la tendance à désacraliser la nature par une exploitation à outrance empêchant de plus en plus l'homme, ce microcosme, de se sentir en communion avec ce macrocosme qu'est l'univers sensible. Julius Évola s'intéressa aussi à l'alchimie, à l'ésotérisme sous toutes ses formes, à la légende du Graal et à d'autres sujets analogues, mais il s'éleva contre le spiritisme, l'anthroposophie, la psychanalyse. Il est l'auteur d'une théorie de l'amour selon laquelle tout homme a en lui une part de féminité et toute femme une part de virilité, le couple idéal étant composé d'un homme qui serait féminin pour un tiers et d'une femme masculine pour un tiers également.

ÉZÉQUIEL ( - 628 - 570 ).

Un des grands prophètes hébreux, considéré comme tel tant par les chrétiens que par les israélites. Le livre biblique qui lui est attribué est, avec la Genèse et le Cantique des Cantiques un des trois les plus étudiés par les cabaliens, à cause notamment de la vision qu'aurait eue le prophète d'une mercaba d'un char céleste piloté par des chérubins (khéroubim) Ces derniers, qui auraient eu des corps de taureau, mais respectivement une tête d'homme, une tête de lion, une tête d'aigle et une tête de taureau, apparaîtront également dans l'Apocalypse johannite. Les chrétiens en feront les emblèmes de chacun des quatre évangélistes auxquels ils attribuent ceux des livres qu'ils reconnaissent comme canoniques, mais leur attribution a varié.

EZRA

Voir : Esdras, Ozra.

EZRA Ben Shlomo

Voir : Azriel.