DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule - sources

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M 

N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre F

Johann FABER (1478-1541).

Philippe-François FABRE d'ÉGLANTINE (Limoux 1755 - Paris 1794).

Théophile FABRE des ESSARTS ( + 1908).

Antoine FABRE d'OLIVET (Ganges 1768 - Paris 1825).

Bernard-Raymond FABRÉ-PALAPRAT (1773-1838).

FALK

La Famille d'Amour.

Les Fâtimides

Hans von FAULHABER (1580-1635).

Johannes-Georg FAUST (1480-1540).

FAUSTE de Milève (vers 340 - vers 390).

FAZZLOLLACH

Fede Santa

Marsile FICIN (Florence 1433 - Carreggi 1499).

Les Fidèles d'Amour.

Figuier.

Mario FILLE

Fils de l'Homme

Julius FIRMICUS MATERNUS

Nicolas FLAMEL (Pontoise 1345 - Paris 1417).

Camille FLAMARION (Montignies-le-Roy 1842 - Juvisy-sur-Orge 1925).

Robert FLUDD (1574-1637).

Joachim de FLORE

Sylvie FOUCART (1891-1965).

Jacques FOURNIER ( + Avignon 1342)

John FOX

Fraction du pain

Guglielmo FRANCHI

Franc-maçonnerie

Jean FRANçOIS d'Assise (1182-1226).

Hans FRANK (Karlsruhe 1900 - Nuremberg 1946).

Jakob FRANK (1720-1791).

Fraternité des Polaires

Fraticelli

FRÉDÉRIC Barberousse (1122-1190).

FRÉDÉRIC II de Hohenstaufen (1194-1250).

Frères du Libre Esprit (ou de la Vie commune)

Frères moraves

Frères musulmans

Frères de la Vie angélique

Junius FREY (Brno 1754 - Paris 1794).

FULCANELLI (Villiers-le-Bel 1677 - Paris 1932).

Johann FABER (1478-1541).

Évêque de Vienne qui s'intéressa à la Cabale Judaïque et la défendit contre ses détracteurs.

Philippe-François FABRE d'ÉGLANTINE (Limoux 1755 - Paris 1794).

Poète français, auteur notamment de la célèbre ariette : Il pleut bergère.. C'est lui aussi qui donna leurs noms aux mois du calendrier révolutionnaire.

V. aussi: Calendrier, Frey.

Théophile FABRE des ESSARTS ( + 1908).

Successeur en 1894, sous le hiéronyme de Synésius, de Jules Doinel, après l'abjuration de ce dernier, à la tête de l'Église gnostique universelle, où il avait été évêque de Montségur et primat d'Albigeois. Il donnera à cette Eglise une orientation cathare et publiera en 1899 « l’arbre gnostique ». Cependant, pour Fabre des Essarts, le mal n’est pas opposé au bien, il n'en est que l'éloignement. Satan lui-même aurait été sauvé par le sacrifice de Jésus sur la croix, et ce, grâce à Marie la Magdeleine. C'est Jean Bricaud qui succédera à Synésius en 1908 sous le hiéronyme de Joanny.

Antoine FABRE d'OLIVET (Ganges 1768 - Paris 1825).

L'un des plus excellents exégètes et magistes de ces derniers siècles. Connaissant à fond plusieurs langues anciennes, Fabre d'Olivet a écrit notamment "La Langue hébraïque restituée" (1816), qui reste très appréciée des spécialistes, malgré qu'elle soit actuellement dépassée sur plus d'un point. Antoine Fabre d'Olivet est un des premiers à avoir soutenu que Moïse avait été initié aux mystères d’Osiris. Mais, selon lui, Moïse aurait prévu que la connaissance de ceux-ci serait perdue par les hébreux au fil du temps, et c'est pourquoi il aurait transmis cette Tradition, la Cabala à Josué, de la tribu d'Ephraïm, qui la transmit ensuite à son successeur, et ainsi de suite jusqu'aux esséniens et aux cabaliens. Mais, pour Fabre, Moïse ne fut pas le seul grand inspiré de l'histoire. La divine Providence suscite parmi les hommes, chaque fois que cela est nécessaire, des génies destinés à les ramener dans la Lumière lorsqu'ils se mettent à s'égarer, lorsque notamment ils s'éloignent du monothéisme. Tels furent Pythagore, Rama, Jésus. Cependant, au dessus encore de la Divinité, qui est la Providence, et de la Matière, il y a, pour Fabre d'Olivet, le Destin. Nais l'homme peut, par sa volonté et par l'étude, jouer le rôle de médiateur entre la Providence et le Destin. Destin transcendantal, Providence divine et Volonté humaine constituent ainsi le "Ternaire ontologique" à quoi, selon Fabre, tout est soumis. Comme Pythagore enfin, Fabre d'Olivet estimait que tout, dans l'univers, est régi par la divine harmonie, et qu'il est possible de percevoir celle-ci au moyen des nombres.

Bernard-Raymond FABRÉ-PALAPRAT (1773-1838).

D'abord grand maître occulte de la survivance templière, Fabré-Palaprat fut reconnu officiellement comme tel par l'empereur des Français, Napoléon, quand ce dernier fera, en 1804, sortir l'Ordre du Temple de la clandestinité. Il le nommera en outre duc de Spolète en 1608. Après la chute de Napoléon, le roi de France Louis XVIII ne remit pas en cause ces décisions de l'empereur et Fabré-Palaprat publiera en 1827 le Leviticon où est exposée en détail la doctrine renouvelée de l'Ordre du Temple, basée principalement sur l'Évangile selon Jean, puis en 1833 "De l'Église primitive et du catholicisme romain de nos jours". À la mort de Fabré-Palaprat toutefois, en 1838, le roi Louis-Philippe supprimera à nouveau l'Ordre du Temple, qui fut ainsi contraint de rentrer dans la clandestinité.

FALK

Voir: Chaïm Jacob.

La Famille d'Amour.

Secte proche des anabaptistes, fondée en Hollande en 1540 par Hendrik Niclaes, qui préconisait le retour à l’innocence originelle des hommes, lesquels ne sont tous qu'une seule famille. Sa doctrine s'apparente à celles des marcionites et de la Fede Santa. La secte était dirigée par un "évêque", assisté de douze "sages" et de prêtres.

V. aussi: Niclaes.

Les Fâtimides

Fraction de l'ismaélisme, fondée en Tunisie en 910 par Obéid Allach, qui se disait descendant d'Ali, cousin de Mahomet, et de la fille de ce dernier, Fâtima.

Les fâtimides se répandront surtout en Afrique du Nord, où El Mansour (+ 953) établira un califat à Kairouan. Ce califat sera transféré dans la suite au Caire. C'est un fâtimide, le calife du Caire El-Hakim, qui réformera la religion des Druzes. Mais les fâtimides seront peu à peu rejetés du Maghreb, puis de l'Égypte, au profit, dès 1048, de la dynastie tunisienne des zirides. Ils se répandront alors en Arabie du sud, surtout au Yémen, et en Syrie, donnant naissance notamment à la secte des assacis (assassins, assissins ou ashichins).

V. aussi: Abou Abdallah, Ah, Hassan ibn Sabbagh, Druzes.

Hans von FAULHABER (1580-1635).

Mathématicien et Rose-Croix, que fréquenta René Descartes.

Johannes-Georg FAUST (1480-1540).

Magiste et alchimiste célèbre, passé dans la légende. Il réussit à Prague, à Innsbruck, aux Pays-Sas, des expériences extraordinaires et des guérisons qui furent jugées miraculeuses. Il paraît avoir surtout entendu continuer le manichéisme, ce qui pourrait avoir été interprété comme la conclusion d'un pacte avec le Diable, identifié à Ahrimane. Cela n'empêchera pas Faust de fréquenter de nombreuses autres célébrités de son temps, tels que Trithème, Agrippa, Paracelse, Luther. Après sa mort, Faust serait réapparu à son valet Christoph Waiger et c'est le témoignage de ce dernier qui est à la base d'un Livre populaire qui parattra à Francfort en 1587 et dont s'est servi Christopher Marlowe pour écrire son Doctor Faust (1601).

FAUSTE de Milève (vers 340 - vers 390).

Evêque manichéen avec qui polémiqua Augustin. Pour Fauste, il y a deux principes celui du mal et celui du bien, mais seul ce dernier est Dieu : le premier est Hylès la matière.

FAZZLOLLACH

Fondateur de la secte chiite des horoufis.

(V. ce mot).

Fede Santa

Voir : Dante, Fidèles d'amour, Gaie Science.

Marsile FICIN (Florence 1433 - Carreggi 1499).

Nom francisé de Marsilio Ficino, philosophe, médecin, astrologue, cabaliste et magiste, qui accéda en 1460 à la direction de l'Académie platonicienne de Florence. Il s'employa à montrer la continuité qui existe entre l'orphisme, le pythagorisme, le platonisme, l'hermétisme et le cabalisme, dont ce qu’ils ont en commun doit néanmoins être interprété, selon Ficin, à la lumière de la doctrine chrétienne. Quant à la mort, pour lui, ce doit être, aux yeux du philosophe, un plaisir, puisque par elle l'homme retourne à Dieu, l'immobile Lumière.

Ayant été nommé chanoine de la cathédrale Sainte-Marie, il publia Libri de Vita (Livres de vie), traité de médecine spagyrique basé notamment sur l'astrologie. À la Fin de sa vie, Ficin écrira encore une apologie contre Savonarole, dont il condamnait les excès.

Les Fidèles d'Amour.

Variété de mysticisme qui se développa chez les poètes persans à partir de Rouzbechne, au XIIe siècle. Selon cette tendance, l'amour humain, qu'il ait été consommé ou non, est une préfiguration de l'amour divin et une préparation à celui-ci, c'est à dire à l'amour de Dieu et pour Dieu, aboutissant à une fusion totale de l'âme du mystique avec la Divinité, un des attributs essentiels de celle-ci étant la beauté : aimer la beauté en un autre être conduit à aimer la beauté de Dieu, c'est à dire Dieu même, et ainsi, d'une certaine façon, ne faire plus qu'un avec Lui. Ces conceptions seront reprises notamment par Omar Sochravardi, un musulman d'Espagne du XIIIe siècle, par qui elles se répandront aussi en Occitanie, où elles prendront la forme de l'amour dit "courtois", puis en Italic, principalement par la Fede Santa à laquelle se ralliera notamment Dante Alighieri,

Figuier.

Arbre fruitier qui symbolise souvent l'accès à la connaissance. L'arbre dont Ève, puis Adam, mangèrent les fruits en infraction à l'interdiction de leur créateur était un figuier, puisque c'est de ses feuilles qu’ils se confectionnèrent des pagnes quand ils prirent conscience de leur nudité. C'est aussi près d'un figuier que le Bouddha aurait reçu l'illumination.

Parmi les cinq arbres toujours verts du Paradis des gnostiques figure notamment le figuier, duquel il est également souvent question dans les Evangiles chrétiens. Le figuier enfin est aussi, concurremment avec le palmier dattier, un des symboles du phénix.

Mario FILLE

Théosophe italien qui rencontra en 1908, dans la montagne entre Rome et Viterbe, un ermite, le padre Giuliano, lequel lui aurait remis un document secret, contenant notamment une méthode de divination. Fille se rendit ensuite en Égypte, où il fit la connaissance d'un autre italien, nommé Accomani. Rentrés en Italie après la première guerre mondiale, Accornani et Fille tentèrent de retrouver le père Giuliano, mais apprirent que ce dernier était parti pour l'Himalaya. Ils allèrent alors à Paris, où ils fondèrent, avec l'écrivain français Fernand Divoire, la Fraternité des Polaires, à laquelle adhéra notamment un autre poète français, Maurice Magre. Cette Fraternité entretiendra des rapports avec la Rose -Croix et avec la société initiatique allemande Thulé

V. aussi: Acconani, Polaires.

Fils de l'Homme

Personnage divin, mythique et apocalyptique, qui apparaît dans le livre biblique de Daniel et dans le livre apocryphe d'Hénoch. Après la mort de Jésus le Nazaréen, des disciples de ce dernier affirmeront qu'il avait été ce Fils d'Homme: c'est pourquoi, dans les Évangiles, Jésus en parle, tant comme d'un personnage distinct de lui, tant comme paraissant s'identifier à lui. Mais, pour les hermétistes égyptiens, le Dieu suprême avait créé dans sa Pensée, de toute éternité, un fils semblable à lui: l'Homme archétypique, sur le modèle duquel serait créé plus tard l'homme terrestre. Cette conception sera reprise par les naassènes de Phrygie, qui identifieront ce fils à l'Osiris des égyptiens, ce que feront aussi certains cabalistes, lesquels assimileront Osiris et l'Adam Cadmon. Les séthiens l'appèleront Adamas, dont le fils se serait incarné successivement en Seth, fils de l'Adam terrestre, puis en Derdikéa, en Melkitsédec et finalement en jésus. Des musulmans ésotéristes reprendront cette dernière tradition et y ajouteront Mahomet et l'Imâm caché.

À la fin du II° siècle cependant, les gnostiques Monoïme et Colorbaze donneront le nom d'Homme à une Monade éternelle, qui se confond pour eux avec le Tout, possédant en elle à la fois toutes les qualités et leurs contraires. Cet Homme a un fils, né de lui en même temps que lui, et c'est de ce fils d'Homme que seraient issus, pour eux, tant le monde sensible que les êtres vivants qui le peuplent.

V. aussi:Adamas, Adam Cadmon, Duodécimans, Enosh, Ismaéliens, Séthiens.

Julius FIRMICUS MATERNUS

Astrologue sicilien du IV° siècle qui, dans sa Mathesis (347), attribua aux planètes, non seulement un domicile dans chacun des signes du zodiaque, mais encore un génie protecteur à chacun des demi-décans de ces signes, soit donc, au total, soixante-douze "génies" astrologiques. Firmicus Maternus se convertira au christianisme, sans délaisser pour autant l'astrologie, et il écrira alors un traité polémique, De Errore profanarum Religionum (350), où il soutient notamment, comme l'avait fait Evhémère, que les dieux des religions polythéistes sont en réalité des hommes éminents qui furent divinisés après leur mort.

Nicolas FLAMEL (Pontoise 1345 - Paris 1417).

Un des plus éminents alchimistes français de l'histoire, qui doit, bien que n'ayant pas été à proprement parler gnostique, être cependant mentionné ici à cause de l'influence considérable qu'il a exercée sur tous les autres alchimistes, gnostiques ou non, de son temps et même dans la suite.
Il avait, au retour d'un pèlerinage qu'il avait fait à St Jacques de Compostelle, été initié à la Cabale, à Léon, par un juif espagnol, nommé Canchès. Il sera aussi nautonier du Prieuré de Sion. Dans toutes ses activités, Nicolas Flamel était assisté par sa femme Pernelle et par son frère cadet Jehan Flamel.

Camille FLAMARION (Montignies-le-Roy 1842 - Juvisy-sur-Orge 1925).

Célèbre astronome français qui fut aussi un adepte convaincu du spiritisme
d'Allen Kardec. Flammarion a publié dès 1862 "La Pluralité des mondes habités" et en 1880 une "Astronomie" qui connut un très grand succès.

Robert FLUDD (1574-1637).

Célèbre Rose-Croix, ami de Michel Maier, qui fut à la fois cabaliste, astrologue, médecin, philosophe, mathématicien et alchimiste. Ses conceptions cabalistes sont sujettes à caution, mais il fut d'abord et surtout astrologue. Il niait d'ailleurs toute intervention dans la nature d'un Dieu qui serait supérieur à elle, car elle est éternelle comme Lui, mais elle est en perpétuelle évolution.

Pour Robert Fludd, c'est la faute du premier homme qui a rendu mauvaise la matière, mais la rédemption viendra par le retour à la Monade originelle, ce qui devrait se produire lors de "l'avènement du Lion", c'est à dire à l'ère du Verseau, dont le Lion est le signe opposé, donc complémentaire.

Joachim de FLORE

Voir: Joachim.

Sylvie FOUCART (1891-1965).

Spirite belge qui fut un médium très doué. Elle prétendit être en rapport avec un personnage de l'au-delà, qu'elle appelait "le Maître A B " (initiales d'Amour Bonté). L'enseignement qu'elle en tira a été publié après sa mort, en 1970, sous le titre "Les Énergies".

Jacques FOURNIER ( + Avignon 1342)

Moine cistercien qui devint évêque de Pamiers en 1317, cardinal en 1327 et enfin pape en 1334 sous le nom de Benoît XII. Il remit de l'ordre chez les cisterciens et d'autres congrégations religieuses qui s'étaient départies de la rigueur et de l'ascétisme de leurs débuts.

John FOX

Pasteur américain qui, à partir de 1648, put observer les coutumes tribu amérindienne de l'Etat de New-York et tira de certaines d'entre elles une méthode d'évocation de l'esprit des trépassés. C'est l'origine du spiritisme. Ce sont les filles de John Fox, Margaret et Kate, qui lui serviront les premières de médiums.

Cette méthode se répandra aussi en Europe, où elle bénéficiera notamment du soutien actif de Sir Edward Buluer-Lytton et de Victor Hugo.

Fraction du pain

Chez beaucoup de gnostiques, le pain est le symbole de la connaissance, du savoir ésotérique. Les initiés se reconnaissaient entre eux par la fraction du pain. C'est ainsi que, dans la Genèse hébraïque, Abram et Melchitsédec se reconnaissent comme initiés aux mystères d'Osiris par ce rite. De mme, dans l’Evangelion marcionite, Christ rompt le pain pour le multiplier, c'est à dire pour répandre la Connaissance sur un grand nombre de personnes. Il recommande à ses disciples de demander chaque jour au Père le "pain Il rompt encore le pain lors de la dernière Cène et c'est enfin lorsqu'il accomplira ce rite devant les pèlerins d'Emmaüs que les yeux de ces derniers "s'ouvriront" enfin, qu'ils le reconnaîtront et qu'ils comprendront le vrai sens de son enseignement. Ces épisodes seront repris notamment dans l'Evangile selon Luc.

Guglielmo FRANCHI

Juif cabaliste italien du XVIe siècle qui se convertit au catholicisme.

Franc-maçonnerie

Les origines de la franc-maçonnerie sont, à vrai dire, assez nébuleuses. On le fait notamment remonter à la construction du Temple de Jérusalem par Ahiram, l'architecte du roi Hiram de Phénicie, et ses compagnons, mais les traditions qui en font état sont en grande partie légendaires. On ne peut tabler sur quelque certitude qu'à partir du Moyen Age, où en Occident les corporations du bâtiment conféraient, comme tous les corps de métier, les titres d'apprenti, compagnon et maître. Il semble toutefois que les maître maçons, qui comptaient notamment parmi eux des charpentiers et des architectes, se soient assez tôt répartis entre maçons opératifs et spéculatifs, ces derniers ne se bornant pas à réfléchir sur les aspects techniques de leur art, mais aussi sur toutes les questions philosophiques, au sens le plus large de! ce terme. Ces maçons "spéculatifs" semblent bien également avoir entretenu des rapports assez étroits avec les bénédictins et avec les templiers, puis dès son apparition avec la Rose-Croix. Toujours est il que, lorsque l'Ordre du Temple fut supprimé en France sous Philippe le Bel, de nombreux chevaliers parvinrent à s'enfuir dans d'autres pays, principalement en Espagne et au Portugal, où ils furent reçus dans d'autres Ordres de chevalerie, ainsi qu'en Ecosse, où le roi Robert Bruce créera pour eux l'Ordre du Chardon. Or, c'est en Grande-bretagne qu'apparaissent, au début du XVIIIe siècle, les premières Loges qui sont à l'origine de la franc-maçonnerie contemporaine. Et les rites actuels du Grand Orient, la principale obédience en France et dans les pays limitrophes, sont qualifiés d'"écossais". I paraît superflu de retracer ici l'évolution de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle à nos jours, ce sujet ayant été traité dans de nombreuses publications récentes.

Jean FRANçOIS d'Assise (1182-1226).

Giovanni Bernardone fut surnommé il Francesco "Le Français", parce que sa mère Pica était provençale et qu'il manifestait lui-même de l'intérêt pour les cathares du sud de la France. En 1209, à l'époque où la croisade contre ceux-ci battait son plein, il créa avec onze autres fratelli un ordre religieux, qui recevra le nom de "Franciscains" d'après le surnom de son fondateur. En 1212, Giovanni en étendra l'organisation aux femmes avec l’aide de Claire d'Assise et, d'après le nom de cette dernière, les membres féminins de l'ordre franciscain prendront l'appellation de "clarisses" La règle de ces ordres n'est guère différente de celle des autres ordres monastiques, mais elle met davantage l'accent sur le vœu de pauvreté et, à l'instar des derviches persans, elle recommande le recours à l'aumône, d'où le nom de "moines mendiants" sous lequel ses adhérents sont souvent désignés. Giovanni Bernardone lui-même fut cependant avant tout un mystique, dont la ferveur prenait souvent une forme panthéiste, s'adressant comme à des frères aux animaux et même aux astres, en particulier à son frère le Soleil. Mais il fut aussi un homme d'action. Il se rendit notamment en Espagne avec l'espoir de convertir les musulmans de ce pays, puis il participera à la V° croisade contre les turcs, accompagnant notamment Gauthier de Dampierre lorsque ce dernier conquit Damiette. Giovanni se rendit alors auprès du sultan Mélik al-Kamil, qui le recevra très courtoisement, mais leur entrevue n'eut aucune suite. Il alla encore à Saint Jean d'Acre, puis rentra en Italie. Il y fondera alors, en 1221, le Tiers-Ordre, qui groupe des laïcs poursuivant les mêmes objectifs que les religieux franciscains et clarisses, mais sans faire vœu de pauvreté. Giovanni Bernardone sera canonisé dès 1228 sous le nom de saint François.

Ève FRANK

Fille de Jakob Frank, qui la présentera, au cours de ses prédications, comme une incarnation de la Shekina de la Présence divine en ce monde. Après la mort de son père en 1791, Ève continuera l'œuvre de ce dernier, mais en l'orientant dans un sens de plus en plus catholique, ce qui aura notamment pour conséquence, après sa mort à elle, la disparition totale du frankisme.

V. aussi: Jakob Frank.

Hans FRANK (Karlsruhe 1900 - Nuremberg 1946).

Un des fondateurs en 1919 de la société initiatique allemande Thulé. Il sera condamné à mort par le tribunal international de Nuremberg et exécuté.

Jakob FRANK (1720-1791).

Né en Galicie dans une famille de tradition cabalienne, Iankiel Leibowicz entreprit dans sa jeunesse un voyage à Salonique, où il eut des contacts avec des cévistes qui souhaitaient une forme de syncrétisme des religions israélite et islamique. Rentré en Pologne, Iankiel se proclama le Messie et affirma être la réincarnation du roi David, de Mahomet et de Shabatail Tswi. C'est alors qu'il prit le nom mystique de Jakob Frank. ais il entreprit de rallier à son mouvement les chrétiens de Pologne et il arriva à se faire baptiser en 1759 avec le roi de Pologne pour parrain. Cela eut pour premier effet de lui gagner des partisans en Moravie, en Hongrie, en Roumanie et en Bohème ; mais, dès l'année suivante, il sera excommunié par l'Église catholique... Par ailleurs, voulant faire prévaloir la Cabale sur le talmudisme Frank fera brûler par ses fidèles de nombreux exemplaires du Talmud, ce qui lui attira de la part de la plupart des autres juifs une violente hostilité. On ira jusqu'à l'accuser d'organiser avec ses adeptes des réunions nocturnes au cours desquelles se seraient célébrés des rites orgiaques, ce qui entraînera son arrestation. Il restera ainsi en prison pendant onze ans sans que son procès soit sérieusement instruit, et il ne sera libéré qu'en 1771, lors de la conquête de la Pologne par les russes. Frank se convertit alors à nouveau, au christianisme orthodoxe russe cette fois. près sa mort, son oeuvre sera continuée par sa fille Ève et par un de ses disciples, Junius Frey, qui émigra en France et se rallia au régime républicain, mais périra sur l'échafaud en 1794.

Fraternité des Polaires

Voir: Fille, Polaires.

Fraticelli

Secte, encore appelée "les frères apostoliques", fondée eu XIVe siècle par des Franciscains et des Frères du Libre Esprit. Ses enseignements s'inspiraient de ceux de Joachim de Flore et de François d'Assise. Les Fraticelli seront néanmoins condamnés dès 1392 par le pape et ils subiront alors des persécutions.

FRÉDÉRIC Barberousse (1122-1190).

Empereur d'Allemagne, qui soutint plusieurs anti-papes. Il participa à la III° croisade, mais trouva la mort en Asie mineure. Après sa mort naquit à son sujet une légende analogue à la croyance musulmane en le Mahdi, à la faveur de laquelle surgiront plusieurs faux Barberousse. De même son retour fut-il attendu quelque temps aussi en Allemagne.

FRÉDÉRIC II de Hohenstaufen (1194-1250).

Empereur d'Allemagne, personnage tout à fait hors du commun, esprit éclairé très en avance sur son temps. Avide de savoir et épris de tolérance, il fera venir à sa cour de nombreux artistes et savants de toutes tendances, ainsi que les plus fameux occultistes de partout. Ayant réalisé une sorte d’œcuménisme avant la lettre, Frédéric II s'assurera le dévouement total, tant de l'Ordre teutonique, dont il protégeait le grand maître Herman von Saïza, que d'un grand nombre de chevaliers musulmans, auxquels il permit de vivre conformément à leur foi et à leurs coutumes, à Lucera, dans les Pouilles, qui faisaient alors partie du Royaume des Deux-Siciles. Cela lui permettra bien qu'ayant été excommunié à cause du retard qu'il mettait à tenir sa promesse de mener une nouvelle croisade, d'obtenir, lorsqu'il se décidera enfin à la faire, des résultats plus marquants en Terre Sainte par la négociation avec les chefs musulmans qu'en combattant contre eux. S'il fut dualiste, en ce sens qu'il distinguait le monde matériel et le spirituel, Frédéric II ne considérait toutefois pas ceux-ci comme antagonistes, mais plutôt comme complémentaires, échappant ainsi au pessimisme de la plupart des gnostiques. Ce qui apparente sa pensée à celles du taoïsme chinois, de la Cabale juive, de l'ésotérisme ismaélien. Il croyait même à l'avènement prochain d'un âge d'or, au cours duquel serait réalisée la réconciliation entre le Ciel et la Terre ce qui n'est pas non plus sans analogie, cette fois, avec le nirvana des bouddhistes, non plus qu'avec les conceptions sur la fin du monde de Basilide ou des manichéens. Il sera même considéré - et se croira d'ailleurs quelque temps - comme un messie. Aussi, quand il mourut, bien des gens ne purent y croire et supposèrent qu'il s'était en réalité retiré dans un pays lointain, d'où il reviendrait: quelques uns penseront même qu'il s'était caché sous l'Etna... Il paraîtra d'ailleurs un faux Frédéric II à Neuss en 1285.

Frères du Libre Esprit (ou de la Vie commune)

Secte ésotérique fondée par d'anciens bégards après la condamnation de leur ordre en 1310. Elle concevait Dieu comme la source de toutes les créatures et l'âme de chacune de celles-ci comme aspirant à retourner è l'unité originelle.

V. aussi: Bégards, Fraticelli, Ruusbrouc.

Frères moraves

Dissidence hussite dont Comenius fut l’évêque, mais qui fut persécutée, ce qui obligea ce dernier è s'expatrier.

V. aussi: Comenius.

Frères musulmans

Confrérie islamique fondée en 1928 par Hassan El-Banna, qui s'opposa violemment aux communistes et aux sionistes. D'abord de tendance socialisante, elle vira dans les années 1970 vers l'intégrisme, tout en n’abandonnant pas ses méthodes terroristes. C'est elle notamment qui organisa l'assassinat en 1961 d'Anouar El-Sadata, le chef à l'époque de l'État égyptien, coupable à ses yeux d'avoir fait la paix avec l'État d'Israël.

V. aussi: El-Banna.

Frères de la Vie angélique

Communauté fondée aux Pays Bas au XII° siècle par Johann-Georg Gichtel. Elle prônait le retour à l'état d'innocence de l'homme avant la chute d'Adam, voire la création d'Ève. Elle s'apparente ainsi aux adamites du IIe siècle et à la Société des Anges du XVIe.

Junius FREY (Brno 1754 - Paris 1794).

Disciple de Jakob Frank, de son vrai nom Moses Dobruszka von Schönf'eld, qui se rendit en France avec son frère Emmanuel et sa soeur Léopoldina et rallia au frankisme des juifs de Strasbourg et de Paris, tandis qu'il prenait parti lui-même pour la République, qui venait d'émanciper les juifs. Junius Frey jouera un rôle important au sein du Club des Jacobins, mais comme beaucoup d'autres membres de celui-ci, il sera victime de la Terreur et il périra sur l'échafaud le 5 avril 1794 en même temps que Desmoulins, Danton et Fabre d'Églantine.

V. aussi: Jakob Frank, Ève Frank.

FULCANELLI (Villiers-le-Bel 1677 - Paris 1932).

Alchimiste réputé, de son vrai nom Jean-Julien Champagne, qui fut aussi archéologue, astrologue et philologue, mais dont la vie est mal connue, car il affectait de s'entourer de mystère. Disciple lointain de Nicolas et Jehan Flamel, il est surtout l'auteur du "Mystère des Cathédrales" (1926) et des "Demeures philosophales" (1932). Son principal disciple sera Eugène Canseliet, dont on ne sait de même que peu de chose.