DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule - sources

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M 

N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre B

Franz-Xaver von BAADER ( 1765-1841) .

BAAL SHEM THOV ( 1698-1760) .

Bâb

Bâbisme.

BABYLUS .

BACCHUS.

BACHIARUS PEREGRINUS.

BACHIA Ibn PECOUDA.

Roger BACON (1215-1294) .

Leo BAECK (1873-1956) .

Bahâil ou Bahâ'i.

BAHA OULLA (Téhéran 1817 - st Jean d'Acre 1892) .

"Bahir" .

Alice BAILEY (1880-1949)

Mary BAKER-EDDY (1821-1910).

Alexandre BAKOUNINE (Torchok 1814 - Berne 1876).

BALKIS.

Pierre-Simon BALLANCHE (Lyon 1776 - Paris 1847).

Aboul BARAKATE (1075-1165).

Armand BARBAULT

Barbêlô ou Barbîlô.

Barbéliotes ou barbélites.

Barbélognostiques.

Emmanuel BARBIER (1851-1924).

Abraham BAR-CHIYA.

BARDESANE (154-222).

Jean BARDET

Syméon BAR-IOCHAÏ (vers 7O - vers 150).

Moïse BAR-KIPHA.

Charles BARLET

BARNABÉ.

Nicolas BARNAUD.

Augustin BARRUEL (1741-1820).

BARTSAUMA.

BARUCH d'Arezzo.

BASILIDE

BATAIL.

Séverin BATFROI

BECHAVÉ.

Hans BECKER.

William BECKFORD (1760-1844).

Hadj BECTASH et les Bectâshine.

Bégards.

Jean BELOT.

BEN ADRET.

Elie BENAMOZEG (1823-1900).

Béchaï (ou Bachya) BEN ASHER (1260-1340).

Iaacov BEN ASHER (1270-1360).

Chaïm BEN ATTAR.

Bénédictins.

Israël BEN ELIÉZER.

Moshé BEN EZRA (1070-1140).

Abraham BEN MAIMON (XIIIe s.)

Salomon BEN MASSOUD

BENOÎT de Nurcie (480-547)

Jacob BERAB ( + 1541 ) .

Thomas BÉRARD (ou Béraud) ( + 1273) .

Charles BERBIGUIER (1765-1836).

Nicolas BERDIAIEV (Kiev 1876- Clamart 1948).

BERNARD de Clairvaux (1091-1153).

Christian BERNARO

Giovanni BERNARDONE.

BERTHOLD.

BEROALDE de VERVILLE.

BEROSE (-350-261 ).

Annie BESANT (Londres 1847- Bombay 1933).

Iéhouda BIBAS (Gibraltar 1782- Hébron 1850).

Shaoul BEUMAN (Varsovie 1937- Jérusalem 1977)

BIBLIOGRAPHIE complémentaire.

William BLAKE (1757-1827).

Madame BLAVATSKY (Iékatrinoslav 1831- Londres 1891).

B0ECE (Pavie 480- Rome 524).

Jakob B0EHME (1575-1624).

Les Bogomils.

Jules BOIS (Marseille 1871-Londres 1941).

BONAVENTURE (Viterbe 1121- Lyon 1274).

Borborites.

Jérôme B0SCH (1450-1516).

Sam B0THIVA

Le Bouddhisme.

Henri BOUDET (1837-1915).

Jacob ben Isaac BOU-IFERGANE.

Joseph BOULLAN (1824-1893).

Robert BOYLE (1627-1691).

Brahmaïsme.

Maurice BRAIVE

David BRAND-BERG (1918).

Jean BRICAUD ( + 1934 ).

Richard BROTHERS (1757-1824).

François BROUARD, dit Béroalde de Verville (Paris 1558- Tours1614)

Guillaume BRUN, dit Le More ( + 1509 ).

Giordano BRUNO (Nola 1548- Rome 1600).

BRUNON (1030-1101).

William Jennings BRYAN (New-Vork 1860- Dayton 1925).

Martin BUBER (Vienne 1878- Jérusalem 1965).

Rudolf BULTMANN (Wiefelstadt 1884- Marbourg 1976).

Edward-George BULWER-LYTTON (Londres 1803- Torquay 1873).

Eva von BUTTLAR

George Gordon. Lord BYRON (Douvres 1788- Missolonghi 1824).

Franz-Xaver von BAADER ( 1765-1841) .

Martiniste bavarois qui entendit faire de la Religion une science et de la Science une religion. Pour lui, si le mal en ce monde semble opposé au bien, cela est dû à la chute du premier homme et à l'orgueil de Lucifer. Mais l'homme peut se libérer de cette malédiction par l'étude des sciences naturelles, de la philosophie et des religions .

V. aussi: "Vies d'Adam et Ève".

BAAL SHEM THOV ( 1698-1760) .

Nom sous lequel est connu le chassid polonais Israël ben Eliézer, encore appelé aussi le Besht. Il rénova le hassidisme et le cabbalisme de façon à les rendre plus accessibles au menu peuple et il pratiqua aussi la Cabale opérative. Son mouvement se propagea non seulement en Pologne, mais encore en Hongrie, en Ukraine, en Russie, en Lithuanie. Dans ces deux derniers pays, il rencontra toutefois quelque hostilité, tant de la part des autorités que de quelques rabbins, que l'on dénomme en conséquence mitnaghdîm (opposants), et il fut même parfois contraint de se développer clandestinement, ce pourquoi on l'appela dans ces régions chabad ("occulte") . Le Besht est l'arrière-grand-père du rabbi Nachman.

V. aussi: Eliahou, gaon de Vilaa, Shnéour Zalman .

Bâb

Mot qui, dans les langues sémitiques, signifie "porte". La secte islamique des Nouçayris connaît une triade divine qui se compose de la pensée (mana) , du nom (ism) et de la porte (bâb) .

Dans l'Evangile selon Jean, Jésus dit qu'il est la porte des brebis (X, 7 & 9). En 1844, Mirza Ali Mohammed se proclamera le Mahdi et prendra le titre de Bab.

Bâbisme.

Secte issue de l'islamisme, fondée en 1844 par Mirza Ali Mohammed. Elle tire son nom du fait que ce dernier s'attribua le titre de Bâb.

V. aussi: Baha Oulla.

BABYLUS .

Fils du rhodien Thrasylle, Babylus sera l'astrologue des empereurs romains Tibère, Caligula et Claude. Il prédit à Agrippine la femme de ce dernier, que son fils Néron accéderait au principat, mais qu'il la ferait mettre à mort, ce qui se réalisa exactement.

BACCHUS.

Autre nom de Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, sous lequel il était célébré comme dieu du vin et d'où est tiré le nom des "bacchanales" , cortèges carnavalesques qui sortaient au printemps .

BACHIARUS PEREGRINUS.

Continuateur de Priscillien au Ve siècle. Il semble avoir propagé le priscillianisme notamment en Irlande .

BACHIA Ibn PECOUDA.

Voir: Pécouda.

Roger BACON (1215-1294) .

Philosophe et théologien franciscain anglais, surnommé "le Docteur admirable". Il reprit à l'astrologue arabe Alboumazar sa théorie selon laquelle les grandes religions seraient nées au moment de conjonctions astrales remarquables. Mais il fut aussi un précurseur de la méthode scientifique expérimentale .

Leo BAECK (1873-1956) .

Grand rabbin à Berlin jusqu'à l'avènement d'Hitler. Baeck estimait que la doctrine qu'avait prêchée Jésus, telle qu'elle est consignée dans les Evangiles, était fondamentalement juive et s'inscrivait tout naturellement dans la tradition judaÏque.

Bahâil ou Bahâ'i.

Religion fondée par BAHA OULLA

BAHA OULLA (Téhéran 1817 - st Jean d'Acre 1892) .

Nom sous lequel est mieux connu Mirza Houssein Ali Noûri, successeur du Bâb Mirza Ali Mohammed. Il réforma le bâbisme de ce dernier dans un sens plus syncrétiste, donnant ainsi naissance à la religion Bahâil. Pour celle-ci, l'Univers est éternel et infini comme Dieu. L'homme est sur la Terre comme un passager et son devoir est de rechercher inlassablement la vérité et de cultiver la beauté par le moyen de l'étude , de la prière, de la musique et de la charité. La religion bahaille est ouverte à tous les hommes de bonne volonté et elle professe que la première des vertus est la tolérance.

"Bahir" .

Voir : Sepher ha-Bahir .

Alice BAILEY (1880-1949)

Écrivain mystique, auteur notamment du "Retour du Christ" (1948) . Pour elle, Christ est une entité spirituelle, un ensemble de vibrations, qui s'est incarnée en Zoroastre, le Bouddha, Jésus, Mani, et qui réapparaîtra bientôt sous les traits d'encore un autre homme .

Mary BAKER-EDDY (1821-1910).

Fondatrice de la Christian Science, la "Science du Christ" . Ayant contracté une grave maladie en 1866, elle avait été soignée par un guérisseur nommé Quimby et s'était rétablie subitement après avoir lu dans l’Évangile selon Matthieu le récit de la guérison par Jésus d'un paralytique. Elle se fit alors initier aux pratiques de Quimby, puis forma elle-même des guérisseurs et publiera en 1875 "Science et santé grâce à la Clef des Ecritures", dont l'exposé dérive du principe de base que le mal n'existe pas, que ce n'est qu'une illusion et que l'on peut guérir de n'importe quelle maladie par la prière fervente et par la "Science du Christ". Devenue veuve, Mary Baker épousa en secondes noces un Mr Eddy et elle fonda en 1876 une "Association de la Science du Christ" . En 1883, veuve à nouveau, elle fondera un Collège de Métaphysique et une revue, le Christian Science Monitor . Elle tenta alors de se faire reconnaître par des Églises protestantes, mais en vain. Devant cet insuccès, Mary Baker-Eddy officialisera son enseignement en inaugurant à Boston en 1892 la première église du "Christ scientiste" , et elle se proclamera elle-même pastor emeritus de ce nouveau culte. Elle propagera alors largement sa doctrine, selon laquelle Dieu, qui est à la fois père et Mère, et qui est toute bonté, ne saurait avoir créé la matière, ni être responsable du mal. Donc, ceux-ci n'ont aucune existence, ils ne sont le fruit que de l'imagination extériorisée, et on peut se débarrasser de l'illusion du mal ou de la maladie par la prière et par l'étude de la métaphysique. Il convient en outre de s 'abstenir d'alcool, de tabac et de stupéfiants. Elle reconnaissait toutefois l'influence néfaste d'un "Esprit de mort", qui agit au moyen du M.A.M. ("magnétisme animal malfaisant"). C'est tout cela, affirmait Mary Baker-Eddy, qu'avait laissé entendre Jésus lorsqu'il dit à ses disciples que beaucoup de choses seraient enseignées encore au monde par le Paraclet. Mais ce dernier n'est point le Saint Esprit : il n'est autre que la Science du Christ prêchée par elle, Mary Baker. Lorsqu'il fut mis à mort, Jésus d'ailleurs ne souffrit pas, puisque la souffrance n'est qu'une illusion.

 

Alexandre BAKOUNINE (Torchok 1814 - Berne 1876).

Philosophe, sociologue et homme politique russe, adepte de la franc-maçonnerie et grand admirateur des Illuminés de Bavière, Bakounine fut un des principaux théoriciens de la révolution. Il professa notamment que Satan avait été un rebelle luttant pour la liberté contre le Dieu tyrannique judéo-chrétien.

BALKIS.

Nom que donnent quelques auteurs à la reine de Saba qui se rendit à Jérusalem pour y rencontrer le roi Salomon.

V. aussi : Ahiram, Salomon.

Pierre-Simon BALLANCHE (Lyon 1776 - Paris 1847).

Fondateur, avec Claude-Julien Bredin et Jean-Marie Ampère, d'une "Société chrétienne" qui révérait en particulier Jean l'Évangéliste, appelé par eux "le Solitaire de Pathmos". Ballanche se rattache autant au pythagorisme qu'au gnosticisme chrétien, tout en ayant également des affinités avec d'autres gnostiques. Il croyait notamment au progrès moral de l'humanité, dont il espérait qu'elle connaîtrait un jour un nouvel âge d'or.

Aboul BARAKATE (1075-1165).

Philosophe juif converti à l'Islam, Barakate a développé dans son oeuvre la notion hermétiste de l'Homme primordial, qu'il assimile à l'ange Gabriel. .

V. aussi : Gabriel.

Armand BARBAULT

Alchimiste et astrologue français éminent du XXe siècle.

Barbêlô ou Barbîlô.

Nom sous lequel fut révéré le principe féminin de la Divinité suprême par diverses sectes gnostiques telles que les nicolaïtes, les séthiens, les barbélognostiques, etc. D'autres gnostiques lui donnaient le nom de Sophia, Ennoïa, Hélène, etc.

V. aussi : Nicolas, Simoniens.

Barbéliotes ou barbélites.

Secte chrétienne contre-gnostique d'Alexandrie, née au IVe siècle, qui paraît avoir propagé en Orient la doctrine et les pratiques des barbélognostiques occidentaux. Elle fut dénoncée par tpiphane, qui s'était un moment fourvoyé parmi eux.

Barbélognostiques.

Secte contre-gnostique décrite par Irénée. Née en Occident vers la fin du lI° siècle, sa doctrine s'inspirait de celles des simoniens, de Nicolas et de Carpocrate. Selon les barbélognostiques, Sophia Prounikos, émanation du père inengendré, voulut aller se chercher un conjoint dans les parties inférieures du monde : de cette quête naquit un Grand Archonte (Prôarchôn), qui créa l'univers matériel, plein d'imperfection, ainsi que d'autres archontes, dont il se proclama le Prince. Effrayée des conséquences de ses actes, Prounikos alla se réfugier dans l'Ogdoade, tandis que le père envoya sur Terre le Christ Sauveur afin de remédier autant que possible aux méfaits du Prince de ce monde et de ses archontes.

v. aussi : Ialdabaôth.

Emmanuel BARBIER (1851-1924).

Ecclésiastique catholique français, adversaire du "modernisme", qui dirigea notamment la revue Critique du Libéralisme. Barbier est en outre l'auteur des "Infiltrations maçonniques dans l'Église" (1910), où il expose que les seules sociétés légitimes et de "droit naturel" sont l'Église et l'État. L'autorité que peuvent avoir en fait les dirigeants de toutes les autres sociétés, en particulier des sociétés secrètes, ne vient donc pas de Dieu, mais du Démon...

Abraham BAR-CHIYA.

Philosophe juif néo-platonicien qui vécut à Barcelone et à Tolède au début du XIIe siècle et traduisit en latin de nombreux ouvrages hébreux et arabes. Pour lui, le tohou de la Genèse (I.2) n'est autre que la matière mauvaise.

BARDESANE (154-222).

D'abord adepte du valentinisme, ce chrétien gnostique se détourna de lui pour développer et répandre à Edesse (actuellement Ourfa), sa ville natale, une doctrine personnelle analogue au marcionisme, empreinte notamment de dualisme cosmique. Bardesane a composé en syriaque des hymnes et des dialogues. Selon lui, le Christ aurait épousé Sophia, sa propre Mère, et ils auraient eu de cette union deux enfants, la Terre et l'Eau.

Jean BARDET

Cabaliste chrétien français contemporain, qui refuse la guématrie classique pour n'utiliser que la guématrie de position et celle qui attribue à chaque lettre de l'alphabet hébreu le nombre triangulaire de celui de son rang dans cet alphabet. Il a écrit de nombreux ouvrages, notamment "Le Trésor caché d’Israël" (1977) et "La Signature du Dieu trine" (1983). Dans ce dernier, il montre notamment les corrélations qu'on peut trouver, dans le récit de la création de la Genèse, entre le premier jour et le quatrième, entre le deuxième et le cinquième, entre le troisième et le sixième.

V. aussi : Guématrie.

Syméon BAR-IOCHAÏ (vers 7O - vers 150).

Rabbi galiléen qui passe pour être un des fondateurs du cabalisme et le premier auteur du livre de base de celui-ci, Sepher ha-Zohar, lequel lui aurait été inspiré par le prophète Élie lui-même, ce dernier lui étant apparu une première fois en 106, puis plusieurs fois encore dans la suite. Bar-Iochaï avait sept disciples principaux, qui étaient appelés ses "yeux", dont son fils Eléazar et son secrétaire Aba.

V. aussi : Aba, Apocalypse johannite, Aquiba, Cabale, "Zohar".

Moïse BAR-KIPHA.

Exégète biblique du Xe siècle, de tendance nestorienne, qui se réclamait de l'apôtre Paul.

Charles BARLET

Fondateur en mai 1887, avec Joséphin Péladan, Stanislas de Guaita et quelques autres, de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.

BARNABÉ.

Compagnon de l'apôtre Paul dans les premiers voyages d'évangélisation de ce dernier. Il le quittera après une altercation entre Pierre et Paul à Antioche, en suite de laquelle, au contraire, Silas se ralliera à Paul. Une épître, dont le texte figure dans le Codex Sinaïticus, qui est l’écrit le plus ancien et le plus complet de la Bible chrétienne, porte son nom. L’œuvre est de tendance gnostique et affirme que la Loi de Moïse est dépassée, la circoncision notamment est devenue superflue. Il existe aussi un évangile de Barnabé, dont on ne connaît toutefois qu'un seul manuscrit, retouché par des musulmans en vue notamment d'assimiler le prophète Mahomet au Paraclet annoncé dans l'Évangile de Jean. Ce document est la traduction en italien d'une oeuvre dont on ne connaît pas la langue originale.

V. aussi : Paul de Tarse.

Nicolas BARNAUD.

Médecin, hermétiste et alchimiste français de la fin du XVIe siècle, qui fut probablement rosicrucien. Il semble avoir été un conseiller occulte du roi de France Henri IV, du roi d'Angleterre Jacques 1er, du stathouder de Hollande Maurice de Nassau et du landgrave Maurice de Hesse dans leur dessein de constituer un gouvernement européen supra-national. Barnaud pourrait avoir eu pour continuateur Irénée Philadelphe.

Augustin BARRUEL (1741-1820).

Jésuite français. D'abord adepte de la franc-maçonnerie, il se tourna ensuite contre celle-ci, dont il devint un des adversaires les plus virulents. Il l'accusera notamment d'avoir fomenté la Révolution française de 1789. Barruel est l'auteur de "Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme".(1798).

BARTSAUMA.

Gnostique syrien du Ve siècle, évêque de Nisibi et partisan résolu de Nestorius.

BARUCH d'Arezzo.

Disciple de Shabbatail Tswi, dont il a raconté la vie dans son "Mémoire aux enfants d'Israël aux jours de Mahmoud IV".

BASILIDE

Le plus important de tous les chrétiens gnostiques et l'un des penseurs les plus profonds de tous les temps. Elève de Satornil, il transporta la doctrine de ce dernier d'Antioche à Alexandrie au début du lIe siècle, mais il la transformera en un système très personnel, qui reprend notamment aussi plusieurs éléments à l'hindouisme.

Selon Basilide, il n'y avait, avant la création du monde, que Celui qui est, mais n'existe pas (ov ouk wv, on ouk ôn), ce qui est une conception assez analogue à celle de l'Aïn de la Cabale. Celui qui est, "voulut" un jour (mais ces mots, dit Basilide, ne sont que des approximations, car il n'y eut pas vraiment de jour, ni de volonté, ni même de pensée ou de sentiment au sens courant de ces termes) faire l'Univers. Il émit alors ce qui devint comme le "germe" (sperma) de l'Univers: ce "germe" est comme une graine qui, dans son volume minuscule, contient en puissance un grand arbre portant lui-même un grand nombre de graines pouvant donner naissance à leur tour chacune à un arbre. De ce germe naquit d'abord une filialité composée de trois parties: une subtile, une opaque et une impure.

La première rejoignit immédiatement l'Être qui n'existe pas, attirée par sa grande beauté.

L'opaque voulut en faire autant, mais elle ne le put; elle se munit alors d'une sorte d'"aile", qui est le saint Esprit, et elle vola grâce à lui vers Dieu et la partie subtile de la filialité, mais sans arriver à les rejoindre.

L'impure enfin resta en bas.

Surgit alors du sein de la Terre le grand archonte Abrasax, la Tête du monde, le plus beau, le plus puissant et le plus sage de tous les êtres créés. Il monta jusqu'au firmament et il s'arrêta là, ne sachant pas qu'il y eût rien au delà, car il se croyait Dieu. C'est lui qui organisa le ciel. Il est à remarquer, à ce propos, que la valeur numérique du nom d'Abrasax ( en lettres grecques ) est 365. Or, selon la genèse, Hénoch, qui descendait d'Adam à la 7e génération (et Abrasax s'écrit en sept lettres), vécut 365 ans sur la Terre et puis il fut enlevé par les Elohim.

L'archonte Abrasax aurait engendré un fils, qui le surpassait encore en excellence et qu'il plaça à sa droite; puis il suscita les êtres célestes qui composent l'Ogdoade, c'est à dire la Réalité, composée selon Basilide de huit parties.

Survint ensuite un second archonte, qui créa l'Hebdomade, c'est à dire les sept sphères planétaires qui composent le monde sensible, et qui engendra lui aussi un fils supérieur à lui. C'est ce deuxième archonte qui se serait révélé à Moïse et c'est sous son inspiration qu'ont parlé tous les prophètes antérieurs au Sauveur. Il voulut aussi faire dominer le peuple hébreu sur tous les autres, mais il n'y parvint pas et ne réussit qu'à s'attirer ainsi l'aversion générale.

C'est alors que l'Évangile, être mystérieux, descendit du Ciel et apparut dans le monde grâce au fils du grand Archonte qui, initié à la sagesse suprême, apprit ainsi qu'il n'était pas le roi du Tout.

La Lumière brilla sur les fils des deux archontes, puis sur Jésus, le fils de Marie, qui put, grâce à eux, s'élever à son tour au Ciel. De son vivant cependant, Jésus avait souffert dans sa chair au moment de sa passion, mais Dieu l'assista alors sous les traits de Simon Krînaios (que l'on confondra avec Simon de Cyrène) et recueillit son âme au moment où il mourut. C'est la partie psychique de l’être de Jésus qui ressuscita et qui rejoignit au firmament le grand Archonte.

Basilide croyait aussi à la migration des âmes, tout en considérant que les hommes sont responsables de leurs mauvaises actions, même si celles-ci sont la conséquence de vies antérieures.

Mais, pour Basilide, le grand mal, c'était le désordre cosmique. La grande restauration, qui aura lieu à la fin du monde et sera l'œuvre du fils de l'archonte Abraxas, consistera à remettre tout à sa vraie place. Alors, la souffrance disparaîtra et chacun deviendra immortel en une sorte de repos, très analogue au nirvâna hindouiste.

BATAIL.

Esclave du chef nergalien Pâpâ, de Babylone, Batail s'enfuit de chez celui-ci et alla se réfugier, d'abord chez des juifs, puis chez des manichéens. Il fonda alors la secte des kantéens, dont la doctrine est un syncrétisme d'hébraïsme, de zervanisme, de mandéisme et de manichéisme.

V. aussi: antéens.

Séverin BATFROI

Écrivain français contemporain. Dans son livre "Alchimie et Révélation chrétienne" (1976) il préconise notamment de ne pas négliger l'existence de "l'Ange déchu", ce grand créateur d'illusions.

BECHAVÉ.

Voir: Bechaï Ben Asher.

Hans BECKER.

Bégard allemand, qui fut brûlé avec ses livres à Mayence en 1458.

William BECKFORD (1760-1844).

Écrivain romantique anglais qui écrivit en français un roman noir, Vathek, lequel enthousiasmera Stéphane Mallarmé. Le personnage central de ce roman est censé être un petit-fils du calife de Bagdad Haroun al-Rachid, qui recourt à Eblis selon des procédés analogues à ceux de la Cabale pratique.

Hadj BECTASH et les Bectâshine.

Au XIIIe siècle, le Hadj Bectash fonda une secte de derviches qui portera le nom de son fondateur. Cette secte syncrétisait des traditions de l'Arabie, de l'Anatolie et du Turkestan. Les bectâshine croyaient notamment à la transmigration des âmes et ils connaissaient une sorte d'eucharistie. Leurs femmes n'étaient pas voilées et elles pouvaient participer, même activement, aux cérémonies rituelles. S'étant alliés aux janissaires, les bectâshine disparaîtront avec eux dans la répression de 1826.

Bégards.

Ordre religieux chrétien fondé à Louvain, en Brabant, vers 1220, mais qui établira son couvent principal à Zepperen, alors situé dans le comté de Looz, dépendance de la principauté ecclésiastique de Liège. Sa règle était assez fortement imprégnée de manichéisme et de catharisme, un de ses fondements étant la croyance en la lutte sans merci que se livrent le Prince de Lumière, qui est le Bien, et le Prince des Ténèbres, qui est le Mal. Pour les bégards d'ailleurs, Dieu n'est pas hors du monde, car il en est l'Âme. Ils subirent nombre de persécutions, qui aboutiront en 1310 à leur condamnation par le concile de Mayence et à l'interdiction de leur Ordre par le pape en 1311. Ils se dispersèrent alors, quelques uns se faisant admettre chez les franciscains ou les dominicains, tandis que d'autres fondaient la secte des "frères du Libre Esprit ".

V. aussi: Ruusbrouc.

Jean BELOT.

Prêtre catholique français du XVIIe siècle. Astrologue et chiromancien, il faisait intervenir dans ce dernier art des diables.

BEN ADRET.

Voir: Adret.

Elie BENAMOZEG (1823-1900).

Cabaliste italien d'origine marocaine, qui fut rabbin à Livourne. Il a écrit d'assez nombreux ouvrages, parmi lesquels sont remarquables surtout son "Histoire des Esséniens" (1865), "Morale juive et morale chrétienne" (1867), où il soutient que ces deux morales ne sont pas dissemblables, et "Israël et l'humanité", oeuvre posthume écrite en français, qui est une apologie du judaïsme. Benamozegh estimait que la Torah, la Loi juive, ne peut être bien comprise qu'à la lumière de la Cabala, de la Tradition. Témoignant d'une grande largeur de vues, il affirmait aussi que, bien que le judaïsme soit le prototype de la religion véritable, tout homme qui professe le monothéisme et qui se conforme à la morale naturelle des "lois de Noé" est, en fait, un adepte de la religion universelle.

Béchaï (ou Bachya) BEN ASHER (1260-1340).

Rabbin cabbaliste de Zaragosse, dit aussi BÉCHAVÉ ou RABBÉNOU, auteur du Rabbénou Bachya Al ha-Torah.

Iaacov BEN ASHER (1270-1360).

Cabalien allemand, dit aussi le Baal Hatourim, qui s'établit à Tolède, où il mourut. Il a écrit des commentaires du Deutéronome et du Talmud.

Chaïm BEN ATTAR.

Cabaliste et astrologue originaire du Maroc, qui s'établit à Jérusalem au début du XXe siècle. Il est l'auteur du Shaar ha-Mattsera (la Porte de la Geôle).

Bénédictins.

La plus ancienne confrérie de moines réguliers chrétiens a été fondée au VIe siècle par Benoît, dit de Nurcie parce que natif de Norcia, en Ombrie. Sa règle servira de modèle, en fait, à presque tous les Ordres monastiques qui seront fondés dans la suite. En Gaule et dans les Iles Britanniques toutefois, les règles particulières aux monastères bénédictins qui y seront fondés seront souvent combinées avec certaines coutumes druidiques ou, en Irlande, avec la règle dite de saint Colomban. Dans toutes les communautés bénédictines, tous les biens des moines sont mis en commun et il règne entre eux une stricte égalité, le supérieur, appelé abbé, étant censé n'exercer sur les autres le pouvoir et l'autorité qu'à la façon d'un père sur ! ses enfants. Chacun des moines est chargé d'un travail bien déterminé, intellectuel ou manuel, les plus fréquents étant la culture de la terre et la copie de manuscrits. Aussi est-ce en grande partie aux bénédictins que l'on doit la conservation de nombreux textes religieux ou littéraires de l'Antiquité et du Moyen Age. En Gaule, l'Ordre des bénédictins se scindera, au XlIle siècle, en "moines noirs", ceux de Cluny, et "moines blancs", ceux de Cîteaux, d'où le nom de cisterciens donné aussi à ces derniers, dont la règle particulière est plus ascétique que celle des premiers.

V. aussi: Benoît de Nurcie.

Israël BEN ELIÉZER.

Voir: Baal Shem Thov.

Moshé BEN EZRA (1070-1140).

Philosophe, linguiste et poète juif, né à Grenade, Moshé Ibn Iachcoub, dit Ben Ezra, écrivit en arabe un traité de rhétorique et de poésie, ainsi que des poèmes, tant profanes que religieux.

Abraham BEN MAIMON (XIIIe s.)

fils de MaImonide. Pratiqua une sorte de soufisme juif.

Salomon BEN MASSOUD

Poète cabaliste marocain du XIIe siècle. Il composa en un dialecte arabe parlé par les juifs du Maroc un remarquable poème en l'honneur de Siméon Bar Iochaï.

BENOÎT de Nurcie (480-547)

Fondateur de l'Ordre monastique des Bénédictins, qui édifia en 529 la célèbre abbaye du Mont Cassin (Monte Cassino), d'où Benoît enverra des missionnaires créer, des monastères analogues en Italie, en Allemagne, en Gaule et dans les Iles britanniques. Une de ses devises était Fides Quaerens intellectum (une foi qui cherche à comprendre), ce qui s'oppose au Credo quia absurdum d'Augustin. Après la mort de Benoît de Nurcie, le Mont Cassin sera ravagé par les invasions germaniques. Vers 675, des moines gallo-romains transporteront ses restes à Fleury-sur-Loire, dans l'Orléanais, qui porte depuis lors le nom de Saint-Benoît-sur-Loire.

Jacob BERAB ( + 1541 ) .

Si le cabalisme put survivre et même encore prospérer, malgré tout, après la terrible épreuve que fut l'expulsion d'Espagne des juifs et des musulmans à la fin du XVe siècle, puis de la plupart des autres pays d'Europe dans la suite, cela est dû en grande partie à l'action de Jacob Bérab, ce juif espagnol mystique qui se réfugia d'abord à Tlemcen, fut quelque temps rabbin à Fez et aboutit finalement à Safed, en Galilée, où il fonda une communauté juive importante. Il voulut d'abord rétablir en Terre Sainte le Sanhédrin en vue de préparer la venue du Messie, qu'il croyait proche. Mais il se heurta sur ce point à Lévy ben Habib, le grand rabbin de Jérusalem, qui soutenait que le Sanhédrin ne devait être reconstitué qu'après la venue du Messie, non avant. Bérab se mit alors à! l'étude approfondie de la Cabale et il fera de Safed le centre cabalistes le plus important de l'époque, importance qui n'a diminué qu'à peine depuis la création de l'Etat d'Israël, bien que celle-ci ait favorisé l'apparition d'autres centres d'étude cabalistes, notamment à Jérusalem.

Thomas BÉRARD (ou Béraud) ( + 1273) .

Grand-maître de l'Ordre du Temple de 1256 à 1273. Ayant, en 1272, été fait prisonnier à Safed, en Galilée, il sera accusé d'être celui qui avait instauré dans l'Ordre le rite du crachat sur un crucifix lors de la réception d'un nouveau frère: il aurait promis à ses geôliers d'instaurer ce rite pour obtenir en contre-partie sa libération. Pareille accusation sera portée aussi contre Gérard de Riderfort et contre Roncelin de Fos, mais elle ne paraît pas fondée en ce qui concerne les deux premiers.

Charles BERBIGUIER (1765-1836).

En 1821, Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym publia un ouvrage de magie et de démonologie, "Les Farfadets", qui lui attira de violentes hostilités, au point qu'il tentera, dans les dernières années de sa vie, de racheter tous les exemplaires qu'il pourrait retrouver de son oeuvre, pour les détruire.

Nicolas BERDIAIEV (Kiev 1876- Clamart 1948).

Philosophe chrétien orthodoxe russe, Berdiaiev adopta cependant la tripartition gnostique classique de l'homme en corps, Âme et Esprit.

BERNARD de Clairvaux (1091-1153).

De famille noble, Bernard de Troisfontaines se fit admettre en 1112 à l'abbaye de Cîteaux, puis il fut placé, dès 1115, à la tête du monastère de Clairvaux, sur l'Aube. Il réorganisera la règle des cisterciens sur la base d'une plus grande humilité et d'un recours fréquent à la prière, ce qui les différenciera d’avantage encore des clunisiens.

En 1128, Bernard de Clairvaux fut désigné comme secrétaire général du concile de Troyes et, en cette qualité, il fera reconnaître officiellement par l'Église, l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Jérusalem et du Saint Sépulcre, dont il rédigera lui-même les statuts. L'un de ses disciples, Bernardo di Montemagno, étant devenu pape sous le nom d'Eugène III, Bernard prêchera la 3e croisade à Vézelay en 1146. Il s'efforcera toujours cependant de rendre la guerre moins barbare, s'élevant notamment contre les massacres de juifs auxquels donnaient trop souvent lieu les croisades, et il approuvera l'Ordre du Temple, dont il avait pourtant rédigé la règle, d'avoir supprimé de celle-ci l'interdiction de tous rapports avec les excommuniés et avec les mécréants.

Selon certains auteurs, Bernard de Clairvaux aurait d'ailleurs été le premier "maître secret" de l'Ordre du Temple et c'est Thierry d'Alsace qui lui aurait succédé en cette qualité. Il s'informera aussi des doctrines islamiques et il lira avec attention le "Dialogue" d'Abailard, où sont mis en scène un chrétien, un juif et un philosophe païen. Car, tout en étant convaincu de la précellence de la religion chrétienne, Bernard n'en considérait pas moins comme des frères tous les hommes, en particulier les monothéistes, dont il reconnaissait qu'ils n'adorent tous qu'un seul et même Dieu, fût-ce sous des noms différents. Par son action, tant patente qu'occulte, Bernard de Clairvaux constitue ainsi un jalon important dans l'évolution de la pensée chrétienne gnostique et des tentatives de rapprochement entre l! es diverses confessions monothéistes.

V. aussi: Bénédictins, Templiers.

Christian BERNARO

Fils de Raymond Bernard, légat suprême de l'A.M.O.R.C. pour les pays de langue française, Christian a succédé à son père en cette qualité en 1977. Il est lui-même devenu imperator de cet Ordre en 1992, succédant à Gary Stewart.

V.aussi: A.M.0.R.C., Spencer Lewis, G. Stewart.

Giovanni BERNARDONE.

Voir: François d'Assise.

BERTHOLD.

Moine templier allemand qui fonda en Syrie en 1158 l'Ordre des Carmes.

V. aussi: Carmes.

BEROALDE de VERVILLE.

Voir: François Brouard.

BEROSE (-350-261 ).

Prêtre babylonien de Mardouk, historien et astrologue. Il écrivit notamment un ouvrage en trois livres au sujet de la religion des mages, mais on n'en connaît que quelques extraits, reproduits dans « l’Histoire ancienne des Juifs" de Josèphe et dans l"'Histoire de l'Église" d'Eusèbe de Césarée. Bérose se rendit aussi en Egypte à l'époque d'Antiochos sôter, et c'est par lui que l'astrologie fut introduite en Grèce.

Annie BESANT (Londres 1847- Bombay 1933).

Annie Wood, épouse Besant, devint présidente générale de la Société théosophique en 1907, succédant à Henry S. Olcott. Quand Charles Leadbeater en devint le secrétaire général, il sera aussi son principal collaborateur. Annie Besant jouera également un rôle important dans la création de l'obédience maçonnique mixte du "Droit Humain" et elle ne cessera de lutter pour l'égalité de droit des femmes avec les hommes. Elle se prononcera de même en faveur de l'indépendance des Indes.

Pour elle, la Terre est le théâtre d'une lutte perpétuelle entre l'Esprit et la Matière, lutte qui doit nécessairement aboutir au triomphe du premier. Le Christ, qui est le Maître des maîtres, s'est incarné en l'homme Jésus au moment de son baptême par Jean, mais Jean et Jésus n'ont vécu qu'environ cent à soixante ans avant l'ère chrétienne officielle, avant l'occupation en tout cas de la Judée par les romains, et les dates figurant dans les Évangiles sont, soutient Annie Besant, erronées. Les romains n'ont donc, en réalité, pris aucune part au supplice du Jésus historique. Mais auparavant, le Christ s'était incarné déjà en d'autres hommes éminents, tels que Krishna et le Bouddha. Au cours d'un séjour en Inde, Annie Besant remarqua Giddhou Krisnamurti, qui était le huitième enfant d'une famille de onze. Elle crut voir en lui une nouvelle réincarnation du Christ, après le Bouddha et Jésus, et elle l'emmena en Europe, où elle le fit vénérer comme tel, ce qui provoqua des dissensions au sein de la Société théosophique. Mais, en 1928, Krisnamurti lui-même refusera de continuer à jouer le rôle qu'on entendait lui faire tenir. Il rompit avec la Société théosophique et entama alors sa propre carrière philosophique.

V. aussi: Krishnamurti, Société théosophique, Steiner.

Iéhouda BIBAS (Gibraltar 1782- Hébron 1850).

Rabbin de Corfou, Bibas fut un précurseur du sionisme.

Shaoul BEUMAN (Varsovie 1937- Jérusalem 1977)

Cabaliste juif qui, dans son Sepher Maftchio Chokmat ha-Emet, a explicité la notion de tsim-tsoum.

BIBLIOGRAPHIE complémentaire.

Une bibliographie complète du sujet de ce dictionnaire est impossible à établir, tant sont nombreuses les oeuvres en toutes langues qui abordent, intégralement ou partiellement, ces matières. On trouvera en fin de volume l'énumération des principaux ouvrages où nous avons puisé notre information. Voici en outre quelques titres d'études générales, écrites en langue française, que nous n'avons pas eues entre les mains, mais qui sont réputées traiter correctement, eux aussi, la Gnose.

Eugène de FAVE, Gnostiques et gnosticisme (Leroux, Paris, 1913; réédité par Gonthier en 1925.

Barthélemy d'HERBELOT de MOLAINVILLE, Bibliothèque orientale (Galland, 1697).

Maurice MAETERLINCK, Le Grand Secret ( 1921).

Hervé MASSON, La Gnose une et multiple (1982).

Jacques MATTER, Histoire critique du gnosticisme (Levrault, 1828).

René NELLI, Dictionnaire des hérésies médiévales et des mouvements hétérodoxes ou indépendants apparus dans le midi de la France depuis l'établissement du Christianisme (Privat, Toulouse, 1968).

Simone PÉTREMENT, Le dualisme chez Platon, les gnostiques et les manichéens (P.U.F. 1947). Le Dieu séparé (Cerf, 1982).

Henri-Charles PUECH, En quête de la Gnose, 2 vol. (Gallimard, 1972 et 1978).

Hervé ROUSSEAU, Le Dieu du Mal (P.U.F., Paris, 1963).

Michel TARDIEU et Jean DUBOIS, Introduction à la littérature gnostique (CNRS, Paris, 1986).

Auguste VIATTE, Les Sources occultes du Romantisme (Champion, Paris 1928; réédité en 1965).

Frida WION, Le Royaume inconnu: du Prêtre Jean à l'Empire de l'Agartha (Courrier du Livre, 1966). \

William BLAKE (1757-1827).

Poète, philosophe, peintre, graveur et dessinateur anglais, qui illustra notamment des oeuvres de John Milton. Il est lui-même l'auteur de livres à prétentions prophétiques, parfois difficilement compréhensibles, mais souvent ornées de superbes illustrations. Reprenant certaines des idées des chrétiens gnostiques des premiers siècles, Blake soutint que Jéhovah n'avait été qu'un démiurge, qui avait, d'une part, organisé le monde matériel et, d'autre part, enténébré l'esprit des hommes en vue de se les asservir, mais qui n'était pas le vrai Dieu. Ce dernier est pure Lumière, pour Blake, et il a envoyé Lucifer au secours des hommes pour leur procurer la Gnose, qui est la véritable Connaissance.

Madame BLAVATSKY (Iékatrinoslav 1831- Londres 1891).

Fondatrice en 1875, avec le colonel américain Henry Olcott, de la Société Théosophique, Helena Petrovna von Rotenstein, épouse Blavatsky, ne fut pas gnostique, mais seulement spirite et occultiste, quoi qu'en aient dit certains de ses détracteurs. La Société Théosophique n'en est pas moins à la base d'un mouvement de pensée important et beaucoup de penseurs gnostiques en feront partie.

B0ECE (Pavie 480- Rome 524).

Anicius Manlius Severinus Boetius, philosophe néo-platonicien. Joua aussi un rôle administratif important au service du roi goth Théodoric et intervint pour atténuer, tant les persécutions des ariens par l'empereur Justin que celles des chrétiens romains par Théodoric. Il a écrit, entre autres, cinq livres sur la musique, des Institutiones (vers 500) et De Consolatione Philosophiae (524). Dans ce dernier ouvrage, il tente de concilier le platonisme et l'aristotélisme.

Jakob B0EHME (1575-1624).

Écrivain mystique allemand qui fut l'un des premiers à écrire dans sa langue et non en latin. D'origine modeste, appelé aussi Behmen, il fut d'abord un simple cordonnier. Mais il se fit bientôt connaître par ses écrits et il exercera une profonde influence, non seulement sur ses contemporains, mais sur beaucoup d'autres penseurs, longtemps encore après lui. La théosophie de Boehme est évolutive, posant la volonté avant l'intelligence et l'Être parfait lui-même ayant été produit, selon lui, par le passage des formes inférieures de l'être à des formes de plus en plus épurées, pour arriver au "Feu central", qui est le père, premier principe, tandis que le deuxième principe est le Fils et que le troisième principe, l'Esprit, n'est autre en réalité que la Vie. La Volonté divine est d'ailleurs, pour Boehme, la Vierge éternelle, en laquelle sont présentes toutes les perfections à l'état d'idées, tandis que la sophia, la Sagesse divine, avait été l'épouse d'Adam avant la création d'Ève. Quant au mal, pour Jakob Boehme, c'est la colère de Dieu, "le Satan au sein même de Dieu", et il trouve son origine dans la rupture de l'équilibre entre la rigueur et la clémence, grâce auquel, selon aussi la Cabale, le monde matériel se maintient.

Les Bogomils.

Encore appelés "bougres" (déformation du mot "bulgares"), ces gnostiques apparaissent en Bulgarie au IXe siècle et ils se répandront dans tous les Balkans, principalement en Bosnie. Ils professaient que le père, le Dieu de bonté, a deux épouses, de chacune desquelles lui est né un fils: d'Akala, le Christ, qui est aussi le Logos, et d'Akaliba, Satanaël. Le Christ et Satanaël sont en lutte perpétuelle. Ce dernier, qui est aussi le Démiurge, s'est incarné une première fois en Moïse, puis en Judas, tandis qu le Christ est apparu sur Terre, d'abord sous la forme de l'ange Michel, puis sous celle de l'homme Jésus. Les bogomils (dont le nom est souvent orthographié aussi bogomiles) s'appuyaient principalement sur l'Évangile selon Jean et sur l'Apocalypse. Ils rejetaient, en revanche, tout l'Ancien Testament (sauf le livre de Job), Jean-Baptiste, le baptême d'eau, le culte de la Vierge et la croix du Calvaire. Ils enseignaient qu'il fallait renier celle-ci et même la haïr, puisqu'elle fut l'instrument du supplice du Fils de Dieu incarné. Ils avaient pris pour emblème la croix solaire, parce que c'est le Soleil qui propage la lumière et qui est la matérialisation du Logos divin dont Jésus fut le propagateur. La cosmologie des bogomiles était d'ailleurs héliocentrique comme celle des hermétistes. Ils avaient enfin comme sacrements un baptême "d'esprit" et un consolamentum analogue à celui des manichéens. Rome combattra vigoureusement cette "hérésie", contre laquelle elle lancera quatre croisades, et elle arriva finalement à l'anéantir presque totalement. Le bogomilisme s'était néanmoins répandu aussi dans le nord de l'Italie et dans le midi de la France, où il donna naissance aux patarins et aux albigeois.

V. aussi: Sathanaël.

Jules BOIS (Marseille 1871-Londres 1941).

Mieux connu comme dramaturge, cet écrivain français a aussi produit des ouvrages d'occultisme, où il traite surtout des mystères de l'au-delà. Il fréquenta d'ailleurs Mathers, Eliphas-Lévy, Claude Debussy, et fut membre du Prieuré de Sion, ainsi que de la branche française du Golden Dawn Brotherhood.

BONAVENTURE (Viterbe 1121- Lyon 1274).

Théologien franciscain, Giovanni di Fidanza fut le premier à énoncer la célèbre formule selon laquelle Dieu serait "une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part", formule que Pascal appliquera plus exactement, dans ses "Pensées", à l'univers matériel. Giovanni sera canonisé en 1402 sous le nom de saint Bonaventure et proclamé docteur de l'Église en 1587.

Borborites.

Secte égyptienne contre-gnostique du IIe siècle, issue semble-t-il des carpocratiens ou de disciples de Marcelline. Ils donnaient à la Grande Mère céleste le nom de Barbîlô. Leur nom à eux vient du grec borboros, qui signifie "boue" ou "fange", ce qui traduit probablement leur mépris du corps de chair matérielle dans lequel est emprisonné l'esprit. Aussi suffisait-il, pour les borborites, d'être arrivé mentalement au stade "pneumatique" (du grec pneûma, souffle ou esprit) pour être assuré du salut et, ce qu'il adviendrait de leur corps de boue n'ayant dès lors plus aucune importance, ils s'adonnaient notamment sans vergogne à toutes les lubricités. Ils sont ainsi à la fois des continuateurs de certains disciples de Ptolémée et les précurseurs des messaliens et des turlupins.

Jérôme B0SCH (1450-1516).

Célèbre peintre brabançon, qui fut aussi alchimiste et occultiste et dont les toiles représentent souvent des sujets traités conformément aux symboles de l'occultisme.

Sam B0THIVA

Hiéronyme de l'occultiste italien Accomani, auteur d'une Asia mysteriosa et fondateur de la secte rosicrucienne des Polaires.

V. aussi: Polaires.

Le Bouddhisme.

A l'origine, le bouddhisme, tel qu'il fut enseigné par Siddharta Gautama, dit le Bouddha (c'est à dire "l’Éveillé"), un sage hindou du VIe siècle avant notre ère, n'était pas autre chose qu'une philosophie morale; ce n'était pas une religion et il n'était certainement pas dualiste. Mais, après sa mort, l'enseignement du Bouddha sera associé par ses continuateurs à diverses superstitions populaires et cela finira même par donner naissance à un culte, dont les rites diffèrent d'ailleurs d'une contrée à l'autre. Le bouddhisme tibétain a même à sa tête une sorte de pape, le Dalaï-lama, dont la succession est assurée par un procédé basé sur la réincarnation. Il existe aussi des couvents de moines bouddhistes, dont une des règles principales est la continence sexuelle. Le bouddhisme japonais est appelé zen.

Henri BOUDET (1837-1915).

Curé de Rennes-les-Bains, dans l'Aude, membre du Prieuré de Sion et du Temple du Cromlech. Il fut probablement aussi en rapport avec Jules Doinel et, lorsque Béranger Saunière, curé de Rennes le Château la paroisse voisine, fera dans son église des découvertes étonnantes, l'abbé Boudet le secondera activement dans ses démarches.

Jacob ben Isaac BOU-IFERGANE.

Disciple de Mimoun EI-Baz et auteur lui-même du Mincha Cadesha, commentaires cabalistiques du "Pentateuque".

Joseph BOULLAN (1824-1893).

Ordonné prêtre en 1848 et ayant obtenu à Rome un doctorat en théologie en 1850, Joseph-Antoine Boullan s'intéressa beaucoup aux apparitions de la Vierge Marie qui avaient lieu à La Salette depuis 1846. Il s'y rendit personnellement en 1856 et y rencontra une religieuse belge, Adèle Charpentier, avec laquelle il fondera l' "Oeuvre de la Réparation", appréciée très diversement par le clergé catholique . Bien qu'ayant été l'objet d'un avis défavorable des théologiens de Rome, Boullan et Charpentier reçurent de l'évêque de Versailles l'autorisation d'ouvrir à Sèvres le couvent de Bethléem en avril 1859. Mais, des plaintes ayant été déposées contre eux, ils seront condamnés par le tribunal de Versailles et l'abbé Boullan sera suspendu. Après sa libération, il créa une revue, Les Annales de la Sainteté , qui fut à nouveau très diversement accueillie et finalement interdite par l'officiaI de Paris. Boullan rompra alors définitivement avec l'Église, tout en gardant cependant une dévotion particulière pour Melkitsédec. Mais il s'adonnera aussi à des pratiques de magie et il s'attaquera en outre à la franc-maçonnerie et à la Rose-Croix, ce qui entraînera cette fois sa condamnation par le tribunal de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix. Boullan parviendra cependant à intéresser à sa cause l'écrivain Joris-Karl Huysmans- qui le mettra en scène dans plusieurs de ses oeuvres sous le nom de docteur Johannès et Pierre Vintras, chez qui il se rendra à Lyon en 1875 et à qui il tentera de succéder à la tête de l'Ordre du Carmel, mais sans succès. Enfin, après diverses tribulations encore, Boullan mourra à Lyon, non sans avoir légué ses archives à J.K. Huysmans.

V. aussi: Huysmans, Vintras.

Robert BOYLE (1627-1691).

Alchimiste et hermétiste, qui devint nautonier du Prieuré de Sion en 1654.

Brahmaïsme.

Secte hindouiste née au XIXe siècle, qui entendit rénover le culte de Brahma en l'adaptant aux réalités contemporaines. Son fondateur, Râm Mohoun Roy interprétera notamment de façon très large le dogme hindouiste selon lequel Brahmân est le Dieu suprême immatériel et Brahma, sa manifestation dans le monde matériel. Il alla jusqu'à rejeter la lettre des Védas, pour proclamer une religion théiste ne s'appuyant sur aucune révélation.

Maurice BRAIVE

Né à Liège en 1905, officier télégraphiste dans la marine marchande, Maurice Braive est philosophe, astrologue, magiste et spirite. Ayant résidé en France, il devint en 1935 le secrétaire du Groupe indépendant, ainsi que le représentant du prince de Chérenzi-Lindt, le Maha Chohan, jusqu'en 1941, date à laquelle il dût rentrer en Belgique. Il y représentera à nouveau le Maha Chohan dans ce pays à partir de 1960, mais depuis la mort de Chérenzi-Lindt en 1969, Braive a perdu le contact avec l'Agartha. Il reste le correspondant en Europe de nombreuses associations ésotéristes et bouddhistes.

David BRAND-BERG (1918).

Pasteur méthodiste qui fonda en 1969 "Les Enfants de Dieu" et prit alors les hiéronymes de David Moïse ou Moïse David. Incitant les pauvres à se révolter contre les capitalistes et les juifs, Brand-Berg prédit que ceux-ci finiraient par s'entre-tuer dans une guerre atomique qui devait avoir lieu en 1993, trois ans après sa propre mort... On perd sa trace en 1986, ayant été vu pour la dernière fois à Zurich. Il se pourrait que David Brand-8erg se soit réfugié à Tripoli.

V. aussi: Enfants de Dieu.

Jean BRICAUD ( + 1934 ).

Disciple de Pierre Vintras et de Jules Doinel, Jean Bricaud succéda à Synésius en 1908 à la tête de l'Eglise gnostique universelle sous le nom de Joanny puis en 1918 à Charles Detré à la direction de l'Ordre martiniste. Il deviendra enfin grand maître du Rite de Memphis et Misraïm. Joanny Bricaud est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages, dont une étude sur "Les Illuminés d'Avignon" (1927).

Richard BROTHERS (1757-1824).

Illuminé anglais, qui fit d'abord carrière dans la marine pour s'adonner ensuite à la méditation et à la prophétie, prétendant notamment être un descendant de Jacques le Juste, frère de Jésus le Nazaréen. Ses théories relatives à la "lumière intérieure" ne sont pas sans analogie avec celles des quakers.

François BROUARD, dit Béroalde de Verville (Paris 1558- Tours1614)

Alchimiste, poète, philosophe et chroniqueur français, auteur notamment des "Appréhensions spirituelles, avec les recherches de la pierre philosophale" (1583) et du "Moyen de parvenir" (1610).

Guillaume BRUN, dit Le More ( + 1509 ).

Médecin, astrologue, magiste et alchimiste, qui fut capitoul de Toulouse et fit partie de la Cour des rois de France Louis XI et Charles VIII.

Giordano BRUNO (Nola 1548- Rome 1600).

Filippo Bruno, lorsqu'il entra chez les dominicains, y prit le nom de Fra Giordano. Il ne tarda pas à être assailli de doutes sur les fondements de sa foi, l'exégèse biblique et la philosophie aristotélicienne lui apparaissant comme incompatibles avec les dogmes chrétiens. Il finira par quitter son couvent pour mener une vie errante, à l'instar de la plupart des humanistes de son temps, et il aboutira finalement à Venise. Ses réflexions l'amèneront à considérer qu'Aristarque de Samos et Copernic avaient raison contre Aristote et Ptolémée, que c'étaient bien la Terre et les autres planètes qui tournent autour du Soleil et non celui-ci autour de la Terre. Mais il soutint aussi que l'univers était infini et qu'il pourrait y avoir d'autres planètes habitées que la Terre, la composition physico-chimique de celle-ci n'étant pas différente de celle des autres corps célestes. Giordano s'adonnera alors à l'astrologie et à la magie, et il écrira nombre d'opuscules, les uns en latin, les autres en italien, où il s'inspirait surtout de Pythagore, d'Avicébron et de Nicolas de Cues.

De ces écrits il ressort que, pour lui, Dieu n'est autre que l'Ame du monde, tandis que la matière est à la fois d'essence divine et l'unique substance des choses tangibles. Il soutint aussi que les hommes participent à la divinité quand ils recherchent les lois qui gouvernent l'univers sensible et qu'ils s'emploient à s'y conformer. Giordano Bruno n'était toutefois pas vraiment panthéiste, car il distinguait dans le Tout, comme Nicolas de Cues, l'infini négatif, qui est Dieu, et l'infini positif, qui est l'univers matériel, dans lequel chacune des parties qui le composent est finie. Cet univers est donc, comme Dieu, éternel: il n'y a pas réellement eu de création et le monde matériel n'aura pas non plus de fin. Ces idées furent jugées subversives et, en 1592, Bruno sera dénoncé au Saint-Office, arrêté et incarcéré pendant six ans à la prison des Plombs de Venise. Ensuite, il sera transféré à Rome, où il sera, en 1600, condamné à mort pour hérésie et rupture de ses vœux monastiques, puis brûlé vif sur le Campo Fiori, le Champ des Fleurs.

BRUNON (1030-1101).

Moine allemand, né à Cologne, qui fut écolâtre, puis Chancelier d’une Église de Reims. En 1084, il fondera l'Ordre des Chartreux en Savoie avec six autres religieux. Plus tard, il construira une autre abbaye de cet Ordre à La Torre, en Calabre, où il finira ses jours.

William Jennings BRYAN (New-Vork 1860- Dayton 1925).

Avocat et homme politique américain. Presbytérien, dualiste et anti-évolutionniste, il sera le conseil de ceux qui s'opposèrent, au cours d'un procès célèbre, dit "le procès du singe", aux partisans de l'évolution naturelle.

Martin BUBER (Vienne 1878- Jérusalem 1965).

Philosophe juif, descendant du Baal-Shem, Martin Buber fut professeur de science religieuse à Francfort de 1923 à 1933, puis émigra en Palestine, où il ensei gnera à l'Université hébraïque de Jérusalem. Dans ses oeuvres, " Mon chemin vers le hassidisme" (1918), "Le Je et le Tu" (1923), "La Royauté de Dieu" (1936), "La Foi des prophètes" (1950), "Moïse" (1952), etc., il a cherché notamment, bien que fidèle au courant non-intellectualiste du hassidisme contemporain, à concilier celui-ci, dans une certaine mesure, avec le christianisme.

Rudolf BULTMANN (Wiefelstadt 1884- Marbourg 1976).

Théologien protestant allemand, pour qui le péché essentiel de l'homme est son existence même, en ceci que nous nous serions, par elle, "séparés de Dieu". Bultmann est l'auteur d' un assez grand nombre d'ouvrages, principalement d'exégèse des écritures chrétiennes, dont il s'est efforcé de replacer les textes dans le cadre historique de l'époque où ils furent rédigés.

Edward-George BULWER-LYTTON (Londres 1803- Torquay 1873).

Successeur de William Wegscott en 1867 à la tête de la Societas Rosicruciana in Anglia, héritière de la Pansophie. Il avait été ministre des Colonies du Royaume-Uni en 1858-1859 et élevé à la pairie en 1866. Il eut des rapports suivis avec presque tous les occultistes importants de son époque et il participera assidûment à des séances de spiritisme lorsque celui-ci se répandra en Europe. Dans son ouvrage The Coming Race (1873), Sir Bulwer-Lytton évoque notamment un mystérieux peuple souterrain, qui pourrait être l'Agartha et qui manierait une redoutable source d'énergie cosmique, le vril, lequel serait un héritage de l'antique civilisation de Thulé.

V. aussi: Agartha, Jacolliot, Thulé, Vril.

Eva von BUTTLAR

Épouse du huguenot français de Vésias, professeur de danse. Fondatrice, à Eisenach, à la fin du XVlIe siècle, de la Société chrétienne et philadelphienne, Eva von Buttlar se fit honorer comme l'incarnation de la Sophie gnostique. Mais elle condamnait le mariage, préconisant au contraire la "communion charnelle libre".

George Gordon. Lord BYRON (Douvres 1788- Missolonghi 1824).

Célèbre poète romantique anglais.

Dans sa tragédie épique "Caïn" (1821), il développe des mythes inspirés du gnosticisme, mais c'est à Caïn que Lucifer dévoile la Gnose. Peut-être involontairement, les conclusions sont caïnites et contre-gnostiques.