DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule  -  sources

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N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre L

Jean LABADIE (1610-1674),

Shimeon LABI ( + vers 1580).

LABLATINIÈRE d'YGÉ

LACTANCE (240-320).

Magda LAETITIA

Charles LAGRANGE (1851-1932).

Shamsoddine Mohammed Ghilâni LAHIDJI (1465-1507).

LAMPECE.

Shlomo ben Abraham LANIACO.

Adolf-Joseph LANZ (Vienne 1874 – Lucerne 1954).

Jean-Marie LARMENIUS (+ 1324).

Sébastien LAS CASES

LATIF.

Christophe LAURET (1547 – 1615).

LAUTREAMONT (Montevideo 1846 – Paris 1870).

Jehanne de LAVAL.

Louis LAZAREL

Charles Webster LEADBEATER (1847-1934).

Jane LEAD-WARD (1623-1704).

Philéas LEBEGUE (1869-1958).

Lebouda.

Paul LE COUR (Blois 1871 – Vincennes 1954).

« Lectorium Rosicrucianum ».

Ann LEE

Yvon LELOUP.

Adriano LEMMI (1822-1906).

Lazare LENAIN

LEON l’HEBREU (Lisbonne 1470 – Padoue 1540).

LEONARDO da VINCI (Vinci 1452 – Cloux 1519).

Giacomo LEOPARDI (Recanati 1798 – Naples 1837).

Jeanne LEPINE (+ 1926).

Georges LEROY (1906-1960)

LE VAN TRUNG (+ 1934).

Emmanuel LEVINAS (+ 1906).

Elya LEVITA (Padoue 1468 – Isny 1549).

Bernard-Henry LEVY.

Henry Spencer LEWIS.

Libre Esprit.

Yves LIERRE

LILITA.

LILITH.

LINUS.

Robert Wentworth LITTEL (+ 1878).

Judah LOEW ben Bézaléel (Poznan 1525 – Prague 1609).

Lollards.

Guillaume de LORRIS.

Isaac LOURIA (Jérusalem 1534 – Safed 1572).

LUC.

LUCIEN.

Lucifer.

La « Lucifer Gesellschaft ».

Les Lucifériens.

Jean de LUGIO.

RaymondLULLE (1233 – 1315).

LUSSI.

Martin LUTHER (1483 – 1546).

Moshé-Chaïm LUZZATO (1707 – 1746).

LYSIS.

Jean LABADIE (1610-1674),

Après avoir été successivement jésuite, puis carme, puis calviniste, Labadie finira par fonder sa propre secte et il se proclamera Élie revenu sur Terre.

Shimeon LABI ( + vers 1580).

Cabaliste, médecin et astrologue juif espagnol, qui dut se réfugier successivement à Fez et à Tripoli. Il est l'auteur du Ketem Paz (La Couronne d'or), commentaire du Zohar qui ne sera publié à Livourne, en Italie, qu'en 1795. Pour Sh. Labi, c'est bien Shimeon Bar lochaï qui a été le premier rédacteur du Zohar.

LABLATINIÈRE d'YGÉ

Voir: Claude d'Ygé.

LACTANCE (240-320).

Lucius Caecilius Firminianus, dit. Lactantius, né en Afrique, se convertit au christianisme vers 300. Il défendra cette religion contre les philosophes palens dans De Opificio Dei (La Création divine), puis en exposera les principes dans ses Divinae Institutiones (Les Institutions divines). Il est aussi l'auteur d'un poème hermétiste sur le phénix. Il admettait toutefois qu'il n'y a pas d'école philosophique si extravagante qu'elle ne recèle quelque part de vérité. En 318, l'empereur Constantin confia à Lactance l'éducation de son fils ainé Crispus (qui mourra en 326).

Magda LAETITIA

Magiste luciférienne française contemporaine née en Algérie. Après avoir fréquenté de nombreux cercles ésotériques à Paris, à Marseille, à Venise et en Orient, entre autres des yézidis, elle a fondé près de Clermont-Ferrand l’Ordre du Serpent Vert. Pour Magda Laetitia, Lucifer est le Serpent qui a apporté aux hommes la Connaissance. Il est donc juste de lui rendre un culte. Dans celui qu’elle a institué à cet effet, les rites comprennent notamment des pratiques tantriques et des invocations à Lilith, Isis, Apophis, Kâli, Iblis, etc. Elle croit aussi à la réincarnation. Pour elle notamment, dans la Genèse, Melkitsédec n’est autre que Noé réincarné.

V. aussi : Melkitsédec.

Charles LAGRANGE (1851-1932).

Astronome belge, directeur de l’Observatoire d’Uccle. Historien des religions protestantes et auteur d’études bibliques, Lagrange a élaboré une théorie originale des cycles dans l’histoire.

Shamsoddine Mohammed Ghilâni LAHIDJI (1465-1507).

Philosophe soufi iranien qui commenta les œuvres d’autres soufis, notamment « La Roseraie du Mystère » de Mahmoud Shabestarî, développant surtout les notions de « lumière noire » et de « midi obscur », ainsi que la mystique de la lumière apporté selon lui par les grands prophètes, cette lumière étant d’une couleur différente pour chacun d’eux : grise pour Adam, bleue pour Noé, rouge pour Abraham, blanche pour Moïse, jaune pour David, noire brillante pour Jésus, vert émeraude pour Mahomet. Lâhidjî est aussi de ceux pour qui on ne connaît parfaitement quelque chose qu’à partir du moment où l’on devient soi-même cette chose.

LAMPECE.

Fondateur, au Vè siècle, de monastères messaliens en Cilicie et en Isaurie. Dans ces régions, les messaliens ont, pour ce motif, été appelés aussi « lampéciens ».

Shlomo ben Abraham LANIACO.

Cabaliste d’Alep, fut un des plus fervents partisans de Shabatial Tswi.

Adolf-Joseph LANZ (Vienne 1874 – Lucerne 1954).

Après avoir été novice dans un monastère cistercien et s’être intéressé notamment à Joachim de Flore, Lans se défroqua en 1898. Il s’adonnera dès lors à l’astrologie et à l’occultisme, se faisant appeler Jörg Lanz von Liebenfels. En 1900, il fonda l’Ordo Novi Templi, qui prétendra reprendre la filiation des Templiers, supprimée en France en 1838, et il publiera à Vienne, à partir de 1905, une revue, Ostara. La même année, il publia une curieuse « Théozoologie », où il soutenait notamment que les premiers hommes de la Genèse étaient en réalité des singes, de qui descendraient les nègres et les sémites, les « sombres », alors que les hommes blancs « clairs », seraient des descendants des « dieux » hyperboréens. Il préconisait en conséquence d’interdire tout mariage entre des « clairs » et des « sombres ».

Jean-Marie LARMENIUS (+ 1324).

Commandeur de Jérusalem de l’Ordre du Temple, la tradition veut que ce soit Larmenius qui ait succédé clandestinement en 1314 à Jacques de Molay comme grand maître de cet Ordre. Il aurait, avant sa mort, désigné lui-même pour lui succéder François-Thomas Théobald.

Sébastien LAS CASES

Successeur de Martinès de Pasqually à la tête de l’Ordre des Chevaliers Elus Cohens de l’Univers, qu’il dissoudra en 1781 pour le fusionner avec l’Eglise martiniste de Louis-Claude de Saint-Martin.

LATIF.

Voir : Saba.

Christophe LAURET (1547 – 1615).

Astrologue et cabaliste éminent.

LAUTREAMONT (Montevideo 1846 – Paris 1870).

Pseudonyme d’Isidore Ducasse, poète français « décadent ». Il distingue Dieu, qui est la beauté absolue, totalement étrangère au mal, et le Créateur, envers qui il exprime une haine féroce, lui reprochant notamment d’avoir « raté » son œuvre.

V. aussi : Lucifériens.

Jehanne de LAVAL.

Deuxième épouse du connétable Bertrand du Guesclin. Ses petits-fils Guy et André de Laval, et l’un de ses petits-neveux Gilles de Rais seconderont activement Jehanne la Pucelle dans ses exploits et cette dernière lui envoya un anneau d’or après la levée du siège d’Orléans en mai 1429.

Louis LAZAREL

Hermétiste du XVè siècle, Luigi Lazzarelli s’est souvent inspiré de la littérature ésotérique hébraïque.

Charles Webster LEADBEATER (1847-1934).

Philosophe anglais, qui fut d’abord pasteur anglican, puis évêque vieux-catholique, et qui fonda en 1916, avec J. Wedgwood, lui aussi évêque vieux-catholique, l’Eglise catholique libérale. Ayant adhéré à la Société théosophique, Leadbeater deviendra le principal collaborateur de la présidente internationale, Annie Besant. Il a écrit de très nombreux ouvrages relatifs au christianisme, où il expose ses vues particulières sur les dogmes de celui-ci, vues qui sont souvent de nature gnostique.

Jane LEAD-WARD (1623-1704).

Mystique anglaise qui ne se révéla que tardivement, n’ayant eu ses premières visions extatiques qu’en 1670, et ne s’étant décidée qu’après sa rencontre avec John Portage à les relater dans son « Journal ». Celui-ci, plein de merveilleux, de prophéties, d’illuminisme, raconte notamment que serait apparue à l’auteur la Sophia, qu’elle crut d’abord être la Vierge des gnostiques. On y trouve aussi l’espoir de la venue prochaine d’un « Réparateur » qui puisse donner à l’humanité l’occasion de racheter ses fautes incessantes.

Philéas LEBEGUE (1869-1958).

Ecrivain français, polygraphe et fécond. Il collabora notamment à l’Atlantis de Paul le Cour et à l’Amitié par le Livre de Camille Belliard.

Lebouda.

Nom de la sœur jumelle d’Abel, selon certaines traditions rabbiniques.

V. aussi : Caïn, Lilith.

Paul LE COUR (Blois 1871 – Vincennes 1954).

Occultiste français réputé, qui s’intéressa surtout aux questions relatives à l’Atlandide et qui créa d’ailleurs en 1927 la revue Atlantis, organe de la Société d’Etudes atlantéennes, fondée l’année précédente par lui et par l’écrivain Roger Dévigne. Le Cour est l’auteur notamment de « L’Ere du Verseau » (1937), « l’Evangile ésotérique de saint Jean » (1950), « Saint Paul et les Mystères chrétiens » (1953).

« Lectorium Rosicrucianum ».

Organisation rosicrucienne importante ayant son siège aux Pays-Bas, à Haarlem.

V. aussi : Gadal.

Ann LEE

Fille d’un forgeron quaker de Manchester, qui prétendit que le Christ lui était apparu. En 1774, elle débarqua à New-York avec huit autres membres de la secte des quakers et elle fonda à Mount Lebanon la communauté des shakers. Celle-ci entend rétablir les règles de vie des communautés chrétiennes et pré -chrétiennes primitives. L’égalité entre les membres, hommes et femmes, est absolue, mais les rapports sexuels sont prohibés. De même que Christ avait été le second Adam, selon les shakers, de même mère Ann Lee est la seconde Eve, venue spécialement en ce monde pour assurer le salut des femmes.

V. aussi : Shakers.

Yvon LELOUP.

Voir : Paul Sédir.

Adriano LEMMI (1822-1906).

Successeur d’Albert Pike comme grand maître de la franc-maçonnerie palladienne, Lemmi fera l’objet d’attaques outrancières de Léo Taxil, qui finit d’ailleurs par devoir reconnaître ses mensonges en 1897. Adriano Lemmi avait déclaré, quant à lui, vouloir « le désarmement pour la paix, la paix pour la justice maçonnique et la justice pour le bonheur maçonnique de l’humanité ».

Lazare LENAIN

Cabaliste français, auteur notamment de « La Science cabalistique » (1823).

LEON l’HEBREU (Lisbonne 1470 – Padoue 1540).

Pseudonyme de Juda Abravanel, fils d’Isaac Abravanel (ou Abarbanel). Réfugié avec son père à Venise, il écrira en un excellent italien des Dialoghi d’amore (1502), où il fait converser le philosophe juif platonicien Philon et Sophia, la Sagesse divine. Cet ouvrage connaîtra un grand succès et sera traduit en plusieurs langues, notamment en français par Pontus de Thiard, le maître de la Pléiade.
Pour Léon l’Hébreu, la cabala a été transmise oralement d’Adam à Seth, puis à Enosh et à Noé, à Shem et à Heber, l’ancêtre des hébreux, puis encore à Abraham et à ses descendants, pour être confirmée par Moïse.

LEONARDO da VINCI (Vinci 1452 – Cloux 1519).

Esprit universel, qui fut à la fois peintre, architecte, ingénieur, alchimiste, philosophe, etc… Il fut admis à l’Académie platonicienne de Florence, puis appelé en France par le roi François Ier. Léonard de Vinci est notamment l’auteur d’un « Traité de la Peinture » et de « Carnets » de tendances dualiste et johannite.

Giacomo LEOPARDI (Recanati 1798 – Naples 1837).

Poète italien d’inspiration luciférienne : pour lui, Ahrimane est à la fois Dieu et le Créateur.

Jeanne LEPINE (+ 1926).

Secrétaire du baron de Sarachaga, auquel elle succédera à la tête du Hiéron du Val d’or en Bourgogne.

Georges LEROY (1906-1960)

Ecrivain belge de langue française, astrologue et occultiste. Il fut, de 1945 à 1960, le représentant en Belgique du prince Cherenzi Lindt, le Maha Chohan, avec le titre de Khan.

LE VAN TRUNG (+ 1934).

« Pape » du caodaïsme de 1926 à sa mort .

Emmanuel LEVINAS (+ 1906).

Cabaliste français contemporain qui a tenté, dans ses commentaires de la Bible, du Talmud et de divers textes cabalistiques, de concilier la lettre de ces écrits et les réalités actuelles.

Elya LEVITA (Padoue 1468 – Isny 1549).

Cabaliste juif italien, Elia ben Asher ha-Levita, dut fuir Padoue en 1509, et il alla se réfugier d’abord à Rome chez le cardinal Gilles de Viterbe, puis en France à Isny en 1527 chez l’humaniste Paul Faye. Il est l’auteur notamment d’un Bahour (1518) et d’un Tisbi (1541). Pour Levita, le cabalien, c’est l’homme qui étudie les livres de la Cabale et y discerne les secrets qui ont été transmis oralement par les initiés depuis Moïse. Pour lui, une âme ne s’incarne jamais plus de trois fois. C’est ainsi que l’âme d’Adam s’est réincarnée en le roi David et qu’elle se réincarnera une dernière fois en le Messie.

Bernard-Henry LEVY.

Philosophe juif français contemporain, qui tente d’allier l’athéisme et l’hébraïsme, estimant toutefois que la matière est mauvaise en soi.

Henry Spencer LEWIS.

Voir : Spencer Lewis.

Libre Esprit.

Voir : Frères du Libre Esprit.

Yves LIERRE

Rosicrucien occultiste français contemporain, auteur notamment des « Secrets des Prêtres du Razès ».

LILITA.

Fille de Satan-Samaël et de Lilith, selon les cabaliens du Moyen-Age . Elle aurait épousé Asmodée et ils auraient eu un fils nommé Gouraihod.

V. aussi : Asmodée, Samaël, Satan.

LILITH.

Les traditions relatives à une première épouse qu’aurait eue Adam avant la création d’Eve sont assez diverses et souvent contradictoires. Selon l’une d’elles, une première femme, nommée Lilith selon les uns, une première Eve pour les autres, aurait été tirée, comme Adam, de la terre en même temps que les animaux destinés à peupler le Jardin d’Eden (Gen. II, 18-19), mais il s’avéra qu’elle ne convenait pas : c’est ainsi qu’il faudrait interpréter Gen II, 20, in fine. Dieu alors tira une autre femme d’un des côtés d’Adam et celle-ci fut agréée (Gen.,II, 23). Cependant, selon certains, c’est la première Eve qui aurait donné naissance à Caïn et Abel, ainsi qu’à des sœurs jumelles de ces derniers.. Pourtant, selon le texte de la Genèse, c’est bien après la faute d’Eve et d’Adam qu’ayant été chassés d’Eden, ils donnèrent naissance à leurs premiers enfants. Pour quelques gnostiques cependant, Caïn et Abel n’auraient pas été procréés par Adam, mais par le Serpent, que d’aucuns assimilent à Samaël ou à Ialdabaôth, voire à Jéhovah lui-même. Mais c’est bien de l’union d’Adam et d’Eve que seraient nés Seth, une fille nommée Azoura ou Nôréa, et leurs enfants suivants. Lilith néanmoins n’était pas morte. Adam aurait continué d’avoir des rapports avec elle, et aussi Caïn et Abel, car c’est la rivalité de ceux-ci, qui se seraient disputé les faveurs de Lilith (leur mère selon les uns, leur belle-mère ou, pour mieux dire, leur marâtre, selon les autres), qui aurait été la véritable cause du meurtre de Caïn sur Abel. Au Moyen-Age, lorsque certains ésotéristes juifs assimileront les Serpent à Satan et à Samaël, ils diront que Lilith avait, après avoir été la première femme d’Adam, été l’une des deux femmes qu’ils prétêrent à Samaël, l’autre étant Machalate, une fille d’Ismaël. De Samaël, Lilith aurait eu une fille, nommée Lilita, qui épousera le diable Asmodée, tandis que de Malachate il aurait eu une fille également, Agrate. Dans la littérature juive, Lilith reste en tout cas la démone qui hante la couche des hommes jeunes et qui provoque rêves érotiques et pollutions nocturnes.

V. aussi : Adam, Diable, Eve, Kâli, Lebouda, Lilita, Lucifer, Lussi, Machalate.

LINUS.

Deuxième épiscope nazaréen de Rome (« Saint Lin »), en charge de 67 à 76.

V. aussi : Kîpha.

Robert Wentworth LITTEL (+ 1878).

Fondateur en 1865, avec William Wegscott, de la Societas Rosicruciana in Anglia, qui entendit continuer la Pansophie. A Wegscott succédèrent, dès 1867, Edward Bulwer-Lytton, puis en 1873 Samuel Liddle Mathers.

Judah LOEW ben Bézaléel (Poznan 1525 – Prague 1609).

Talmudiste, cabaliste, philosophe et mathématicien, dit aussi Iehudah Loeb, Maharal ou Morenon ha-Rav Loeb, il passe pour être de ceux qui réussirent à créer un golem. Ami de Tycho Brahé, il est l’auteur d’un Derek Chaïl posthume, où il reprend notamment à Philon d’Alexandrie et aux simoniens la notion d’estôs, soutenant que Dieu à créé l’homme, seul être vivant à se tenir debout, pour qu’il puisse regarder vers les hauteurs et sache ainsi que « le Saint, béni soit-il », demeure aux cieux.

Lollards.

Sorte de branche britannique du catharisme qui semble avoir eu pour précurseurs quelques cathares français, qu’on appela « publicains », passés en Angleterre au XIIIè siècle. Se dénommant elle-même «l’Ordre des Bons Hommes», elle exaltait la pauvreté. C’est en son sein que naîtra, au XIVè siècle, l’hérésie de John Wicleff (ou Wycliff).

Guillaume de LORRIS.

Poète français du XIIIè siècle, auteur du début du « Roman de la Rose », lequel sera continué par Jehan Clopinel, dit de Meung.

Isaac LOURIA (Jérusalem 1534 – Safed 1572).

Disciple de Moïse Cordovero, joua un rôle très important au sein de l’école cabalistique de Safed, mais son enseignement, uniquement oral, ne sera diffusé qu’après sa mort par ses disciples, principalement par Chaïm Vital et Joseph Ibn Taboul. Louria fut un mystique, qui avait des visions et des extases comparables à celles de François d’Assise dans le christianisme. Mais il a surtout perfectionné la thème du « tsimsoum », du « retrait » de Dieu sur lui-même pour faire place au monde matériel. A ce moment, la lumière divine aurait provoqué, selon Louria, la shevirate ha-kélîm (bris des urnes) et c’est des débris de ces urnes éclatées que seraient issus les astres constituant les galaxies. Isaac Louria croyait aussi à la réincarnation, laquelle permettrait à chaque âme de se perfectionner d’une vie à l’autre, par le vertu du ticoune, du « rachat ».

LUBICZ-MILOSZ.

Voir : Milosz.

LUC.

Disciple de l’apôtre Paul, qui l’avait rencontré à Troas et qu’il accompagnera dès lors dans tous ses voyages jusqu’à sa mort. Après celle-ci, Luc mit par écrit l’Evangile qu’avait prêché son maître, ainsi qu’un récit des voyages de ce dernier, et il rassembla des copies de plusieurs de ses épîtres. Luc eu pour adversaire à Rome, Clément, un disciple de Symeon Pierre qui deviendra le quatrième épiscope de cette ville et qui écrivit après la mort de Néron une épître aux corinthiens.

V. aussi : Clément de Rome.

LUCIEN.

Disciple de Marcion et son successeur. Appelé aussi Lucanus, on ne sait de lui que peu de chose, sinon qu’il aurait été résolument adversaire du mariage, considérant celui-ci comme une institution du mauvais Démiurge.

Lucifer.

Nom latin d’Azazel, le Shatane hébreu, l’Adversaire de Jéhovah. Il est souvent évoqué sous ce nom par diverses sectes contre-gnostiques, appelées pour ce motif « lucifériennes ». Rudolf Steiner, au contraire, a donné le nom de Lucifer à l’Ormazd du manichéisme.

V. aussi : Angélologie, Azazel, Satan, Steiner.

La « Lucifer Gesellschaft ».

Ensemble de sectes lucifériennes contemporaines, dont le centre se trouve à Cologne, tout en ayant des ramifications en Belgique, en France, en Grande-Bretagne et dans d’autres paye. Ses rites font l’objet de « messes rouges », moins démoniaques que celles de la contre-gnose satanique.

Les Lucifériens.

Secte contre – gnostique du Moyen-Age, qui est à l’origine des « messes noires » des siècles suivants. Héritiers à des titres divers des caïnites, des barbélites, des bogomiles, peut-être aussi en partie des Templiers initiés, chez les lucifériens, l’initiation commençait par une abjuration de la foi et des dogmes chrétiens si le postulant avait été baptisé. Pour eux, Dieu, l’Etre parfait, a engendré deux fils : Christ et Lucifer. Ce dernier a créé le monde matériel, que Dieu a ensuite donné aux hommes. Lucifer a apporté à ceux-ci la savoir, ce pourquoi il a été puni par Dieu : il porte depuis lors aussi le nom de Satan. Christ a voulu délivrer l’humanité du mal, mais il a échoué dans cette tâche : on ne lui doit donc aucune reconnaissance. Il faut, au contraire, rendre un culte à Satan-Lucifer, qui, en apportant aux hommes la science, a réussi au moins à atténuer leurs maux. S’opposant donc à la religion officielle des Etats européens, les lucifériens reprendront certains de leurs procédés aux mages orientaux, ainsi qu’aux druides et aux enchanteurs des diverses religions occidentales primitives. Leurs rites prévoyaient notamment des danses sacrées, collectives ou par couples, qui avaient souvent lieu le samedi, d’où le nom de « sabbats » qui leur sera donné. Ils célébraient aussi une « messe » parodique, où tout se faisait « à rebours » de la messe catholique. Le clergé chrétien tentera d’abord de « récupérer » ce culte en organisant notamment, le 1er janvier de chaque année, fête de la Circoncision, le « Carnaval des Fous », où tout se déroulait de même « au rebours » des cérémonies officielles. Mais n’arrivant pas à modérer les excès auxquels donnera lieu cette fête, il la fera supprimer en France par la Pragmatique Sanction de Bourges en 1438. Puis il persécutera les lucifériens sous l’appellation de « sorciers ».

Jean de LUGIO.

D’abord moine cistercien, né à Bayonne vers 1180, Jean de Lugio se convertit au catharisme et devint évêque de Desenzano, en Lombardie, de cette secte. Théoricien du catharisme, sa doctrine, fortement imprégnée d’origénisme, a été exposée par ses disciples dans le Liber de duo Pricipiis.

RaymondLULLE (1233 – 1315).

Franciscain du tiers-ordre, disciple de saint Bonaventure, cabaliste, alchimiste, astrologue et médecin, Ramon Amat Llul est aussi appelé « le Docteur illuminé ». Il voyagea beaucoup et il collabora quelque temps avec Arnaud de Villeneuve, qu’il avait rencontré à Marseille en 1303. Il souhaitait convertir au christianisme les juifs et les musulmans arabes, et fusionner tous les ordres de chevalerie existants en un seul en vue de combattre les turcs en une nouvelle croisade. Aussi, Raymond Lulle suivit-il de près les procès des Templiers en France. Il se trouva notamment à Paris en 1311 en même temps que Dante Alighieri. Il se rendra ensuite en Afrique, mais il se fera lapider à Bougie et il mourra de ses blessures sur le navire qui le ramenait à Majorque. Du point de vue métaphysique, Lulle distinguait deux cieux : l’empyrée et le firmament, celui-ci étant fait d’une « quinte essence » : l’éther, s’ajoutant aux quatre éléments de la physique traditionnelle. C’est ce firmament qui, selon lui, est le moteur de tous les mouvements de la matière, notamment de ceux des planètes. C’est Lulle aussi qui, pour la première fois, dit de Dieu qu’il était le Grand Architecte de l’Univers.

LUSSI.

L’équivalente scandinave de Lilith. Elle serait une fille de Caïn qui s’unit à son père et donna naissance ainsi aux trolls.

Martin LUTHER (1483 – 1546).

Fondateur du protestantisme évangélique. Il croyait à la réalité du Diable, qui lui serait même apparu plusieurs fois en personne. Dans le Nouveau Testament, Luther privilégiait l’Evangile selon Jean et les Epîtres de Paul. Peut-être adepte de la Rose – Croix, il mettait la foi et l’amour au dessus de la raison.

Moshé-Chaïm LUZZATO (1707 – 1746).

Cabaliste, dit aussi Ramchal, qui est l’auteur de Pitchéi Chokma.

LYSIS.

Disciple de Pythagore, Lysis, qui fut aussi poète, passe pour être l’auteur des célèbres « Vers dorés ». A la suite des troubles de Crotone qui obligèrent Pythagore à transférer son école philosophique à Métaponte, Lysis se réfugia, quant à lui, à Thèbes, où il fonda sa propre école.