DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule  -  sources

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M 

N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre C

Cabale des Dévots.

La Cabale.

Cabalistes et cabaliens

CADMUS ou Kadmos

Cagots

CAÏN.

Les Caïnites

Calendrier révolutionnaire

Dom Augustin CALMET (1672-1757).

Tommaso CAMPANELLI (Stile 1568 - Paris 163?)

Les Cananéens

Eugène CANSELIET

Caodaïsme

Le Caraïsme

Jérôme CARDAN (Pavie 1501 - Rome 1576).

Abraham CARDOZO ( + 1706 )

Les Carmates

Les Carmes

Joseph CARD (1488-1575).

CARPOCRATE

Lodovico CARET

Cartes

Guy CASARIL

Jean CASSIEN (En Oacie, vers 356 - Marseille 435).

Les Cathares

CATHERINE de Sienne (Sienne 1347 - Rome 1380).

Angelo CATO

Palma COVET ( ± 1605 )

Daoud CAYSARI ( + 1350 )

CAZI Saïd Coumi

Jacques COZOTTE (1710-1792).

CELLARIUS (1499-1564).

CÉLINE (Courbevoie 1894 - Meudon 1961).

Celtes

CEPHAS.

CERDON

CÉRINTHE

Cévisme

Ceylan

CHAM de Vologuine (174-1821).

Chaldée

CHAMS i Tabriz

Lucien CHAMUEL

Les Charidjites ou Kharédjites

Channan

Chantelouve

CHARLES II de Navarre (Evreux 1332 - Pampelune 1387).

CHARLES VI de Valois (1368-1422).

Geoffroy de CHARNAY

Geoffrey de CHARNY

Jean CHARON

Chartreux

Chassidim.

Geoffrey CHAUCER (1340-1400).

CHERADAME

Prince Omar de CHERENZI-LINDT (1902-1969).

Chérubins.

Les Chevaliers de Malte

Constant CHEVILLON (1880-1944).

Chiites ou Shiltes.

Gervais CHRESTIEN

Christ

Raymond CHRISTOFLOUR

CHRIST-Roi

Cinquante

Emile CIORAN

Circoncellions

Cîteaux

CLAIRE d'Assise (1194-1253).

CLEMENCE ISAURE

CLEMENT d'Alexandrie (vers 150 - 211).

CLEMENT de Rome (30-97).

CLEMENT le Romain

Jehan CLOPINEL

Cluny

Jean COCTEAU (1890-1963).

Jacques COEUR (Bourges 1395 - Chio 1456).

Les Colidées

Christophe COLOMB (Pontevedra 1447 - Valladolid 1506).

Francesco COLONNA (1432-1527).

C0LORBAZ (ou Colarbaze).

Francesco COLUMNA

Pietro COLUMNA

COMENIUS (Comnia 1592 - Naarden 1670).

La Compagnie du Saint Sacrement de l'Autel

Les Compagnons du Devoir.

Arthur CONAN DOYLE (1859-193O).

Consolamentum

Alphonse-Louis CONSTANT

CONSTANTIN

CONSTANTIN le Grand (285-337).

Contre-gnose

Henry CORBIN

CORDUVERO (1522-1570).

COTB0DDINE Shirâzî (1237-131).

Berthe COURRIERE

Création

Cromlech

Aleister CR0WLEY (1875-1947).

Ralph CUDWORTH (Allen 1617 - Cambridge 1688).

Culdées

Le Culte mazdéen

Cybèle

CYRILLE de Jérusalem (315-386).

Cabale des Dévots.

Voir: Compagnie du Saint Sacrement.

La Cabale.

La principale des formes du gnosticisme juif. On orthographie souvent Kabbale, mais cette orthographe est à rejeter en français, car elle n'est qu'un calque de l'allemand Kabbala et l'initiale du mot hébreu Cabala est un côf, non un kaf.

La secte juive des esséniens, qui était gnostique, fut dépositaire de la Cabala (c'est-à-dire d'une certaine Tradition) après les prophètes hébreux.

C'est à la fin du Ier siècle de notre ère, après l'anéantissement de la secte essénienne, que naquit le cabalisme, dont les premiers représentants éminents furent Aquiba ben Iossef et Siméon Bar Iochaï. Selon quelques cabalistes cependant, la Tradition hébraïque serait aussi vieille que le monde.

La première chose, en effet, que firent, selon la Genèse, les élohîm (qui sont, pour les cabaliens, Dieu lui-même), après avoir créé les Cieux et la Terre, ce fut de faire apparaître la Lumière, puis de séparer celle-ci de l'obscurité: cette dernière opération constituerait, selon eux, la toute première oeuvre cabalistique de l'histoire du monde. Toutes choses auraient été organisées à partir de là, en particulier la lettre iod, origine de tout l'alphabet. Car, à chaque lettre de l'alphabet hébreu correspond, pour les cabaliens, une puissance spirituelle ayant son répondant matériel sous la forme de forces cosmiques évoluant dans les trois mondes dont se compose le Tout:

Le monde terrestre (qui s'identifie, en fait, au monde sublunaire des pythagoriciens et des aristotéliciens), le monde astral et le monde spirituel - ce dernier étant le domaine de la Divinité, de l'Aïn (le Rien, le Non-Être), caché et non accessible à l'intelligence humaine, mais pouvant être perçu par elle grâce à dix autres puissances ou vertus: les sephirôt belima.

Cependant, lorsque Dieu créa le monde, il suscita en même temps, selon la Cabale, le "mauvais penchant", c'est à dire la propension à faire le mal, lequel ne peut être vaincu par les hommes que par l'étude de la Tora, de la Loi hébraïque.

Pour les cabaliens, tout ce qui existe peut ainsi s'expliquer à partir des 22 lettres de l'alphabet hébreu et des 10 sephirôt, qui forment ensemble les trente-deux voies de la sagesse divine.

Ces dix sephirôt belima sont: la couronne, la pensée, l'intelligence, la miséricorde (ou la grâce ou la beauté), le jugement, la clémence, le triomphe, la gloire et la fondation (ou la justice), réparties en trois triades, plus la royauté (malkout), qui renferme à elle seule toutes les qualités des neuf autres.

Ces séphirôt(ou "séphires"), qui évoluent continuellement d'un monde à l'autre, permettent ainsi à l'homme de connaître Dieu (qui est l'Aïn, le Rien) et le monde de l'En-Soi, le Sans-fin, l'Infini, lequel est le domaine de Dieu pensé par Dieu lui-même. Car il n'y a pas, pour la Cabale, cette séparation absolue entre l'esprit et la matière, affirmée par d'autres gnostiques, comme les valentiniens et les manichéens.

La Cabale est donc en tout cas antérieure à Morse.

On attribue souvent la paternité du Zohar, qui est le livre fondamental du cabalisme, à Siméon Bar Iochaï, déjà cité, auquel le prophète Élie serait apparu à plusieurs reprises, lui révélant les éléments fondamentaux de cette façon originale d'envisager les vérités de la Bible.

Il est cependant plus probable que ce pieux rabbin galiléen ait surtout compilé des traditions plus anciennes, dont on trouve des traces dans l'œuvre aussi de Philon d'Alexandrie, mort peu d'années auparavant et qui aurait bien connu les esséniens et les thérapeutes d'Égypte.

Ces traditions se maintinrent chez de nombreux juifs pieux pendant tout le reste de l'Antiquité et au Moyen Âge, et elles seront codifiées à nouveau, avec d'autres apports, par Morse de Léon au XIIIe siècle, influençant à leur tour des penseurs musulmans et même chrétiens, comme le célèbre alchimiste catalan Ramon Llul (Raymond Lulle), l'humaniste italien Pic de la Mirandole, l'allemand Johann Reuchlin, etc.

Actuellement encore, la Cabale reste très vivace chez de nombreux juifs, rabbins ou érudits, et même chez des penseurs non-juifs, voire incroyants.

Ajoutons qu'une partie importante de la Cabale est la cabala shimous site ou cabale "pratique", qui s'apparente à la magie.

v. aussi: Dieu, guématrie, sephirôt, Bar Iochaï, "Sepher Iétsira", "Sepher ha-Zohar".

Cabalistes et cabaliens

Le terme "cabalistes" englobe tous ceux qui s'intéressent activement à la Cabale à quel titre que ce soit. Pour éviter toute équivoque, il convient donc d'user d'un autre terme pour désigner ceux qui ont été initiés spécialement aux traditions ésotériques de la Cabale : nous les appelons "cabaliens".

Selon les préceptes de la Cabala ces derniers doivent nécessairement être juifs, être âgés d'au moins quarante ans et être ou avoir été mariés.

V. aussi: Reuchiin.

CADMUS ou Kadmos

Fils d'Agénor, roi de Phénicie, Kadmos aurait fondé Thèbes en Béotie, peut-être après avoir séjourné quelque temps à Samothrace. Il enseigna aux thébains l'écriture alphabétique et l'art d'exploiter les mines, de fondre les minerais et les métaux. Ayant épousé Harmonie, une fille d'Aphrodite, Cadmus en eut un fils, Polydore, qui est l'ancêtre d' Oedipe, et quatre filles: Sémélé, Ino, Antonoé et Agavé. Sémélé passe pour avoir été aimée par Zeus, dont lui naquit Dionysos, lequel eut pour nourrice Ino.

V. aussi: Oedipe, Orphisme, Phéniciens.

Cagots

Peuplade du Moyen Age, d'origine incertaine, mais dont quelques uns se disaient descendants des cathares. Ils affectaient une grande dévotion. Partis du sud de la France, ils essaimèrent en Auvergne, où ils furent appelés "marrons", en Val de Loire, où les dénomma "colliberts", en Bretagne, où ils reçurent le nom de "caqueux". Leur condition fut peu près celle des parias en Inde, des tziganes et des juifs un peu partout.

Par homophonie sans doute avec le mot "bigots", Rabelais appellera cagots dans ses oeuvres ceux qui affichent hypocritement une piété excessive.

CAÏN.

Fils aîné d'Adam et d'Ève, selon la Genèse laquelle raconte aussi qu'il tua son frère puîné Abel et fut, pour ce crime, maudit par Dieu et relégué au pays de Nôd. Selon certaines traditions ésotériques islamiques cependant, Caïn aurait été en réalité un fils d'Éblis et d'Ève, ce qui est assez analogue à ce qui est relaté dans "Le Livre secret de Jean" des séthiens, où le râle d'Éblis est rempli par le chef des archontes Ialdabaoth, lequel aurait d'Ève enfanté Caïn et Abel, tandis que Seth seul serait le fils d'Adam (ou Adamas) et d'Ève.

Selon d'autres traditions encore, Ève aurait mis au monde en même temps que Caïn une soeur jumelle Aclimia et en même temps qu'Abel également une autre fille Lébouda. C'est pour Aclimia que les deux frères se seraient disputés et que Caïn aurait tué Abel.

De même, selon une tradition rabbinique, Caïn et Abel se seraient querellés pour une de leurs soeurs, que le Livre des Jubilés nomme Awane. Ils en seraient venus aux mains dans un champ que Caïn cultivait et où Abel entendit faire paître son troupeau, ce que Caïn refusa; Abel lui fit remarquer qu'il devrait alors, lui, se déshabiller, puisqu'il portait un vtemehtfaitde:]a.1aioedeses'moutons- :sur-quoi Caïn se jeta, furieux, sur son frère et le tua.

Caïn épousa donc sa sœur Aclimia (ou Awane) et ils eurent pour fils Chanouq (ce qui est la forme hébraïque d'Hénoch, mais il s'agit d'un autre Hénoch que du patriarche qui vécut sur la Terre 365 ans, puis fut enlevé par les Elohîm et que les musulmans appèlent Idriss). Caïn aurait ensuite bâti une ville, à laquelle il donna le nom de son fils Hénoch.

V. aussi: Abel, Arca, Caïnites, Enosh, Hénoch, Ialdabaôth, Iblis, Lilith,Sathanaël.

Les Caïnites

Secte probablement juive à l'origine, mentionnée notamment par Philon d'Alexandrie, mais qui se christianisa, sans doute au début du 11e siècle. Pour elle, le Dieu créateur de la Bible hébraïque n'est pas le Dieu suprême de lumière et de bonté, qui ne saurait avoir suscité le monde mauvais. Aussi les caïnites entendirent ils réhabiliter tous ceux que Jéhovah avait condamnés, et en tout premier lieu Caïn, qui aurait eu pour épouses deux de ses sœurs et qu'ils appelaient leur père, tandis qu'il reconnaissaient comme génie protecteur Tubal Caïn, un des descendant de Caïn. Même Judas Iscariote fut, pour les caïnites christianisés, l'instrument du vrai Dieu: sachant que les puissances hostiles à ce dernier voulaient empêcher la Passion de son Fils, laquelle devait rendre possible le salut des hommes, Judas ne l'aurait "trahi" ou "livré" que pour aider à se réaliser les desseins du Dieu suprême. Les caïnites enfin condamnaient le baptême d'eau et ils faisaient une distinction, parmi les hommes, entre les "pneumatiques" ou "spirituels", dont le prototype était pour eux Caïn; les "animiques", dont le prototype serait Seth; et les "hyliques" ou "matériels", émules d'Abel.

V. aussi: Byron, Contre-gnose, Tubal-Caïn, Salomon Valentin.

Calendrier révolutionnaire

Après la proclamation de la première République française par l'Assemblée législative, celle-ci fixa au 21 septembre 1792 le premier jour de l'an I de la République, c'est à dire à l'équinoxe d'automne.

La Convention, qui succéda à l'Assemblée, réforma ensuite le calendrier par une loi du 24 novembre 1793. L'année fut divisée en douze mois correspondant presque exactement aux signes du zodiaque, vendémiaire correspondant à la Balance, brumaire au Scorpion, frimaire au Sagittaire, nivose au Capricorne, pluviose au Verseau, ventose aux Poissons, germinal au Bélier (équinoxe de printemps), floréal au Taureau, prairial aux Gémeaux, messidor au Cancer, thermidor au Lion et fructidor à la Vierge.

Ce calendrier restera en vigueur en France jusqu'au 10 nivose an XIV (31 décembre 1805), date à laquelle le calendrier grégorien sera rétabli par l'empereur Napoléon.

V. aussi: Astrologie, Fabre d'Églantine.

Dom Augustin CALMET (1672-1757).

Moine occultiste francais qui contribua à l'expansion de la franc-maçonnerie spéculative. Il fut probablement membre de l'Ordre clandestin du Temple.

V. aussi: Melkitsédec.

Tommaso CAMPANELLI (Stile 1568 - Paris 163?)

Magiste italien, auteur de De Monarchia Hispanica (1600) et de la Citta del Sole (1623), celle-ci étant une sorte d'Utopia.

Détracteur d'Aristote et adversaire de la Cabbale, se posant en défenseur de la liberté sexuelle, Campanella sera emprisonné par l'Inquisition, mais libéré sur l'ordre du pape UrbainVIl. Ils'exila alors en France, où il publiera encore des Ecloga (1634) préconisant une nouvelle Croisade.

Les Cananéens

Ensemble de peuplades qui vivaient le long de la Méditerranée entre l'Égypte, la Phénicie et le Jourdain.

Leur Dieu du Bien s'appelait Él, parfois qualifié d'Élyôn (Très-Haut) ou de Shaddail (Puissant). Él avait une parèdre, Ashéa (ou Ishtar), trois filles, Anat, Élat et Astart, et un fils appelé Seth, Hérakiès ou Nelkart, qui est le génie du mal. La compagne de ce dernier est sa soeur Astart et la Lune est leur fille. Les Cananéens avaient aussi un dieu-poisson, Dagon, analogue au premier avatar de l'hindou Vishnou et à l'Oannès des Chaldéens. L'adversaire d'Él est Yam, le genie des eaux d'en bas, lesquels sont le séjour des marte après leur incinération. Melkitsédec était probablement cananéen, mais il avait aussi été initié aux mystères d'Osiris. Les cananéens seront refoulés le long de la mer par l'invasion des Hébreux conduits par Josué. Ils s'appelèrent alors "Philistins" et donneront plus tard son nom à la Palestine (Falastîne).

Ils sont probablement les vrais inventeurs de l'écriture alphabétique, leurs lettres dérivant des hiéroglyphes égyptiens. Ils la transmettront aux hébreux et aux phéniciens.

Eugène CANSELIET

Alchimiste français contemporain, disciple de Fulcanelli.

Caodaïsme

Secte syncrétiste fondée en 1919 en Indochine française par Ngo Van Chieu. Sa doctrine combine le bouddhisme, le taoïsme, le christianisme et le spiritisme. Organisé sur le modèle des obédiences maçonniques occidentales, le caodaïsme vénère le Dieu suprême sous le nom de Cao-Dail et il admet comme prophètes Lao-Tsoe, Confucius, le Bouddha, Jésus, Victor Hugo et Sun Yat-Sen. Ayant été reconnu par l'Administration française en 1926, son premier "pape" fut Le Van Trung, mort en 1934, à qui succéda Pham Cong Tac, mort à son tour pendant la guerre du Viet Nam. Il ne parait pas avoir eu de successeur, malgré que le régime vietnamien actuel, après avoir d'abord persécuté la secte, ait fini par la tolérer.

Le Caraïsme

Mouvement de pensée juif né en Babylonie au VIlle siècle, opposé au talmudisme et à la Cabbale pratique. Pour les caraïtes, le Dieu créateur, qui est unique, a révélé sa volonté à Moïse et aux prophètes, mais tout un chacun, pourvu qu'il s'en tienne strictement à ce qui est écrit dans leurs livres, a toute licence d'interpréter ceux-ci selon ses propres lumières.

Les caraïtes croyaient aussi que, lorsque le retour des juifs en Palestine serait réalisé, viendrait un Messie rédempteur, qui notamment ressusciterait les morts.

Jérôme CARDAN (Pavie 1501 - Rome 1576).

Mathématicien, astrologue, médecin, physicien, philosophe et occultiste, Girolamo Cardano trouvera notamment la formule de résolution des équations algébriques du 3e degré ; il nia (avant Pascal) l'existence du vide, et il établit des correspondances entre les saveurs, les couleurs et les planètes.

Il est aussi le précurseur de la musicothérapie.

Cardan publiera de nombreux ouvrages, mais détruisit aussi plusieurs de ses manuscrits après en avoir extrait ce qu'il estimait valable. Ses oeuvres principales restent De Artis magna (1545), De Subtilitate (1547), De Varietate Rerum (1557), De Natura (posthume).

Abraham CARDOZO ( + 1706 )

Juif portugais qui feignit d'abord de s'être converti au catholicisme, mais qui se ralliera à Shabatail Tsui quand ce dernier se proclamera le Messie. L’œuvre de Tsui sera continuée d'abord par son principal disciple Nathan de Gaza, puis à la mort de ce dernier en 1680 par Cardozo. Ce dernier enseigna que tous les juifs sont voués à devenir des "marranes", mais que la miséricorde de Dieu les a sauvés de cette disgrâce en infligeant à Tsui le Messie la nécessité d'apostasier, lui aussi.

V. aussi: Cévisme, Nathan de Gaza.

Les Carmates

Secte issue du chiisme et apparentée à l'ismaélisme. Les carmates préconisaient l'égalité des sexes, mais ils ne prohibaient pas la violence. Ils s'emparèrent de La Mecque en 930 et y firent régner un régime de terreur. La secte des carmates syncrétisait tous les autres monothéismes, ainsi que l'hindouisme et le manichéisme. Plusieurs dissidents de l'Islam seront accusés, souvent à tort, d'être des carmates, entre autres Al Hallâdj et Shihab Sochravardi.

Les Carmes

Ordre de moines fondé en 1158 au riant Carmel, en Syria, par le templier Berthold avec quelques autres membres de l'Ordre du Temple et des anachorètes. La règle des Carmes se caractérise essentiellement par la pauvreté, l'ascétisme et le silence. Elle sera réformée au XVIe siècle par Jean de la Croix qui, sur le conseil de Thérèse d'Avila, ouvrit l'Ordre aussi aux femmes: il y aura dès lors également des couvents de carmélites. L'Ordre des Carmes passe pour avoir recueilli diverses traditions ésotériques, de provenances principalement hébraïque, islamique et templière.

Joseph CARD (1488-1575).

Juif espagnol qui passa d'abord vingt années d'exil en Turquie, puis alla, en 1538, s'établir à Safed, en Galilée, où il succédera, en 1541, à Jacob Bérab à la tête de la communauté que ce dernier y avait fondée et dont il fera un haut-lieu de la Cabale. Tout en développant celle-ci, Care propagea cependant aussi le Talmud. Son oeuvre principale est le Shoulam Arouk sorte de code jurisprudentiel et religieux auquel se réfèrent encore de nos jours la plupart des rabbins juifs, mais il est également d'une oeuvre mystique, Maggid Mésharim qui ne sera publiée qu'après sa mort. Son successeur Safed sera Moise Alshéich.

V. aussi: Bérab.

CARPOCRATE

Pour ce docteur gnostique du début du 11e siècle, originaire de l'île de Céphalonie, mais formé à Alexandrie d'Egypte, le Principe premier était le Père inengendré, qui est éternel, mais ce n'est pas lui qui a créé l’univers matériel; celui-ci est l'œuvre d'anges inférieurs, qui ont ensuite soumis les hommes à leurs lois arbitraires. Quant à Jésus, pour Carpocrate, il avait été l'un des fils de Joseph et de Marie; ç'avait été un homme juste, dont l'âme se rappelait le commerce qu'elle avait eu, avant sa naissance, avec le Père. Aussi eut il assez de force pour mépriser les passions humaines. Après sa mort, le Père lui envoya une de ses puissances pour aider son âme à traverser les cieux inférieurs afin de revenir auprès de lui. Les hommes dont l'âme est assez forte pour faire comme lui seront sauvés de la même manière, mais Carpocrate croyait aussi en la métempsycose: l'âme doit avoir, selon lui, passé par plusieurs corps avant d'être capable d'imiter ainsi Jésus. La secte des carpocratiens se basait notamment sur un "évangile des Égyptiens", qui pourrait être une traduction en grec par Jean Marc, l'interprète de Pierre, de l'évangile qu’il avait écrit en latin à Rome, augmentée de passages de tendance gnostique.

Lodovico CARET

Médecin juif italien du XVIe siècle, qui s'appelait aussi Todros ha Cohen (Théodore le Prêtre). Il se convertit vers l'âge de 50 ans à la suite d'une série de visions et de songes, et il sera dès lors protégé par Guillaume Ouprat, évêque de Clermont, ancien disciple de Guillaume Postel. Carret s'emploiera surtout à établir la continuité entre la Synagogue et l'Église. Il commentera notamment dans ce sens le Zohar et d'autres livres cabalistiques.

Cartes

Voir: Charles VI, Tarot.

Guy CASARIL

Cabaliste français contemporain, auteur surtout d'un remarquable "Rabbi Siméon Bar Iochaï" (1961).

Jean CASSIEN (En Oacie, vers 356 - Marseille 435).

Philosophe chrétien qui finit, après diverses péripéties, par embrasser l'état monastique. Sur la plainte de Théophile, patriarche d'Alexandrie, Cassien sera condamné pour origénisme par le concile de 403, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à fonder des monastères, notamment en Provence.

Les Cathares

Considérés par l'Église chrétienne de Rome comme des hérétiques, les cathares étaient en réalité les continuateurs des bogomiles et des patarins, ayant toutefois subi en outre les influences de Priscillien et des culdées. Ils seront, eux aussi, férocement persécutés par le christianisme romain, qui détruira notamment tous les documents relatifs à cette religion gnostique qu'elle pût trouver. Aussi la doctrine du catharisme est, elle, connue surtout par les dépositions que firent ceux de ses adeptes auxquels on voulut bien intenter un procès au lieu de les massacrer sans autre formalité, comme ce fut le cas d’un grand nombre. Cette doctrine est du gnosticisme le plus pur. Selon elle, en effet, ce n'est pas le Dieu de bonté qui a créé l'univers matériel, mais le Principe du mal que les cathares, comme les bogomiles, appelaient Sathanaël.

Du Nouveau Testament ils reconnaissaient seulement l'Évangile selon Jean, l'Apocalypse et les épîtres authentiques de Paul (à l'exclusion donc de la deuxième aux Thessaloniciens et de celles à Tite et à Timothée), ainsi que l'épître aux Hébreux. En revanche, ils s'appuyaient sur divers apocryphes, comme Pistis Sophia la "Visiond’Isaïe) et "La Cène secrète" (ou Interrogatio Johannis) cette dernière leur venant d'ailleurs des bogomiles de Concorezzo.

Les hommes sont, d'après le catharisme, des esprits déchus emprisonnés dans une enveloppe impure. Tant que leur âme n'a pas bénéficié de la divine illumination salvatrice, elle passe par plusieurs corps d'hommes mauvais ou d'animaux. L'acte de chair, surtout s'il est suivi de procréation, est abominable, puisqu'il provoque alors la chute d'un ange dans le marécage de la chair. Par le baptême d'esprit toutefois, l'âme se voit adjoindre une parcelle de la nature des anges. La chair étant impure, ce n'est pas d'elle qu’était fait le corps de Jésus, lequel n'était d'ailleurs pas non plus né d'une femme, car sa mère Marie était en réalité un ange. Aussi les cathares niaient-ils que cette dernière pût être la mère de Dieu, comme l'enseigne l'Église de Rome.

Jésus aurait été en réalité un avatar de l'archange Michel, venu sur Terre sous une apparence d'homme en vue d'enseigner le chemin du retour dans la patrie céleste. Comme les bogomiles encore, et pour les mêmes raisons, les cathares abhorraient la croix latine et le crucifix. Jean le Baptiseur et l'homme mis en croix sous Pilate avaient été des créatures de Sathanaël, lequel s'était, quant à lui, incarné en Judas Iscariote, et Marie Madeleine avait été la concubine du crucifié, qui n'était pas Jésus. Le véritable Jésus n'a jamais bu, ni mangé, ni éliminé, ni commis l'acte de chair. Il est apparu aux apôtres, puis à Paul, à qui il a inspiré ses épîtres. Il n'a pas fondé d'Eglise : celle de Rome n'a pas succédé aux apôtres, mais à l'Empire, et le pape est l'antéchrist. A la fin des temps, Michel triomphera de Sathanaël et la perfection régnera à nouveau dans le monde. Les cathares croyaient d'ailleurs au salut fin! al de toutes les âmes.

Parmi les croyants cathares, ceux qui avaient reçu le consolamentum sacrement repris aux bogomiles également, s'engageaient à mener une vie parfaite, c'est à dire à ne plus jamais commettre l'acte de chair, à ne plus consommer de viande, mais seulement des végétaux et de et à observer en tout une loyauté parfaite C'est pourquoi, pareille ascèse étant évidemment très difficile à s'y conformer, la plupart des fidèles ne demandaient à recevoir ce sacrement qu'à l'article de la mort. Aussi a-t-on parfois cru, à tort, que c'était un sacrement des mourants, alors qu’il n'a rien de commun avec l'extrême-onction des catholiques: ceux qui le recevaient devenaient des "parfaits" et étaient assurés, s'ils tenaient leurs engagements, de retourner au Ciel immédiatement après leur mort. Ce sacrement ne pouvait d'ailleurs être reçu qu'une seule fois et quel que fût l'état de santé du demandeur, alors que l'extrême-onction peut être reçue plusieurs fois.

CATHERINE de Sienne (Sienne 1347 - Rome 1380).

Dès l'âge de sept ans, Catarina Benincasa affirmera avoir des visions extatiques. Elle se fera tertiaire dominicaine vers l'âge de seize ans et elle se vouera dès lors à l'étude et à la contemplation. Au cours de ses extases, le principe même du mal se serait, à l'en croire, plusieurs fois fait voir à elle. A l'époque des désordres qui aboutiront au Grand Schisme de 1378, Catarina prendra nettement parti pour Urbain VI, le pape de Rome, contre les papes d'Avignon. Elle a écrit un Libre della Divina Dottrina et des centaines de lettres adressées à de nombreux correspondants, et leur valeur lui vaudra admise parmi les "Pères" de l'Eglise catholique. Elle avait d'ailleurs déjà été canonisée dès 1461.

Angelo CATO

Astrologue calabrais. D'abord au service de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, il devint le médecin et l'aumônier du roi de France Louis XI. Il sera finalement fait évêque de Vienne.

Palma COVET ( ± 1605 )

Alchimiste, astrologue et magiste français, qui fut au service du roi Henri IV et se convertit au catholicisme en même temps que lui. Il signera ses ouvrages d'alchimie du pseudonyme de Petrus Magnus. Il traduisit aussi en français une histoire de Faust écrite en allemand par Widniann.

Daoud CAYSARI ( + 1350 )

Soufi de tendance sunnite, commentateur d'Ibn Arâbi.

CAZI Saïd Coumi

Voir: Quazi Sad.

Jacques COZOTTE (1710-1792).

Adepte du martinisme et des Illuminés d'Avignon, Cazotte avait des dons de voyance, qui lui permettront notamment de prédire dès 1788 la mort sur l'échafaud de plusieurs personnes, dont d'ailleurs lui-même. Il avait écrit en 1772 "Le Diable amoureux", un roman qui met en scène Belzébuth (le Baal-Séboul des Évangiles) sous la forme d’une jeune femme ravissante nommée Biondetta.

CELLARIUS (1499-1564).

Pseudonyme du cabaliste chrétien suisse Martinus Borrhaus. Elève de Reuchlin, il deviendra professeur à Bâle et il correspondra avec Guillaume Postal.

CÉLINE (Courbevoie 1894 - Meudon 1961).

Pseudonyme littéraire du médecin Louis-Ferdinand Destouches. Contre-gnostique et anti-juif, il jugeait dérisoire le désir humain de se reproduire en vue de se perpétuer.

Celtes

Ensemble de peuplades, sans doute de race aryenne, originaires d'Europe centrale, qui migrèrent dans différentes directions.

Vers l'ouest, ils peuplèrent la Gaule, les Iles Britanniques, le nord et l'ouest de la péninsule ibérique et le nord de l'Italie. C'est principalement dans ces contrées que se développera le druidisme, lequel dérive lui-même peut-être des Hyperboréens ou des Atlantes. Vers l'est, les celtes atteignirent la Thrace, d'où ils influenceront les hellènes (Aristote a reconnu la dette que les anciens grecs avaient envers les celtes); l'Asie mineure, où ils s'établiront surtout dans la région qui porte le nom de Galatie, et finalement ''Hindou-Koush sous la conduite d'un chef nommé Rame, dit "à la hache » Les celtes croyaient à la migration des âmes dans le Soleil et dans les astres, "demeures du ciel". Ils croyaient aussi que le monde matériel périrait un jour par le feu. Cette croyance se répandra chez les peuples germaniques, en Grèce, en Iran et en Inde; elle deviendra un des fondements de beaucoup de doctrines gnostiques.

Pour les celtes cependant, contrairement à beaucoup d'autres peuples, le serpent n'était pas un symbole phallique, mais féminin.

Un de leurs emblèmes, le serpent à tête de bélier, serait donc hermaphrodite, ce qui cadre assez avec le fait qu'en astrologie classique, le signe du Scorpion, dont le symbole est une stylisation de cet animal, est à la fois un signe d'eau, donc considéré comme féminin, et le domicile nocturne de Mars, qui incarne la force virile, le domicile diurne de ce dernier étant d'ailleurs précisément le Bélier. Le Dieu suprême des celtes s'appelait Oïou, l'Être parfait, qui engendra deux personnes divines: Doué, qui est le bien et la lumière, et Cythraul, qui est la matière opaque et le mal. Leur paradis est le Gwen-Ved, le Monde blanc, qui est sans doute en fait Hyperborée. Les celtes rendaient aussi un culte à d'autres déités, telles que Cernunnos (le dieu cornu), Lug (Dieu ligure qu'ils reprirent dans leur panthéon quand ils occuperont les rivages de l'actuel Golfe du Lion et le nord de l'Ibérie), Epona (la déesse à cheval), Teutatis, Bélàn (qui passera dans la mythologie grecque sous le nom d'Apollon), Esus, Isis, Bélisama, etc., mais il ne s'agit pas de dieux semblables à ceux des relisions polythéistes, mais plutôt de la personnification des puissances que les celtes percevaient dans la nature et dont leurs druides établissaient, semble-t-il, des rapports avec les planètes.

Ils connaissaient en tout cas certainement le zodiaque. La racine de leur nom, Kelt ou Gal, veut dire "rond", de même que le ghilgal hébreu, qui désigne le zodiaque, lequel n'est d'ailleurs autre lui-même, pour certains cabalistes comme Morse Elbaz, que la séphire Keter, la Couronne. Ces mots sont à rapprocher aussi du nom de Garsan, lieu d'où aurait été originaire Gargantua, l’hercule gaulois.

V. aussi: Druidisme, Rame.

CEPHAS.

Voir: Kîpha.

CERDON

Syrien violemment anti-juif dont l'enseignement s'inspirait de ceux des simoniens, des nicolaïtes et de Satornil. Pour Cerdon notamment, le Père ne saurait être le Dieu de la Loi hébraïque. Le Père, qui était inconnu avant Jésus, est bon; Jéhovah, lui, n'est que juste. Jésus, qui est le Sauveur, n'était pas né d'une femme pour Cardon, mais il était descendu directement du Ciel et les hommes pensaient l'avoir vu, mais il n'avait été en réalité qu'une ombre et il n'avait souffert qu'en apparence les maux que ses adversaires pensèrent lui infliger.

Selon Irénée (Adv. Haeresis I, 27), Cordon se rendit à Rome sous l'épiscopat de Hydin, c'est à dire vers 136. Il y apportait un Évangile dérivé de celui qu'avait écrit Luc d'après l'enseignement de l'apôtre Paul, mais épuré de tout judaïsme, ainsi qu'un livre intitulé « récit » écrit par Luc également des voyages qu'il avait faits avec son maître, auquel étaient annexées dix épîtres attribuées à ce dernier.

La doctrine de Cerdon fut condamnée par l'Église de Rome. Il se serait d'abord soumis, puis aurait entamé une nouvelle campagne anti-biblique, à la suite de laquelle il fut définitivement exclu de la Grande Église (Irénée, Adv. Haer. III, 4), probablement en même temps que son disciple Marcion, qui avait lui-même débarqué à Rome entre temps et qui sera excommunié en 144.

V. aussi: Docétisme, Luc, Marcion.

CÉRINTHE

Originaire d'Antioche, comme Satornil, mais ayant résidé quelque temps aussi à Alexandrie à l'époque de Domitien, ce gnostique se disait disciple de Simon le Mage et mage lui-même. Cérinthe croyait, comme Basilide, en un Dieu-Père sans existence, qui n'a cas créé l'univers matériel, celui-ci étant l'œuvre d'un orant Archonte. Ce Dieu-Père, qui est le Souverain Bien et qu'on nomme, pour ce motif, Chrîstos envoya ur la Terre un "don", qui n'est autre que son propre fils et qui s'incarna en Jésus, fils de Joseph et de Marie, au moment de son baptême par Jean, prenant en cet instant la forme d'une colombe. Alors Jésus, habité donc par le fils du Dieu-Père, du Christos se fit le héraut de ce dernier et il accomplit des prodiges. Il souffrit enfin le supplice de la croix et, au moment de sa mort, le fils de Christos le quitta.

Jésus n'est d'ailleurs pas ressuscité, selon Cérinthe, mais le fils de Christos reviendra un jour sur Terre, où il établira, au nom du Dieu-Père, un règne de félicité qui devrait durer mille ans.

Cévisme

Doctrine fondée à la fin du XVIIe siècle par Shabatail Tswi (ou Cévi), qui s'était proclamé le Messie à Smyrne en 1665, et développée, après sa conversion forcée à l'Islam et son incarcération par les turcs, par Nathan de Gaza, le principal de ses disciples, lequel prétendait, pour sa part, être le prophète Élie enfin redescendre sur Terre.

V. aussi: Nathan de Gaza, Shabatail Tswi, Cardozo.

Ceylan

Grande île située au sud de la péninsule indienne (Sri Lanka) Selon les hindous, c'est là que Hiva et Adima auraient été créés par Brahma. Ce serait là donc que se trouvait le Paradis terrestre. Leur faute aurait été de vouloir, par curiosité, passer le détroit et aller sur le continent, alors que Brahma leur avait défendu de quitter l'île. Par ailleurs, pour les auteurs du Sepher ha-Zohar, les hommes qui allaient entamer la construction de la tour de Babel s'étant, selon le texte de la Genèse (XI-2), "déplacés depuis l'est" (quedem), ils s'étaient donc éloignés de l'origine ou du principe du monde, tout au moins du Paradis terrestre, du grand éden puisque c'est à l'est (micquédem que celui-ci avait été planté (Gen. II 8). Cela confirmerait donc la tradition hindoue. Cependant, pour la tradition islamique, ce serait le contraire: c'est à Ceylan (Serendib) qu'Adam et Êve auraient été relégués après avoir été chassés du Paradis terrestre.

V. aussi: Serendib.

CHAM de Vologuine (174-1821).

Rabbin lituanien, disciple du Gaon de Vilna, auteur d'un Nèfesh ha-Chaïm

(L'Ame de la Vie).

Chaldée

Voir: Mages chaldéens, Sumer et Chaldée.

CHAMS i Tabriz

Voir: Shams.

Lucien CHAMUEL

Écrivain ésotériste français, éditeur de livres et de revues. Il fut l'un des fondateurs de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.

Les Charidjites ou Kharédjites

Secte musulmane chiite, dissidence des Alides, née au VIlle s. en Afrique du nord au sein des populations berbères. En réaction contre le sunnisme, elle refusa l'arbitrage entre les Alides et les Omeillades.

Channan

Nom hébreu souvent transcrit à tort Anan et, en grec, Ananias d'où le français Anne ou Ananie.

Chantelouve

Voir: Madame Chantelouve.

CHARLES II de Navarre (Evreux 1332 - Pampelune 1387).

Petit-fils du roi de France Louis X par sa mère Jeanne, que ses oncles avaient écartée du trône en invoquant la loi salique. Parfois surnommé "le Mauvais", Charles II ne cessa de combattre les Valois en revendiquant contre eux le trône de France, mais il sera finalement vaincu par Du Guesclin.

Très cultivé, il s'adonnait notamment à l'alchimie.

CHARLES VI de Valois (1368-1422).

Roi de France en 1380, Charles VI fut aussi alchimiste et il pratiqua le tarot, dont les cartes seront simplifiées sous son règne pour devenir l'actuel "jeu de cartes".

Geoffroy de CHARNAY

Commandeur de Normandie de l'Ordre du Temple, il fut exécuté par le feu en même temps que le grand maître Jacques de Molay à Paris le 19 mars 1314. Il était probablement aussi le grand commandeur de l'Ordre, c'est à dire celui qui avait autorité sur les titulaires des grades secrets de "frère élu" et de "frère consolé".

Geoffrey de CHARNY

Probablement petit-neveu du précédent. Il participa à la 4e croisade et en rapporta un linceul qui passait pour avoir été celui de Jésus dans son tombeau. Ce linceul est actuellement conservé à Turin.

Le 6 janvier 1352, Geoffrey de Charny fonda, avec l'appui du roi de France Jean II, l'Ordre militaire et religieux de l'Étoile, qui prendra une dizaine d'années plus tard le nom d'Ordre de Notre Dame de la Noble Maison. Ces Ordres étaient organisés à peu près comme l'avait été le Temple et pourraient avoir servi de couverture aux activités clandestines de ce dernier, qui avait été interdit.

Geoffrey de Charny mourut le 19 septembre 1356 à Maupertuis, près de Poitiers, en défendant le roi Jean contre l'armée anglaise, mais ce dernier sera battu et contraint de se constituer prisonnier.

Jean CHARON

Physicien et philosophe français contemporain, auteur de nombreux ouvrages, notamment "L'Être et le Verbe" (1965), et l'Univers" (1974), "L'Esprit, cet inconnu" (1977). Pour Charon, l'âme n'est pas individuelle: il n'y a pour tout univers qu'une seule âme, commune à tous les êtres vivants. La survivance pendant des milliards d'années d'une multitude de cellules vivantes, à qui il peut arriver de se ré-assembler plusieurs fois de la même façon constitue, au surplus, pour lui, une forme de réincarnation.

Chartreux

Ordre monastique chrétien fondé en 1084 par Bruno et six autres religieux. Les Chartreux seraient dépositaires de certaines traditions occultes.

V. aussi: Brunon,

Chassidim.

Voir: Hassidisme.

Geoffrey CHAUCER (1340-1400).

Poète anglais, auteur notamment de ballades, du "Parlement des Oiseaux" (1382) et des célèbres Canterbury Tales (1386). Chaucer traduisit aussi "Le Roman de la Rose".

CHERADAME

Cabaliste chrétien français du XVIe siècle, qui enseigna l'hébreu au Collège de France. Il est l'auteur d'un "Alphabet de la langue sainte" (1532).

Prince Omar de CHERENZI-LINDT (1902-1969).

Occultiste anglo-mongol qui se présenta en Europe, dès 1923, avec le titre de Maha Chohan, comme le délégué du couvent bouddhiste de Gygadzé, dans le Turkestan chinois, couvent qui serait lui-même une dépendance de l'Agartha. Après diverses tribulations, le Maha Chohan s'établira à Cuba, où il serait mort dans des circonstances mal éclaircies.

Chérubins.

La deuxième, après les séraphins, des sept "classes" d'anges des traditions judéo-chrétiennes. Leur nom est tiré de l'araméen khéroub qui désigne un taureau ailé ayant une tête d'homme et l'arrière-train d'un lion.

La mythologie iranienne cependant ne distingue que les anges et les archanges, et ces derniers sont aussi appelés chérubins. Cette conception sera reprise par les mystiques chiites persans.

V. aussi: Angélologie.

Les Chevaliers de Malte

Voir: Hospitaliers.

Constant CHEVILLON (1880-1944).

Patriarche de l'Église gnostique universelle, Chevillon succédera en outre en 1934 à Jean Bricaud comme grand maître du Rite de Memphis et Misraïm et de l'Église martiniste.

V. aussi: Bricaud, Martinisme.

Chiites ou Shiltes.

Une des deux grandes subdivisions de l'Islam, avec les sunnites, qui sont les croyants orthodoxes, tandis que le chiisme a donné naissance à de nombreuses sectes gnostiques ou occultistes, voire syncrétistes.

Gervais CHRESTIEN

Médecin du roi de France Charles V, qui enseigna l'astrologie à l'Université de Paris.

Christ

Ce nom peut avoir deux sens, qui sont souvent confondus. D'une part, il désigne le Christos mot grec qui signifie "Oint" et par lequel est traduit en cette langue le mot hébreu Mashiach même sens, mais qui désigne par excellence celui qui est appelé aussi en français le Messie : selon les croyances hébraïques, en effet, le Messie doit venir à la fin des temps, précédé du prophète Elie, qui l'oindra, pour procéder au Grand Jugement. D'autre part, il désigne le Christ cosmique, personnage mythique, simple éon pour les uns, émanation pour d'autres du Dieu suprême de lumière et de bonté, voire son fils même, envoyé par Lui en tout cas pour sauver les hommes de leur condition misérable.

Pour les chrétiens, romains et orthodoxes, le Christ s'est incarné en Jésus le Nazaréen au début de notre ère. Mais les opinions divergent quant au moment précis où cette incarnation se serait produite. Selon le christianisme officiel, elle a eu lieu au moment même de la conception de Jésus par la vierge Marie, fécondée par le Saint Esprit, et le Christ ainsi conçu devait d'ailleurs être aussi le Messie annoncé par les prophètes hébreux. Mais pour de nombreux chrétiens gnostiques, tels que Cérinthe, les deux Théodote, etc., l'éon Christ ne se serait incarné en l'homme Jésus qu'au moment de son baptême par Jean, et il aurait quitté son corps au moment de sa mort sur la croix; homme Jésus ne serait donc pas non plus ressuscité. Pour Marcion cependant, Christ était venu directement du Ciel, apparaissant sur Terre d'emblée sous la forme d'un homme adulte. Il n'y aurait donc, pour les marcionites, pas eu d'incarnation. Christ n'avait eu qu'une apparence d'homme, il n'était pas fait d'une chair matérielle, mais d'une substance incorruptible et non sujette au mal, ni la douleur. Il n'avait pas non plus été le Messie attendu par les juifs, lequel viendrait plus tard. Cette croyance au sujet de la nature du corps du Christ sera aussi celle des cathares. Pour d'autres gnostiques encore, en descendant de l'Empyrée, le Christ avait revêtu, chaque fois qu'il traversait l'un des sept cieux, la forme de l’animal cosmique qui le garde, afin de se dissimuler à ces archontes qui en sont les princes, et il n'aurait pris la forme d'un homme qu'à son arrivée sur la Terre. Pour quelques uns toutefois, tels que l'auteur de la "Vision d'Isaïe" et Justin, Christ était néanmoins passé alors par le sein de Marie avant de prendre la forme d’un enfant nommé Jésus ; devenu adulte, ce dernier aurait été mis à mort par "les enfants d'Israël", à l'instigation de Satan, sans qu'ils sussent qui il était. Pour la plupart des chrétiens enfin, romains, orthodoxes ou gnostiques, c'est le Christ qui doit reparaître à la fin des temps pour procéder au Grand Jugement.

V. aussi : Archanges et archontes, "Ascension d'Isaïe", Docétisme, Jésus, Messie.

Raymond CHRISTOFLOUR

Essayiste et romancier français contemporain fortement influencé par la Gnose. Il est l'auteur, entre autres, de "Signes et messages pour notre temps" (1958) et de "La Drachme perdue" ( 1967).Christos (ou Chrêstos).

Nom grec qui signifie "bon, secourable, miséricordieux", attribué par Paul de Tarse et plusieurs de ses épigones au Dieu suprême de lumière et de bonté et à son fils. Ce non sera ultérieurement confondu, par homophonie, avec celui de Christos c'est à dire Christ, et dans les épîtres de Paul, le mot (en grec)sera, chaque fois qu'il apparaît, transcrit mot grec par les copistes chrétiens.

V. aussi: Cérinthe, Christ, Paul de Tarse.

CHRIST-Roi

Voir: Hiéron du Val d'or.

Cinquante

Nombre sacré en honneur parmi de nombreux gnostiques, en particulier les pythagoriciens, les esséniens thérapeutes, les cabaliens, etc..., ainsi que chez les francs-maçons.

Ce nombre était figuré chez les juifs par la lettre noun, dont le nom signifie "poisson" et qui, dans l'alphabet hébreu primitif, avait une graphie dérivant d'un hiéroglyphe égyptien figurant un poisson. Noun fut aussi le nom du père de Hoshéa, dont Moïse changea le nom en Iéhoshouo Josué. La raison de cette vénération antique pour le nombre cinquante provient peut-être de ce qu'il surpasse d'une unité les quarante-neuf lettres dont se composent les noms des douze tribus d'Israël. Quarante-neuf est aussi le nombre que durent sept périodes sabbatiques, puisque sept fois sept font quarante-neuf, la cinquantième année, celle qui suit la quarante-neuvième, étant l'année dite "jubilaire". La vertu du nombre cinquante a été redécouverte par les physiciens contemporains, qui ont constaté que certains nombres possèdent des propriétés "magiques" et que le plus magique d'entre eux est le nombre cinquante, lequel est notamment le nombre atomique de la particule d'étain. Or, en astrologie classique comme en alchimie, l'étain est le métal de Jupiter, planète qui était réputée avoir son domicile nocturne dans le signe zodiacal des Poissons et, comme dit plus haut, "poisson" se dit en hébreu noun, qui est aussi le nom de la lettre hébraïque qui vaut cinquante en guématrie classique, comme aussi la lettre arabe noun et la lettre grecque nu. D'autre part, le nom hébreu de Seth est Shèt et s'écrit au moyen des lettres shine et taw, lesquelles valent respectivement 300 et 400, soit au total 700. Or, sept cents est aussi la valeur, toujours en guématrie classique, du noun final, dont la graphie est différente de celle du noun ordinaire, qui vaut cinquante. Il n'est donc pas surprenant que les séthiens aient fait de Jésus, dont le nom se dit en grec Iêsous exactement comme aussi le nom de Josué, une réincarnation de Seth, puisque Josué avait été le fils d'un Noun, d'un Poisson. Enfin, en guématrie de position, les mots ha-noun (le poisson) et ha-shem (le nom) valent aussi cinquante.

V. aussi: Guématrie, Poissons, Séthiens.

Emile CIORAN

Écrivain roumain contemporain vivant en France et ayant publié en français de nombreux livres, où il professe une philosophie des plus pessimistes, considérant que la création de l'univers matériel par le "mauvais démiurge" a constitué pour l'esprit une calamiteuse "chute dans le temps".

Circoncellions

Secte chrétienne née au IVe siècle en Afrique, dont les membres se considéraient comme des combattants actifs au service de Dieu contre le Diable. Ils finiront toutefois par verser dans l'anarchie, se livrant même parfois au pillage. Ils pourraient s'identifier avec ceux qu'Epiphane appellera c'est à dire "soldats" (Panarion XXVI).

Cîteaux

Localité proche de Beaune, en Bourgogne, où fut fondée en 1098 une abbaye par un groupe de bénédictins désireux de suivre une règle plus stricte. Cette abbaye est restée le centre des "moines blancs", appelés aussi, pour ce motif, "cisterciens".

CLAIRE d'Assise (1194-1253).

Fondatrice en 1212, avec François d'Assise, de l'Ordre des Clarisses, qui est le pendant féminin des franciscains.

CLEMENCE ISAURE

Voir: Isaure,

CLEMENT d'Alexandrie (vers 150 - 211).

Né à Athènes dans un milieu païen, Titus Flavius Clemens se convertit très jeune au christianisme et il voyagea beaucoup en vue de s'instruire auprès de maîtres en renoms Il finit par s'établir Alexandrie peu après 180 comme auxiliaire de Pantène, le fondateur de l'Ecole du Didascalée, auquel il succédera vers 200. En 203 cependant, l'empereur Septirne Sévère fit fermer cette école et Clément se retira alors en Cappadoce auprès de l'évêque Alexandre; c'est sans doute là qu'il mourut. Clément d'Alexandrie est l'auteur de nombreux écrits, dont plusieurs sont perdus. Parmi ceux qui nous sont parvenus, les principaux sont le "Protreptique", les Stronates", les "Hypotyposes" et de la correspondance. Ils lui ont valu d'être compris parmi les Pères de l'Église, malgré qu'il s'écarte assez souvent de ce qui est devenu la doctrine officielle de celle-ci. C'est ainsi qu'il affirmait qu'après sa résurrection, celui qu'il appelle le Sauveur avait communiqué la Gnose à Jacques, à Jean et à Pierre, lesquels l'auraient ensuite transmise aux autres apôtres. Clément reconnaissait d'ailleurs comme faisant partie des écritures chrétiennes autorisées l'épître de Barnabé et l'Apocalypse de Pierre. Parmi les gnostiques de son temps, il distinguait les "ascétiques" et les "licencieux". Mais il a le grand mérite d'avoir étudié objectivement les oeuvres de ses contemporains sans jeter l'anathème sur aucun d'eux, même ceux qu'il n'approuvait pas.

CLEMENT de Rome (30-97).

Disciple de l'apôtre Pierre, mais adversaire de Luc, Clément de Rome écrivit aux Corinthiens une importante épître au moment des troubles qui suivirent la mort de Néron en 68. Ii deviendra plus tard le quatrième "évêque" de Rome, de 88 à 97. D'autres écrits ont été mis sous son nom, mais s'il est peut-être réellement l'auteur de premières versions de quelques uns d'entre eux, ceux-ci ont en tout cas été au moins fortement remaniés, d'abord par un autre Clément, dit "le Romain", dans le troisième quart du II° siècle, puis plus tard par d'autres encore, et quelques unes, conne une deuxième épître aux Corinthiens, ne sont certainement pas, même partiellement de lui.

CLEMENT le Romain

Disciple de Justin, secrétaire des évêques de Rome Pie Ier et Anicet au II° siècle, ce Clément révérait particulièrement la mémoire de l'apôtre Pierre et de son homonyme qui avait été l'un des disciples de ce dernier et le quatrième "évêque" de Rome. Il combattra sans relâche la plupart des gnostiques de son époque, en particulier Marcion, Valentin et leurs disciples.

Pour faire pièce aux écrits dont ceux-ci se réclamaient, Clément en fabriqua d'autres de toutes pièces. L'Apocalypse de Pierre notamment, qui développe le début des Actes des Apôtres en magnifiant le rôle de Pierre, est très probablement de lui, ainsi que les épîtres à Tite et à Timothée attribuées à l'apôtre Paul. Il en remaniera aussi quantité d'autres, telle que la 2e épître aux Corinthiens, attribuée à Clément de Rome, mais qui pourrait être en réalité entièrement de la main de Clément le Romain; les épîtres d'Ignace d'Antioche, etc... C'est probablement lui aussi qui rédigea la version devenue canonique des Actes des Apôtres celle-ci étant la combinaison de deux textes antérieur au moins: des "Actes" rédigés! en hébreu ou en araméen par l'apôtre Matthieu à la suite des mémoires qu'il avait rédigés en hébreu sur Jésus le Nazarénien, et le récit des voyages de l'apôtre Paul rédigé par Luc et revu par Marcion.

V. aussi : Clément de Rome, Luc, Marcion, Paul de Tarse.

Jehan CLOPINEL

Voir: Jean de Meung.

Cluny

Ville de France proche de Mâcon. Siège des « moines noirs » bénédictins.

Jean COCTEAU (1890-1963).

Poète, romancier, dessinateur et cinéaste français de grand talent, fasciné notamment par le mythe d'Orphée. Cocteau succéda en 1918 à Claude Debussy comme nautonier de l'Ordre du Prieuré de Sion.

Jacques COEUR (Bourges 1395 - Chio 1456).

Probablement membre de l'Ordre de Notre Dame de la Noble Maison, Jacques Cœur parait avoir connu aussi certaines traditions secrètes des Templiers et il pratiqua l'alchimie. Commerçant avisé, il connut la prospérité, ce qui lui permit d'aider notamment le roi de France Charles VII à financer ses campagnes contre les Anglais et les Bourguignons. Il accédera même aux fonctions de chancelier. En 1450 cependant, il sera accusé de malversations et même d'avoir empoisonné Agnès Sorel, la favorite du roi, qui l'avait pourtant protégé. Malgré le mal-fondé probable de ces accusations, Jacques Coeur sera condamné à une forte amende et. à la confiscation de ses biens Mais il parvint à s'enfuir et il alla se réfugier, d'abord en Provence auprès du roi René, puis chez le pape Calixte III. Ce dernier le chargea d'une expédition navale contre les Turcs. C'est au cours de celle-ci que Jacques Cœur tomba malade et mourut. Il fut enterré à l'église du couvent des Cordeliers à Chic. Il sera réhabilité sous Louis XI.

Les Colidées

Communautés de moines nées à la fin du Vill° siècle en Irlande et appelées aussi culdées ou kuldéens (du gaélique guélé-Dé, "qui aime Dieu"). Leur règle et leur doctrine sont dans la ligne des enseignements d'Origène, de Priscillien et de Bachiarius, mais combinent en fait ceux-ci en outre avec des traditions druidiques. Les cuidées ne reconnaissaient d'ailleurs pas l'autorité du patriarche de Rome. Comme les marcionites et les priscillianistes notamment, les moines culdéens recommandaient de ne manger que strictement assez pour se maintenir en vie. Ils ne bannissaient toutefois pas les femmes de leurs communautés et admettaient la procréation. Ceux qui suivaient exactement la règle étaient assurés de ne pas devoir être "purifiés" par le feu au jour du Grand Jugement.

Les coudées essaimèrent en Ecosse et aussi, semble-t-il, vers l'an 1000, dans l'actuelle Amérique du nord. C'est probablement par eux que les Templiers apprendront l'existence d'un continent outre Atlantique.

Christophe COLOMB (Pontevedra 1447 - Valladolid 1506).

Navigateur que l'on dit souvent né à Gènes, en Italie, mais qui était plus probablement galicien: il sera d'ailleurs toujours fortement encouragé par les moines franciscains de la Galice. Il s'était marié à Madère vers 1480, puis avait fait un séjour à Aix-en-Provence à la Cour du roi René, qui était alors le nautonier du Prieuré de Sion ; il y avait été initié à la philosophie platonicienne et à la Rose-Croix, et probablement reçu dans le Prieuré de Sion et dans l'Ordre clandestin du Temple. Il y sera de même instruit dans la Cabale et dans l'astrologie par Jean de Saint-Remy, l'astrologue du roi René, juif converti comme il l'était probablement aussi lui-même ou au moins ses parents. Ayant ainsi appris l’existence outre Atlantique d'un continent d'où les Templiers avaient ramené en Europe des métaux précieux, Christophe voulut y aller à son tour, en rapporter suffisamment d'or et d'argent afin de pouvoir financer une nouvelle Croisade, reconquérir Jérusalem et y faire reconstruire le Temple. Ses premières expéditions ayant réussi de la façon que chacun sait, le roi d'Espagne conféra à Cristobal Colon des pouvoirs qui faisaient de lui le véritable vice-roi des possessions qu'il lui avait apportées. En 1499 cependant, le roi, ayant sans doute appris qu'il était un "marrane", le fera arrêter à Saint-Domingue par Francisco de Bobadilla, qu'il avait nommé à sa place. Incarcéré quelque temps en Espagne, Cristobal sera relâché, mais il ne rentra jamais en grâce et, après avoir néanmoins organisé une dernière expédition qui le conduisit au Honduras et à la Jamaïque, un naufrage et la maladie le forceront à rentrer en Espagne, où il mourra misérablement dans une auberge.

Francesco COLONNA (1432-1527).

Encore appelé Columna, auteur du "Songe de Polyphile".

C0LORBAZ (ou Colarbaze).

Rhéteur, philosophe et magiste alexandrin, disciple de Ptolémée. Il est de ceux qui ont assimilé l'Homme archétypique, l'Anthrôpos de l'hermétisme, à l'Adam Cadmon de la Cabbale et, pour lui, lorsque Jésus, le Sauveur du monde, s'est dit "Fils de l'Homme", c'est de cet Anthrôpos de cet Adam, qu'il s'agissait.

Francesco COLUMNA

Voir : Colonna.

Pietro COLUMNA

Voir: Galatin.

COMENIUS (Comnia 1592 - Naarden 1670).

Adepte de la Rose-Croix, Jan-Amos Komensky latinisera son nom en Comenius, sous lequel il est plus connu. Il fut évêque de la secte des Frères Moraves, une dissidence hussite à laquelle avaient adhéré ses parents. Les persécutions dont celle-ci fera l'objet obligeront Comenius à quitter sa ville natale et à mener une vie errante, au cours de laquelle il se consacra surtout à l'enseignement. C'est ainsi qu'il eut l'occasion de fréquenter notamment, en Allemagne, Jean-Valentin Andreas, dont il continuera l'activité rosicrucienne après sa mort. Il passe notamment, dans ce domaine, pour avoir été l'artisan, de concert avec Francis Bacon, d'un rapprochement entre la Rose-Croix et la franc-maçonnerie opérative. En Suède, il rencontra, à la Cour de la reine Christine, le français René Descartes et le liégeois Louis de Geer. C'est finalement en Hollande qu'il se fixera définitivement. Son projet le plus ambitieux aura été la constitution d'un gouvernement mondial qui aurait eu pour tâche notamment d'unir les juifs, les chrétiens et les hindous. Ces conceptions influenceront après lui plusieurs autres penseurs, tels que Claude de Saint-Martin et Alexandre Saint-Yves d'Alveydre.

La Compagnie du Saint Sacrement de l'Autel

Fraternité secrète fondée en France en 1627, dont firent partie, entre autres, Nicolas Pavillon, évêque d'Alet, Vincent de Paul, qui oeuvra en faveur des pauvres, Guillaume de Lamoignon, président du Parlement de Paris, etc. La Compagnie du Saint Sacrement s'opposa au cardinal de Richelieu et elle parait avoir soutenu la Fronde, ainsi que l'intendant Fouquet contre Louis XIV. Ses membres affectaient une grande dévotion et passaient pour étudier assidûment la Cabale dans un esprit chrétien. Molière ayant mis l'un d'eux en scène dans son "Tartuffe", elle combattit violemment cette pièce et son auteur. On surnomma alors la Compagnie du Saint Sacrement de l'Autel "La Cabale des dévots" : c'est depuis lors que le mot "cabale" a pris en français un sens péjoratif. La Compagnie sera d'ailleurs dissoute par Louis XIV en 1666. Elle semble néanmoins avoir continué ses activités, de façon occulte, pendant encore quelques années.

Les Compagnons du Devoir.

Mouvement corporatif, ancêtre des actuels syndicats de travailleurs, né au Moyen Age, mais qui ne s'organisera effectivement qu'au cours du XVIIe siècle, prenant en France la forme des "Compagnons du Tour de France ( « devoirants » ou « dévorants ») et en Allemagne de la Wanderzwang. Les Compagnons du Devoir seraient les continuateurs des bâtisseurs de temples et de cathédrales depuis une très haute antiquité, que d'aucuns font même remonter jusqu'à l'ancienne Égypte ou la Perse. Cette confrérie existe toujours, mais elle n'a plus de doctrine philosophique particulière et ne peut donc plus être qualifiée de gnostique.

Arthur CONAN DOYLE (1859-193O).

Écrivain anglais célèbre surtout par ses nouvelles policières, mais qui fut aussi un fervent adepte du spiritisme. Il est l'auteur notamment de The New Revelation (1917) et de contes spirites.

Conan Doyle ne fut cependant pas réellement gnostique, puisqu'il ne croyait pas au mal en tant que notion distincte prétendument opposée au bien, ni par conséquent à l'enfer. Pour lui, l'Esprit est distinct cependant du Dieu suprême infiniment parfait et c'est cet Esprit qui se serait incarné en Jésus en vue de donner au monde le modèle d'une vie exemplaire et de lui proposer un enseignement d'une très haute valeur morale. Jésus n'est d'ailleurs, pour Conan Doyle, pas ressuscité charnellement : c'est son "périsprit" oui est apparu après sa mort à Marie Madeleine et aux autres..

Consolamentum

Voir : Cathares.

Alphonse-Louis CONSTANT

Voir: Eliphas-Lévy.

CONSTANTIN

Prophète paulicien qui niait la divinité de Jésus.

V. aussi: Pauliniens.

CONSTANTIN le Grand (285-337).

Empereur romain qui proclama la liberté de religion dans l'Empire par l'édit de Milan de 313. C'est lui aussi qui convoquera et présidera en 325 l'important concile chrétien de Nicée, qui condamnera notamment l'arianisme. A cause de cela, des chrétiens prétendront que Constantin s'était converti à leur religion ou qu'il aurait tout au moins reçu le baptême sur son lit de mort. En réalité, il avait toujours été adepte d'un culte solaire de type gnostique, révérant le Soleil, personnifié par Apollon, comme la face visible du Dieu suprême, Père lui-même de l'univers, et c'est par politique qu'il avait autorisé la religion chrétienne, en même temps d'ailleurs que les autres, tout en lui conférant cependant divers privilèges.

Contre-gnose

Ensemble de sectes qui partent des mêmes prémisses que les gnostiques, mais en tirent habituellement des conclusions opposées aux leurs et pratiquent souvent, en conséquence, des rites "à rebours" des rites traditionnels. La plus ancienne connue de ces sectes est celle des Caïnites, qui estima que le Dieu Créateur avait puni Caïn injustement et réhabilita d'autres réprouvés comme Corach. Quand elle se christianisa, elle justifiera de même Judas Iscariote. Citons encore les gnostiques dits "licencieux", les lucifériens du Moyen Age, les yézidis de l'Islam, les diverses sectes sataniques contemporaines.

Henry CORBIN

Historien français contemporain des religions. Il a particulièrement approfondi la gnose iranienne et le chiisme persan, au point d'en imprégner profondément sa propre pensée. Parmi ses oeuvres principales, il faut noter: "Terre céleste et corps de résurrection : De l'Iran mazdéen à l'Iran chiite" (1961) ; "L'Homme de lumière dans le soufisme iranien" (1971); "En Islam iranien", 4 volumes (1971-1973); "L'Imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn Arbi" (1972).

CORDUVERO (1522-1570).

Moshé ben Iaacov Cordovero, dit aussi Moïse de Cordoue, fut l'un des plus importants des adeptes de l'école cabaliste de Safed. Il est l'auteur notamment du Pardes Rimônîm (Le Verger des âmes), d'Or lacar (Lumière précieuse), de Tomar Dvora (Le Palmier de Déborah), oeuvres mystiques. C'est lui qui remarquera que le lion, ari, et la force, ghibor, sont équivalents, leur valeur guématrique étant la même: 211.

COTB0DDINE Shirâzî (1237-131).

Célèbre philosophe persan chiite. Il commenta notamment plusieurs oeuvres de Sochravardi. Cotboddine estimait, quant à lui, qu'il n'y avait eu dans l'histoire du monde que quelques rares "époques de lumière", les plus brillantes ayant été celles de Zoroastre et de Mahomet.

Berthe COURRIERE

Voir: Madame Chantelouve

Création

Voir: Archanges et archontes, Dieu, Elohtm.

Cromlech

Voir: Temple du Cromlech.

Aleister CR0WLEY (1875-1947).

Le plus extraordinaire sans doute des magistes de tous les temps, qui pratiqua en fait toutes les formes de magies, favorisé qu'il fut dès sa jeunesse par des héritages qui lui assurèrent une fortune considérable. Pour commencer, il aurait eu à Stockholm, au cours d'un voyage, une illumination qui lui aurait fait pressentir qu'il serait un jour le prophète d'une religion nouvelle. Puis, ayant été initié au Golden Dawn Brotherhood par son fondateur Liddell Mathers en personne et ayant épousé à Paris Rose Kelly, la sœur d'un peintre anglais établi à Montparnasse, avec laquelle il passa son voyage de noces en Egypte, le dieu Horus se serait manifesté aux jeunes mariés en mars 1906 à Memphis, il leur aurait révélé qu'Aleister était chargé d'être le grand maître d'un nouvel Ordre initiatique et leur aurait dicté un Liber Aii vel Legis (Le Livre du Siècle ou de la Loi). Aleister Crowley fondera alors l'Astrum Argentinum et il prendra le titre de Mégathérion 666 (666 étant en guématrie grecque la valeur num eacuterique de xxxxx, To Mena Thîrion "La Grande Bête", personnage de l'Apocalypse johannite), tandis que Rose devenait La Femme écarlate. Après de multioles pérégrinations et tribulations, au cours desquelles, Rose étant morte en 1908 après avoir donné naissance à une fille, Aleister changera plusieurs fois de Femme écarlate, il s'établit finalement à Hastings, où il finira ses jours. L'Astrum Argentinum connaissait six grades initiatiques et son enseignement était basé principalement sur les traditions astrologiques et magistes de l'antique Chaldée, sur la Cabale pratique et sur les tarots, auxquels dans "Le Livre de Thot", Crowley attribuera, non sans vraisemblance, une origine égyptienne. Cette secte a été perpétuée par des disciples de Crowley, qui publient notamment la revue Oriflamme laquelle est en même temps l'organe de l'Ordo Templi Orientalis auquel Crowley avait adhéré parmi de nombreuses organisations analogues.

Ralph CUDWORTH (Allen 1617 - Cambridge 1688).

Philosophe anglais hébraïsant, auteur de The True Notion of the Lord's Sup-per (1676), The True Intellectual System of Universe (1678), Eternal and Immutable Morality (1731, posthume). S'appuyant surtout sur Platon, Proclos et divers auteurs juifs, cabalistes et autres, Cudworth affirmait que, derrière la multiplicité des dieux païens, les esprits les plus éclairés ont toujours aperçu le Dieu unique, tandis que le Christianisme et la Cabale auraient établi le caractère trine de ce dernier.

Culdées

voir: Coudées.

Le Culte mazdéen

Secte fondée vers 1900 aux Etats-Unis d'Amérique par un immigré prussien, Otto Hanisch, oui, avait pris le hiéronyme d'Otoman Zaradusht Hanish et prétendra être né à Téhéran, en Perse. Il a écrit notamment, sous le titre de Yéhoshuah Nazir, une vie de Jean-Baptiste et de Jésus le Nazaréen, dans laquelle il affirme que ce dernier est né, non à Bethlehem de Judée, comme l'affirment les Evangiles, mais à Bethlehem de Galilée (laquelle était située, en fait, sur le territoire de la tribu de Zabulon).

Cybèle

Déesse phrygienne de la fécondité, réputée avoir été l'amante d'Attis. Son culte s'étendit jusqu'à Rome. Ses prêtres étaient appelés "galles".

CYRILLE de Jérusalem (315-386).

Père de l'Eglise. Evêque de Jérusalem en 350, il s'opposa vigoureusement aux ariens. Cyrille de Jérusalem est notamment l'auteur de Catéchèses destinées aux catéchumènes. Totalement rallié à l'Empire romain, il prédit que l'Antéchrist paraîtrait quand le destin de l'Empire serait accompli.