DICTIONNAIRE DES GNOSTIQUES

et des principaux initiés

Préambule  -  sources

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M 

N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

Lettre J

JACOB Nazir ben Shaoul

JACOB le Pieux

Charm-Samuel JACOB dit FALK (1710-1782).

Max JACOB (Quimper 1876 - Drancy 1944).

Louis JACOLLIOT (Charolles 1837 - Paris 1890).

JACQUES le Juste

JACQUES fils d'Alphée

JACQUES Bariôna

JACQUES fils de Zébédée dit "le Majeur"

Jaïnisme.

JAMBLIQUE (250-330).

JEAN-BAPTISTE (vers - 15 - Jérusalem 35).

JEAN l'Apôtre (5-104 ? ).

JEAN dit MARC

JEAN de Salisbury (1110-1180).

JEAN ben Zaccail

JEAN XXII pape.

JEHAN de Chelles

JEHANNE la Pucelle (Paris 1407 - vian 1435 ? )

JERÔME (vers 345 - 420).

JESUS disciple de Josué ben Perahya.

JESUS le Nazarénien ( -7 - + 30 ? )

JESUS-CHRIST

Jésus Conducteur.

Jeux floraux

JOACHIN de Flore (1132-1201).

JOANNY

Johannites

Les Johannites de Strasbourg

Iaacov Tswi JOLLES (1778-1825).

François JOLLIVET (Douai 1868 - Paris 1940)

JONATHAN ben Ouzziel

JORDAN-PACES ou JOGAN-PACES

JOSEPH

JOSEPH d'Arimathie

Jakob JOSEPH de Poina

Flavius JOSEPHE (37 - vers 95 )

JOSUE

JOSUÉ ben Chanania

JOSUE ben Perahya

Jourdain

Jubélas Joubélos et Jubelum

Jubilé

JUDA de Galilée (vers -40 - +7).

JUDA le Saint ( + 1217 ).

JUDAH le Saint (vers 125 - 202).

JUDAS Iscariote

L'Empereur JULIEN (Byzance 331 - Ctésiphon 363).

JULIEN d'Éclane (385-454).

JUSTIN (vers 100 - vers 165).

JACOB Nazir ben Shaoul

Cabaliste juif languedocien du XIV° s. C'est lui qui a donné définitivement son nom à la séphire Maikout, que beaucoup d'exégètes assimilaient, avant lui, à la Shekina la Présence divine au sein du peuple d'Israël. Iaacov Nazir a tenté aussi de résoudre le problème du Créateur, Iotsèr B'réshit en déclarant que ce dernier n'est pas distinct de la Divinité, qu'il est seulement la manifestation extérieure du Dieu qui se cache, dont, il n'est différent qu'en apparence.

JACOB le Pieux

Cabaliste juif français de la fin du XIIe siècle qui répandit le hassidisme dans la région de Corbeil. Il est l'auteur d'un Sepher ha-Kabôd (le Livre de la Gloire divine), qui sera à l'origine d'un courant de pensée important dans sa région.

Charm-Samuel JACOB dit FALK (1710-1782).

Cabaliste juif polonais qui joua un rôle important dans la franc-maçonnerie initiatique.

Max JACOB (Quimper 1876 - Drancy 1944).

Ecrivain français, juif cabaliste qui se convertit au catholicisme en 1919 après que le Christ lui soit apparu, dit-il , à plusieurs reprises. Il a écrit des poèmes et des essais d'inspiration ésotérique ou mystique. Sa dernière oeuvre, "Méditations", a été écrite au camp de Drancy, où il fut interné comme juif et où il mourut de tuberculose.

Louis JACOLLIOT (Charolles 1837 - Paris 1890).

Un des écrivains occultistes les plus importants du XIXe siècle. Il avait eu l'occasion d'étudier les religions et les croyances extrême-orientales au cours de sa carrière administrative en Inde et à Tahiti et il médita en outre sur les oeuvres de Jakob Boehme, Emmanuel Swedenborg, Louis-Claude de Saint-Martin, etc.

Jacolliot a souligné notamment les analogies que l'on peut trouver entre les lois de Manou hindouistes, la Loi hébraïque attribuée à Moïse, les préceptes du roi Minos de Crète, etc., ainsi qu'entre les personnages de Krishna et du Christ. Il a influencé à son tour des penseurs comme Bulwer-Lytton, Liddell Mathers, Edouard Schuré, etc.

JACQUES le Juste

L'aîné des frères de Jésus le Nazaréen, qui lui succéda à la tête de la communauté thérapeute de Jérusalem, conformément à ce que Jésus lui-même aurait préconisé, à en croire l'évangile selon Thomas (n° 12). Parmi les autres manuscrits retrouvés à Nag-Hammadi en 1945, deux apocalypses sont mises sous son nom, ainsi qu'une épître qualifiée de "secrète". C'est avec ce Jacques, assisté d'un Kîpha et d'un Jean (lequel est vraisemblablement Marc), que l’apôtre Paul fut en rapport lors de ses visites à Jérusalem.

En 62, il sera accusé d'impiété devant le Sanhédrin, qui le condamnera à mort par lapidation. C'est Symeon, dit Pierre ou Kîpha, qui lui succédera en 67, la communauté ayant émigré entre temps à Pella.

JACQUES fils d'Alphée

Un des disciples de Jésus le Nazaréen. Il sera condamné à mort en 44 par le roi Hérode Agrippa de Judée, qui mourra lui-même très peu de temps après.

JACQUES Bariôna

Un des fils de Juda de Gamala, il sera crucifié en 47 avec son frère Simon sur l'ordre de Tibère Alexandre, un neveu de Philon d'Alexandrie, alors procurateur de Rome en Judée.

JACQUES fils de Zébédée dit "le Majeur"

Frère de Jean l'Apôtre. Selon une tradition douteuse, il aurait été tué par "les Juifs" en même temps que ce dernier à une date imprécise. On a fait de Jacques le Majeur le patron des alchimistes. C'est lui qui est révéré è Compostelle, en Galice, et le pèlerinage en cette ville était particulièrement prisé au Moyen Age.

V. aussi: Papias, Zébédée.

Jaïnisme.

Voir: Inde (religions de l').

JAMBLIQUE (250-330).

Philosophe néo-platonicien, disciple de Porphyre, auteur notamment d'une "Vie de Pythagore" et d'un livre "Sur les Mystères égyptiens", où il développe surtout la partie théurgique du platonisme.

Pour Jamblique, les dieux sont des êtres intermédiaires entre les hommes et la Divinité suprême, lumineuse et bonne. Le Soleil, qui est un de ces dieux, possède, selon lui, trois natures : une nature matérielle ou contingente, qui est celle par laquelle il est visible aux êtres vivant sur la Terre ; une nature procosmique intermédiaire ; une nature hypercosmique, qui en fait le créateur et l'ordonnateur des forces universelles.

JEAN-BAPTISTE (vers - 15 - Jérusalem 35).

Nom sous lequel est le plus connu celui que les Évangiles appèlent, tantôt simplement Iôannès tantôt Iôannès ho baptistès (ou ho baptidzôn) ce qui veut dire littéralement "Jean l’Immergeur, mais que les chrétiens ont transcrit en "Baptiste". Après avoir baptisé ainsi, entre autres, son disciple Jésus, il se retira à Aenon, en Samarie, puis exerça ses activités sous le nom de Dosithée ou Dositos. Il se confond vraisemblablement aussi avec celui que les Évangiles appèlent Zébédée et il serait donc le père d'un Jean et d'un Jacques.

V. aussi: Dosithée, Esséniens, Zébédée.

JEAN l'Apôtre (5-104 ? ).

Frère de Jacques, fils de Zébédée. ce dernier étant probablement Jean l'Immergeur ou le Baptiseur. Il n'a, en fait, joué qu'un rôle assez effacé dans les débuts du nazôréisme et du christianisme, ayant souvent été confondu avec son homonyme Jean, dit Marc, l'interprète de Symeon Pierre étant allé avec le diacre Procore se réfugier à Ephèse après la lapidation d'Étienne, Jean y rencontrera notamment Apollôs, puis l'apôtre Paul. Il succédera à ce dernier après sa mort. Relégué à Pathmos au cours de la persécution de l'empereur Domitien contre les juifs, il y écrira à sept églises pauliniennes d'Asie des épîtres auxquelles était joint l'un des textes qui seront fusionnés plus tard pour composer l'Apocalypse mise sous son nom. On lui attribue aussi un Évangile, dont il n'est que partiellement l'auteur, et trois autres épîtres, dont seule la première est peut-être de lui, les deux autres étant l'œuvre d'un certain Jean le Doyen, probablement un de ses disciples.

Selon une tradition peu sûre, Jean l'Apôtre aurait été tué par "les Juifs" en même temps que Jacques, son frère. Mais selon une autre il se serait éteint paisiblement è Ephèse en 104, à l'âge de 99 ans.

V. aussi: Jacques dit le Majeur, Papias.

JEAN dit MARC

Fils d'une Marie chez qui le Pierre du début des "Actes des Apôtres" (qui paraît bien être Simon Bariôna, dit Kîpha, lequel sera crucifié en 47 avec un de ses frères, nommé Jacques) alla se réfugier après s'être évadé de prison; après quoi il serait reparti "en un autre lieu", puis les "Actes" n'en disent plus rien. Mais Jean sera ensuite le compagnon et l'interprète du successeur de ce Pierre au sein de la communauté nazôréenne de Jérusalem, Symeon, surnommé à son tour Kîpha. Il accompagnera ce dernier notamment à Rome, où il prendra le nom latin de Marcus mais ils rentreront tous deux à Jérusalem en 49 à la suite du décret de Claude contre les Juifs. C'est Jacques le Juste, Symeon Pierre (c'est à dire Kîpha ou Céphas et Jean, dit Marcus que l'apôtre Paul rencontrera à Jérusalem vers 53 (Gal. II 9). Symeon Pierre et Jean-Marc retourneront ensuite à Rome, que Pierre quittera à nouveau en 62 après la lapidation de Jacques le Juste à Jérusalem. Marc, resté à Rome, mettra alors par écrit, en latin, à la demande des disciples qu'ils s'y étaient faits, ce qu'avait été la catéchèse orale de Pierre. Ce dernier, ayant succédé à Jacques le Juste en 67, nommera alors épiscope à Rome, pour lui succéder en cette qualité, Linus. Marc sera nommé lui-même épiscope à Alexandrie et il y prendra un autre nom encore, grec celui-là: Glavkias sous lequel il sera connu de Basilide. Il traduira en grec ce qu'il avait écrit à Rome en latin, en y ajoutant des passages de nature gnostique. C'est le texte qui en résulta qui est probablement l' « évangile selon les Egyptians » sur lequel se baseront Carpocrate et ses disciples, mais dont on ne connaît que quelques passages cités par Clément d'Alexandrie. Marc pourrait être allé à Ephèse quelques fois et y avoir rencontré Jean l’apôtre.

V. aussi: Carpocrate, Papias, Pierre.

JEAN de Salisbury (1110-1180).

Prélat anglais, conseiller de Thomas Beckett. Il fut l'élève d'Abailard à Paris et devint évêque de Chartres en 1175.

JEAN ben Zaccail

Disciple de Hillel, qui fonda en 70 à Iamnia (Iabné) une école rabbinique importante, d'où parait être issu le cabalisme.

JEAN XXII pape.

Voir: Jacques Deuze.

JEHAN de Chelles

Architecte français du XIIIe siècle. Il fut un des constructeurs de la cathédrale Notre-Dame de Paris et il eut des contacts avec Dante Alighieri lorsque ce dernier vint en France.

JEHANNE la Pucelle (Paris 1407 - vian 1435 ? )

Mieux connue sous le nom de Jeanne d'Arc, qu'elle ne porta cependant jamais de son vivant, Jehanne naquit à Paris des amours adultères de Louis, duc d'Orléans, frère du roi de France Charles VI, et d'Isabeau, l'épouse de ce dernier. Élevée clandestinement à Domrémy chez le syndic Jacques d'Arc, elle y reçut une éducation soignée et fut rappelée en 1429 à Chinon près de son frère le roi Charles VII, qui la plaça à la tête de son armée avec le duc Jean d'Alençon et le sire Gilles de Rais, petit-neveu de Bertrand Du Guesclin. Elle réussit alors à faire lever le siège d'Orléans par les anglais et Charles Vll put être sacré à Reims.

Attentivement protégée par les franciscains, Jehanne sera néanmoins prise par les Bourguignon devant Compiègne en mai 1430, puis livrée par eux aux anglais, qui la feront comparaître à Rouen devant un tribunal ecclésiastique. Celui-ci la condamnera comme hérétique et idolâtre parce qu'elle prétendait correspondre directement avec Dieu et les saints sans passer par l'intermédiaire de l'Église.

Jehanne ne sera pourtant pas condamnée à mort et ce n'est donc pas elle qui sera brilée sur un bûcher le 30 mai 1431. On la fit évader ce jour-là et se réfugier en un couvent, probablement celui des clarisses d'Èvian, où elle finit vraisemblablement ses jours.

A partir de 1436, plusieurs aventurières se feront passer pour Jehanne la Pucelle, mais toutes seront démasquées et quelques unes punies pour leur supercherie.

JERÔME (vers 345 - 420).

Auteur de la traduction latine officielle de la Bible chrétienne, dite la Vulgate, Eusebius Hieronynius avait commencé par être origéniste, mais il intervint ensuite activement dans la lutte de l' Eglise romaine contre les hérésies, s'opposant principalement à Pélage le Breton et à Vigilance. Bien au courant de la Tradition cabalistique, Jérôme a écrit aussi des commentaires de prophètes hébreux et de Pères de l'Église antérieurs à lui, notamment d'Origène, dont il avouera cependant avoir supprimé ou "corrigé" dans ses écrits ce qu'il y avait trouvé de mauvais...

JESUS disciple de Josué ben Perahya.

Ce Jésus, qui vécut au Ier siècle avant notre ère, se sépara de son maître à la suite, semble-t-il, d'un malentendu. Il pourrait avoir été essénien et certains auteurs pensent même qu'il ne serait autre que le Maître de Justice dont il est question dans divers écrits de cette secte. D'autres pensent que c'est lui qui fut le Jésus ben Pandera dont il est question dans divers écrits juifs, mais il résulte clairement du Talmud (Shabath 104 b) que c'est de Jésus ben Stada, lequel vécut à l'époque d'Aquiba et de Papias, au début donc du II° s. de notre ère, que Pandera fut le père.

V. aussi: léshou ben Stada, Josué ben Perahya, Maitre de Justice.

JESUS le Nazarénien ( -7 - + 30 ? )

Personnage central des Évangiles, dont les auteurs n'ont toutefois pas entendu faire oeuvre d'historien (sauf partiellement celui de l'Evangile selon Luc), mais plutôt de prédicateurs : c'est donc moins à l'homme et à sa vie qu'ils s'attachent qu'à ce que fut, selon eux, son enseignement. Comme, en outre, il n'en est pas parlé dans les oeuvres connues des écrivains contemporains et très peu dans celles de la période immédiatement subséquente, on ne connaît presque rien de sûr au sujet de la vie de Jésus le Nazarénien (dit aussi le Nazaréen). Il ne naquit en tout cas pas à Bethléhem de Judée, cette indication des Évangiles ayant pour but d'établir qu'il aurait été le Messie annoncé par les Écritures hébraïques, lequel devait naître dans cette localité. Peut-être serait-il né à Bethléhem de Nazar, en Galilée, dans le district de Zabulon, et est-ce pour cela qu'il sera surnommé Nazaréen ou Nazarénien. Une interprétation astrologique des données fournies par l'Évangile selon Matthieu permet de fixer la date probable de sa naissance à la nuit du 20 au 21 mai de l'an 7 avant notre ère.

Jésus le Nazarénien semble avoir cru que la fin du monde était proche et que le fils de l'Homme annoncé par Hénoch allait bientôt procéder au grand Jugement; qu'il importait, en conséquence, de retrouver d'urgence le sens véritable des Écritures hébraïques, interprétées dans un esprit trop matérialiste par les sadducéens, d'une façon trop ascétique par la plupart des esséniens et d'une manière trop formaliste par les pharisiens de son époque, qu'il taxa d'hypocrisie. Cela lui valut beaucoup d'ennemis parmi les classes religieuses dirigeantes de la Judée, qui le firent arrêter et le condamnèrent à mort pour blasphème (Marc XIV, 63-64; fiat. XXVI, 65-66). L'intervention du gouverneur romain n'eut pour objet que de rendre cette sentence exécutoire et la mort fut administrée, selon la norme juive en pareil cas, par lapidation, de la façon que décrit le Talmud dans le traité Sanhédrin. Plusieurs dates ont été avancées pour la mort de Jésus le Nazaréen; la plus vraisemblable parait être le 5 avril 30.

Après sa mort, ses disciples le crurent ressuscité, puis monté au Ciel. Plusieurs proclameront alors qu'il avait été le Messie (Mashiach en hébreu, Christos en grec) et propageront avec zèle cette "bonne nouvelle" (evangelion)

Jésus le Nazaréen sera confondu dans la suite avec le Christ céleste de l'apôtre Paul, qui lui avait donné aussi le nom de Jésus (Iéhoshouo en hébreu, veut dire "Dieu sauveur"), et c'est ainsi que naquit le christianisme.

V. aussi: Christos, Josué, Origines.

JESUS-CHRIST

Nom qui sera donné à un Jésus dont ses disciples avaient affirmé après sa mort qu'il avait été le Messie (Christos en grec) annoncé par les prophètes hébreux.

Le fait que, selon les Evangiles qui consacrent cette opinion, Jésus aurait été supplicié entre deux autres personnes: deux voleurs selon les synoptiques, sa mère et le disciple qu'il avait aimé selon Jean est à rapprocher du symbolisme de l'arbre accolé de deux êtres vivants, hommes ou animaux, ceux-ci pouvant être des animaux réels, tels que des lions ou des éléphants, ou fabuleux, comme des griffons ou des sphinx, que l'on retrouve dans quantité de civilisations: indienne, iranienne, chaldéenne, assyrienne, phénicienne, crétoise, etc...

La croix du Calvaire a, en effet, souvent été comparée à un arbre et a même parfois été assimilée à l'arbre de vie du Paradis terrestre.

V. aussi: Arbre séphirotique, Christ, Josué, Krishna.

Jésus Conducteur.

Ayant d'abord collaboré avec Joseph Péladan dans l'organisation de manifestations culturelles placées sous l'égide de la Rose-Croix, le compositeur Erik Satie se sépara de lui en 1893 et fondera alors pour son propre compte l'Église métropolitaine d'Art de Jésus Conducteur. "Conducteur" doit être pris ici dans le sens de l'anglais conductor, chef d'orchestre.

V. aussi: Ordre de la Rose Croix du Temple et du Graal.

Jeux floraux

Voir: Gay Science.

JOACHIN de Flore (1132-1201).

Moine cistercien italien qui fut d'abord abbé de Corazzo, mais résignera cette charge en 1195 pour aller fonder une congrégation religieuse à San Giovanni in Fiore, en Calabre.

Pour lui, l'âge d'or était proche, car à la religion du Père qu'avait été l'hébraïsme avait succédé celle du Fils, le christianisme, laquelle devait être suivie bientôt, selon Joachim, de la religion de l'Esprit, ce dernier devant être le Paraclet annoncé dans l'Évangile selon Jean et précédé d'ailleurs du retour du prophète Elie. Il y aura lieu alors, selon Joachim de Flore, de fonder un ordre monastique nouveau, chargé de sauvegarder la Tradition, mais les hommes n'auront cependant plus besoin de sacrements, du fait qu'ils rendront d'eux-mêmes à Dieu un culte purement idéal.

JOANNY

Voir: Bricaud.

Johannites

Secte fondée à Ephèse par Jean, probablement fils de Jean le Baptiseur, dit aussi Zébédée, et disciple de Jésus le Nazarénien, et par le diacre Procore. Sa doctrine, combinant à l'origine des éléments samaritains et thérapeutes, sera influencée ensuite successivement par Apollôs et par l'apôtre Paul. Après la mort de ce dernier, c'est d'ailleurs Jean qui prendra sa succession à la tête de l'Eglise chrétienne authentique.

Après l'échec en 135 de la révolte juive de Simeon Bar Kochba contre les romains, Papias, un des compagnons de ce dernier et du cabbaliste Aquiba, se réfugiera à Ephèse et se convertira au johannisme. C'est lui probablement qui rédigea la version définitive de l'Apocalypse dite de Jean, où est décrit notamment le combat de l'archange Michel contre le Dragon, où les 144 000 "élus" sont vierges, ne s'étant pas "souillés avec des femmes" et où il est fait allusion au millénarisme et à l'embrasement final de l'univers.

A Jean l'Apôtre succédera à Ephèse Zébédée, qui était probablement son fils, un petit-fils donc sans doute du Zébédée des Evangiles.

V. aussi: Apocalypse de Jean, Papias, Zébédée.

Les Johannites de Strasbourg

Confrérie de chevaliers née au XIVe siècle, qui continua les traditions johannites antiques, celles des Templiers, des Hospitaliers, des Chevaliers du saint Graal et des trouvères. Certaines de ses conceptions présentent des analogies incontestables avec celles de plusieurs sectes islamiques chiites, entre autres la notion de l'Ile Verte des bienheureux, qui leur est commune, mais s'apparente aussi aux Îles fortunées du druidisme.

Iaacov Tswi JOLLES (1778-1825).

Cabaliste polonais de Galicie. Il est l'auteur dun Sepher Kehilat Iaacov, oeuvre posthume.

François JOLLIVET (Douai 1868 - Paris 1940)

Alchimiste, hermétiste et cabaliste français. Bien qu'il ne fût pas dualiste, il a continué la Tradition et contribué à la renouveler.

JONATHAN ben Ouzziel

Disciple de Hillel, auteur d'une traduction commentée, en araméen, de la Bible hébraïque, où il est dit notamment que Dieu a créé le monde par sa Sagesse. Pour Jonathan ben Ouzziel, en outre, Elohîm = IHWH = Hashem (le Nom), Dieu pouvant être désigné indifféremment par l'un de ces trois noms.

JORDAN-PACES ou JOGAN-PACES

Voir: Léo Taxil, Palladisme.

JOSEPH

Onzième fils du patriarche Jacob. Devenu grand-vizir du pharaon d'Egypte, il fut initié aux mystères d'Osiris et il fera s'établir en Egypte une tribu de Chabirous Ayant épousé Zouleika, une princesse égyptienne, il en aura deux fils, Ephraîm et Manassé. qui recevront la bénédiction de leur grand-père Jacob. Dans la tradition islamique, Joseph est le prototype de la beauté.

V. aussi: Djâmi, Hosarsiph.

JOSEPH d'Arimathie

Dans les Evangiles chrétiens, Jésus est enseveli, après sa mort, par Nicodème, un de ses disciples, et par un homme qu'ils dénomment Iôsseph Arimathaios, ce dernier mot étant traduit habituellement "d'Arimathie" (nom d'une localité inexistante), mais qui n'est autre en réalité qu'une transcription de l'hébreu Har ha-mothîm c'est à dire "de la fosse des morts": il s'agit donc du fossoyeur.

Les évangélistes en feront un personnage important et la légende s'en emparera. Quand l'épopée arthurienne sera christianisée notamment, elle fera aborder Marie, mère de Jésus, Marie la Madeleine et Marie l'Égyptienne avec Joseph d'Arimathie au lieu appelé à cause de cela Les Saintes Maries de la Mer, dans le midi de la France. Ils avaient, dit-on, emporté avec eux la coupe dans laquelle Jésus-Christ aurait bu au cours de la Dernière Cène et où Joseph aurait recueilli le sang de Jésus coulant de la plaie qui lui aurait été faite par un centurion au Calvaire au moyen de sa lance, ainsi que cette lance elle-même. La lance et la coupe (dont on fera le saint Graal) jouent un rôle important dans les romans celtiques relatifs à l'Ordre chevaleresque de la Table ronde.

V. aussi: Graal, Table ronde.

Jakob JOSEPH de Poina

Disciple du Baal Shem Thov. Il prêcha à Meseritz, où il sera rejoint par Dov Beer, fils de Shnéour Zalman.

Flavius JOSEPHE (37 - vers 95 )

Descendant des Hasmonéens, Iossef ben Mattatia exerça la profession d'avocat. Au moment de la guerre contre les romains en 66, ii fut nommé administrateur de la Galilée, mais il ne tarda pas à se rendre et à passer à l'ennemi. Protégé de l'empereur Vespasien, il ajouta à son nom le nomen gentilicum Flavius de ce dernier. A Rome, il écrira, d'abord en araméen en 75, puis en grec en 79, une relation de la Guerre des Juifs contre les Romains, à laquelle il avait pris part, puis vers 90 une "Histoire ancienne des Juifs" et un peu plus tard un pamphlet "Contre Apion", où il exprime des idées qui en font un précurseur du cabalisme.

On ne sait exactement quand il est mort, mais ce fut probablement au cours de la persécution de l'empereur Domitien contre les juifs, les philosophes et les astrologues, persécution qui provoqua aussi le départ de Rome d'Epictète et la relégation à Patmos de Jean l'Apôtre.

V. aussi: Apion, Epictète, Jean l'Apôtre.

JOSUE

Le nom de Hoshéa, fils de Noun, de la tribu d'Ephraïm, fut changé par Moïse en Iéhoshouo, ce qui veut dire, en hébreu, "Dieu Sauveur" et est traduit en français Josué. Moïse lui transmit la Tradition ésotérique avant de mourir et Josué se choisira douze compagnons, un par tribu du peuple hébreu (Josué III 12), c'est à dire autant que le nombre des fils de Jacob ou des signes du zodiaque. Ces douze hommes placèrent chacun une pierre dans le lit du fleuve Jourdain afin de pouvoir le traverser plus facilement, puis ils les érigèrent en un lieu nommé Gilgal (Jos.IV, 2-20). Il est à remarquer qu'en hébreu, le nom du zodiaque est galgal

Ce nom de Iéhoshouo sera encore porté par d'autres que Josué, fils de Noun. Puis il sera simplifié en Iéshouo ou Ioshouo et enfin en Iéshou, ces trois derniers noms étant traduits en français par Jésus. C'est à l'instar de Josué que Christ, le fils du Dieu bon de Cardon, choisit douze "apôtres", fait qui sera attribué par les Évangiles synoptiques à Jésus le Nazaréen, homonyme en fait de Josué. Il est important de noter, à ce propos, que Iéhoshouo, Ioshouo, Iéshouo, léshou, sont uniformément traduits en grec xxxx (Iêsous).

V. aussi: Christ, Cerdon, Cinquante, Hepburn, Josué ben Perahya, Jourdain, Morse, Noun,

JOSUÉ ben Chanania

Disciple de Jean ben Zaccail et contemporain du rabbi Eléazar ben Horcanos, il estimait, contre ce dernier, que les justes de toutes les nations, et non seulement les juifs, auraient part au "monde à venir".

JOSUE ben Perahya

Docteur essénien éminent de la fin du II° et du début du I° siècles avant notre ère, qui eut notamment pour disciple un Jésus, mais qui s'en sépara à la suite d'un malentendu dont le Talmud ne fait état qu'assez confusément.

Certains des historiens des religions qui dénient au Jésus des Evangiles toute existence historique inclinent à penser que c'est ce Jésus, disciple de Josué ben Perahya, qui aurait servi de modèle au Jésus évangélique.

V. aussi: Jésus disciple de Josué ben Perahya, Maître de Justice.

Jourdain

Fleuve de Palestine, que les hébreux auraient franchi, avec Josué à leur tête, en pénétrant dans la "Terre promise".

Mais le nom de "Jourdain", en hébreu Iordan, en arabe Esh Sherioth est aussi celui d'une chaîne de montagnes du pays d'Asir, en Arabie, et l'on a pu soutenir que c'est en réalité en franchissant cette chaîne que Josué entra dans le pays des cananéens, dont le territoire s'étendait à l'époque jusque là.

C'est dans le fleuve Jourdain, non loin de Jéricho, que Jean l'Immergeur baptisera ceux qui venaient à lui. Lorsque les mandéens conférèrent ce même baptême à ceux qui le sollicitaient, en les plongeant dans l'Euphrate, ils donneront à celle-ci, en pareille circonstance, le nom de Jourdain. En 46, Théudas, qui est probablement le Thaddée des évangiles chrétiens, franchit à son tour ce fleuve dans le but de prendre le pouvoir à Jerusalem et de chasser les romains de la Judée. Mais il fut vaincu et tué au cours d'une bataille, son corps sera décapité et sa tête portée au procurateur de l'époque. Plus tard, il se trouvera des gnostiques considérant comme mauvaise toute matière, y compris l'eau des fleuves, pour estimer que le baptême par immersion, dans le Jourdain ou ailleurs, était abominable. Pour Héracléon notamment, Jean l'Immergeur avait été un envoyé du Diable.

V. aussi: Héracléon, Jean-Baptiste, Josué, Mandéens, Théudas.

Jubélas Joubélos et Jubelum

Noms maçonniques des compagnons qui assassinèrent l'architecte Ahiram et que la Bible hébraïque appèle Akirof, Strakine et Astrafal, tandis que les traditions islamiques les dénomment Amrou, Phanor et Métoushaël; ce dernier aurait été un hébreu.

V.aussi: Ahiram, Hiram, Métoushaël.

Jubilé

Voir: Cinquante.

JUDA de Galilée (vers -40 - +7).

Appelé aussi Juda de Gamala, ou le Gaulonite, ou le Golanite, parce qu'il naquit probablement Gamala, dans le Golan, qui faisait alors partie de la Galilée. Il était le petit-fils d'Ezéchias, qui avait été crucifié en -43 par Hérode le Grand, et le fils du Théudas qui fomenta une récolte contre ce dernier et fut à son tour crucifié en -7.

Juda de Gamala était essénien, sans doute de la branche des thérapeutes. Il aura de nombreux enfants, parmi lesquels probablement Jean, né vers -15 de sa liaison avec Elisabeth, la femme du prêtre Zacharie.

En 6 de notre ère, Archelaos, fils d'Hérode le Grand, ayant été déposé par l'empereur Auguste de sa charge d'ethnarque de Judée et celle-ci réduite en province romaine, un recensement y fut ordonné, dont l'organisation fut confiée à Quirinius, légat de Syrie. Juda le Gaulonite fonda alors, avec le pharisien Sadoq, une branche armée de l'essénisme, les sicaires, qui s'opposera au recensement par la force; mais Sadoq et Juda mourront au combat en 7.

V. aussi: Essénisrne, Thérapeutes.

JUDA le Saint ( + 1217 ).

léhoudi hé-Hassid, un cabaliste juif allemand de Ratisbonne, fils de Samuel le Pieux, passe pour être l'auteur, en collaboration avec Eléazar de Worms et Samuel de Spire, du Sepher Chassidîm (le Livre des Dévots), qui expose notamment ce que doit être la règle de vie des chassidîm.

Pour Juda le Saint, en outre, les hommes ne sont pas d'une nature différente de celle des anges, car ceux-ci comme ceux-là sont faits de matière et de forme.

V. aussi: Hassidisme.

JUDAH le Saint (vers 125 - 202).

Un des disciples les plus importants de Symeon Bar lochaï, appelé aussi léhouda ben Shalom ou Rabbénou, ou encore Haccadosh mais qui est aussi l'un des rabbins qui rassembleront les enseignements des docteurs pharisiens pour en faire la Mishna laquelle est une des sources du Talmud.

C'est Haccadosh aussi qui est l'auteur de l'aphorisme très en vogue parmi les juifs: "Ce qui soutient le monde, c'est la pure haleine des enfants qui, fréquentant les écoles religieuses, y apprennent la Torah."

Son oeuvre sera continuée après sa mort par léhouda Hanassi, dit Rabbi.

JUDAS Iscariote

Personnage des Evangiles qui est censé avoir "livré" Jésus à ses ennemis. Selon les manuscrits, il est surnommé, en grec, Kananaios, Iskariôth, Skariôth, ou Skariôtîs, en latin Zelotes. Jean en fait le fils d'un Simon, qui reçoit en grec, dans les autres Évangiles, les mêmes surnoms et qui ne peut donc être que celui qui est aussi surnommé Bariôna ce dernier mot signifiant en araméen « hors la loi ».

S’il n'est pas imaginaire, ce ne serait pas Jésus qu'aurait "livré" ou "trahi" ce Judas, mais plutôt Dosithée, c'est à dire Jean le Baptiseur, dont Simon Bariôna était un demi-frère et Judas donc son neveu. Les caïnites l'ont réhabilité en affirmant qu'il ne fut pas autre chose que l'instrument conscient des volontés du Dieu Père.

V. aussi: Caïnites, Simon Barina.

L'Empereur JULIEN (Byzance 331 - Ctésiphon 363).

Ayant eu une enfance troublée, Flavius Claudius Julianus, fils cadet de Jules Constance et petit-neveu de Constantin le Grand, avait été élevé dans la religion chrétienne. Quand il succéda à son cousin Constance en 361, il entreprendra néanmoins de restaurer l'antique culte paien, mais en le rénovant, et il ôtera au clergé chrétien les privilèges que lui avaient accordés ses prédécesseurs, ce qui l'a fait surnommer "l'Apostat" par la plupart des historiens. Julien administra cependant l'Empire romain avec sagesse et il composa aussi des traités de théologie, de tendance néo-platonicienne, d'une très grande élévation de pensée. Pour lui, le Dieu suprême, c'était Hêlios, l'Esprit du Soleil qui présente, selon sa conception, des traits l'apparentant à Mithra, au culte duquel Julien paraît avoir été initié, ainsi peut-être qu'aux mystères d'Eleusis. Julien croyait en outre à l'immortalité des âmes à la façon de Platon.

Il périt au cours d'une bataille, pourtant victorieuse, contre les Parthes, atteint au foie par un javelot dont beaucoup d'historiens indépendants soupçonnent, non sans raison, qu'il lui avait été décoché, non par un ennemi, mais par un soldat chrétien de sa propre armée, bien que cela n'ait jamais pu être formellement établi.

JULIEN d'Éclane (385-454).

Partisan de Pélage le Breton, qui combattit les thèses augustiniennes sur le péché originel.

Carl-Gustav JUNG (Bâle 1875 - Küssnacht 1961).

Psychologue, analyste et astrologue suisse, Jung avait été d'abord disciple de Freud, mais il s'en sépara, estimant que les théories de ce dernier étaient trop foncièrement matérialistes.

Dans ses ouvrages, dont le plus important est intitulé Psychologie und Alchemie, Jung a analysé notamment de façon pénétrante les rapports entre l'alchimie et les religions, en particulier les religions de salut. Pour lui, le Jésus gnostique symboliserait la pierre philosophale des alchimistes.

Il a aussi perfectionné la notion psychanalytique du "surmoi" et développé une théorie de l'inconscient collectif, lequel s'exprimerait notamment dans les légendes, les mythes, les contes de fées, les fabliaux...

JUSTIN (vers 100 - vers 165).

Gnostique samaritain, qui fut d'abord païen, mais qui se convertit au christianisme et écrivit alors en grec un premier livre, intitulé Barouch (ce qui veut dire en hébreu "le Béni"), où il distingue trois principes: un Dieu bon, qui est aussi la Lumière ; Elohim, le créateur, oui est aussi le Père; et Eden, la matière.

En s'unissant, Elohim qui est mâle et Eden qui est femelle ont donné naissance aux anges, lesquels ont eux-mêmes fait l'homme. Barouch est l'un de ces anges. A ce moment, Elohim ne connaissait toutefois pas encore le Dieu bon. L'ayant rencontré un jour qu'il était allé au plus haut du ciel, il ne voulut plus en redescendre. Eden, se jugeant alors abandonnée, se vengea en répandant des maux sans nombre sur les créatures et en trompant Elohim avec Naas (hellénisation de l'hébreu nachash) le Serpent. C'est pourquoi le Père envoya l'ange Barouch au secours de l'esprit qui habite en les hommes. Barouch se manifesta ainsi successivement à Adam, à Moïse, à Hercule - qui combattra les douze mauvais anges de la création : ce sont ses douze travaux - et enfin, au temps du roi Hérode, à Jésus alors que ce dernier, âgé de douze ans, gardait un troupeau de brebis. Devenu adulte, ce Jésus prêcha aux hommes l'enseignement qui lui avait été transmis par Barouch et il résista aux tentations de Naas, qui arriva cependant à le faire crucifier. En mourant, Jésus rendit entre les mains du Père son esprit, qui monta vers le Dieu bon. Justin se rendit ensuite à Ephèse pour tenter de gagner les chrétiens johannites à cette doctrine, mais c'est eux qui le convertirent à nouveau et il défendra leur doctrine notamment en polémiquant avec un docteur juif, qu'il appèle Tryphon, mais qui est probablement le rabbin Tarphon, lequel s'était exilé à Ephèse après la défaite de Bar Kochba en 135.

Vers 137, Justin se rendit à Rome, où il se ralliera à la Grande Eglise, bien qu'il doutât encore alors qu'on pût continuer à s'appuyer sur la Bible hébraïque ; il estimait toutefois que celle-ci trouve son accomplissement dans l'Évangile. Pour lui, c'était le Christ qui avait parlé à Moïse sous la forme d'un feu sortant d'un buisson. Il fit à Rome d'assez nombreux adeptes, à qui il faisait prêter le serment qu'ils ne quitteraient jamais le Dieu bon pour retourner aux créatures.

Justin polémiquera aussi contre les simoniens et les marcionites, s'étant rangé aux côtés de Hermas et de Clément dans leur opposition à ceux-ci. Il rédigera néanmoins deux Apologies, adressées, la première au Sénat de Rome, la seconde à l'empereur Antonin, dans lesquelles il prend la défense de tous les chrétiens, quelle que soit leur tendance, orthodoxes ou hérétiques, contre les persécutions dont ils commençaient à être l'objet. Dans l'une de ces Apologies, il précise que c'est après sa crucifixion et sa résurrection que Jésus avait enseigné à ses disciples sa doctrine ésotérique.

Ces Apologies paraissant pourtant n'avoir eu que peu d'effet. Justin lui-même périt martyr vers 165 et plusieurs chrétiens, dont Valentin, durent alors quitter Rome.

V. aussi: Hermas, Marcion, Papias.