Abolition  des droits féodaux

  Les grandes journées de la Révolution française

5 mai 1789: ouverture des états généraux

14 juillet 1789: prise de la Bastille

4 août 1789: abolition des droits féodaux

26 août 1789: déclaration des Droits de l'Homme

15 janvier 1790: création des départements

31 mars 1790: Robespierre préside les Jacobins

12 juillet 1790: Constitution civile du Clergé

14 juillet 1789: fête de la Fédération

25 avril 1792: naissance de la Marseillaise

11 décembre 1792: procès de Louis XVI

05 septembre 1793: la Terreur à l'ordre du jour

16 octobre 1793: exécution de Marie-Antoinette

24 novembre 1793: le calendrier révolutionnaire

27 juillet 1794: chute de Robespierre

08 juin 1795: Louis XVII meurt au Temple

05 octobre 1795: insurrection de Vendémiaire

26 octobre 1795: début du Directoire

04 septembre 1797: coup d'État de Fructidor

09 novembre 1799: coup d'État du 18 Brumaire

Etoile

voir aussi Les guerres de la Révolution et de l'Empire
 

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux.

La prise de la Bastille et les menaces de réaction nobiliaire avaient provoqué dans les campagnes une Grande Peur et en de nombreux endroits, les paysans s'étaient armés et jetés sur les châteaux des seigneurs honnis... tout en proclamant leur fidélité à la personne du roi.

Ils brûlent les archives, en particulier les «terriers» qui fixent les droits et les propriétés seigneuriales. Parfois, ils maltraitent, violent et tuent les hobereaux et leur famille.

Ces soulèvements de paysans inquiètent les privilégiés, au premier rang desquels les députés qui siègent à Versailles. Contre les bourgeois qui en appellent à la répression, les nobles, plus au courant de la situation, préfèrent l'apaisement.

«Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête», s'exclame le richissime duc d'Aiguillon, «l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime».

En une nuit, les nobles de l'Assemblée s'empressent d'abolir les restes de la féodalité pour «faire tomber les armes des mains des paysans» selon le mot de l'historien Albert Mathiez.

Les droits féodaux et les privilèges de toutes sortes sont abolis.

Certains archaïsmes comme la corvée obligatoire disparaissent à jamais, de même que des injustices criantes, telle que la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.

Toutefois, certaines autres taxes, comme les cens et les champarts, doivent être rachetées par les paysans. A cette seule réserve, les paysans deviennent propriétaires de plein droit de leurs terres.

À la faveur de cette grande séance parlementaire, tous les citoyens deviennent égaux devant la loi. Les députés tireront les conséquences de leur vote en préparant une solennelle Déclaration des droits.

A posteriori, la nuit du 4 août n'apparaît pas seulement comme une splendide victoire de l'égalité. C'est aussi une nouvelle avancée du centralisme administratif sur les us et coutumes locaux: en-dehors de la norme reconnue à Paris, il n'y a plus de légitimité.

À noter toutefois une exception en ce qui concerne «l'abolition de l'esclavage des Nègres» dans les colonies, proposée en vain par le duc François de la Rochefoucaud-Liancourt, un aristocrate éclairé, adepte du progrès technique et de la philosophie des «Lumières».

 

Mise à jour le 23 février 2003