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Le héros de
la fameuse Chanson de Roland était-il réellement le neveu de
Charlemagne ?
Aucun texte
ne l'assure avec certitude.
Le massacre
de l'arrière-garde de l'armée franque a lieu le 15 août
778.
Ce n'est
qu'en 1189 que le "comte de la marche de Bretagne" se voit
gratifié du titre de neveu de l'empereur. C'est
dans la plus ancienne des versions de la Chanson de Roland, dite
"manuscrit d'Oxford".
Selon ce
texte, Roland, est le fils de Gisèle, la sœur bien-aimée de
Charles. Ganelon qui, selon la légende, empêche l'empereur de
secourir son arrière-garde, est le propre beau-père du jeune
preux, le second mari de Gisèle.
Sombre
vengeance de famille... sans doute imaginaire !
Le héros
magnifié, à l'épée capable de fendre les montagnes, n'a
probablement été qu'un obscur comte de la suite impériale ! |

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Au
sud-ouest, le royaume franc a pour voisine l'Espagne, alors occupée
par les Arabes. charlemagne a toujours rêvé de prendre les armes
contre ces infidèles, refoulées par son grand-père Charles
Martel. Or, fin 777, le gouverneur de Barcelone, Soliman Ben Alrapi,
en révolte contre l'émir de Cordoue, lui propose plusieurs places
fortes contre son intervention. L'occasion est trop tentante : le
jour de Pâques, 19 avril 778, Charlemagne réunit symboliquement
son armée à Poitiers, "dans le plus grand appareil
possible". Il la devise en deux : une partie franchira les
Pyrénées par la bordure orientale, le long de la Méditerranée,
l'autre, sous ses ordres, passera du côté occidental. La région
est ha bitée
par les Basques, peuple indépendant et farouche, mais qui a fait sa
soumission aux Francs : le passage se fait sans incident.
La campagne
commence on ne peut mieux : Charlemagne prend Pampelune et se dirige
vers Saragosse, où l'attend Soliman. Mais il doit faire demi-tour
en toute hâte : un soulèvement général vient d'avoir lieu en
Saxe ! Frustré d'un succès qui semblait assuré, il repasse les
Pyrénées par le col de Roncevaux, le 15 août 778... C'est là que
l'attendent les Basques.
Contrairement
aux apparences, ils ont très mal supporté la première incursion
sur leur territoire et sont bien décidés à se venger. Embusqués
sur les hauteurs, ils laissent défiler toute l'armée et se jettent
sur l'arrière-garde commandée par Roland, comte de la marche
frontière de Bretagne.
L'arrière-garde
est encombrée de chariots ; les Basque occupent une position
dominante et écrasent leurs adversaires sous des blocs de roches :
il n'y a pas un survivant. Charles est alerté, mais ne peut rien
faire. Revenir sur ses pas serait un suicide : il connaîtrait le
même sort.
A Roncevaux,
Charlemagne essuie sa première défaite : ce cruel revers efface sa
joie d'avoir vaincu les Espagnols, et il laisse éclater
publiquement sa douleur. La naissance, au même moment, d'un
troisième fils, Louis, n'atténue pas sa colère... Mais il doit se
tourner rapidement vers de nouveaux affrontement, toujours en Saxe. |