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l'expansion de l'islam Retour page Accueil 

Un émissaire arabe rencontrant Hormizd, un gouverneur perse, lui tint le discours suivant : « Nous connûmes la pauvreté... Couchant sur le sol nu, vêtus de peaux de chameau et de laine filée, nous étions souvent  réduits à manger les sauterelles du désert. Ignorants et idolâtres, nous égorgions les uns les autres. Mais un jour, Dieu nous envoya un prophète pour nous mener vers la vraie religion. Nous sommes un peuple nouveau ! Allah a dit : "Amenez les hommes à moi. Celui qui consent à se convertir aura les mêmes droits que vous; à celui qui refuse demandez de payer un tribut : s'il accepte, vous le protégerez, sinon, vous le combattrez ! Vos morts connaîtront le paradis, et les survivants, la victoire !" ; alors choisis : ou tu acceptes de payer le tribut, ou tu dois te préparer à la lutte. »


LA TECHNIQUE MILITAIRE ARABE

Dans l'Antiquité, les batailles se résumaient, pour l'essentiel, à un affrontement en "corps à corps" entre deux formations, assez statiques, où la plus tenace, la plus résistante et la plus nombreuse avait le dessus.

Les arabes introduisirent une innovation radicale dans l'art militaire en donnant la première place à la guerre de mouvement et à la cavalerie légère, vive à l'attaque et rapide dans la retraite.

L'armée arabe comprenait également un solide corps d'infanterie, qui était en mesure de supporter les chocs les plus rudes grâce à son équipement : chaque combattant était muni d'un bouclier rond et léger, d'une lance et d'une longue épée droite. mais les coups décisifs étaient portés par la cavalerie. 

tLes cavaliers arabes surgissaient soudainement sur le champs de bataille, montés sur de petits chevaux nerveux.

COUP D'ARRÊT À POITIERS

En 711, sur l'ordre du gouvernement arabe d'Afrique du Nord, le général Tarik débarqua dans la péninsule Ibérique avec une petite armée, composée de 300 cavaliers arabes et de 7 000 soldats maures, des Berbères de Mauritanie. Le débarquement a lieu à l'endroit où les côtes africaines et européennes sont les plus rapprochées. On donna le nom de Djebel al Tarik (montagne de Tarik),qui devint plus tard Gibraltar.

La conquête de l'Espagne : l'année suivante, Tarik, qui avait pris position en Espagne méridionale, reçut le renfort d'une importante armée de 10 000 cavaliers arabes et de 8 000 fantassins maures. Il fallut à peine deux ans aux musulmans pour renverser le royaume wisigoth. La résistance à l'avancée arabe fut faible, sauf dans les régions montagneuses et maritimes du Nord (Galice, Asturies, Cantabrique), qui restèrent chrétiennes. La péninsule fut traitée sans rudesse excessive. Nombreux furent les chrétiens et les Juifs qui acceptèrent de payer le tribut; en contrepartie, les Arabes leur accordèrent la liberté de culte. Seule la noblesse wisigothe qui avait pris les armes fut persécutée et se vit confisquer terres et palais.

L'Europe prise en tenailles : les succès remportés par les armées arabes en Orient, en Afrique et en Espagne firent naître un projet grandiose. Il s'agissait de pénétrer en Europe centrale, en traversant l'Afrique du Nord, l'Espagne et la Gaule. Là, l'armée arabe d'Occident ferait sa jonction avec l'armée d'Oient qui, après avoir dépassé Byzance et la péninsule des Balkans, se serait enfoncée dans le continent, à travers la plaine hongroise et la Germanie.

L'affrontement décisif : les troupes arabes pénétrèrent en Gaule méridionale à partir de 719, en passant par le col de Roncevaux. Procédant, selon leur tactique habituelle, par de foudroyantes incursions et de meurtrières razzias, elles se répandirent en Aquitaine, empruntèrent souvent la vallée du Rhône, et remontèrent jusqu'à Autun en Bourgogne. Les chefs Francs ne prirent vraiment conscience du danger qu'en 732, lorsque le duc d'Aquitaine, Eudes, fut écrasé par Abd al-Rahman, chef valeureux de l'armée arabe, qui détruisit Bordeaux et poursuivit sa marche vers le nord en direction de Tours, où se trouvait la très riche abbaye de Saint-Martin. Charles Martel, duc d'Austrasie et "maire du palais", c'est-à-dire véritable maître de la Gaule du Nord, ne pouvait laisser piller ce haut lieu spirituel de la Gaule. Il décida d'organiser la résistance.

En octobre 732, les deux armées se rencontrèrent en un lieu situé entre Poitiers et Tours, au confluent de la Vienne et du Clain. Pendant plusieurs jours Charles Martel observa l'ennemi, qui avait adopté une attitude résolument offensive et cherchait à engager la bataille.

Enfin, la puissante infanterie franque se déploya dans la plaine : c'était une muraille de cuir et de fer, hérissée de lames et de pointes. La lourde cavalerie d'Eudes (qui avait rejoint Charles Martel), montée sur des chevaux ardennais, beaucoup plus grands que les rapides destriers arabes, protégeait les flancs. Un important contingent se tenait en retrait, prêt à effectuer des manœuvres de diversion.

La bataille : Abd al-Rahman donna le signal. Galopant impétueusement, et au cri de guerre d'Allah Akbar !, des milliers de cavaliers foncèrent sur les lignes franques. Les fantassins de Charles Martel ne cédèrent pas. Son infanterie et celle des Aquitains se maintinrent "comme un rempart de glace" face aux évolutions des cavaliers arabes. Eudes, avec un groupe important de cavaliers, cherchait à s'éloigner du camps pour attirer les ennemis et alléger la terrible pression que l'infanterie devait subir.

Vers quatre heures de l'après-midi, les Arabes entendirent des cris venant de l'arrière. Eudes et ses cavaliers avaient contourné le champ de bataille, détruisant le campement arabe, massacrant l'arrière-garde.

Les Arabes se précipitèrent pour faire face à ce danger imprévu; Charles Martel, alors, ordonna l'attaque. Le "mur de fer" commença à avancer, compact, irrésistible. Il mit tout en déroute : Abd al-Rahman lui-même fut tué. Mais la nuit contraignit les Francs à s'arrêter à proximité du camp adverse. A l'aube, après avoir franchi un terrain couvert de milliers de cadavres, ils pénétrèrent entre les tentes : tous les survivants avaient fui à la faveur de l'obscurité.

Ainsi, la vague de l'islam ne dépassa pas la Loire. En réalité, à Poitiers, l'élan des tribus était déjà à bout de course. Le rêve nourri par les Arabes de prendre Byzance à revers ne se réalisa pas. En Gaule même, ils se maintinrent jusqu'en 759, année où ils perdirent leur dernière place, Narbonne.