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________FICHE 27
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La FranceDans les années 1930, un fort courant extrémiste s'est exprimé, parfois violemment. Le gouvernement de Front populaire issu des élections de 1936 a réalisé d'importantes réformes sociales. Mais, marqué par une tradition de pacifisme, il ne s'est pas engagé aux côtés de la République espagnole contre la rébellion franquiste. Cet aveuglement fut partagé par les successeurs du Front populaire, qui ne retinrent des discours hitlériens que les déclarations d'intention pacifiques. Les républicains espagnols réfugiés furent parqués dans des camps, ce qui devait les condamner. En 1939, après avoir accepté aussi bien l'Anschluß que le démantèlement de la Tchécoslovaquie, il ne fut plus possible d'assister à l'invasion de la Pologne sans déclarer la guerre. L'inanité du commandement militaire permit à Hitler d'achever son occupation de la Pologne avant de regrouper ses troupes pour ouvrir un front à l'ouest, en envahissant la Belgique et la France, qui fut partagée en cinq zones : une annexée (l'Alsace-Lorraine), une au nord rattachée à la Belgique occupée, une occupée comprenant Paris, une dite "libre" dans laquelle le Gouvernement français s'installa à Vichy, et une zone alpestre occupée par les forces fascistes italiennes. De façon explicite, la "juiverie" était désignée comme un fléau dans l'idéologie du chef de l'Etat Philippe Pétain. Aussi le gouvernement n'attendit-il aucune injonction de l'occupant pour établir définition et recensement des Juifs, ni pour les exclure de la fonction publique. Le port de l'étoile jaune fut instauré le 15 mai 1942, et des camps créés dans tout le territoire, où furent internés opposants et Juifs, ainsi que des camps spécifiques pour les Tsiganes. Les camps étaient organisés par la police française, qui mena également la grande rafle dite du "Vel d'Hiv", au cours de laquelle des milliers de Juifs furent conduits au vélodrome d'hiver, avant d'être internés notamment au camp de Drancy, puis déportés à Auschwitz... La population française, après un exode devant l'invasion, manifesta majoritairement une grande passivité, s'occupant essentiellement de sa survie et de son ravitaillement. L'Etat et la plupart des fonctionnaires collaboraient avec les occupants, une partie non négligeable de la population leur apportait son soutien, allant jusqu'à la création d'une milice, comme dans la plupart des pays sous contrôle allemand. Ce n'est qu'à partir de 1942 que se développa une Résistance qui prit la forme de réseaux clandestins et, dans la zone "libre", de maquis constitués d'opposants et de réfractaires au "service du travail obligatoire" (envoi en travail forcé en Allemagne). Cette Résistance était coordonnée et approvisionnée en armes et munitions par les troupes françaises à l'étranger, sous la direction du général de Gaulle. Les Juifs réfugiés d'Allemagne et d'autres pays européens furent à peu près sacrifiés, dans l'espoir de sauver les Juifs français. Cet espoir était évidemment vain. Un certain nombre de Juifs purent s'échapper en passant en zone libre puis en Espagne, ou bien encore par l'Italie - s'ils n'étaient pas dénoncés - et en payant parfois très cher des passeurs. D'autres, et parmi eux beaucoup d'enfants, furent cachés, notamment par des communautés protestantes, et quelquefois catholiques (qui en "récupérèrent" certains pour leur église). Le processus qui en Allemagne s'était déroulé en neuf ans (1933-1942) fut réalisé en France entre 1940 et 1944. Seule la zone italienne fut relativement épargnée jusqu'en 1943, les forces fascistes n'étant pas préoccupées d'actions antisémites. De nombreux Juifs participèrent à la Résistance, ou même organisèrent des groupes de combat et de sabotage. |