________FICHE 32


URSS
Assassinés : 1'000'000
Survivants : 300'000


Pays Baltes
Assassinés : 224'000
Survivants  : 25'000

L'URSS et les pays Baltes


L'ouest de la Russie et les pays Baltes étaient des berceaux anciens de peuplement juif. En Lituanie, les Juifs étaient présents dès la constitution du grand-duché, et s'étaient vu accorder des avantages par le grand-duc Gediminas lors de la création de Vilnius, en 1323. La communauté de Vilnius connut au 18e siècle une réputation mondiale par la qualité de ses interprétations religieuses. Les quartiers juifs ou shtetl ont souvent été, dans tous ces pays, au coeur des villes mais aussi des villages. Cependant ce sont aussi des régions de persécutions anciennes : les pogroms y furent fréquents et meurtriers.

Au début de la guerre, l'URSS occupe l'est de la Pologne et la Lituanie récupère la région de Vilnius. Un grand nombre de Juifs polonais de l'ouest se réfugie dans la partie orientale où ils se joignent à des groupes de partisans, ou la traversent pour aller plus à l'est. L'offensive allemande de 1941 vers l'est est accompagnée de l'action des Einsatzgruppen qui procèdent, juste derrière le front, à des massacres systématiques. Les cibles sont désignées : Juifs des deux sexes et de tous âges, et "commissaires politiques" (en pratique, tous ceux réputés être communistes ou dénoncés comme tels). Les nazis trouvèrent le soutien d'une partie des populations locales, notamment des Lituaniens et des Ukrainiens, qui prirent parfois (entre autres à Vilnius) l'initiative des massacres, et se montrèrent par la suite des auxiliaires zélés et sanguinaires, tant auprès des Einsatzgruppen que dans la garde des camps. Le nombre de victimes russes non juives fut également considérable - même s'il est difficile, dans la situation où opérations militaires et tueries sont peu distinctes, de les attribuer avec certitude aux unes ou aux autres.

Lors de la Conférence de Wannsee (janvier 1942), le nombre estimé de Juifs encore à éliminer montre bien l'ampleur des massacres : l'Estonie était qualifiée de judenfrei (libre de Juifs), et en Lituanie il n'en restait déjà plus que 34'000, concentrés dans des ghettos à Vilna (Vilnius) et Kovno (Kaunas). Bien peu allèrent jusqu'aux camps : la plupart furent massacrés sur place.