_____FICHE 36


Italie
Assassinés : 800
Survivants : 35'000

L'Italie


Dans les zones de France, de Yougoslavie et de Grèce occupées par l'Italie, les Juifs ne furent quasiment pas inquiétés. Il en fut de même dans la péninsule : certes, une législation des plus complètes et des plus sévères fut adoptée, conformément aux pressions allemandes. Mais elle ne fut pas suivie d'application.

Lors de la capitulation du maréchal Badoglio, qui avait succédé à Mussolini, l'Allemagne envahit l'Italie et entreprit immédiatement rafles et déportations (dès octobre 1943 et jusqu'à la fin) : mais celles-ci furent ralenties, et leur efficacité amoindrie par l'intervention de nombreux Italiens, et notamment de nombreux religieux, qui protestaient publiquement, et dans le même temps cachaient des Juifs ou les aidaient à fuir. Seul ou presque, pourrait-on dire, le pape Pie XII se refusa à condamner publiquement les rafles qui à Rome se déroulaient sous ses fenêtres.

Cette réaction très modérée de l'Italie est due à l'importante intégration des Juifs italiens - bon nombre appartenaient au corps diplomatique, à l'armée, l'Italie avait eu des ministres juifs, les mariages mixtes étaient nombreux. Mais aussi le racisme fasciste, plus tourné contre les "races" africaines, était plus une logique d'exclusion et d'exploitation que de destruction.