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L'organisation
[
La discrimination légale ] Le 30 janvier 1933,
Adolf Hitler est désigné comme chancelier par le président du
Reich, le maréchal von Hindenburg. L'Allemagne compte alors environ 500
000 Juifs. Leur mise à l'écart est une des priorités du régime
hitlérien.
Dès la prise de pouvoir, Hitler et les dirigeants nazis mettent en
place une politique anti juive. De 1933 à 1938, des mesures légales
fournissent un cadre juridique aux pratiques de discrimination (boycott
des commerces, suppression des droits civils et sociaux, exclusion de
certaines professions, interdiction de fréquenter l'école, etc). Elles
vont permettre à la fois l'exclusion et l'identification des futures
victimes du génocide. De nombreux intellectuels juifs allemands et
autrichiens choisissent l'exil. Parallèlement, commencent les violences et
les assassinats: plusieurs centaines de juifs allemands sont exécutés dans
les mois qui suivent la prise du pouvoir.
[ La Nuit de cristal ] La violence
culmine lors du pogrom d'Etat organisé par Goebbels durant la nuit du 9
au 10 novembre 1938, connue sous le nom de Nuit de
cristal : incendies, pillages, agressions font 91 morts. Des
centaines de juifs sont envoyés en camp de concentration.
[ Les
ghettos ] En 1939, Hitler envahit la Pologne.
Plusieurs milliers de Juifs sont exécutés sommairement au cours de la
campagne. Plus de 2 millions de Juifs de Pologne tombent sous la coupe
nazie. Commencent alors les transferts forcés de populations et
l'enfermement dans des ghettos. Ces quartiers fermés, contrôlés par
la Gestapo et par la police criminelle, la Kripo, sont surpeuplés. Les
Juifs des ghettos s'étant vus confisquer leurs biens, la misère et la
famine y règnent. Des milliers de Juifs vont y mourir de faim et de
froid.
[
Les massacres ] Le 22 juin 1941, les troupes
allemandes envahissent l'Union soviétique. Quatre "Einsatzgruppen"
(groupes d'intervention dépendants de la SS)) sont mis sur pied. Ils se
déplacent à l'arrière des armées et sont chargés d'exécuter sur place les
cadres du parti communiste et les Juifs. Entre juin 41 et janvier 42, on
estime le nombre des victimes à près de 800 000, fusillées au bord de
fossés qu'elles ont elles-mêmes creusés, brûlées vives, noyées ou
asphyxiées par les gaz d'échappement après avoir été enfermées dans des
camions. En décembre 1941, pour la première fois, sont utilisés à Chelmno,
en Pologne, des camions à gaz pour la mise à mort des juifs.
[ La "solution finale" ] Dès
1941, le processus d'extermination est mis en place pour tous les
Juifs d'Europe. C'est ce dont fait état le procès-verbal de la conférence
tenue le 20 janvier 1942 dans une villa de Wannsee, un faubourg de
Berlin.
La "solution finale de la question juive" - présentée lors de
cette conférence par Reinhard Heydrich, adjoint de Himmler et responsable
de la police nazie - concernait toute l'Europe. Les statistiques établies
par Eichmann comprenaient même des pays non occupés, comme la Suisse ou le
Portugal. Tous les Juifs qui se trouvaient sous contrôle allemand devaient
être déportés à l'Est. Le protocole mentionne uniquement le sort réservé
aux Juifs aptes au travail: les plus faibles devraient être exterminés par
le travail intensif et les plus résistants exécutés afin d'empêcher toute
renaissance du "danger juif".
Le sort des "inaptes au travail" (enfants, vieillards, malades,
infirmes) n'est pas évoqué. Mais que ce soit par mort immédiate ou par
mort différée, tous les Juifs devaient disparaître (comme les malades
mentaux dont la mise à mort avait commencé dès l'été 1939).
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