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Historique
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La
cathédrale Notre-Dame de Senlis est composite, ce qui
s'explique par la durée de sa construction. Commencée en
1151, la cathédrale possède déjà son chœur
et sa façade
occidentale vers 1167. La dédicace a lieu le 16 juin 1191.
C'est ensuite que les délais s'étirent. La cathédrale était
initialement dépourvue de transept,
ce qui correspondait à une tentative d'affranchissement du
plan en croix latine qu'on retrouve notamment à Bourges.
Cathédrale
vue des ruines de l'ancien château royal
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Dès
1240, on décide l'adjonction de croisillons,
ce qui nécessite la modification des deuxième et troisième
travées
de la nef.
En 1230, on ajoute également l'étage octogonal de la tour
méridionale de la façade.
En 1504, un incendie cause de nombreux dégâts. Les
restaurations ont lieu de 1506 à 1515. En 1520 est commencée
l'édification de la façade du transept sud. C'est Pierre
Chambiges, le fils de Martin Chambiges, auteur du transept
sud de Saint
Pierre de Beauvais qui en est chargé.
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La
construction s'achève en 1560 par la façade nord. On
ajoute encore des chapelles au XVIIe siècle. Enfin, au
XVIIIe siècle, on blanchit à la chaux les murs de la cathédrale.
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Gargouilles
reposant dans la cour de l'ancien palais épiscopal
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Celle-ci,
qui cesse ensuite de ses modifier, conserve des proportions
modestes, dues à la petite taille du diocèse (les moyens
financiers étant proportionnels) et à l'existence de
constructions antérieures (par exemple la chapelle Saint
Gervais Saint Protais au sud, le palais épiscopal au
sud-est). Plusieurs restaurations ont été entreprises au
XXe siècle pour sa conservation.
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La façade occidentale
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La façade
occidentale de Notre-Dame de Senlis, assez étroite,
appartient au gothique
primitif. Le portail
est surmonté d'une grande baie à trois lancettes,
d'une petite rose
sculptée et d'une courtine
ornée de quatre statues. De part et d'autre, les portails
latéraux (dont le tympan
est décoré d'arcatures
assez lourdes) sont surplombés d'une baie ouverte puis
d'une autre baie, géminée
et aveugle et enfin d'une petite rose (horloge à droite)
à la hauteur de celle du portail central. De puissants contreforts
rythme verticalement la façade. Les deux tours sont de
style et de hauteurs différentes.
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Au premier niveau, elles présentent
toutes deux deux baies garnies d'abat-sons.
Alors que la tour nord est ensuite coiffée d'une flèche
d'ardoises, la tour sud comporte encore deux niveaux. Le
premier, octogonal, est agrémenté de quatre tourelles
d'angles, qui atténuent la transition avec le plan à
base carrée de l'étage inférieur. Le dernier niveau se
compose d'une flèche de pierre ajourée dont les arêtes
sont ornées de crochets.
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Le portail central se distingue par son tympan
qui fait figure de pionnier dans l'iconographie du
Couronnement de la Vierge
(cf. le
miroir historique in L'art religieux du XIIIe siècle,
selon Emile Mâle).
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Le tympan représente Marie, déjà
couronnée, qui reçoit la bénédiction de son fils.
Plusieurs anges
encadrent la scène.
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La partie gauche du linteau
est consacrée à la dormition.
Elle est très abîmée. On distingue cependant le corps
de la Vierge, parfumé à coup d'encensoirs. Deux anges,
dans le ciel, tiennent une petite forme humaine entourée
de bandelettes. Il pourrait s'agir de l'âme de la défunte.
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La partie droite, mieux conservée, montre la résurrection.
Un ange pousse la Vierge par les épaules, tandis qu'un
autre lui prend les pieds. Une foule d'autres anges
assistent à la scène.
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Dans les ébrasements,
on trouve, à gauche, Jean-Baptiste,
Aaron, Moïse et Abraham.
A droite se situent Siméon, Jérémie, Isaïe et David.
Tous ces personnages ne sont pas aisément identifiables,
excepté Abraham,
qui, prêt à sacrifier son fils, voit sa épée retenue
par un ange.
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On peut aussi remarquer
David, qui porte les clous de la croix. Ses jambes croisées
rappellent le Jérémie de Moissac.
Sous les statues, on voit des scènes assez détériorées
qui représentent le calendrier.
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Dans les voussures,
l'ascendance du Christ
est représentée dans des volutes végétales. Il s'agit
de l'arbre de Jessé.
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Sur le côté gauche, dans la
voussure extérieure, on observe Abraham
qui tient en son sein trois petites âmes.
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Le transept et le chevet
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Les portails
nord et sud sont strictement symétriques et
beaucoup plus tardifs que la façade occidentale,
ce qui explique la différence de style. Ils sont
entourés de colonnes torsadées. Leur tympan
est composé de vitraux.
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Il est surmonté d'un gâble
qui se dresse devant une claire-voie
complexe (les arcs du premier plan - deux de
chaque côté du gâble - n'ont pas la même
forme que les baies qu'on aperçoit en
profondeur et qui encadrent des vitraux visibles
de l'intérieur). Une grande rose,
surplombée d'un pignon
orné d'une balustrade, domine l'ensemble.
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La nef,
très courte, est presque inapparente entre la
tour et le transept.
Le côté sud donne sur une place et le côté
nord sur un jardin.
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Le chevet
a la particularité de présenter, au nord comme
au sud, une tourelle qui vient remplacer un des arc-boutants.
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Ceux-ci sont larges
et peu éloignés de la paroi du chœur Les
chapelles rayonnantes ont un relief peu marqué.
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Visite intérieure
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L'intérieur surprend
par la diversité de ses composantes.
Plan extrait de Ile-de-France
gothique, tome I, BIDEAULT, Maryse,
LAUTIER, Claudine, Picard, 1987
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La nef
est très courte. Elle comprend quatre travées
assez étroites et toutes de largeur
différente (arc rehaussé dans la
deuxième travée, arc en tiers-point dans
la quatrième). L'arc de la première
travée présente un relief que les autres
n'ont pas.
L'élévation
est à trois niveaux. Les grandes arcades
ne sont pas très hautes. Leurs chapiteaux
sont à motifs végétaux. Le triforium
ne comporte qu'une baie par travée,
devancée par une petite balustrade.
Les fenêtres hautes possèdent
alternativement des baies à trois et à
deux lancettes.
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Les voûtes
sont également disparates, puisqu'elles
sont quadripartites pour les deux
premières travées alors qu'une voûte
sexpartite unit les troisième et
quatrième travées.
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Les collatéraux
ne sont pas symétriques. A gauche, la nef
latérale devient double au niveau de la
deuxième travée alors qu'à droite elle
ne suit cette évolution qu'à la
troisième. De part et d'autre, les bas-côtés
extérieurs présentent des voûtes d'une
plus grande complexité que celles des
bas-côtés qui longent la nef principal.
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On peut noter, à
gauche, au pied de l'escalier qui mène à
la salle capitulaire,
la clef de voûte pendante accompagnée de
petits anges
musiciens.
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Les croisillons
du transept,
comportent deux travées. Les croisées d'ogives
ont une structure complexe. Dans les
travées, l'élévation est semblable à
celle de la nef mais les fenêtres hautes
ont quatre lancettes.
Sur la photo de droite,
la nef est en bas et le chœur en haut
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Les murs de
fond sont semblables au sud (ci-dessous)
et au nord (ci-contre). Sous les roses
des portails,
on retrouve les baies internes de la claire-voie,
aperçues à l'extérieur. Elles sont
devancées par une balustrade sculptée.
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Les tympans
sont vitrés. Seul le tympan sud présente
des vitraux.
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Le chœur
est sensiblement plus long que la nef. Il
comporte cinq travées réunies par des
voûtes sexpartites (sauf dans la
première travée). Le triforium
est ici privé de la balustrade qui
l'ornait dans la nef et dans le transept.
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Les motifs
végétaux des chapiteaux
sont fins et variés.
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Le
déambulatoire
et les chapelles rayonnantes sont voûtes
d'ogives rondes et un peu maladroites (à Saint
Denis, la maîtrise de l'ogive semble
meilleure).
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La chapelle
axiale (ci-contre) exceptée, les
chapelles rayonnantes sont peu profondes.
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Dans la
première chapelle latérale, au sud, on
remarque des clefs de voûte pendantes qui
rappellent celles du bas-côté gauche.
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retours
: Églises et
chapelles
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