Historique

Notre-Dame du Port est une des cinq églises "majeures" d'Auvergne. Une première église, construite au VIe siècle, est très endommagée par les invasions normandes. Elle est restaurée au IXe siècle avant la construction de l'église actuelle. Il ne semble pas évident de connaître les dates de celles-ci. Certains auteurs, en s'appuyant sur deux textes relatant des quêtes au XI et XIIe siècle, évoquent une construction longue en plusieurs étapes. Cependant, l'unité de l'édifice semble contredire cette hypothèse. Il est également difficile de penser, au vu de l'architecture de l'église, qu'elle daterait tout entière de la fin du XIIe siècle (le second texte évoque l'année 1185).

L'édifice aurait donc été édifié au XIe siècle, avec seulement quelques ajouts à la fin du XIIe (tours de la façade). En 1476, un tremblement de terre entraîne l'effondrement du clocher. Celui-ci n'est reconstruit qu'au XIXe siècle par l'architecte Mallay, après le classement du site en 1841. Auparavant, un autre clocher avait été ajouté au dessus du narthex (1823-1825).

Visite extérieure

Comme cela est souvent le cas en Auvergne, la façade occidentale est dépourvue de décor.

Elle est dominée par un clocher du XIXe siècle.

La nef est animée par deux niveaux d'arcatures, les unes larges, et les autres, à la hauteur des tribunes, plus petites.

Le transept sud possède un portail intéressant.
La porte est encadrée de deux statues de Isaïe et de Jean-Baptiste. Au-dessus de la porte, le linteau en bâtière montre l'adoration des Mages, la présentation au temple, et le baptême du Christ. Au tympan, on trouve le Christ avec le tétramorphe et deux anges.

Dans les angles au-dessus du tympan, on trouve des groupes sculptés représentant, à gauche, l'Annonciation et, à droite, la Nativité.

Il est très difficile de faire une photo d'ensemble de ce chevet pourtant très beau, tant Notre-Dame du Port est encerclée dans le tissu dense de bâtiments de ce vieux quartier de Clermont.

Quatre chapelles rayonnantes séparées par des baies cintrées ceinturent le chevet.

Une frise de billettes court au-dessus des fenêtres. Un décor polychrome obtenu par l'association de différentes sortes de pierres orne les chapelles et la partie haute du chevet. Quelques chapiteaux historiés constituent les derniers ornements.

Visite intérieure

plan extrait d'Auvergne romane, Zodiaque

Précédée d'un narthex, la nef comporte cinq travées voûtées en berceau cintré.

L'élévation est à deux niveaux: les arcades cintrées et réhaussées sont surmontées de tribunes. Les collatéraux sont voûtés d'arêtes. Les piles qui les séparent de la nef sont ornées de colonnes engagées qu'on ne trouve pas dans le vaisseau central. Le contrebutement de la voûte centrale est assuré par les voûtes en demi-berceau des tribunes.

Dans de nombreuses églises auvergnates, on trouve près de l'entrée cet étrange chapiteau : un empilement de livres fermés.
Le Livre est révélé en entrant dans l'église.

On trouve quelques chapiteaux historiés dignes d'intérêt : dans le collatéral sud, la tentation du Christ.

Au collatéral nord, au même niveau, un montreur de singe, thème récurrent du style roman auvergnat.

La croisée du transept est couverte d'une coupole sur trompes. Chaque bras, composé de deux travées voûtées en berceau, donne sur une absidiole voûtée en cul-de-four.

Les murs de fond des croisillons arborent le décor classique du roman en Auvergne : deux arcs cintrés séparés par un arc en mitre.

Le chœur est composé d'une travée droite et d'un cul-de-four. Il est ceint d'un déambulatoire donnant sur quatre chapelles rayonnantes.

Le chœur présente une exceptionnelle collection de quatre chapiteaux historiés dont l'auteur est Robertus.
On observe chez Robertus un manque d'aisance pour représenter les visages, mais une plus grande facilité pour rendre les gestes. Les chapiteaux comportent de nombreuses inscriptions qui complètent ou amorcent les scènes sculptées.

Le deuxième chapiteau après la croisée, au nord :
sur une face, une scène de donation d'un personnage mal identifié, un ange tenant le livre de vie.

Intervient ensuite une psychomachie : la charité et l'avarice s'affrontent, bouclier contre bouclier.

La colère, défaite par la prudence, tente de se suicider.

Sur une autre face encore, les vertus, la charité et la largesse, écrasent le vice sous leurs pieds.

Le chapiteau suivant est consacré à la Vierge : l'Annonciation et la Visitation y sont classiquement représentées, ainsi que l'annonce à Zacharie et à Joseph.

Le péché originel constitue le thème suivant : on remarquera qu'Ève et le serpent sont bien en chair.

Le dernier chapiteau qui jouxte le péché, est relatif à l'Assomption : un ange présente le livre de vie.

Le Christ arrache sa mère au tombeau, puis on voit la Vierge triomphant au ciel.

Dans le déambulatoire, on trouve bon nombre de chapiteaux végétaux ou ornés d'un bestiaire varié.

Les chapelles rayonnantes sont éclairées de baies cintrées séparées par des colonnettes.

La crypte présente le même plan que le chœur, avec des piles supplémentaires au centre.

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