Historique
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Les restes de
saint
Jacques auraient été ramenés de Jaffa,
en Palestine. L'authenticité des reliques est, à
vrai dire, très loin de faire l'unanimité. La
première église construite sur le lieu de découverte
de la tombe de saint Jacques date du IXe siècle. Une
seconde église, englobant la première a été
construite en 899. Elle est détruite en 997 par Al-Mansûr,
chef Omeyyade, qui épargne cependant le tombeau de l'apôtre.
En 1009 une nouvelle église est érigée.
Cependant, le culte de Saint-Jacques se développe suffisamment
pour qu'on envisage en 1075 de remplacer cette basilique primitive
par une cathédrale sur le modèle des églises
de pèlerinage de St Martin de Tours.
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Cette cathédrale est commandée par l'évêque
Diego Peláez. Le premier architecte est Bernardo l'Ancien
(de 1075 à 1078).
La construction est interrompue pendant 15 ans. Cette
interruption est en partie due à l'incarcération de l'évêque,
coupable de soutien au séparatisme galicien. Il est déposé
en 1100 et remplacé par Don Diego Gelmírez. Les travaux sont
relancés. Ce n'est qu'en 1112 que l'ancienne basilique est abattue.
En 1117, un soulèvement populaire provoque un incendie. Cependant,
à la fin de son épiscopat (1140), l'édifice est quasiment
achevé. De 1165 à 1188 est construit le portique de la gloire.
En 1211 a lieu la consécration officielle.
On ajoute au XIVe siècle la tour de l'Horloge (elle ne sera terminée
qu'en 1680), au XVe la coupole et plusieurs chapelles, au XVIe, la tour
des cloches et le cloître. Les neuf tours initialement prévues
ne sont jamais érigées. Une façade baroque, l'Obradoiro,
est ajoutée entre le 1738 et 1750, à l'ouest, dans le souci
de protéger le portail roman.
L'extérieur
Le portico de la gloria
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Il s'agit du
portail
d'origine. Aujourd'hui, il est masqué (et abrité) par la
façade baroque de l'Obradoiro. Ainsi, ormis la polychromie
aujourd'hui disparue, le portail est en parfait état. C'est
l'un des chefs-d'œuvre de l'art
roman, même si le style annonce déjà la sculpture
gothique.
Les trois portails correspondent aux trois vaisseaux de la nef.
Le tympan
central représente l'Apocalypse
selon Saint Jean. On y voit un Christ en majesté entouré
des quatre évangélistes
et d'anges
qui présentent les instruments de la Passion : la lance, l'éponge,
la couronne d'épines, les clous, la croix, la jarre de
vinaigre... Les 24 vieillards, avec leurs instruments de
musique, se pressent dans les voussures. Au trumeau,
on trouve l'arbre de Jessé
(généalogie humaine du Christ), surmonté d'un chapiteau
figurant la trinité (généalogie divine du Christ). Ce
chapiteau sert de socle à une statue de Saint Jacques.
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Au dos du trumeau, une autre statue, le
saint aux bosses, bat sa coulpe, agenouillée. Elle est censée
représenter le maître Mateo, réalisateur de l'œuvre. Les
visiteurs s'y cognent la tête 3 fois pour s'imprégner du génie
de l'artiste (ou acquérir de la mémoire, selon les
versions).
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Les
ébrasements
sont ornées de statues : quatre prophètes à gauche, Jérémie,
Daniel,
Isaïe et Moïse ; quatre apôtres à droite, Pierre,
Paul, Jacques et Jean.
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Le portail de gauche représente les
Justes, libérés par le Christ lors de sa descente aux limbes,
avant la résurrection. Ils peuvent ainsi accéder à la
gloire symbolisée dans le portail central. Ainsi, on trouve
dans les voussures
du tympan le Christ accompagné, à droite, d'Adam, de Noé,
Abraham,
Ésaü, Jacob et à gauche, d'Ève, Moïse, David ...
L'arc de droite est une représentation du
Jugement
Dernier : au centre, le Christ, à sa droite, les élus,
qui eux aussi accèderont à la gloire, et la Jérusalem Céleste,
et à sa gauche, les damnés voués au feu éternel et à de
monstrueux châtiments.
Portail de las Platerias
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Parmi les portails, seul celui de las
Platerias (des orfèvres), au transept
sud, a gardé sa position initiale. C'est le plus ancien des
portails, puisqu'il a été sculpté entre 1103 et 1117. Ce
portail est consacré à la rédemption.
Sur le tympan gauche, représentent les
tentations de Jésus dans le désert ainsi que la punition
du couple des luxurieux. A l'extrême droite du tympan une
scène donne lieu à deux interprétations : elle représente
une femme à moitié nue, tenant un crâne. Il pourrait
s'agir d'une figuration de la femme adultère, ou bien d'Ève.
A droite, le tympan représente, au registre supérieur la
Nativité, l'annonce aux bergers et l'adoration des mages.
Au registre inférieur, on trouve la Passion du Christ :
arrestation, l'épisode du Christ à la colonne, la
flagellation et le couronnement d'épines. Le portail est
surmonté d'une balustrade. L'espace entre la dernière archivolte
et la balustrade est occupé par des statues. Le Christ et
le collège apostolique y figurent.
Les piédroits abritent des scènes de la genèse.
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A l'abside,
on trouve la porte du Pardon, encadrée de vingt-sept
petites statues. Elle n'est ouverte qu'exceptionnellement
les années de Jubilé.
La façade
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La façade ouest, dite façade
de l'Obradoiro, se termine en un pignon
triangulaire qui abrite une statue de Saint Jacques. Deux
clochers encadrent symétriquement le massif central. Un
imposant escalier à double rampe précède la façade.
L'ensemble est caractéristique du style baroque, sans présenter
les lourdeurs excessives inhérentes à cette architecture.
Une importante surface vitrée laisse entrer le maximum de
lumière dans la nef.
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Visite intérieure
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La nef et ses
collatéraux
comportent onze travées voûtées en berceau cintré. Les
doubleaux retombent sur des colonnes engagées qui
s'appuient sur de larges piles rectangulaires. L'élévation
est à deux niveaux. Au dessus des grandes arcades, on
trouve des baies géminées qui donnent sur de larges
tribunes. Les bas-côtés
sont voûtés
d'arêtes. Au sud, le bas-côté ouvre sur plusieurs
chapelles gothiques aux voûtes complexes.
A la croisée du transept, on trouve une
coupole
gothique octogonale, élevée sur trompes.
Depuis les trompes partent deux arcs métalliques qui
soutiennent le botafumeiro, gigantesque encensoir utilisé
dans les grandes occasions. La base de la coupole est éclairée
par huit fenêtres, devancées par une balustrade.
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Comme cela est classique dans les églises
de pèlerinage, le transept comporte des collatéraux. A
l'est, on trouve deux absidioles
sur chaque bras. Les croisillons
comportent chacun cinq travées
voûtées en berceau
cintré
(22 mètres de hauteur). L'élévation
est semblable à celle de la nef (grandes arcades et baies géminées
pour la tribune). Les bas-côtés de chaque croisillon sont
reliés par deux travées transversales, isolées des autres
par un mur qui se dresse devant le mur de fond et ses deux
portails. Elles soutiennent la tribune qui continue ainsi de
courir au niveau supérieur. L'élévation de ces travées
est semblable aux autres travées des croisillons. L'espace
laissé entre entre la tribune et le berceau cintré est
percé d'un oculus.
Le
chœur
comporte trois travées droites
qui s'achèvent par une abside semi-circulaire. Il est ceint
d'un déambulatoire
voûté d'arêtes qui ouvre sur cinq chapelles rayonnantes.
Dans le chœur, on trouve une statue de Saint Jacques dont
les pèlerins peuvent faire le tour pour en embrasser le
manteau.
La crypte qui renferme les reliques se
trouve en dessous.
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