Historique

Notre Dame la Grande de Poitiers apparaît dans un texte de 924 comme une collégiale dépendante de la cathédrale. On ignore presque tout des édifices antérieurs et on ne sait pas vraiment à quoi est due cette appellation. A ce sujet, deux hypothèses se font jour: il pourrait s'agir d'une opposition à une autre église Notre Dame plus petite ou peut être à cause d'une analogie à sainte Marie Majeure de Rome.

ensemble

L'édifice actuel est édifié au XIe siècle. En 1174, Richard Cœur de Lion, alors qu'il était encore comte de Poitiers, concède à l'église le privilège de garder les clés de la ville pendant les Rogations (trois jours précédant l'Ascension).
Au XIIIe siècle, un texte limite le nombre de chanoines à seize. Le recrutement de ceux-ci se fait dans des milieux aisés et on observe dans le chapitre un certain manque de ferveur. Notre Dame la Grande qui possède plusieurs seigneuries, assure à ses chanoines de grasses prébendes.

Notre Dame est également une église paroissiale qui attire les donations de laïcs. De nombreuses chapelles sont édifiées à la fin du Moyen Age. L'église est ravagée lors des guerres de religion en 1562 puis à la Révolution.
L'architecte Joly-Leterne entreprend sa restauration au XIXe siècle. En 1852, les fresques du chœur sont retrouvées et restaurées. Elles ont été à nouveau nettoyées en 1951.
Durant l'été, la ville de Poitiers illumine chaque soir la façade, ce qui permet de se faire une idée de son aspect au Moyen-Age.

Visite extérieure

Les façades des églises utilisaient peu de décor iconographique dans un premier temps. Les premiers décors sont des peintures de façades. Ces peintures sont en quelque sorte transposées de façon sculptée sur l'ensemble de la façade de Notre-Dame la Grande de Poitiers. Le décor est historié, ce qui constitue une exception dans une région comme la Saintonge, où le décor de façade est abondant mais généralement pas ou peu figuratif. Dans ce dernier cas, on constate d'ailleurs qu'il n'y a pas de recherche pédagogique et un faible souci du contenu réel de l'image (le nombre de vieillards de l'Apocalypse représenté à l'abbaye Sainte Marie des Dames de Saintes ne se limite pas à 24, par exemple). La façade de Notre-Dame la Grande fait donc preuve d'un souci pédagogique tout à fait original dans ce contexte.

façade

La façade occidentale paraît peu élevée par rapport à sa largeur (15,4 mètres de large pour 17,6 de haut). On y trouve qu'un portail cintré. Il est entouré d'arcades légèrement brisées qui enveloppent chacune deux arcatures aveugles et cintrées. Une corniche sous laquelle courent de petites arcatures sépare le premier niveau du second.

Dans l'espace laissé entre le haut des voussures et cette corniche, on peut lire, de gauche à droite, l'histoire de l'Incarnation.

Elle commence par le rappel du péché originel. Elle continue par la représentation de ceux qui l'ont annoncée (Nabuchodonosor, Daniel, Jérémie, Isaïe, Moïse).

On trouve ensuite l'Annonciation, accompagnée d'un arbre de Jessé, la Visitation et la Nativité avec Joseph qui assiste au bain de son fils.A ce niveau, le reste du décor sculpté est composé de végétaux et d'un bestiaire fantastique.

Au deuxième étage du massif, une grande baie cintrée est entourée de deux niveaux d'arcades aveugles abritant des statues (apôtres, ainsi qu'un évêque et un archevêque, probablement saint Hilaire et saint Martin). Au premier niveau, ces arcades sont au nombre de quatre, séparées par des colonnettes simples. Tandis qu'au second, elles ne sont que trois, séparées par des colonnes géminées.

Le dernier niveau est composé d'un pignon coupé horizontalement par une frise de billettes. En son centre, on trouve une niche ovale qui contient un Christ debout dans une nuée, entouré du tétramorphe, du soleil et de la lune.

Sur les côtés, s'élèvent deux tourelles. Leur base aveugle est surmontée d'un niveau circulaire ajouré que couronne une flèche de pierres à écailles.

La nef est très sobre. On ne trouve aucun décor autour des fenêtres ou sur les contreforts.
On trouve deux entrées au sud, aux deuxième et cinquième travées. Celle de la deuxième travée est de style gothique flamboyant. On y trouvait les statues de la Vierge, de sainte Radegonde et de saint Hilaire.
L'entrée de la cinquième travée avait à l'origine deux niveaux. On trouvait au deuxième niveau une statue de Constantin qui à été détruite. Ce niveau a été remplacé par une terrasse.

La croisée du transept est dominée par une tour clocher à base carrée. Au-dessus d'un niveau d'arcades aveugles, on trouve un deuxième niveau plus étroit où chaque face est ornée de baies cintrées. Le dernier niveau est circulaire et ajouré par des arcades géminées reposant sur de fines colonnettes. Une flèche à écailles couronne le tout.

Visite intérieure

L'intérieur est assez sombre et la plupart des peintures sont du XIXe siècle. La nef comporte huit travées voûtées en berceau. L'élévation ne comprend que les grandes arcades à double rouleaux. Les deux premières travées de la nef sont plus longues que les autres.

De part et d'autre, on trouve d'étroits collatéraux voûtés d'arêtes. Les chapelles latérales au nord assombrissent considérablent l'intérieur. La croisée du transept est couverte par une coupole octogonale sur trompes.

Le chœur est entouré d'un déambulatoire voûté d'arêtes . On peut voir ici le seul chapiteau de l'église relatif à Ascension. A l'origine, ce déambulatoire ouvrait sur trois chapelles rayonnantes semi-circulaires. Il en reste deux. La troisième a été remplacée par une chapelle plus récente de deux travées avec un rond point à trois pans. Deux autres chapelles ont été ajoutées au nord et au nord-est. Le choeur donne sur le déambulatoire par sept arcades.

Sa voûte est peinte. Dans le rond point on voit une vierge à l'enfant, au centre, un christ en majesté et, côté nef, le tétramorphe. Autour de ces éléments se pressent des apôtres, des anges et des élus.
La crypte rectangulaire est voûtée d'un berceau en plein cintre. On y trouve des peintures du XIe siècle: sur les murs, quatre saints, sur la voûte, l'agneau entouré des symboles tétramorphiques de Jean et Matthieu et, dans le cul-de-four de l'abside, un Christ en majesté.


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