Un monastère aurait été
fondé à Saint Saturnin par l'abbé de Cluny
Odilon, vers 1040. Les dates de construction de l'église
sont inconnues, mais on peut supposer qu'elle date du XIIe siècle,
comme les autres églises majeures
d'Auvergne (Clermont
Ferrand, Issoire,
Orcival,
Saint
Nectaire).
A la Révolution, elle est achetée
par Mme Verdier de Pagnat, ce qui la préserve des destructions.
Une restauration discrète est pratiquée à
la fin du XIXe siècle.
Visite extérieure
Le chevet,
ceint d'un déambulatoire
sans chapelles rayonnantes, constitue la partie la plus intéressante
de Saint Saturnin.
Il présente un étagement dominé par le
massif barlong
du transept
et le clocher. Parmi les églises majeures,
c'est le seul clocher épargné par la Révolution. Il a
d'ailleurs servi de modèle pour la reconstruction des
autres.
Les bras du transept sont ornés
de quelques arcades et baies aux archivoltes
polychromes.
La nef
présente un décor sur deux niveaux: grandes arcades cintrées
surmontées de séries d'arcatures
aveugles correspondant au niveau des tribunes
à l'intérieur.
La façade occidentale est dépourvue
de toute ornementation, comme c'est souvent le cas en
Auvergne, en raison du climat rigoureux.
Celles-ci donnent sur
la nef par de triples baies. Au niveau de la première
travée, un arc
doubleau retombe sur des colonnesengagées.
Les autres piles sont
lisses et ne comportent de colonnes engagées que
dans les collatéraux.
Ceux-ci sont voûtés
d'arêtes.
On trouve peu de chapiteaux
historiés à Saint Saturnin : celui-ci, dans la
nef, représente des aigles.
La croisée est
couverte d'une coupole
sur trompes.
Elle est soutenue par des arcs
diaphragmes percés de baies géminées.
Les bras du transept comportent deux travées : la
première est voûtée en demi-berceau pour
contrebuter la coupole ; la seconde, couverte par un
berceau et bien illuminée, ouvre sur une absidiole.
Le chœur
comporte une travée droite et un cul-de-four percé
de cinq arcades dont trois baies. Les arcs du rond-point
sont réhaussés. Il est ceint d'un déambulatoire
sans chapelles rayonnantes.
La crypte,
voûtée d'arêtes, reproduit le plan du chœur,
avec quelques piles supplémentaires.