Historique
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On dispose de peu d'éléments sur la création
de Tournus. On sait que Charles-le-Chauve donne en 875 le monastère de
Saint Valérien aux moines bénédictins de Saint Philibert de Grandlieu,
chassés de chez eux par les invasions normandes. Ils transportent de
refuges en refuges (Cunault
est l'un d'eux) les reliques de saint Philibert. Ils doivent alors
cohabiter avec la communauté déjà existante à Saint Valérien. Des
dissensions éclatent lors de l'invasion hongroise de 937.
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L'abbaye est dévastée et l'église doit
être reconstruite. Le corps de saint Philibert est déposé dans le chœur,
ce qui provoque l'ire des partisans de saint Valérien. Le problème est
réglé par le dépôt du corps de Valérien dans la crypte (dans une
superbe châsse).
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La construction de l'abbatiale, dont on
sait peu de choses, semble s'étendre de l'abbatiat de Wago (980-1008)
celui de Francon de Rouzay (d'avant 1114 à après 1120). Il est
possible qu'elle ne commence qu'après un incendie en 1006. Une consécration
a lieu en 1019. A cette date le cœur et le transept sont probablement
terminés. L'édifice est quasiment achevé lors de la dédicace en
1120. Deux tours, une sur la croisée et l'autre au nord de la façade,
sont ensuite ajoutées.
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Quatre chapelles gothiques (trois dans le
collatéral nord et une au sud du déambulatoire) ont été adjointes au
reste. La plupart des bâtimnts conventuels datent des XI-XIIe siècles.
La salle capitulaire a été refaite au XIIIe siècle. Le palais
abbatial actuel est construit au XVe siècle. Un collège de chanoines
remplace les moines en 1627. L'abbatiale est restaurée par l'architecte
Questel entre 1845 et 1850. On procède à un nettoyage au début du XXe
siècle. Les bâtiments conventuels sont également remis en Etat.
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Visite
extérieure
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La façade
de Saint Philbert de Tournus est ornée d'un jeu de bandes lombardes. Le
massif se compose de deux principaux niveaux. Le premier, assez haut,
voit l'alternance d'ensembles de deux bandes à quatre arcs pendants
(sur les côtés) avec des bandes à sept arcs (au centre). Le portail
cintré, surmonté d'un fronton triangulaire, s'inscrit dans ces bandes.
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Au deuxième étage, on trouve des bandes à trois
arcs pendants, interrompus par une bande très large dont les arcs échelonnés
répondent au fronton du portail. Des créneaux remplissent l'espace
entre la tour et l'amorce de tour sud, percé de baies géminées.
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Des frises de redents et de chevrons apparaissent
çà et là.
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La tour nord se détache du massif par trois niveaux.
Au premier sont percées de petites baies géminées retombant sur des
colonnettes. Au-dessus d'une frise d'arcatures aveugles, on trouve de
niveaux de baies cintrées garnies d'abat-sons : au premier étage,
elles sont quatre (géminées), reposant sur de fines colonnes.
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Au niveau supérieur elles sont trois, plus larges,
reposant sur des colonnettes et deux statues colonne, représentant Valérien
et Philibert.
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On trouve deux autres statues aux angles sud-ouest (à
droite) et nord-est (à gauche) . Les autres angles sont ornés de
colonnes à motifs géométriques.
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Les faces latérales du narthex reproduisent le même
type de décor que la façade. La nef n'a pas bénéficié du même
traitement.
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La tour de la croisée présente deux niveaux de
trois baies cintrées identiques. Les arcs de la rangée supérieures
sont ornées de petits lobes.
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Le chevet n'a pas la majesté de la façade. Les
chapelles rectangulaires sont dépourvues d'ornements.
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Le cloître
et le musée lapidaire
Le cloître
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Le cloître est adossé au côté sud de la nef. Il
ne possède que deux galeries au nord et à l'est.
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La galerie nord s'ouvre sur le jardin par des arcades
cintrées qui reposent sur de massifs piliers carrés, encadrés par des
colonnes trapues, aux chapiteaux végétaux et géométriques. Cette
galerie est couverte d'une voûte d'arêtes reçues par des colonnes
engagées.
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La galerie orientale est couverte par une charpente.
Elle donne sur la salle capitulaire (fermée).
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Le
musée lapidaire
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Un petit musée lapidaire rassemble un certain nombre
de pièces originales du cloître et de l'église.
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On y trouve notamment des chapiteaux. Les mieux
conservés présentent un bestiaire
fantastique. Les chapiteaux historiés sont plus endommagés.
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On peut aussi voir les originaux des statues colonnes
du clocher nord.
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Visite intérieure
Plan extrait de Bourgogne romane, par Raymond
OURSEL,
Zodiaque, collection La nuit des temps
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Le narthex comporte trois travées centrales voûtées
d'arêtes et bordées de collatéraux coiffés de berceaux
perpendiculaires au vaisseau central.
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Ses piliers cylindriques sont particulièrement
massifs.
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La nef est plus large et plus haute que le narthex.
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Son couvrement est original. Elle comporte en effet
cinq travées voûtées par des berceaux tranversaux reposant sur des
arcs diaphragmes, parfois bicolores (pierre blanche et briques rouges)
entre lesquels s'intercalent des baies cintrées.
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Les arcs retombent sur des colonnes engagées au
chapiteau blanc. Elles-mêmes reposent sur de grosses piles rondes en
brique.
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Les collatéraux (ci-contre, au nord) possèdent des
voûtes d'arêtes qui retombent sur des colonnes engagées. Dans le
collatéral sud, on trouve une Vierge
romane en bois polychrome. Le Christ
bénissant, sur ses genoux, est fort enfantin.
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La croisée du transept est voûtée d'une coupole
octogonale sur trompes. Ces dernières sont soutenues par des groupes de
six colonnettes entre lesquels s'intercalent des baies.
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Les piliers de la croisée sont ornés de chapiteaux
historiés. A droite, ci-contre des diables triturent une âme.
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Chaque bras, couvert par un berceau, ouvre sur une
absidiole. Le collatéral nord est éclairé par une grande baie
gothique.
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Le chœur comporte une travée droite voûtée en
berceau. L'abside est voûtée en cul-de-four. On y trouve quelques
beaux chapiteaux.
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Au-dessus des grandes arcades, on trouve un rang de
fenêtres cintrées. Celles-ci sont cernées d'un décor végétal.
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L'ensemble est ceint d'un déambulatoire qui ouvre
sur deux chapelles latérales et trois chapelles rayonnantes à plan
orthogonal. Il est couvert d'une voûte annulaire.
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De beaux chapiteaux végétaux couronnent les
colonnes qui séparent le chœur du déambulatoire.
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Des mosaïques représentant les travaux du
calendrier et les signes du zodiaque ont récemment été mises eu jour
sous le niveau actuel du sol.
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La crypte
Plan extrait de Bourgogne romane, par Raymond
OURSEL,
Zodiaque, collection La nuit des temps
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La crypte reproduit le plan du chœur. La voûte
annulaire du déambulatoire porte des traces de coffrage
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Plusieurs chapelles orthogonales, voûtées en
berceau, viennent se greffer sur le déambulatoire. On y trouve de
nombreuses fresques. Ci-contre une Vierge
à l'enfant.
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La partie centrale de la crypte est presque entièrement
isolée du déambulatoire par un mur épais. Quelques arcades cintrées
permettent d'y pénétrer.
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Cet espace est divisé en quinze petites travées voûtées
d'arêtes par de fines colonnes. Les chapiteaux datent probablement du
XIXe siècle.
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Dans la partie est logé un puits, encadrés par deux
colonnes galbées aux chapiteaux végétaux.
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Chapelle
Saint Michel
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Au dessus du narthex se situe la
chapelle Saint
Michel, qui comporte également trois vaisseaux de trois travées.
Le vaisseau central est voûté en berceau cintré, soutenu par
des piles rondes trapues.
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Les premières travées des
collatéraux soutiennent les tours. Elles communiquent avec la
partie centrale par une baie géminée. Les deux travées
orientales des collatéraux sont voûtées en demi-berceaux assez
bas. Tous les vaisseaux bénéficient d'un éclairage direct.
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La chapelle domine les collatéraux
de la nef, qu'on peut voir par des baies cintrées. Elle se situe
également au-dessus de l'orgue, dont on peut observer les mécanismes.
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Une porte centrale, condamnée,
est encadrée de deux ensembles de chapiteaux. Des corbeilles végétales
couronnent d'épaisses colonnettes dont le socle est lui aussi
soigneusement décoré.
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Ces corbeilles sont surmontés
d'étranges chapiteaux carrés, orné de figures animales,
humaines et végétales.
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