L'Apocalypse de Jean
L’Apocalypse de Jean est sans doute l'un des livres les plus cités du Nouveau Testament. Et le plus mal cité, certainement. Son titre, en français, est un piège redoutable qui fait fantasmer ceux qui sont en mal d'inspiration. Les premiers mots de ce livre, hors du commun il est vrai, sont les suivants : Révélation de Jésus-Christ. Et c'est là l'une des clés du livre nous sommes en face d'un ouvrage énigmatique, voire codé, dont l'objectif est surtout de faire connaître (révéler) qui est Jésus-Christ, son oeuvre passée et son œuvre à venir. Il ne s'agit pas seulement d'un livre ésotérique dévoilant les événements et surtout les catastrophes à venir. Certes, l'ouvrage et l'auteur sont prophétiques, mais davantage dans le sens « dévoilement de la Parole » que dévoilement de l'avenir.

Le Visionnaire
L'auteur de l'Apocalypse
Il semble bien être Jean, puisque c'est ainsi qu'il se présente dès les premières lignes de son livre. À noter pourtant que l'Évangile de Jean et les trois épîtres du même Jean ne sont pas signées. Cependant, les théologiens et la tradition semblent d'accord pour attribuer ce livre à l'auteur de l'évangile, le fameux disciple que Jésus aimait. Certes, le style des écrits est très différent, mais il est vrai que le message qui doit être dispensé l'est aussi.
On pense que Jean était en résidence surveillée dans l'île de Patmos lorsqu'il a été saisi par les visions extraordinaires qu'il relate dans son livre. Dépassé par les événements et par ces visions, il use de superlatifs pour tenter de décrire l'ineffable.
Pour comprendre l'Apocalypse
Il faut à la fois avoir une bonne connaissance de l'Ancien Testament (puisque l'auteur s'en inspire beaucoup) et du temps de la rédaction du texte de Jean. En effet, l'ouvrage présent est un livre dont la rédaction est à inscrire en période de crise. Les chrétiens sont menacés ; dans presque tout l'Empire romain, ils rencontrent des difficultés, voire des persécutions. Néron les a déjà accusés d'avoir incendié Rome et la répression a été effrayante. Jean veut à la fois analyser son temps, l'expliquer, mais parce que les mouchards et les espions sont partout, il doit coder son message. D'où une lecture pour initiés.
Dans les 404 versets qui forment l'Apocalypse, on a relevé 518 allusions à 24 livres de l'Ancien Testament. Plus de trois versets sur quatre contiennent une ou plusieurs réminiscences d'images ou d'expressions des écrits inspirés de l'Ancienne Alliance.
Vingt siècles plus tard, il demeure difficile de décoder ce message, même si chaque époque a su y puiser des encouragements et des interprétations. Ainsi, la bête de l'Apocalypse, capable de frapper la moitié du monde, a été selon les époques et les événements, César, Napoléon, Staline ou Hitler.
Le style de l'Apocalypse
Il est directement inspiré par la littérature dite apocalyptique qui a fleuri, notamment chez les Juifs, depuis le premier exil et jusqu'aux alentours des années 100 après Jésus-Christ. L'Ancien Testament comporte déjà ce genre de textes, notamment avec le livre de Daniel, d'Ézéchiel ou de Zacharie. D'ailleurs, Jean y puise des symboles, des formules, des expressions qui doivent résonner aux oreilles des lecteurs. Les chiffres et les couleurs sont du même genre symbolique avec des sens qui ne sont pas de l'ordre des mathématiques ou des coloris.
Les quelque trente apocalypses juives découvertes ont un certain nombre de traits communs. La plupart du temps, les auteurs écrivent sous un pseudonyme célèbre (pseudépigraphe) : Hénoch, Abraham, Baruch, Élie, Esdras, Isaac, Moïse...
Ces apocalypses, généralement :
ü sont écrites en un temps de persécution ;
ü emploient un langage symbolique et font appel à des visions ;
ü mettent en scène des êtres surnaturels (anges, démons, bêtes fantastiques) ;
ü annoncent l'Avènement du Christ (le Jour du Seigneur), lequel jugera toute la terre.
Ce jour est précédé par un sursaut des forces sataniques frappant le monde par le mal sous toutes ses formes. Mais Dieu délivre les croyants de l'épreuve. Il ressuscite également ceux qui ont payé de leur vie leur attachement à Dieu seul.
Le chiffre 7 est celui de la plénitude, dans la Bible. Il est très souvent présent dans le livre de l'Apocalypse : les 7 esprits ; les 7 chandeliers ; les 7 étoiles ; lettres aux 7 églises ; les 7 sceaux ; les 7 trompettes ; les 7 coupes ; les 7 lampes ; la bête à 7 cornes ; les 7 yeux ; les 7 tonnerres ; les 7 têtes couronnées ; les 7 montagnes et les 7 rois.
Jean aime jouer avec les images fantastiques, les ensembles chiffrés, les dualités emblématiques, les figures allégoriques. Cela foisonne et désarçonne autant que les fameux cavaliers de l'Apocalypse qui déferlent sur le monde pour le dévaster.
Le combat entre Dieu et Satan, thème essentiel du livre, se développe sous diverses formes : c'est la guerre entre le bien et le mal ; celle de l'agneau contre le dragon ; entre Jérusalem et Babylone. S'opposent le sceau de Dieu et la marque de la bête, mais aussi l'Épouse et la prostituée, les anges de Dieu et les esprits impurs. De tout cela découlent la vraie et la fausse adoration.

Lettres aux 7 églises
Le livre s'ouvre avec une série de sept lettres adressées chacune à une église précise. Ces églises ont existé et le message de Jean leur est certainement parvenu. D'ailleurs, au-delà des quelques lignes spécifiques à telle ou telle des églises mentionnées, l'ensemble de l'Apocalypse leur est adressé.
Mais ces sept églises sont aussi des “ types” d'Églises et c'est ainsi qu'il faut lire chacune de ces courtes épîtres en analysant l'ensemble des Églises tout au long de l'histoire. Car si Jean écrit à l'église d'Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée, c'est aux églises du monde et de tous les temps qu'il s'adresse. C'est là sa dimension prophétique. Quoique certains commentateurs pensent que les églises de l'Apocalypse sont autant d'étapes de l'histoire de l'Église. Est-ce que l'histoire de l'Église commence à la façon de celle d'Éphèse et se termine (en même temps que le monde ?) à la façon de celle de Laodicée ? Et à quel niveau sommes-nous dans le temps de ces églises ? Pergame ? Sardes ? Philadelphie ? Dieu seul le sait !
Quoi qu'il en soit, chacune des lettres de l'Apocalypse fait état de la situation intérieure et spirituelle des communautés visées, lesquelles ont une tendance au déclin spirituel. Elles subissent la pression de l'immoralité ambiante et de la prospérité matérielle. Par l'intrusion d'hérésies subtiles et par les divisions internes, beaucoup de ces communautés ont perdu leur “premier amour”. L'ère apostolique connaît déjà les prémices de la fin et les communautés chrétiennes doivent vivre un changement de génération, un virage difficile.
L'auteur de l'Apocalypse avait écrit, dans une de ses lettres, qu'il ne fallait pas aimer le monde. Or, les premiers chrétiens sont influencés par l'ambiance dans laquelle ils vivent : le syncrétisme religieux gréco-oriental constituait un véritable danger pour le Christianisme. Aujourd'hui, on parlerait du Nouvel-Âge !
Les avertissements de l'apôtre sont donc importants, d'où cette litanie qui ponctue chacune des lettres aux sept églises : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! »
Thèmes principaux de l'Apocalypse
La Bible, dans son entièreté, pourrait être résumée par certaines formules comme celle-ci : Création - Chute - Rédemption. L'Apocalypse n'est pas éloignée d'une pareille synthèse qui serait : Jugement - Rédemption - Établissement du royaume. Ainsi, l'Apocalypse déborde du temps de la terre et des hommes pour envisager l'au-delà.
L'Apocalypse, et donc l'analyse de Jean, part de l'état de l'Église de la fin du Ier siècle (chapitres 2-3), pour décrire ensuite les événements qui prépareront la deuxième venue du Seigneur (chapitres 4-19). Le livre conclut avec les visions des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (19.11-chapitre 22). Le tout forme un ensemble parfait avec un prologue (comme pour l'Évangile du même Jean), suivi d'un drame développé en sept actes, puis un épilogue.
Les scènes prophétiques des chapitres 4-19 ne semblent pas suivre une trajectoire historique normale ou progressive. Elles reprennent et soulignent plutôt les mêmes principes agissant tout au long de l'histoire ; les choses se répétant sans cesse.
La succession que l'on peut noter d'une vision à l'autre souligne seulement l'intensification du conflit entre Dieu et Satan. Elle avance en spirale “infernale”, à l'image de la pensée et du raisonnement hébraïque pour aboutir à l'explosion finale : Amen, Viens, Seigneur Jésus !
On se souvient que les quatre évangélistes sont parfois symbolisés par des animaux. Jean est représenté par un aigle. Or, l'aigle survole sa zone de chasse en faisant des cercles concentriques, envisageant ainsi le sol de haut, de plus en plus haut. Il élargit son champ de vision. Ce que fait le prophète de l'Apocalypse : il élargit aussi son champ de vision, embrassant les siècles d'un simple coup d'ailes. Il ne voit pas le futur de façon linéaire, mais de façon circulaire et concentrique. L'Histoire n'est qu'une spirale : rien de nouveau sous le soleil, disait déjà l'Ecclésiaste.
Les plans proposés pour ce livre sont très différents suivant le système d'interprétation adopté (déroulement chronologique de l'histoire ou sections parallèles couvrant chaque fois l'ensemble de l'histoire sous un autre angle). En général, on distingue sept visions subdivisées en autant de passages. Ces visions symbolisent des principes actifs tout au long de l'histoire de l’Église.
Les onze premiers chapitres décrivent une guerre sur terre. Les Chrétiens rencontrent mille difficultés. Au milieu de ces luttes, le Christ se manifeste avec puissance au sein de son nouveau peuple, l'Église.
Cette présentation de Jésus-Christ, Fils de Dieu, est développée ensuite sous la forme de l'Agneau qui ouvre le livre de Dieu où sont les décrets divins. C'est alors l'heure du jugement, au son des sept trompettes.
À partir du chapitre 12, l'Apocalypse montre une Église persécutée au milieu de combats cosmiques, des bêtes effrayantes aux grands pouvoirs et un dragon redoutable. L'une des bêtes porte le chiffre devenu célèbre : 666. Puis l'intervention du Christ et de 144 000 êtres portant son nom.
666 : nombre triangulaire, résultat de la somme des nombres de 1 à 36 (6 x 6 = 36). Le 6 est souvent celui de l'imperfection (7-1). Le triple 6 étant la “perfection de l'imperfection” Le mal à l'époque de Jean est celui que représente Rome et son autorité, qui se qualifie d'être divin. Or, la somme des valeurs numériques du nom “César Dieu” en hébreu fait 666 !
144 000 : carré de 12 x 1000. 12 comme les tribus d'Israël ou le collège des disciples. 1000 est le chiffre de la plénitude (ex. : le règne de mille ans). (12 x 12) x 1000 : l'accomplissement parfait.
Les 144 000 êtres qui, au côté du Christ, partent en guerre contre le déferlement du mal, représentent non la totalité des êtres sauvés, mais le peuple symbolique des croyants qui portent sur leur front le nom de leur Sauveur.
À partir du chapitre 15, l'Apocalypse propose diverses visions (les sept coupes du jugement, les sept plaies, la chute de Babylone et la bataille finale) dont la symbolique est parfois complexe. Les interprétations sont multiples et n'ont pas manqué au fil des siècles. Lorsque, par exemple, Jean parle de Babylone, il ne vise pas simplement ou seulement la ville de Babylone qui, à cette époque, n'a plus de réelle puissance politique, mais il pense surtout à ce que représente cette cité : la corruption et le paganisme. Jean cite Babylone, la ville aux sept collines. Or, à l'époque de rédaction de l'Apocalypse, la réelle puissance régnante est Rome, ville située sur sept collines ! La chute de Babylone n'a aucun sens pour les lecteurs de l'Apocalypse aux temps apostoliques, mais la chute de Rome est un réel espoir pour les Chrétiens persécutés jusque dans les arènes. Et c'est à cela que Jean fait allusion, de façon codée.
Dès le chapitre 20, Jean envisage la victoire finale du Christ et donc de l'Église. C'est enfin l'heure de l'établissement du Royaume de Dieu, les nouveaux cieux et la nouvelle terre, sans oublier la nouvelle Jérusalem, peut-être céleste. La fin des temps est ainsi annoncée de façon spectaculaire. Jean, sans doute lui-même dépassé par les visions dont il est le témoin privilégié, tente de transmettre les impressions fulgurantes qui furent les siennes. Les réminiscences de l'Ancien Testament, les allégories, les codes nécessaires et la part de mystère propre à toute révélation incomplète composent ce livre totalement exceptionnel.
…Puis je vis un ange descendre du ciel ; il tenait à la main la clé de l'abîme et une énorme chaîne. Il saisit le dragon, le serpent ancien, c'est-à-dire le diable ou Satan, et il l'enchaîna pour mille ans. L'ange le jeta dans l'abîme, qu'il ferma à clé et scella au-dessus de lui, afin que le dragon ne puisse plus égarer les nations jusqu'à ce que les mille ans soient passés. Après cela, il doit être relâché pour un peu de temps. Ensuite, je vis des trônes : ceux qui siégeaient dessus reçurent le pouvoir de juger. Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été exécutés pour leur fidélité à la vérité révélée par Jésus et à la parole de Dieu. Ils n'avaient pas adoré la bête, ni sa statue, et ils n'avaient pas reçu la marque de la bête sur le front, ni sur la main. Ils revinrent à la vie et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant que les mille ans soient passés. C'est la première résurrection. Heureux ceux qui ont part à cette première résurrection ! Ils appartiennent à Dieu et la seconde mort n'a pas de pouvoir sur eux ; ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec le Christ pendant les mille ans. Quand les mille ans seront passés, Satan sera relâché de sa prison, et il s'en ira tromper les nations répandues dans le monde entier, c'est-à-dire Gog et Magog. Il les rassemblera pour le combat, et ils seront aussi nombreux que les grains de sable au bord de la mer. Les voici qui s'avancent sur toute l'étendue de la terre, et ils encerclent le camp du peuple de Dieu, la ville aimée de Dieu. Mais le feu descend du ciel et les détruit. Alors le diable, qui les trompait, est jeté dans le lac de soufre enflammé, où se trouvent déjà la bête et le faux prophète. Ils y seront tourmentés jour et nuit pour toujours. Puis je vis un grand trône blanc et celui qui y siège. La terre et le ciel s'enfuirent loin de lui, et on ne les revit plus. Ensuite, je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre encore fut ouvert, le livre de vie. Les morts furent jugés selon ce qu'ils avaient fait, d'après ce qui était écrit dans les livres. La mer rendit les morts qu'elle contenait. La mort et le monde des morts rendirent aussi leurs morts. Et tous furent jugés selon ce qu'ils avaient fait. La mort et le monde des morts furent jetés dans le lac enflammé. Ce lac est la seconde mort. Quiconque n'avait pas son nom inscrit dans le livre de vie fut jeté dans le lac enflammé.
Apocalypse 20. 1-15
Le 11 septembre aussi ?
Comme souvent après un événement grave, certains lecteurs de la Bible tentent de saisir l'actualité au travers des pages de la Bible et, si possible, de l'Apocalypse. C'est ainsi qu'au lendemain des tragiques attentats à New York (le 11 septembre 2001), une relecture d'Apocalypse 18 a été proposée. New York n'est autre qu'une image de Babylone, avec son mélange de cultures, de langues et de peuples, mais aussi avec sa richesse et sa prétention. Les deux tours, symboles d'une Amérique forte et dominante, sans parler des transactions internationales qui y étaient opérées chaque jour par les centaines d'entreprises boursières, banques et autres établissements financiers qui y avaient leur siège, sont des emblèmes tout trouvés. Lorsque les terroristes (se réclamant d'un autre Dieu que celui des Américains) frappent les deux tours, et que chaque détail de l'opération dévastatrice est visible dans le monde entier, c'est non seulement l'effroi et la stupeur, mais la réalisation de prophéties. Les marchés boursiers s'arrêtent. Les transactions sont figées. Les marchands de la terre sont pétrifiés... Parce que les tours prestigieuses sont tombées en une heure de temps !
Or, voici comment la Bible peut annoncer pareils événements : Je vis descendre du ciel un autre Ange, ayant un grand pouvoir, et la terre fut illuminée de sa splendeur. Il s'écria d'une voix puissante : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ; elle s'est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d'esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d'oiseaux impurs et dégoûtants. Car au vin de ses prostitutions se sont abreuvées toutes les nations, et les rois de la terre ont forniqué avec elle, et les trafiquants de la terre se sont enrichis de son luxe effréné. Puis j'entendis une autre voix qui disait, du ciel : Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n'ayez à pâtir de ses plaies ! Car ses péchés se sont amoncelés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités. Payez-la de sa propre monnaie ! Rendez-lui au double de ses forfaits ! Dans la coupe de ses mixtures, mélangez une double dose ! À la mesure de son faste et de son luxe, donnez-lui tourments et malheurs 1 Je trône en reine, se dit-elle, et je ne suis pas veuve, et jamais je ne verrai le deuil...
Voilà pourquoi, en un seul jour, des plaies vont fondre sur elle : peste, deuil et famine ; elle sera consumée par le feu. Car il est puissant le Seigneur Dieu qui l'a condamnée. Ils pleureront, ils se lamenteront sur elle, les rois de la terre, les compagnons de sa vie lascive et fastueuse, quand ils verront la fumée de ses flammes, retenus à distance par peur de son supplice : Hélas, hélas ! Immense cité, ô Babylone, cité puissante, car une heure a suffi pour que tu sois jugée ! Ils pleurent et se désolent sur elle, les trafiquants de la terre ; les cargaisons de leurs navires, nul désormais ne les achète ! Cargaisons d'or et d'argent, de pierres précieuses et de perles, de lin et de pourpre, de soie et d'écarlate ; et les bois de thuya, et les objets d'ivoire, et les objets de bois précieux, de bronze, de fer ou de martre ; les parfums, la myrrhe et l'encens, le vin et l'huile, la farine et le blé, les bestiaux et les moutons, les chevaux et les chars, les esclaves et la marchandise humaine.:. Et les fruits mûrs, que convoitait ton âme, s'en sont allés loin de toi ; et tout le luxe et la splendeur, c'est à jamais fini pour toi, sans retour ! Les trafiquants quelle enrichit de ce commerce se tiendront à distance, par peur de son supplice, pleurant et gémissant Hélas, hélas ! Immense cité, vêtue de lin, de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles, car une heure a suffi pour ruiner tout ce luxe ! Capitaines et gens qui font le cabotage, matelots et tous ceux qui vivent de la mer, se tinrent à distance. Et jetant la poussière sur leur tête, ils s'écriaient, pleurant et gémissant : Hélas, hélas ! Immense cité, dont la vie luxueuse enrichissait tous les patrons des navires de mer, car une heure a suffi pour consommer sa ruine !
Sans commentaire ! Voire cent commentaires !