Épître aux Galates
La lettre de Paul aux Chrétiens de
Galatie (région que l'on pourrait situer aujourd'hui en Turquie) est sans
doute l'une des plus importantes de Paul, écrite bien avant celle aux
Romains, et dans laquelle il entre dans une défense de l'Évangile avec une
forte véhémence et une rhétorique exemplaire. Pour certains commentateurs,
cette épître est l'une des toutes premières de l'apôtre, et son caractère s'y
fait déjà bien remarquer.
Il y a, à Istanbul, un quartier et une tour nommés Galata, ce qui laisse entendre que les Galates sont bien passés par cette région et y ont laissé des traces. On pense que les Galates étaient d'anciens guerriers gaulois arrivés dans ce secteur par les Dardanelles (vers 280 avant Jésus-Christ) pour s'installer notamment dans l'ancienne Ancyre, qui n'est autre que la capitale actuelle de la Turquie : Ankara. L'Asie Mineure (Anatolie) était donc le lieu de cette église de Galatie à laquelle l'apôtre Paul écrit.
L'apôtre Paul est passé plusieurs fois dans cette région et il y a fondé des églises. Mais après son passage, d'autres prédicateurs sont passés et ces derniers ont créé des troubles en annonçant un évangile différent que celui que Paul avait fait connaître. En effet, ceux que Paul nomme des “faiseurs de troubles” ont encouragé les Chrétiens d'origine non juive à se plier au rite de la circoncision, signe d'appartenance au peuple de Dieu depuis Abraham. En apprenant cela, Paul réagit vigoureusement en argumentant que la foi seule sauve et que la circoncision, qui était un signe ancien, n'a plus de raison d'être.
Paul s'étonne que ceux qu'il a instruits soient capables de changer si rapidement d'avis et de conception. Il développe alors, avec des arguments puisés dans l'Ancien Testament mais aussi dans sa propre expérience, que la Loi s'efface devant la foi, même s'il faut toujours respecter les préceptes de la Loi, en tout cas dans l'esprit.
Au passage, Paul insiste pour rappeler qu'il a une véritable autorité apostolique et que cette dernière lui vient directement de Dieu. Il signale que son titre d'apôtre, il ne l'a pas reçu des autorités de l'Église de Jérusalem, mais bien de Dieu qui a fait de lui « l'apôtre des non-Juifs ».
Paul devra souvent rappeler que les prédicateurs de l’Evangile qui reviennent au légalisme de l'Ancien Testament sont sur une fausse route.
… Le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres. Tenez bon, donc, ne vous laissez pas de nouveau réduire en esclavage. Écoutez ! Moi, Paul, je vous l'affirme : si vous vous faites circoncire, alors le Christ ne vous servira plus à rien. Je l'affirme encore une fois à tout homme qui se fait circoncire : il a le devoir d'obéir à la Loi tout entière. Vous qui cherchez à être reconnus justes aux yeux de Dieu par la loi, vous êtes séparés du Christ; vous êtes privés de la grâce de Dieu. Quant à nous, nous mettons notre espoir en Dieu, qui nous rendra justes à ses yeux; c'est ce que nous attendons, par la puissance du Saint-Esprit qui agit au travers de notre foi. Car pour celui qui est uni à Jésus-Christ, être circoncis ou ne pas l'être n'a pas d'importance : ce qui importe, c'est la foi qui agit par l'amour. Vous aviez pris un si bon départ ! Qui a brisé votre élan pour vous empêcher d'obéir à la vérité ? Ce que l'on vous a dit pour vous convaincre ne venait pas de Dieu qui vous appelle.. Quant à moi, frères, s'il était vrai que je prêche encore la nécessité de se faire circoncire, pourquoi continuerait-on à me persécuter ? Dans ce cas, annoncer le Christ crucifié ne serait plus scandaleux pour personne. Que ceux qui vous troublent aillent encore plus loin dans leurs pratiques : qu'ils se mutilent tout à fait ! Mais vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon les désirs de votre propre nature. Au contraire, laissez-vous guider par l'amour pour vous mettre au service les uns des autres. Car toute la loi se résume dans ce seul commandement :
« Tu dois aimer ton prochain comme toi-même ».
Galates 5. 1-14