Épître aux Éphésiens

La ville d'Éphèse se trouve à la pointe ouest de la Galatie (Turquie actuelle). Pendant plus de trois ans, Paul y a séjourné pour y fonder une église importante, laquelle est entrée en concurrence directe avec les adorateurs de Diane (Artémis) jusqu'à provoquer une émeute importante du syndicat du commerce. En effet, le business des statuettes de la déesse de la Ville, mais aussi tout le trafic lié aux ventes d'objets religieux, étaient en train de péricliter à cause de l'influence des Chrétiens.

À Éphèse un bijoutier, nommé Démétrius, fabriquait de petites copies en argent du temple de la déesse Artémis et procurait ainsi des gains importants aux artisans. Il réunit ces derniers, ainsi que ceux qui avaient un métier semblable et leur dit : « Messieurs, vous savez que notre prospérité est due à ce travail. Mais vous voyez ou entendez dire ce qui se passe : ce Paul déclare, en effet, que les dieux faits par les hommes ne sont pas des dieux et il a réussi à convaincre beaucoup de monde non seulement ici, à Éphèse, mais dans presque toute la province d'Asie. Cela risque de causer du tort à notre métier et, en outre, de faire perdre toute sa réputation au temple de la grande déesse Artémis ; alors, elle sera privée de sa grandeur, cette déesse qu'on adore partout dans la province d'Asie et dans le monde ! » À ces mots, les auditeurs furent remplis de colère et se mirent à crier : « Grande est l'Artémis des Éphésiens ! » L'agitation se répandit dans la ville entière. Actes 19. 24-29

Cette épître est l'une de ces épîtres circulaires qui pouvaient être envoyées à plusieurs églises pour traiter de questions théologiques nécessaires à l'édification. On ne trouve pas réellement le nom des destinataires dans ces lettres et l'adresse du début manque aux plus anciens manuscrits. L'épître aux Éphésiens est très proche de celle destinée aux Colossiens sans doute la plus ancienne des deux. Sur les 115 versets de cette lettre, 73 sont des reprises des lignes déjà envoyées aux Colossiens.

L'apôtre parle ici de l'Église et de ce qui doit être sa préoccupation et surtout son unité. Déjà des interprétations et des conceptions différentes pouvaient diviser les premiers chrétiens, notamment des préceptes juifs que certains voulaient conserver ou adapter à la foi chrétienne, minimisant la place de Jésus-Christ dans la théologie chrétienne. Paul, au contraire, ramène tout au Christ. Juifs et non-Juifs sont un seul peuple en Jésus-Christ, par la foi et grâce à son action de réconciliation. Cet aspect du message de Paul est essentiel : « Rappelez-vous ce que vous étiez autrefois ! Vous n'êtes pas juifs de naissance ; les Juifs vous traitent d'incirconcis alors qu'ils s'appellent circoncis en raison d'une opération pratiquée dans leur chair. Eh bien, en ce temps-là, vous étiez loin du Christ ; vous étiez étrangers, vous n'apparteniez pas au peuple de Dieu ; vous étiez exclus des alliances fondées sur la promesse divine ; vous viviez dans le monde sans espérance et sans Dieu. Mais maintenant, dans l'union avec Jésus-Christ, vous qui étiez alors bien loin, vous avez été rapprochés par son sacrifice. Car c'est le Christ lui-même qui nous a apporté la paix, en faisant des Juifs et des non Juifs un seul peuple. En donnant son corps, il a abattu le mur qui les séparait et en faisait des ennemis. »

Ephésiens 2. 11-14

À partir d'une telle vérité évangélique, Paul développe l'idée selon laquelle sept “colonnes” portent l'Église et l'obligent à l'unité.

« Je vous en supplie, donc, moi qui suis prisonnier parce que je sers le Seigneur : vous que Dieu a appelés, conduisez-vous d'une façon digne de cet appel. Soyez toujours humbles, doux et patients. Supportez-vous les uns les autres avec amour. Efforcez-vous de maintenir l'unité que donne l'Esprit Saint par la paix qui vous lie les uns aux autres. Il y a un seul corps et un seul Saint-Esprit, de même qu'il y a une seule espérance à laquelle Dieu vous a appelés. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; il y a un seul Dieu, le Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous et demeure en tous.

Éphésiens 4. 1- 6