Jésus l'homme Dieu

Jésus, pierre d'angle de la Bible

L'homme Jésus est, disons-le, exceptionnel ! Que l'on soit chrétien ou pas, force est de constater que sa vie a été emblématique, source de multiples inspirations, foncièrement exceptionnelle et profondément énigmatique.

Ses discours, rapportés dans les quatre Évangiles, ont été révolutionnaires en leur temps et dans leur contexte autant historique que religieux. Mais, étonnamment, ces mêmes propos demeurent d'une redoutable force. Redoutable parce qu'ils sont toujours capables de renverser les régimes et les institutions, quels qu'ils soient !

Dans ce chapitre, nous voudrions mentionner quelques étapes impressionnantes de la vie de Jésus de Nazareth. Le message de cet homme trouve naissance et sens au travers de ces étapes déterminantes.

La crèche

La crèche n'est pas seulement l'écho sympathique d'un folklore entretenu dans l'imagerie d'Épinal. Elle est une réalité évangélique, accomplissement de prophéties. Jésus est né dans une famille pauvre et simple sous le règne de l'empereur César Auguste, alors maître d'une grande partie du bassin Méditerranéen. Sa naissance intervient au moment d'un recensement imposé par l'autorité romaine, lequel oblige des milliers de personnes à prendre la route puisqu'il fallait se faire recenser dans sa ville d'origine. Le couple Marie et Joseph se retrouve ainsi à Bethléem lorsque Marie accouche, logée dans une étable.

Jésus est donc né sous le signe de l'humilité.

Les mages

Mages et Images

Lorsque l'on installe, sous son sapin, une crèche, on n'oublie généralement pas les “trois rois mages”, figures exotiques et santons indispensables au décor. Les Évangiles parlent bien de mages, mais ne les présentent jamais comme rois, et ne disent pas non plus combien ils étaient. C'est parce que trois cadeaux sont offerts à l'enfant Jésus (et surtout à ses parents) que la tradition décide qu'ils étaient trois. C'est la même tradition folklorique qui donne des noms à ces mages, et même des couleurs ! Sur ces points, la Bible est bien plus discrète.

Quoi qu'il en soit, il est vrai que des mages se sont rendus premièrement chez le roi Hérode, pensant y trouver Jésus. Hérode n'est pas au courant de la naissance de cet enfant, mais il s'inquiète aussitôt de son arrivée parce que les mages le désignent déjà comme le roi des Juifs. Soucieux pour son propre trône, Hérode fait mine de s'intéresser au lieu de naissance de Jésus, mais prémédite de l'y trouver pour le tuer.

C'est ainsi que Jésus ne naît pas seulement sous le signe de l'humilité, mais aussi sous le signe de l'insécurité.

Fuite en Égypte

L'Évangile signale que les mages ont décidé de ne rien dire à Hérode, divinement inspirés des projets assassins de ce dernier. Ils retournent chez eux sans repasser par Jérusalem.

De son côté, Joseph, époux de Marie, est également averti par Dieu de ne pas rester là où il est. La menace d'Hérode plane. C'est pourquoi Joseph et Marie s'enfuient loin de Nazareth où ils étaient rentrés depuis le recensement. Il faut protéger l'enfant. Mais le roi Hérode, violent et jaloux de son pouvoir, décide de fondre sur la région de Nazareth et, puisqu'il ne sait pas où est passé Jésus, il ordonne de mettre à mort tous les petits garçons de moins de deux ans. C'est ce que l'histoire conservera en mémoire sous le titre tragique du « massacre des innocents ».

Troisième signe sous lequel Jésus est né, celui de la violence !

Jean le Baptiste

Environ trente ans plus tard, un étrange personnage fait parler de lui sur les bords du Jourdain : Jean. C'est un cousin de Jésus. Il est né quelques mois avant lui et, parce que son père était prêtre au Temple de Jérusalem, c'est dans ce Temple que nous serions en droit de le retrouver. Or, Jean semble refuser cette fonction religieuse et se retrouve à clamer, réclamer une nouvelle conscience spirituelle de la part de ses contemporains. Il scande un message assez radical et, surtout, il annonce la prochaine venue de l'Envoyé de Dieu, le Messie. Bien des personnes, de toutes classes, sont bouleversées par ce message de conversion, et Jean institue une pratique particulière et inédite pour la Bible : le baptême. Cette pratique était peut-être un rite mis en place par les Esséniens de Qumran. Les personnes prêtes à changer de vie le manifestent en se laissant plonger dans le Jourdain. Le symbole n'est pas seulement celui d'un profond nettoyage, mais c'est aussi et surtout le signe d'une mort à son ancienne vie (sous l'eau) et d'un retour à la vie, à une nouvelle vie (hors de l'eau).

C'est là qu'intervient brusquement et à nouveau Jésus. Au milieu des auditeurs de Jean le baptiseur, ou le baptiste (et bientôt Jean-Baptiste), Jésus arrive et demande à passer, lui aussi, par le baptême de Jean.

C'est par cette action publique que Jésus va commencer à faire parler de lui. Le baptême qu'il réclame n'est pas seulement l'inauguration de son action, c'est aussi un nouveau signe déterminant qui ne sera décrypté que trois ans plus tard : Jésus est placé sous le signe de la mort et de la victoire sur cette mort. C'est-à-dire la résurrection !

A mi-parcours

L'évangéliste Luc place presque exactement au centre de sa biographie de Jésus l'épisode de la transfiguration.

Nous sommes là aux frontières du réel, selon une expression chère aux scénaristes de science-fiction.

Jésus, généralement entouré de douze compagnons (ses disciples), demande à trois d'entre eux de le suivre sur le sommet d'une montagne. Lorsque les quatre hommes sont parvenus au sommet, il se passe un événement exceptionnel. Brusquement, la personne tout entière de Jésus s'illumine et resplendit d'une lumière étincelante. Les trois amis de Jésus sont à la fois effrayés et fascinés. Et, pour ajouter à la surprise, deux autres personnages tout auréolés de blancheur eux aussi, apparaissent et discutent avec Jésus. L'évangéliste Luc précise qu'il s'agit de Moïse et d'Élie, deux hommes illustres de l'histoire ancienne du peuple juif. C'est alors le télescopage des temps. Mais comme une surprise n'arrive jamais seule, voici qu'une voix se fait entendre et déclare : Celui-ci est mon Fils, celui qui a été choisi. Écoutez-le !

Cet événement et cette vision hors du temps sont encore un signe sous lequel se place Jésus : celui de la gloire à venir.

Association de malfaiteurs

Jésus devient de plus en plus populaire dans le peuple et lorsqu'il ressuscite son ami Lazare, mort depuis quatre jours, sa notoriété et son influence deviennent si grandes qu'elles dérangent les institutionnels, notamment les religieux. Ces derniers décident de se débarrasser de cet homme qui, par ailleurs, met souvent en cause les prêtres et les autorités du Temple.

Une véritable coalition va se former contre Jésus jusqu'à susciter la trahison d'un de ses proches :Judas. On arrête alors Jésus. On le juge rapidement, en faisant appel à de faux témoins et en oubliant, au passage, les procédures légales. Qu'importe ! On veut la peau de Jésus et on l'aura.

Mais il faut la caution du pouvoir en place, c'est-à-dire Rome en la personne du gouverneur Pilate. Pilate se sent dépassé par cette étrange affaire qui semble être surtout une querelle religieuse à laquelle il ne comprend pas grand-chose. Tout juste a-t-il conscience d'être manipulé par les prêtres de Jérusalem. Il sauve alors la face avec son célèbre « Je m'en lave les mains », puis livre Jésus aux autorités religieuses qui le condamnent.

Sans attendre - et tout dans le procès et dans l'exécution de la sentence sent la précipitation pour éviter la montée d'une réaction - Jésus est conduit sur le mont Golgotha. Là, selon le procédé d'exécution romaine en vigueur, il est mis en croix.

La lutte finale

Jésus en croix, voilà sans doute le portrait le plus répandu au monde de cet homme. Dans le chœur des églises, au cou de milliards de personnes, à la croisée de millions de chemins, sur le sommet de milliers de montagnes, la croix et Jésus agonisant ! Cette image frappante veut démontrer le point central, pour ne pas dire crucial, de la vie de Jésus. Une fin horrible pour un homme de bien !

Sur cette croix, Jésus va souffrir plusieurs heures avant de mourir. C'est le moment où, pour la première et dernière fois, le doute semble l'atteindre : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

De fait, c'est dans la solitude la plus profonde que la mort de Jésus prend un sens profond. Dès qu'il aura passé ce cap de l'abandon total et nécessaire, Jésus pourra rétablir le contact avec Dieu qu'il appellera, du coup, Père : Père, tout est accompli ! Je remets mon esprit entre tes mains !

Cette plainte : Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné, est sans doute le début d'une prière que Jésus se met à réciter et qui n'est autre que le Psaume 22. Or, en regardant le Psaume 22, le lecteur sera surpris de noter d'étranges situations décrites par le psalmiste et qui semblent coller parfaitement avec la situation qu'est en train de vivre Jésus. Ainsi, sa détresse, son abandon, les moqueries autour de lui, le partage de ses vêtements tiré au sort par les soldats romains, et même sa soif qui provoque la présentation d'une éponge vinaigrée. Voici, pour se laisser surprendre, quelques lignes du fameux psaume 22.

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Je crie, mais ton secours ne vient pas.

Mais moi, je suis comme un ver de terre, je ne suis plus un homme.

Les gens m'insultent et me méprisent.

Tous ceux qui me voient se moquent de moi.

Ils font des grimaces, ils secouent la tête en disant

« Il a fait confiance au Seigneur.

Eh bien, si le Seigneur l'aime, il n'a qu'à le délivrer et le sauver ! »

Ne reste pas loin de moi, le malheur est proche,

je n'ai personne pour m'aider.

Ma force s'en va comme l'eau qui coule,

tous mes os se détachent.

Mon cœur est comme la cire, il fond dans ma poitrine.

Ma gorge est sèche comme un morceau de terre cuite,

et ma langue reste collée dans ma bouche.

Tu me mets déjà au bord de la tombe.

Un groupe de bandits m'entourent,

ils sont autour de moi comme des chiens.

Ils m'ont percé les mains et les pieds.

Mes ennemis me fixent attentivement.

Entre eux, ils partagent mes habits.

Ils tirent au sort pour savoir qui aura mes vêtements.

Mais toi, Seigneur, ne reste pas loin de moi !

Toi qui es ma force, vite, au secours !

Une clé !

Cette mise en croix est énigmatique. Pour la comprendre, il faut se servir d'une clé que nous avons un peu perdue aujourd'hui, mais qu'il est possible de retrouver dans la Bible puisqu'elle s'évertue à la présenter sans cesse. En effet, il faut se souvenir du sens du sacrifice dans la culture de l'époque et ce que représente celui de Jésus.

Nous l'avons déjà mentionné à plusieurs reprises, Jésus s'offre en sacrifice pour que les fautes de tous soient effacées et pardonnées. Il est l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! Tel l'avait accueilli Jean le Baptiste.

La Bonne Nouvelle, l'Évangile est là : paradoxalement, par sa mort injuste, il rend l'homme juste devant Dieu. Dans l'Ancien Testament, le Messie a souvent été annoncé, mais plus rarement le thème du Messie souffrant a été développé. Et c'est justement là où on ne l'attendait pas que le message de Dieu éclate. Du coup, un texte étrange, énigmatique et difficile du prophète Ésaïe prend une dimension fantastique. Le prophète avait tout vu d'avance, mais qui l'avait compris ? Voici comment une prophétie trouve sa clé :

 … « Qui de nous a cru la nouvelle que nous avons apprise ? Qui de nous a reconnu que le Seigneur était intervenu ?

Car, devant le Seigneur, le serviteur avait grandi comme une simple pousse, comme une pauvre plante qui sort d'un sol desséché. Il n'avait pas l'allure ni le genre de beauté qui attirent les regards. Il était trop effacé pour se faire remarquer. Il était celui qu'on dédaigne, celui qu'on ignore, la victime, le souffre-douleur. Nous l'avons dédaigné, nous l'avons compté pour rien, comme quelqu'un qu'on n'ose pas regarder. Or il supportait les maladies qui auraient dû nous atteindre, il subissait la souffrance que nous méritions. Mais nous pensions que c'était Dieu qui le punissait ainsi, qui le frappait et l'humiliait. Pourtant il n'était blessé que du fait de nos crimes, il n'était accablé que par l'effet de nos propres torts. Il a subi notre punition, et nous sommes acquittés ; il a reçu les coups et nous sommes épargnés. Nous errions tous ça et là comme un troupeau éparpillé, c'était chacun pour soi. Mais le Seigneur lui a fait subir les conséquences de nos fautes à tous. Il s'est laissé maltraiter sans protester, sans rien dire, comme un agneau qu'on mène à l'abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent. On l'a arrêté, jugé, supprimé, mais qui se souciait de son sort ? Or, il était éliminé du monde des vivants, il était frappé à mort du fait des crimes de mon peuple. On l'a enterré avec les criminels, dans la mort, on l'a mis avec les riches, bien qu'il n'ait pas commis de violence ni pratiqué la fraude. Mais le Seigneur approuve son serviteur accablé et il a rétabli celui qui avait offert sa vie à la place des autres. Il vivra longtemps encore. C'est lui qui fera aboutir le projet du Seigneur. »

Ésaïe 53

Viol de sépulture ?

Lorsque, au matin de la Pâque, des femmes arrivent au tombeau où avait été placé le corps de Jésus, elles trouvent l'emplacement vide. Le corps a disparu. Il ne reste que quelques linges qui avaient couvert le cadavre. On pense d'abord à un déplacement du corps, peut-être à un vol scabreux ! Mais la vérité est ailleurs. Jésus est ressuscité. Trois jours après sa mort, on le retrouve vivant ! Il ne faut plus chercher de logique : Jésus est le Fils de Dieu et il le prouve en défiant les lois de la nature, lesquelles sont œuvres de son Père. Le Père comme le Fils ne sont pas soumis aux mêmes lois que le commun des mortels ! Ce qui explique les miracles.

Le sens de la résurrection

La résurrection est le signe de la victoire sur la mort parce que la mort n'est pas l'issue fatale, inévitable et obligatoire de la vie. Elle est une étape qui peut être dépassée.

La résurrection, selon la Bible et notamment le Nouveau Testament, est dépassement et sur-classement.

Dépassement parce qu'elle donne une dimension supérieure et une crédibilité incontestable aux propos et aux gestes de Jésus. On aurait pu dire qu'il avait été un excellent discoureur et un grand guérisseur, mais sa résurrection fait exploser cette perception restrictive.

Sur-classement par rapport à toute philosophie et même à toute religion. La victoire, une fois pour toutes, sur la mort, est déjà un élément unique par l'expérience de Jésus. Mais parce qu'elle rassemble et concentre toutes les morts dans la perspective de la résurrection du plus grand nombre, elle est inédite, parfaite et incomparable.

Jésus, la Bible en action !

Nous avons tous quelques images ou quelques paroles de Jésus en mémoire. Mais il est nécessaire de lire les Évangiles pour découvrir l'ensemble de sa vie et constater le fabuleux destin de l'homme nommé Jésus ! Car ce personnage, ô combien célèbre ! est aussi l'un des plus méconnus ou déformés.

Alors, raconte !

Lorsqu'on lit les propos de Jésus, il faut bien parler d'un enseignement et d'un message hors du commun. Non seulement il fait pâlir d'envie les publicistes tant il a l'art de la formule, mais il jongle avec les questions et les réponses, il joue des images et des histoires, il ponctue son message d'anecdotes inoubliables et de slogans immédiatement populaires. Lorsqu'il le faut, il appelle un chat un chat, avec toute la radicalité qui convient, mais parfois, il est comme l'anguille, insaisissable. Ceux qui veulent le piéger se retrouvent à se mordre les doigts, mais ceux qui sont sincères face à lui découvrent un homme d'une grande tendresse.

Les foules se pressent pour l'entendre et très vite ses histoires (les paraboles) se transmettent pour entrer dans une culture assoiffée de sens le bon samaritain, le fils prodigue, la brebis égarée...

TITRES DE PARABOLES

RÉFÉRENCES BIBLIQUES

Le vin nouveau, la pièce neuve

Marc 2.18-22

Belzébul et l'homme fort

Marc 3. 22-27

Le semeur

Marc 4.1-19

La semence qui pousse

Marc 4. 26-29

La lampe

Matthieu 5.14-16

La mauvaise herbe

Matthieu 13. 24-30

La graine de moutarde

Marc 4. 30-32

Le levain

Matthieu 13. 33

Le trésor et la perle

Matthieu 13. 44-46

Le filet de pêche

Matthieu 13. 47-50

Le scribe et le maître de maison

Matthieu 13.51

L'esprit impur revenant

Luc 11. 24-26

Les ouvriers de la dernière heure

Matthieu 20.1-16

Les vignerons assassins

Marc 12.1-12

Le figuier

Marc 13. 28-32

Le sel

Marc 9.49

Les veilleurs

Luc 12. 35-40

l’œil et la lampe

Matthieu 6. 22

Les deux maîtres

Matthieu 6. 24

La paille et la poutre

Matthieu 7.1-5

La maison sur le sable ou sur le roc

Luc 6.47-49

L'esclave sans pitié

Matthieu 18.23-34

L'esclave et l'intendant

Matthieu 24.45-51

Les dix vierges

Matthieu 25. 1-13

Les talents

Matthieu 25. 14-30

Les moutons et les chèvres

Matthieu 25. 31-46

Les deux débiteurs

Luc 7. 41-43

Le bon Samaritain

Luc 10. 31-37

Les trois amis

Luc 11.5-13

L'homme riche et son avenir

Luc 12.16-21

Le figuier stérile

Luc 13. 6-9

Premier et dernier

Luc 14.7-14

Les invités au banquet

Luc 14.16-24

La tour et le combat

Luc 14. 28-33

La brebis perdue

Luc 15. 1-7

La drachme perdue

Luc 15.8-10

Le fils prodigue

Luc 15.11- 32

Les deux fils

Matthieu 21. 28-32

Les noces

Matthieu 22. 1-14

L'intendant infidèle

Luc 16. 1-9

L'homme riche et le pauvre Lazare

Luc 16. 19-31

Le maître et l'esclave

Luc 17. 7-10

La veuve et le juge inique

Luc 18.1-8

Le pharisien et le péager

Luc 18.9-14

Le pain du ciel

Jean 6.25-58

Le bon berger

Jean 10. 1-16

La vigne et les sarments

Jean 15. 1-6

Pour simplifier la recherche, le tableau ci-dessus ne propose qu'une référence biblique pour retrouver telle ou telle parabole, or la même histoire est parfois relatée dans d'autres évangiles que celui indiqué. La plupart des bibles proposent les références parallèles où trouver le même texte chez les autres évangélistes.

Une parole de béton

Derrière tout conteur, il y a un observateur de son temps qui cherche à bouleverser ce temps. Les fables de La Fontaine sont intéressantes et amusantes, mais elles prennent un sens grave et redoutable quand on sait le contexte qui les a inspirées et le sens profond que l'auteur y cache à peine. La Fontaine critiquait les mœurs et le pouvoir de son temps. Jésus, dans ses paraboles, n'en dit pas moins, au contraire ! De plus, il gratte le vernis religieux pour mettre à jour l'hypocrisie de beaucoup, tout en rappelant les exigences et les ordres de Dieu. S'il dérange certains, il passionne le peuple qui lui accorde une autorité forte, même si elle est bâtie sur le simple bon sens populaire.

Or, Jésus trouble et agace parce qu'il parle avec une réelle autorité. Cette autorité vient de la cohérence de son message avec ce qui a été, pendant des siècles, la norme spirituelle et cultuelle. Elle vient aussi de l'authenticité de sa vie : ses paroles sont en accord total avec ses gestes et ses gestes sont le prolongement de ses paroles. Une pareille unité engendre une harmonie qui fait envie, mais qui renvoie chacun à ses propres incohérences, à ses dysharmonies personnelles, à ses tensions permanentes et parfois irréductibles.

Il est facile de vérifier cela en lisant, deux mille ans après, les Évangiles.

Des gestes stupéfiants

Les paroles et le message de Jésus étaient toujours ponctués de gestes étonnants lorsqu'ils ne les précédaient pas. Il n'était donc pas seulement un beau parleur, il agissait. Et son action dépassait toutes les actions connues. En effet, Jésus avait un pouvoir sur les hommes, sur les éléments, et même sur les objets. Pour ceux qui aiment les séries télévisées qui font appel à la magie et aux pouvoirs surnaturels, la vie de Jésus devrait aiguiser leur curiosité. Mais il ne s'agit pas, dans le langage biblique, de magie ; on parle plutôt de miracles. Jésus guérit des malades, redonne la vue à des aveugles, fait marcher des handicapés et ressuscite même des morts. Il ordonne au vent de se taire, il transforme de l'eau en vin, il provoque des pêches franchement miraculeuses !

Le pouvoir qu'il a surprend naturellement les gens qui courent vers lui pour être guéris de tous leurs maux ou pour avoir du pain en abondance. Mais ces miracles sont, dans la pédagogie de Jésus, des signes pour simplement illustrer son message. En effet, les guérisons ne sont qu'une pâle illustration du salut et de l'immortalité qu'il propose.

RÉCITS DE MIRACLES

RÉFÉRENCES BIBLIQUES

Guérison de diverses paralysies

Marc 2.1-12; 3.1-5; Jean 5.1-9; Luc 13.11-13

Guérison de fièvre

Marc 1.30

Guérisons de la lèpre

Marc 1.40 ; Luc 17.11-19

Guérison de perte de sang

Marc 1. 25-36

Guérison d'aveugles

Matthieu 9. 27-32 ; Marc 8.22-26 ; 10.46-52 ; Jean 9. 1-7

Guérison de sourds et muets

Matthieu 9. 32-34; 12. 22-24;

Marc 7. 32-37 ; 9. 14-29; Luc 11. 14

Guérison d'hydropisie

Luc 14.1-6

Exorcismes

Marc 1.21-27 ; 5.1-15; 9.14 -29

L'oreille coupée

Luc 22. 50

La tempête apaisée

Marc 4.35-41

La multiplication des pains

Marc 6.32-44; 8. 1-10

La pêche miraculeuse

Luc 5.4-11 ; Jean 21. 1-11

La pièce dans le poisson

Matthieu 17.24-27

Jésus marche sur l'eau

Marc 6.45-52

Le figuier stérile

Marc 11. 12-14; 21-27

L'eau changée en vin (noce de Cana)

Jean 2. 1-11

Résurrection de la fille de Jaïros

Marc 5.21-43

Résurrection du jeune homme de Naïm

Luc 7.11-17

Résurrection de Lazare

Jean 11

Ce tableau ne récapitule pas tous les miracles de Jésus, notamment ceux de guérison et d'exorcisme. Les références bibliques indiquées sont les principales. Aux trois résurrections relatées dans les Évangiles, il convient d'ajouter celle de Jésus lui-même.

Mais qui est jésus ?

Bien des personnages de l'Évangile cherchent à comprendre qui est Jésus. L'homme interroge, inquiète, fascine ou dérange. Que ce soit le collecteur d'impôts Zachée, juché sur son arbre pour voir passer Jésus et savoir qui il est ; que ce soit le docteur de la Loi, Nicodème, qui vient interroger Jésus en pleine nuit ; que ce soit Pilate qui ne sait comment prendre ce Juif qu'accusent les Juifs ; que ce soient les touristes venus de Grèce qui demandent à l'un des disciples s'ils peuvent “visiter” Jésus. Tous se posent des questions.

Or, Jésus entretient le doute. Il est tantôt clair et tantôt flou, voire les deux à la fois, à la façon de certaines peintures de la Renaissance qui jouent avec le clair-obscur.

Il se permet lui-même de demander à ses disciples ce que l'on dit de lui, pour qui on le prend. Et lorsque l'ami le plus proche, Pierre, déclare : Tu es le Christ, l'envoyé de Dieu !  Jésus lui recommande le secret.

À la lecture des Évangiles, peut-on faire un portrait de l'homme Jésus et un résumé de son enseignement ? Des milliers de livres ont été consacrés à cet homme et c'est une gageure de vouloir cerner le personnage. Voici cependant quelques indices

Jésus naquit avant Jésus-Christ

Jésus est né peu avant la mort d'Hérode le Grand, certainement en l'an 4 avant Jésus-Christ (déjà une surprise !). Il avait environ 30 ans lorsqu'il commença son action (ministère) qui consistait à proclamer la parole de Dieu dont il disait, à mots couverts, être l'incarnation. Pour inaugurer son ministère, il se rendit auprès de Jean-Baptiste pour être baptisé dans le Jourdain. Le ministère de Jésus dura trois ans et il l'exerça surtout en terre juive, même s'il fit quelques incursions en Phénicie ou dans la Décapole (région au sud de la mer de Galilée et à l'est du Jourdain). Il sillonna les villages de la Galilée, sa région natale, et alla à plusieurs reprises à Jérusalem pour dispenser son enseignement, rassemblant autour de lui des foules de plus en plus imposantes.

Le petit jésus

Sa naissance, devenue un folklore sympathique à Noël, demeure surprenante et il n'est pas toujours simple de démêler ce qui est vraisemblable de la légende populaire. Deux évangélistes seulement nous donnent quelques indications. Matthieu se place du point de vue de Joseph, et Luc du point de vue de Marie. La naissance de Jésus est annoncée comme très exceptionnelle puisqu'elle émane d'une jeune fille vierge. Dieu est présenté comme étant le père. Joseph, le charpentier et fiancé de Marie, l'épousera et prendra en charge l'enfant, l'ange de Dieu, Gabriel, leur ayant expliqué tour à tour ce qu'il en était de cette naissance très originale.

Comme Joseph n'est plus mentionné en dehors des passages relatifs à la naissance de Jésus, puis de la visite au Temple de Jérusalem (Jésus a 12 ans, les spécialistes en déduisent qu'il est mort alors que Jésus n'était encore qu'un adolescent.

Les Évangiles bibliques ne racontent rien de plus de l'enfance de Jésus. Entre l'âge de 12 et 30 ans, nous ne savons rien de ce qu'a été sa vie. Seules des suppositions logiques peuvent combler le vide. On sait cependant qu'il n'a pas fondé de famille puisqu'au commencement de son ministère, il n'est pas marié.

Quel orateur !

Dès qu'il quitte Nazareth pour aller par les chemins, il est remarqué rassemble autour de lui douze hommes (les Douze) qui deviendront ses premiers disciples. Manifestement, Jésus a un talent oratoire extraordinaire, capable de captiver ses auditeurs en proposant des enseignements profonds et riches, tout en les illustrant de petites anecdotes, des paraboles. Il est également capable de caresser son public dans le sens du poil ; ainsi, la méfiance et le discrédit à l'égard des autorités religieuses juives lui permettent d'émettre des reproches sévères à l'encontre de cette classe qui souvent opprimait le peuple.

Naturellement, comme il accompagne ses discours de faits extraordinaires (les miracles), ses interventions deviennent spectaculaires et les foules se pressent pour être témoins de ces miracles. On lui amène de nombreux malades, des handicapés, voire des possédés pour qu'il les guérisse. Et il le fait ! Parfois, il n'a pas le temps de se reposer ni de passer une nuit tranquille dans un endroit discret. La foule le sollicite sans cesse.

Il dérange l'establishment !

Sa popularité va grandissant, mais elle fait de plus en plus d'ombre aux autorités religieuses qu'il défie volontiers. Il reproche aux prêtres de ne plus être de vrais porte-parole de Dieu et de vivre comme des fonctionnaires religieux. Il les critique parce qu'ils exercent des pressions insupportables sur les petites gens. Ses miracles, qui font incontestablement de lui un prophète et un envoyé de Dieu, discréditent les prêtres et le Sanhédrin (tribunal suprême des Juifs qui siégeait à Jérusalem). Lorsque Jésus ressuscite son ami Lazare, cela déclenche auprès du peuple un vaste élan de popularité, mais alors les autorités religieuses décident de le faire disparaître et cherchent un moyen de l'abattre.

Pas d'improvisation

Jésus avait pleinement conscience de ce qui se passait et de ce qui se tramait. Dès le début de son ministère, il parlait de sa fin tragique et il savait aussi que telle était sa mission. La conscience de Jésus quant à son identité (Fils de Dieu) et son rôle (se sacrifier pour le plus grand nombre) est inscrite dans les Évangiles. Lorsqu'il décide de monter à Jérusalem et d'y être pour la fête de la Pâque, c'est parce qu'il sait qu'un rendez-vous spécial est pris. Il va se substituer à l'agneau pascal (de Pâque) et, par sa mort, endosser la faute de tous. Par sa résurrection, il attestera de la puissance de Dieu, mais aussi de celle de la vie sur la mort.

Lors du dernier repas de Jésus avec ses disciples (ou apôtres), alors qu'ils fêtent la Pâque (c'est-à-dire la sortie des Hébreux d'Égypte conduits par Moïse de l'esclavage à la liberté), Jésus sait que l'un des Douze est en train de le trahir, et il le dit. Car tel était son destin ! Comme Joseph, vendu par ses frères ! Comme l'agneau pascal, mis à mort.

Un jugement expédié

Après le repas pascal, Jésus et ses disciples vont sur le mont des Oliviers. Là, selon la coutume, ils chantent des cantiques et rappellent sans doute l'histoire de Moïse. Jésus s'éloigne alors pour prier. Une prière intense (Jean 17) qui l'entraîne dans une terrible angoisse, dans une solitude jamais remarquée chez lui, dans une telle détresse qu'il demande à ses disciples les plus proches de l'assister (Pierre, Jacques et Jean). Mais les disciples sont écrasés de fatigue et ne se réveillent qu'au moment où les soldats viennent arrêter Jésus, en pleine nuit, comme agitateur.

Pierre tente de s'interposer en frappant de l'épée l'un des gardes. Jésus demande à Pierre de ranger son épée et guérit l'oreille coupée du soldat.

Jésus sera crucifié le jour même, en même temps que deux autres condamnés. Comme la fête de Pâque bat son plein, on décide de ne pas laisser les corps agoniser trop longtemps, et c'est ainsi que l'on casse les jambes des crucifiés. Or, Jésus est mort rapidement, si rapidement que l'on s'en étonne, et qu'il n'aura pas les membres brisés.

Je m'en lave les mains

Jésus est conduit auprès du Sanhédrin, convoqué d'urgence. On le juge aussitôt, alors que la loi interdisait ce type de procédure. Jésus est condamné en tant que blasphémateur : il prétend être le Fils de Dieu, c'est une insulte à Dieu lui-même. Mais comme les Juifs sont sous l'administration romaine, ils ne peuvent exercer la sentence de mort. D'où la présentation de Jésus à Pilate, gouverneur romain à Jérusalem. Pilate s'avère être manipulé par les prêtres et par la foule et, finalement, déclare « se laver les mains » de cette affaire ; il autorise la mise à mort de Jésus.

Jusqu'au dernier souffle !

Il y a deux raisons à cette mort rapide : d'une part, Jésus avait été flagellé avant d'être crucifié, ce qui ne se faisait pas d'ordinaire. On préférait de beaucoup mettre à mort une personne en excellente santé, pour qu'elle puisse souffrir le plus longtemps possible. Mais Pilate espérait sans doute calmer la foule en faisant flageller Jésus en qui il ne trouvait pas de faute. Il imaginait que ce spectacle et cette sentence seraient suffisants pour épargner la vie d'un innocent. Mais la foule, fanatisée par les prêtres, réclama la mort. Jésus était donc déjà très affaibli et sa résistance amoindrie avant la mise en croix. Il arrivait d'ailleurs que des suppliciés qui subissaient la flagellation meurent sous le fouet.

D'autre part, il semble aussi que Jésus ait décidé du moment de sa mort. Il prononce plusieurs paroles depuis la croix, et les deux dernières sont : « Tout est accompli », puis « Père, je remets mon esprit entre tes mains ! » Par ces deux phrases, il signale être allé jusqu'au bout de sa mission, puis s'abandonne à son Père.

Rouler ta mort

Après la mort constatée de Jésus, le corps est descendu et mis dans un tombeau. C'est un homme riche, admirateur de Jésus, membre du Sanhédrin mais étrangement non convoqué la nuit du jugement, qui offre son propre tombeau au Christ. Comme le sabbat commence, on n'a pas le temps de faire plus que de mettre le corps de Jésus dans ce tombeau et de rouler la pierre devant. Après le sabbat, au petit matin, plusieurs femmes se dirigent vers le tombeau avec des aromates pour nettoyer le corps. Alors que les Romains avaient placé des gardes devant le tombeau (l'affaire Jésus inquiétait Pilate), les femmes ne rencontrèrent personne. Elles découvrirent que le tombeau était ouvert et que le corps avait disparu. Elles s'enfuient, effrayées par ce qui semble être le viol d'une sépulture et le vol d'un cadavre.

Or, Jésus est ressuscité. Il apparaît à une femme, puis à quelques disciples et enfin aux Douze qui ne sont plus que onze, après le suicide de Judas, celui qui avait trahi Jésus.

Derniers messages

Lorsque les disciples découvrent leur maître vivant, ils sont naturellement bouleversés. Ils tentent de réinterpréter tout ce que Jésus leur avait dit et qu'ils ne pouvaient comprendre. Jésus lui-même met les points sur les i :

Ne vous avais je pas dit ? N'est-il pas écrit ?

Il retrouve, en privé, quelques-uns des apôtres, notamment Pierre qui l'avait renié, et Jean, mais aussi Thomas l'incrédule. À chacun, il apporte une parole précise puis il s'adresse à tous, leur demandant de devenir ses témoins dans le monde entier.

Énumération des attributs de Jésus selon ce que l'on peut analyser des Évangiles, et faisant de lui le Fils de Dieu

ü      Omnipotence, c'est-à-dire doué de toutes les puissances (sur la maladie, sur la mort, sur les démons, sur les éléments...).

ü      Omniscience : Jésus connaît toute chose.

ü      Omniprésence et éternité : présent partout et de tout temps, depuis la fondation du monde et jusqu'à la fin.

ü      Immutabilité : il ne change pas et il n'y a en lui aucune variation ni ombre de changement.