Épîtres de Jean

Les trois épîtres de Jean sont attribuées à cet auteur parce qu'elles semblent être de la même plume que l'Évangile de Jean. Les similitudes sont nombreuses et permettent d'identifier le disciple que Jésus aimait. Dans les épîtres, le nom de Jean n'apparaît pas, mais l'auteur se présente comme étant l'Ancien.

L'Apôtre de l'amour

On a souvent présenté Jean comme l'apôtre de l'amour. Cela se vérifie amplement à la lecture de ses lettres et notamment de la première, la plus longue. Jean insiste sur l'amour fraternel qui doit lier les membres de la communauté chrétienne et témoigner au monde de l'amour de Dieu. Cet amour de Dieu est également un développement important de l'apôtre. C'est l'amour qui témoigne de ce qui est véritablement de Dieu. Une façon simple de vérifier si tel ou tel est vraiment chrétien, si telle pensée ou telle théologie est inspirée de Dieu. L’amour, toujours l'amour ! C'est le commandement le plus fondamental qui sort, à la fois ancien et nouveau.

La première épître de Jean est sur le modèle du sermon plus que sur celui de la lettre.

 … Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu. Quiconque aime est enfant de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour pour nous : il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vraie vie par lui. Et l'amour consiste en ceci : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés ; il a envoyé son Fils qui s'est offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés. Mes chers amis, si c'est ainsi que Dieu nous a aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Personne n'a jamais vu Dieu. Or, si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour se manifeste parfaitement en nous. Voici comment nous savons que nous demeurons unis à Dieu et qu'il est présent en nous : il nous a donné son Esprit. Et nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé son Fils pour être le Sauveur du monde. Si quelqu'un reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et il demeure uni à Dieu. Et nous, nous savons et nous croyons que Dieu nous aime. Dieu est amour ; celui qui demeure dans l'amour demeure uni à Dieu et Dieu demeure en lui. Si l'amour est parfait en nous, alors nous serons pleins d'assurance au jour du Jugement ; nous le serons parce que notre vie dans ce monde est semblable à celle de Jésus-Christ. Il n'y a pas de crainte dans l'amour ; l'amour parfait exclut la crainte. La crainte est liée à l'attente d'un châtiment et, ainsi, celui qui craint ne connaît pas l'amour dans sa perfection. Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu » et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur. En effet, s'il n'aime pas son frère qu'il voit, il ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas. Voici donc le commandement que le Christ nous a donné : celui qui aime Dieu doit aussi aimer son frère.

1 Jean 4. 7-21

La deuxième lettre de Jean est adressée étrangement à la “Dame choisie” sans que nous sachions de qui il s'agit. Sans doute Jean utilise-t-il une métaphore, voire un code, pour s'adresser à une église précise. Il encourage cette personne, ou cette église, à persévérer dans la vérité, celle qu'il a enseignée, et de ne pas recevoir de prédicateurs imposteurs. L'imposteur se reconnaît au fait qu'il n'annonce pas le même Évangile que Jean.

La troisième lettre n'est qu'un billet adressé rapidement à un ami, Gaïus, que Jean espère revoir bientôt. En quelques lignes, Jean dénonce le risque de prise de pouvoir dans l'Église par des personnes qui profiteraient du changement de génération, mais aussi de l'absence de témoins oculaires de la vie et de l’œuvre de Jésus-Christ. C'est ainsi que Jean dénonce les manœuvres d'un certain Diotrèphe dont Gaïus ferait bien de se méfier.