Historique

vue d'ensemble

L'abbaye de Fontevraud a été fondée par Robert d'Abrissel en 1101. Elle adopte un fonctionnement particulier, en recevant cinq groupes différents : des prêtres (St Jean de l'Habit), des pécheresses repenties (Sainte Marie-Madeleine), des veuves et des vierges (le Grand Moûtier, dédié à la Vierge), des lépreux (Saint Lazare) et des malades (Saint Benoît).

Robert d'Abrissel

Natif d'Abrissel (près de Rennes), vers 1045, Robert est fils de prêtre (la lutte contre le nicolaïsme n'a pas encore fait ses effets). Après avoir fait élire Sylvestre de La Guerche au siège épiscopal de Rennes il doit fuir à Paris lorsque l'évêque est déposé par le pape en 1078. Il étudie alors la théologie. Il découvre aussi la réforme grégorienne et tente de l'apporter à Rennes. Son impétuosité lui vaut l'hostilité des clercs. Il quitte à nouveau Rennes et va quelque temps poursuivre ses études à Angers avant d'entreprendre une vie d'ermite errant. Il est suivi par une petite troupe qui va en grossissant. Il fonde son premier monastère à la Roë (Mayenne) mais poursuit son prêche errant, avec l'autorisation d'Urbain II. Ses critiques contre les prélats et la mixité de sa troupe suscitent le scandale. Il installe une importante communauté à Fontevraud en 1101. Après avoir doté sa communauté d'une abbesse, il reprend son errance. Il meurt en 1116.

 

Chacun des groupes possède un ensemble complet de bâtiments monastiques. Les fontevristes constituent un ordre à part entière, mais celui-ci n'a pas l'expansion qu'ont connue d'autres mouvements. Robert d'Abrissel en confie la direction à une abbesse. Ce choix d'une femme pour diriger à la fois des hommes et des femmes distingue Fontevraud des autres ordres et suscite même le scandale, à une époque où l'on considère que la femme porte en elle le péché et qu'elle doit être soumise à l'homme.

Le monastère recrute ses ouailles parmi l'aristocratie. Il reçoit la protection des Plantagênet. Aliénor d'Aquitaine y est enfermée par son époux. Des phases de relâchement et de remise en cause de l'autorité féminine alternent avec des reprises en main énergiques, les plus fameuses étant celles de Marie de Bretagne et de ses successeurs, toutes issues de la famille des Bourbon, qui considère Fontevraud comme l'un de ses fiefs. L'abbaye ne cesse de s'agrandir et d'enrichir son lignage. En 1670, Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, sœur de Mme de Montespan, atténue quelque peu la rigueur du couvent, au sein duquel sont élevées les quatre filles de Louis XV. L'abbaye conserve donc sa renommée jusqu'à la révolution.

chevet de l'abbatiale

eglise vue du cloître

En 1793, le prieuré des moines est détruit. A partir de 1804, le monastère sert de prison et de manufacture alimentée par le travail des détenus. La sévérité de la centrale est évoquée, au siècle suivant, par Jean Genet dans " Le Miracle de la Rose ". Entre 1886 et 1910, Fontevraud est restaurée par Lucien Magne, un élève de Viollet le Duc. Il s'occupe notamment des cuisines et de l'abbatiale. La prison est fermée en 1963 et de nouvelles restaurations sont entreprises. Depuis 1975, l'abbaye abrite le Centre culturel de l'Ouest.


Visite extérieure de l'abbatiale

L'ensemble le mieux conservé est celui du Grand Moutier. Son abbatiale date du XIIe siècle. Le chœur a été édifié dans la première moitié de ce siècle (1105-1117). La nef est achevée vers 1150-1160. La façade, reconstruite au XVIe dans le style gothique flamboyant, a retrouvé son aspect roman depuis l'intervention de l'architecte Lucien magne en 1901.

plan de l'abbatiale

côté nord de la nef

Extérieurement, la nef est très simple. Ses baies cintrées, entourées de colonnettes, sont séparées par d'épais contreforts. La croisée du transept est surmontée d'un clocher carré, dont la base est percée de baies cintrées. Il est couvert par une flèche d'ardoises.

On pénètre actuellement dans l'église par le portail nord (la façade est en restauration). Cintré, ce portail est surmonté d'un pignon dans lequel sont inclues deux niches. Celles-ci sont composées de deux arcs en plein cintre, formé de gros claveaux, qui reposent sur de petites colonnettes. Elles abritent des bas-reliefs.

portail nord

détail des voussures du portail nord

Les voussures du portail sont richement ornées. L'archivolte et la première voussure sont végétales. Sur la deuxième voussure, les motifs sont plus variés. On y trouve des visages humains et de nombreux animaux : les symboles du tétramorphe, bien sûr, mais aussi des singes, chauve-souris, chouettes et quelques bêtes fantastiques.

voussures du portail nord

Le chevet de l'abbatiale est majestueux. L'abside comme les trois chapelles rayonnantes sont ornées de demi-colonnes engagées. Entre les chapelles, greffées sur le déambulatoire, on trouve de longues baies. De part et d'autre du chevet, on voit les absidioles du transept.

chevet

Visite intérieure de l'abbatiale

nef

Les quatre travées de la nef sont voûtées par des coupoles sur pendentifs, réalisées par des architectes angoumois.

coupole
élévation de la nef

Dans chaque travée, l'élévation est composée d'une série de quatre arcades aveugles et deux petites baies. On trouve sur les colonnes engagées des arcades des chapiteaux richement ornés, taillés par des artistes saintongeais.

chapiteaux
Le revers de la façade a une élévation un peu semblable, limitée à trois arcades et une baie.

revers de la façade

gisants

Avant la croisée du transept, on trouve les gisants d'Aliénor d'Aquitaine, d'Henri II Plantagenêt, de Richard Cœur de Lion et d'Isabelle d'Angoulême, épouse de Jean sans Terre.

croisillon nord

Les croisillons du transept (à gauche, au nord), voûtés de berceaux cintrés, comportent deux travées. Ils sont austères, essentiellement éclairés par les trois petites baies du mur du fond.

La seconde travée ouvre sur une absidiole (à droite, absidiole sud) voûtée en cul-de-four et éclairée par trois baies.

absidiole sud
La croisée du transept est voûtée par une coupole, plus petite que celles de la nef. En effet, l'ouverture de la croisée est légèrement inférieure à la largeur de la nef. Il avait été prévu de percer un passage reliant directement la nef et les croisillons.

choeur

Le chœur est entouré d'un déambulatoire qui s'ouvre sur trois chapelles rayonnantes. Il est entouré d'un berceau en plein cintre. Les grandes arcades, très élancées, sont surmontées d'un petit triforium aveugle et de petites baies cintrés alternativement aveugles et ouvertes.

L'éclairage du chœur est surtout assuré par les grandes baies du déambulatoire qui s'intercalent entre les chapelles rayonnantes.

choeur et déambulatoire

 

Les bâtiments conventuels

Le cloître du Grand-Moûtier

cloître du Grand Moutier Le cloître roman a été reconstruit au XVIe siècle, sous les abbatiats de Renée et Louise de Bourbon. La galerie sud est de style gothique, les autres sont classiques.

Un second niveau de galeries a été ajouté au XIXe siècle, alors que le monastère était converti en prison. La partie nord, qui obscurcissait l'église, a depuis été détruite.

galerie du cloître

La salle capitulaire

entrée de la salle capitulaire

La salle capitulaire s'ouvre sur le cloître par un portail encadré de deux baies géminées. Pour orner le portail les bas-reliefs alternent avec les statuettes en ronde-bosse.

 détail de l'entrée de la salle capitulaire

Dans l'intrados des baies qui entourent le portail, on trouve des médaillons qui mêlent des épisodes religieux (Sainte Véronique montrant le visage du Christ en bas à droite sur la photo ci-contre), des motifs végétaux et les initiales des abbesses de Bourbon.

baie de la salle capitulaire

salle capitulaire Elle comprend deux vaisseaux de trois travées. Au centre, les ogives retombent sur deux fines colonnes. Leur second point de chute est constitué par des culots.
On trouve sur les murs des peintures de Thomas Pot (1563) dont le thème principal est la Passion.

Sur le dallage, on trouve les initiales de Renée et de Louise de Bourbon, ainsi que la salamandre de François Ier.

dallage de la salle capitulaire

Les cuisines romanes

cuisine

Construites entièrement en pierre par crainte du feu, vers 1160, ces cuisines, hautes de 27 mètres, étaient séparées des autres bâtiments, au début de leur implantation sur le site.
La construction passe du plan octogonal au plan carré pour revenir au plan octogonal en élévation (27 mètres de haut).

cuisine
foyers de la cuisine

Des huit absidioles initiales, trois ont disparu lors du rattachement des cuisines au réfectoire. Vingt et une cheminées permettent l'évacuation de la fumée. Elles ont été ornées de lanternons par l'architecte Lucien magne, élève de Viollet-le-Duc.

chemiéne de la cuisine

D'autres bâtiments subsistent mais ils ne sont pas visitables ou ne présentent pas d'intérêt majeur.


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