|
Historique
|

|
La
cathédrale Saint Jean de Lyon est également appelée
"primatiale", puisque la ville de Lyon fut le Primat des Gaules,
c'est-à-dire que la première église chrétienne
de Gaule y fut fondée (par Saint Pothin, mort en 177). La première
cathédrale ne se trouvait pas sur le site de Saint Jean.
Chevet de la cathédrale et basilique Notre-Dame
de Fourvière
|
|
La
construction de l'édifice actuel débute entre 1165 et 1180.
On construit la nouvelle cathédrale sur l'emplacement d'une ancienne
église, qui n'est détruite qu'au fur et à mesure
de l'avancement des travaux. Initialement, l'architecture développée
est d'inspiration romane. Ce n'est que dans la seconde moitié du
XIIIe siècle que le gothique s'impose totalement.
|
|
On constate
alors un ralentissement des travaux, dû au manque de moyens. Le
clocher n'est achevé qu'au XIVe siècle. Dans la première
moitié du XVe siècle, les tours ne sont toujours pas achevées.
On ajoute des chapelles latérales. L'ensemble n'est vraiment terminé
qu'à la fin du XVe siècle.
|

|
Les
guerres de religion provoquent la destruction du jubé
(reconstruit en 1584) et d'une grande partie des statues. Au XVIIIe,
le chapitre décide la destruction du trumeau
du portail central, pour faciliter
le passage des processions. La Révolution vient à bout
du reste des statues et du nouveau jubé.
|
Pour
remeubler le chœur après
la Révolution, on achète les stalles
de Cluny, alors en vente.
Les derniers
dommages subis par la cathédrale datent de 1944 où tous
les vitraux qui n'avaient pas été ôtés sont
détruits (heureusement, les plus anciens étaient à
l'abri).
|
|
Visite Extérieure
La façade occidentale
|

|
La
façade occidentale (XIVe-XVe) est une façade harmonique
classique, qui présente cependant la particularité d'être
beaucoup moins élancée que ses équivalents du Nord de la
France. Cela est dû à la faible élévation des tours et
peut-être au rétrécissement du massif à partir du deuxième
niveau.
|
|
Au
premier niveau se trouvent les portails
dont la largeur est augmentée d'arcatures
aveugles qui abritaient des statues aujourd'hui disparues
(tout comme celles des ébrasements).
Ces portails sont surmontés de gâbles
pleins, ornés de rosaces polylobées aveugles (quatre au
centre regroupées dans un cercle plus vaste et trois dans
les écoinçons.
Le gâble du portail central, plus haut que celui des
portails latéraux, atteint une galerie d'arcades aveugles
qui passe au-dessus des portails.
|
|
Dans
cette galerie, on trouve, de part et d'autre du portail
central, les armoiries de la couronne de France et celles du
pape Pie IX (qui remplacent celles du pape Sixte IV, détruites
antérieurement).
Le
second niveau est séparé du premier par une balustrade.
Le centre est occupé par une rose de 12 mètres de diamètres,
flanquée, à gauche, d'une horloge sous deux arcs
en mitre et, à droite, de deux niches (également sous
des arcs en mitre) qui abritaient des statues. Des tourelles
encadrent l'ensemble. La séparation avec le dernier niveau
est là encore marqué par une balustrade.
Le
troisième et dernier niveau est composé de deux tours à
toit plat, peu élevées (44 mètres) et d'un pignon
central, qui les dépasse. Ce pignon, qui porte à son
sommet une statue de Dieu le Père, est percé d'une baie à
arcades
géminées,
entourée des statues de Gabriel et de la Vierge
(refaites au XIXe).
Les
tympans
des portails, martelés pendant les guerres de religion,
sont aujourd'hui dépourvus de tout ornement.
|

|
Le programme iconographique de
la cathédrale se développe donc uniquement dans les voussures,
les consoles des statues disparues et dans les médaillons
quadrilobés des ébrasements (280) qui sont d'une richesse
comparable à ceux des portails du transept
de la cathédrale de Rouen.
Baptême du Christ
|
|
Dans les voussures, on trouve, au centre,
des séraphins et des anges (ils entouraient peut-être un Jugement
dernier), à droite, des prophètes et des patriarches
(qui surplombaient peut-être un Couronnement de la Vierge)
et, à gauche, des saints et des saintes. Les quadrilobes présentent
un programme extrêmement riche (scènes de la Genèse, de
la Vie du Christ et de Saint Jean Baptiste, bestiaire
fantastique...).
Lutte de Jacob avec l'ange
|
|
Le chevet
Pour bien le voir, il est nécessaire de
traverser la Saône.
|
|
Visite Intérieure
|
La
cathédrale de Lyon, comparée aux grandes
cathédrales du Nord comme du Midi, fait figure de
petite église. Si la hauteur de ses voûtes est
presque égale à celle de Notre-Dame
de Paris (loin derrière Reims
et Amiens)
dans la nef
(32 mètres), elle est très inférieur dans l'abside
(24 mètres). La longueur totale de l'édifice n'est
que de 79 mètres.
|
|
|

|
La
nef de huit travées,
couverte par des voûtes
sexpartites, a une élévation
à trois niveaux : de grandes arcades ; un triforium
à mur de fond plein, composé de baies à quatre arcades,
groupées par deux par un arc de décharge brisé. Les
remplages
sont percés d'oculi polylobés dans les deux
premières travées. Le troisième niveau est occupé
par des fenêtres hautes à trois lancettes,
surmontées de trois oculi.
|
|
On peut noter la chaire
de marbre blanc, du XIXe siècle. On remarque aussi
que l'axe de l'église est dévié deux fois : au
niveau de la quatrième travée et à l'entrée de
l'abside : cela est certainement plus dû à des
difficultés lors de la construction qu'à la volonté
de représenter l'inclination du corps du Christ sur
la croix, comme certains l'ont prétendu.
Le
revers de la façade comporte, au-dessus des portails
ornés de gâbles,
un triforium à quatre baies composées de deux
arcades puis la rose
(avec au centre l'agnus dei).
|
|
|

|
La
principale chapelle latérale sud, la Chapelle des
Bourbons, est de style gothique
flamboyant. Ses voûtes sont extrêmement
complexes, avec parfois des clefs pendantes.
|
|
Le long des colonnes, on
trouve une main armée d'un glaive se mêle à des
motifs végétaux.
|
|
|

|
Le
mur de raccordement entre la nef et le transept,
rendu nécessaire par la différence d'élévation,
est orné d'une rose rayonnante encadrée de deux
petites baies. Le mur de raccordement entre les croisillons
du transept et la croisée sont décorés par une
galerie aveugle surmontée d'un oculus.
Chaque croisillon du transept comporte deux travées
dont l'une ouvre sur les absidioles.
|
L'élévation
est à trois niveaux (mur plein, triforium à baies de
trois arcades et fenêtres hautes un peu écrasées).
Les murs de fond du transept sont essentiellement
occupés par des orgues (au sud, l'orgue masque le
triforium) et des roses rayonnantes (du XIIIe siècle
au nord et du XVe siècle au sud).
Le
chœur,
avec ses deux travées droites et son rond-point, est
confiné dans une abside sans déambulatoire.
L'élévation du chœur est à quatre niveaux dans le
rond-point: des arcatures aveugles, de longues
fenêtres étroites, un triforium aveugle et des
fenêtres hautes. La première travée droite, avec
une élévation à trois niveaux), ouvre sur les
absidioles. La seconde travée a une élévation à
quatre niveaux (deux niveaux d'arcatures aveugles
précèdent le triforium et les fenêtres hautes).
Dans les travées droites, le triforium comporte des
baies à quatre arcades en plein cintre et les
fenêtres trois lancettes. Dans le rond-point le
nombre d'arcades et de lancettes est réduit à deux.
Des frises de marbre blancs, incrustées de ciment
brun, courent sous les premières fenêtres, au-dessus
et en-dessous du triforium. Quelques pilastres
historiés complètent l'ornementation (scènes de la
Nativité). Dans les absidioles on trouve de jolis protomés
à la base des ogives.
|
L'horloge
astronomique de Saint Jean, haute de 9 mètres, est
remarquable. La statue qui coiffe l'astrolabe change
tous les jours à minuit (dimanche, le Christ
ressuscité, lundi, la mort, mardi, St Jean-Baptiste,
mercredi, St Etienne, jeudi, un Christ au calice et à
l'hostie, vendredi, un enfant avec une croix, samedi,
la Vierge).
|
|
|

|
L'horloge sonne à 12,
14, 15 et 16 heures. L'animation des automates
reproduit, entre autres, une Annonciation.
|
|
|
|
|