Historique
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Selon la légende, l’abbatiale aurait été fondée
par Clovis. Mais en réalité, son fondateur est vraisemblablement
l’évêque de Cahors, Didier (entre 628 et 648). L’abbatiale a
dû faire face à des raids arabes, normands, hongrois, avant
d’être affiliée à l’ordre de Cluny en 1047. Sa reconstruction
est entamée au XIe siècle par Durand de Bredon.
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Le cloître est achevé en 1100 sous l'abbatiat
d'Anquistil (comme en témoigne les inscriptions ci-contre,
sur des piles du cloître). Le portail date également
du XIIe siècle. C’est à cette époque qu’on peut observer l’apogée
de l’abbaye (qui possède alors des dépendances jusqu’en Catalogne).
La ville est ensuite saccagée en 1212 par Simon de
Monfort (mais les sculptures sont sauvegardées). L’abbatiale
perd progressivement son influence.
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En 1466, l'abbaye est détachée de Cluny et
perd son autonomie (abbés commendataires).
Elle est sécularisée en 1626. En 1789, elle est transformée
en fabrique de salpêtre et les figures des chapiteaux
du cloître
sont mutilées.
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En 1846, elle est classée monument
historique. Ceci n’empêche pas les promoteurs de la ligne Bordeaux-Sète
de vouloir raser le cloître quelques années plus tard pour permettre
le passage du chemin de fer. Finalement, seul le réfectoire
et la cuisine seront détruits.
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Le cloître

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Le
cloître
compte soixante-seize chapiteaux
reposant alternativement sur une ou deux colonnes fines. Les
voûtes
qui relient les colonnes ne sont pas purement romanes car
elles ont été détruites puis reconstruites plus
tardivement (XIIIe).
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Quarante-six des soixante-seize
chapiteaux figurent des épisodes des ancien et du nouveau
Testaments sans ordre logique ou chronologique. Les autres
chapiteaux présentent des motifs végétaux ( feuilles
d'acanthe, palmettes...)
ou animaux.
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Quelques détails (les numéros
correspondent à l'emplacement des chapiteaux décrits, en
partant de l'angle formé par la galerie ouest et nord) :
Dans la galerie ouest
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Chapiteau n° 2 : glorification de la croix
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Chapiteau n° 5 :
Daniel
dans la fosse aux lions : Darius le Mède avait interdit le
culte juif. Daniel bravant l’interdit, continuait à prier
chez lui. Dénoncé, il est condamné à être dévoré par
les lions. Néanmoins, ceux-ci l’épargnent (on voit les
lions la gueule fermée, la queue autour de la taille). Les
lettres dispersées signifient : " Ils ont mis Daniel
avec les lions ". Suite à ce miracle, Darius se
convertit.
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Chapiteau n° 17 : Abel et Caïn.
Les quatre faces du chapiteau présentent successivement
Abel offrant à Dieu un agneau, Caïn offrant une gerbe au
diable...
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...Caïn tuant son frère, puis
Dieu demandant à Caïn : " Qu’as-tu fait de ton frère
? ". Celui répond : " Nescio " (je ne sais
pas). Les scènes sont légendées en latin par des lettres
gravées dans le chapiteau même ou sur le
tailloir.
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Chapiteau n° 20 : David et
Goliath (galerie ouest dernier pilier) : Représentation du
géant philistin et du champion juif, armée de sa fronde et
protégé par l’aile d’un ange, symétrique au bouclier
de Goliath.
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Dans la galerie sud
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Chapiteau n° 22 : Un arbre
luxuriant abrite des oiseaux : il annonce le rêve de
Nabuchodonosor (auquel la première moitié de cette galerie
est consacrée) quelques chapiteaux plus loin.
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Chapiteau n° 23 : Babylone
(représentée avec un grand luxe de détails, notamment les
trous laissés par les échafaudages de construction).
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Chapiteau n° 25 :
Nabuchodonosor, le roi rêve qu’un arbre luxuriant
abritant de nombreux oiseaux est abattu. Il demande
l’interprétation de ce songe. Seul le prophète Daniel
est à même d'apprendre au roi que l’arbre abattu
signifie que le roi orgueilleux va perdre son trône pendant
sept périodes.
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Négligeant cet avertissement,
le roi en reçoit un deuxième de la part d’un ange, qui
lui annonce qu’il sera comme une bête et broutera
l’herbe. La dernière face représente la réalisation de
la prophétie.
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Chapiteau n° 29 : La ville de
Jérusalem, représentée en opposition à Babylone et qu'on
distingue de celle-ci grâce à des inscriptions latines.
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Chapiteau n° 33 : Le bon
samaritain. Les sculptures représentent un homme, juif,
assailli et frappé à coups de couteau par des bandits. Il
n'est pas secouru par ses coreligionnaires, même par un prêtre
et un lévite. C'est finalement un samaritain, c'est-à-dire
un étranger méprisé par les juifs, qui lui porte secours.
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Chapiteau n° 38 : Le chapiteau
de l’angle sud-est représente le baptême du Christ par
saint Jean-Baptiste.
Le Christ est entré dans l'eau (remarquer la très grande
finesse dans la sculpture des vagues, chaque vague étant
ciselée en quatre petites vaguelettes) jusqu'à mi-corps,
tandis que deux apôtres tiennent ses vêtements. La colombe
du Saint Esprit descend sur lui.
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Dans la galerie est

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A l’angle avec la galerie
sud, le cloître ouvre sur l’abbatiale. Saint Pierre
figure en bas-relief sur le pilier qui fait l'angle. Il
montre l'église de la main.
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La
salle
capitulaire et la chapelle Saint-Ferréol (musée
lapidaire) s’ouvrent également sur cette galerie. A
l’angle avec la galerie nord se trouve le chauffoir
(voûte en brique). Le pilier central représente Durand de
Bredon (ci-contre), qui redressa l'abbaye au XIe.
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Chapiteau n° 40 : Martyres des
apôtres Pierre
et Paul , l’un crucifié la tête en bas (ci-contre)
et l’autre décapité. Les pieds de Saint Pierre ont été
martelés par les révolutionnaires, avant qu'ils ne s'aperçoivent
que son visage était en bas. On peut observer une petite
cavité qui contenait probablement des reliques.
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Chapiteau n° 50 : les
noces
de Cana
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Chapiteau n° 52 : l'adoration
des Mages
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Chapiteau n° 55 : martyre de
Saint Saturnin. Le premier évêque de Toulouse
est traîné par un taureau sur les marches du temple du
Capitole, pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens.
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Chapiteaux n° 57 et 58 : trois
saints espagnols, Fructueux, Augure et Euloge, dans les
flammes. Derrière, l'Annonciation et la Visitation
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Dans la galerie nord
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Chapiteau n° 52 : miracles de
saint
Benoît
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Chapiteau n° 67 : La pêche miraculeuse. La symétrie des
représentations fait ressortir l'opposition des
situations avant et après l'intervention du Christ
: d’un côté une barque vide, peu enfoncée dans
l’eau ;
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de l’autre, les filets sont
chargés de poissons et la barque est plus enfoncée.
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Chapiteau n°74 :
saint
Martin. Martin partage son manteau avec un pauvre (à
gauche). Puis le Christ apparaît avec ce manteau.
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Enfin, Martin, devenu évêque
de Tours, ressuscite un mort (à droite). L'histoire est
inscrite sur le tailloir.
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Les douze apôtres étaient
à l'origine représentés dans le cloître. Il n'en
subsiste que neuf. Toutes les colonnes d’angle en présentent
deux :
- à l'angle entre les
galeries ouest et nord, Saint Philippe (ouest) et Saint André
(nord)
- à l'angle entre les galeries ouest et sud, Saint Barthélemy
(ouest) et Saint Matthieu (sud) - à l'angle entre les
galeries sud et est, Saint Pierre (est) et Saint Paul (sud)
- à l'angle entre les galeries est et nord, Saint Jacques
(est) et Saint Jean (nord)
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Un autre apôtre Saint Simon
figure sur un des piliers centraux à l’intérieur du
jardin (galerie ouest). Les oeuvres sont gravées dans des
plaques de marbre peu épaisses. On peut noter à chaque
fois que la perspective est assez mal maîtrisée et les plis
des vêtements extrêmement rigides. Les trois derniers apôtres
reposaient sur l’abri d’une fontaine aujourd’hui
disparue.
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L'abbatiale
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Le
portail
est inséré dans un porche fortifié d'une double
rangée de créneaux (la seconde a été restaurée au
XIXe siècle). Un clocher domine l'ensemble.
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Dans la première rangée
de créneaux, on remarque à gauche la présence
d’un joueur de cor. Deux statues se nichent en
dessous : à droite, l'abbé Roger (1115-1135) et à
gauche un autre religieux.
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Le
tympan
lui-même illustre l’apocalypse
selon Saint Jean. Un Christ en majesté est entouré
de deux anges (référence à une vision d’Isaïe),
l'un présentant un rouleau fermé, l'autre un phylactère
déroulé. Au-dessus de lui figurent les quatre évangélistes.
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Au-dessous et à ses côtés
sont représentés vingt-quatre vieillards dotés de
divers instruments de musique. Le linteau
est orné de huit roses (la résurrection a lieu le
huitième jour). |

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La façade externe du
trumeau
est décorée de plusieurs couples de lions (la génération)
et de six roses (les six jours de la création).
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Sur les côtés on peut
voir à droite une splendide statue de Jérémie à
l’expression très douce. Il faut noter la torsion
du corps et le travail effectué sur le drapé du vêtement,
bien plus achevé que celui des saints représentés
en pied dans le cloître.
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A la statue de Jérémie
répond, à gauche, celle de saint
Paul.
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On retrouve Paul à droite du portail.
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Il est cette fois mis en
regard avec saint
Pierre.
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Noter le superbe décor
animal
et végétal.
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Les
ébrasements
du porche sont ornés d'intéressantes sculptures,
inscrite dans deux arcades et une frise qui les
surmonte.
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Côté ouest, on trouve,
dans la frise, l'histoire du pauvre Lazare
: Lazare agonisant, léché par des chiens, gît aux
pieds du mauvais riche et de sa femme qui font bombance. Son âme est
recueillie par Abraham,
qui siège côté.
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Dans le haut des arcades,
le mauvais riche mourant part droit en enfer. En
dessous, on trouve l’avarice et la luxure. Une femme
cadavérique voit ses seins tétés par des serpents :
elle incarne le vice puni. A ses côtés un avare, sa
bourse autour du cou, refuse l'aumône à un mendiant.
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Sur la paroi de droite,
sont représentées des scènes de la vie de la Vierge.
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Dans les arcades figurent
l'Annonciation (ci-contre) et la Visitation.
Au-dessus, les mages se dirigent vers la Vierge encore
alitée.
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Dans la frise : la Présentation
au temple, la Fuite en Egypte et une scène étrange
qui serait la chute des idoles à l'arrivée de la
Vierge et de son enfant.
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Le porche sur lequel
donne le magnifique portail est très spacieux. On y
trouve de beaux chapiteaux qui mêlent décor végétal
et bestiaire
fantastique.
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On voit également un
chapiteau où le motif de Samson terrassant le lion
est répété deux fois.
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Le porche est surmonté
d'un étage sous le clocher, auquel on accède par le
cloître.
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L'abbatiale elle-même
est de style gothique méridional, avec un vaisseau
unifié et des chapelles latérales aménagées dans
les contreforts.
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Référence
bibliographique:
SCELLES, Maurice, Visiter
l'abbaye de Moissac, Ed. Sud-Ouest, 1996
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