Saint Etienne de Metz

Historique

Le premier lieu de culte dédié à saint Etienne est un oratoire du Ve siècle. Il s'agrandit lorsque Metz devient capitale de l'Austrasie. La première cathédrale date du VIIIe siècle.
Une seconde cathédrale, de style ottonien, est consacrée en 1040. Pour des raisons liées au relief, elle a été construite perpendiculairement à l'édifice précédent, c'est à dire avec une orientation vers le nord-est, que conserve la cathédrale actuelle.
Le chœur ottonien a été conservé jusqu'au XVe siècle.

En 1186, une collégiale est construite contre l'extrémité ouest de la cathédrale ottonienne : c'est l'église Notre-Dame-la-Ronde.

La nouvelle cathédrale est construite au début du XIIIe. Elle reprend le plan de l'édifice précédent. Peu après, l'église Notre-Dame-la-Ronde est reconstruite. Ses piliers sont dans l'alignement de la nef de la cathédrale. Au XIVe siècle, la cloison séparant les deux églises est abattue, ce qui allonge la nef de trois travées et fait du chœur de Notre-Dame-la-Ronde une chapelle latérale.

C'est à cette époque qu'est aménagé le fenestrage de la façade occidentale. Les voûtes sont édifiées entre 1360 et 1380. On ne décide de reconstruire le chœur et le transept qu'en 1487. L'entreprise est terminée en 1522 et les vitraux sont posés en 1539.
Au XVIIIe siècle, un portail monumental est ajouté à l'ouest ainsi qu'un portique classique au sud. Ce dernier est supprimé au XIXe siècle. Quant au portail, il est remplacé en 1903 par un portail néogothique.

Visite extérieure

La cathédrale Saint Etienne de Metz, comme la plupart des édifices messins, est construite en pierre de Jaumont, ce qui est explique sa couleur jaune.

La façade

La façade occidentale n'est que l'aboutissement du vaisseau central de la nef. Elle n'a pas de tours et ne comporte qu'un seul portail. Elle n'a pas vocation à être l'entrée principale de la cathédrale (le portail sud remplit cette fonction). Néanmoins, son décor est soigné. Le portail est abrité par un vaste porche dont l'entrée est surmontée d'un gâble très en deçà du grand fenestrage ouest de la nef.

Le tympan de ce portail est consacré au Jugement dernier. Au premier registre, les morts sortent de leur tombeau sous de petites arcades. Au deuxième registre, on trouve la classique séparation entre les élus et les damnés, avec la pesée des âmes au centre la composition. Au dernier registre, le Christ trône, entouré d'intercesseurs et d'anges.

                                                                            L'enfer se prolonge à droite du tympan.

Dans les ébrasements, les statues représentent les apôtres.

Des médaillons quadrilobés tapissent les murs latéraux du porche. Ils représentent des scènes bibliques (péché originel...).

L'intrados des arcs du porche abritent des anges et des crochets.

Le portail sud

L'entrée se fait au niveau de la première travée du bas-côté sud, par un porche qui a subi de nombreuses restaurations au XIXe siècle.

Le tympan est consacré au Couronnement de la Vierge. Il comprend trois registres. En haut, on assiste au Couronnement proprement dit. En dessous est présentée la scène de la Dormition : la Vierge est entourée de deux apôtres, de son Fils et de six anges. Le registre inférieur montre les dix autres apôtres et deux anges au centre.

Les piédroits du portail sont ornés de charmants anges musiciens.

Cinq cordons de voussures encadrent le tympan. Disposition originale, le porche abrite deux autres ensembles sculptés, tels des tympans latéraux. A droite, on trouve un "tympan" consacré à la Passion. Au premier registre, on observe un Christ à la colonne et un portement de croix. Au-dessus : la scène de la Crucifixion.

A gauche, l'ensemble sculpté est consacré à la résurrection : au premier registre, le Christ sort du tombeau puis monte au ciel. Au registre supérieur, il trône.

Les ébrasements abritent différents saints. On peut reconnaître à droite, saint Laurent (avec son grill) et saint Jérôme (chapeau à ses pieds).

A droite, on reconnaît également Jean-Baptiste, avec sa tunique en poil de chameau.

Dans les écoinçons des arcatures qui garnissent les soubassements, on trouve des motifs extrêmement variés: personnages avec des masques, pélican se dévorant le foie pour nourrir ses petits (symbole du Christ), phénix, baleine, éléphant ...

Les portails septentrionaux

Côté nord, on trouve une seconde entrée avec un portail consacré à saint Etienne, dont on voit le martyre sur le linteau. Le tympan est ajouré.

A sa droite, on trouve un second portail dont les médaillons des ébrasements sont remarquables. Il s'agit de l'ancien portail d'entrée de Notre Dame la Ronde. Dans des losanges ou des rectangles, ils présentent des scènes historiées ou un bestiaire varié. Un décor de draperie s'étale en-dessous.

Nef et transept

Dans leurs grandes lignes, les flancs nord et sud de la nef sont identiques. Quelques différences sont néanmoins notables : les portails ont des dispositions différentes et surtout, au sud, deux chapelles latérales semi circulaires. L'une est l'ancien chevet de la collégiale Notre Dame la Ronde, l'autre date du XVe siècle.

Les tours se situent au niveau de la quatrième travée de la nef. Au nord, on trouve la tour du Chapitre et au sud, la tour de la Mutte (pour ameuter le peuple). Cette dernière servait de beffroi. Les tours adoptent une élévation semblable dans leur quatre premiers niveaux : un portail (clos aus sud), un étage d'arcatures aveugles (à la hauteur du triforium), puis d'étroites baies géminées ajourées (à la hauteur des fenêtres hautes de la nef) et enfin des fenêtres à quatre lancettes, groupées deux à deux et ajourées. Un gâble très fin les surmontent. La tour de la Mutte diffère cependant de la tour du Chapitre car elle est couverte par une courte flèche du XVe siècle.

Les bras du transept présentent de grands fenestrages (baies à quatre longues lancettes et rose) et pignons ornés de harpes de pierre.

On manque de recul pour apprécier le chœur. Ses arcs-boutants à double niveau retombent sur des culées qui séparent des chapelles rayonnantes octogonales.

Visite intérieure

plan

Saint Etienne de Metz bénéficie d'une élévation de 41 mètres, qui la place juste derrière St Pierre de Beauvais et Notre-Dame d'Amiens. Elle se distingue surtout par ses vitraux. L'étendue de ses verrières est exceptionnelle. Leurs 6500 m² s'apparentent à un terrain de football ! Ces vitraux ont été exécutés par des artistes fameux, depuis le XIIe siècle jusqu'au XXe : Hermann de Munster, Théobald de Lixheim, Valentin Busch, Laurent-Charles Maréchal, Jacques Villon, Roger Bissière, Marc Chagall.

La nef comporte huit travées voûtées d'ogives.
A l'ouest, au revers de la façade s'épanouit une grande datée de 1392 : elle présente, autour d'une crucifixion, les apôtres et des personnages de l'Ancien Testament. En dessous, on trouve deux étages de huit lancettes chacun. Au dernier niveau, les lancettes sont groupées par deux. Aux extrémités, elles sont plus élevées pour garnir les écoinçons de la rose. Cette façade de verre éclaire la nef.

L'élévation est à trois niveaux et présente une particularité frappante : les fenêtres hautes, à quatre lancettes, mesurent 19 mètres de haut et sont de ce fait beaucoup plus grandes que les arcades qui ne font que 12,5 mètres. Le triforium, qui s'insère entre les deux, compte dans chaque travée quatre arcades réunissant chacune deux arcades géminées surmontées d'oculi quadrilobés.

Au niveau de la deuxième travée, au sud, une chapelle hémicirculaire s'ouvre sur le collatéral : il s'agit en fait de l'abside de Notre-Dame la Ronde. On y accède par un petit escalier.
A partir de la quatrième travée, le collatéral sud s'élargit. A la cinquième travée se trouve la chapelle des évêques (XVe siècle), elle aussi hémicirculaire, avec des voûtes en réseau.

Les bras du transept comportent chacun deux travées dont l'élévation est semblable à celle de la nef. Les murs de fond sont de véritables parois de verre.
Trois niveaux de huit lancettes se superposent. Ils sont surmontés au sud (ci-contre) d'une seule rosace, et de trois rosaces au nord (ci-dessous).

Au nord, les vitraux sont, entre autres, consacrés au Couronnement de la Vierge.

Toujours au nord, on trouve dans les travées du croisillon des vitraux de Chagall, dont Eve au Paradis (1963). La teinte dominante jaune est très saisissante.

A la croisée, le voûtement, complexe, fait appel à des liernes et à des tiercerons.

Le chœur s'inscrit toujours dans la même élévation. Le voûtement est plus complexe que celui de la nef.
Le chœur est peu profond : une seule travée droite précède une abside à cinq pans.
La crypte, sous le chœur, renferme une effigie du Graoully, un dragon qui terrorisait la ville.

Le déambulatoire ouvre sur trois chapelles rayonnantes peu profondes.

Là encore, on trouve de niveaux beaux vitraux de Chagall où dominent le bleu et le rouge.

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