Les Mérovingiens de 436 à 754

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Tableau généalogique Childéric Ier (436-481) Clovis (465-511) Childebert Ier (vers 495-558) Clotaire Ier (497-561)
Sigebert Ier (535-575) Chilpéric Ier (539-584) Childebert II (570-596) Clotaire II (584-629) Dagobert Ier (vers 604-639)
Clovis II (635-657) Thierry III (?-691) Chilpéric II (670-721) Childéric III (?-754) Références des ouvrages consultés

Mariage du roi Sigebert 1er avec Brunehaut (manuscrit du XVe s.) Grandes chroniques, B.N., Paris

A sa mort en 511, Clovis Ier laissa le royaume franc à ses quatre fils, Thierry Ier, qui, selon la coutume de leur peuple, se partagèrent l'héritage paternel. La Gaule, dans son ensemble, était divisée en deux grandes masses séparées par la Loire, et dans chacune de celles-ci plusieurs lots furent constitués. Seul Clodomir reçut des lots limitrophes formant un bloc homogène de part et d'autre de la Loire. Aucune préoccupation ethnique ou géographique n'avait présidé à la formation de ces quatre royaumes et seules les capitales de ces derniers, toutes dans le Bassin parisien (Reims, Orléans, Paris et Soissons), prouvent que se maintenait encore l'idée d'un royaume commun situé dans la partie septentrionale du pays. La division allait devenir la règle commune pendant les 250 années où régnèrent sur la Gaule ces rois mérovingiens qui tiraient leur nom de l'ancêtre mythique de Clovis , Mérové. A chaque génération, des partages territoriaux renouvelèrent la carte du pays et se soldèrent par de cruelles luttes dynastiques. A deux reprises seulement, l'unité fut rétablie : de 558 à 561, sous le règne de Clotaire Ier, puis de 613 à 639, sous ceux successifs de Clotaire II et Dagobert Ier. Ces morcellements entraînèrent un affaiblissement du royaume, même si ses différentes parties restaient en rapports entre elles.

Devant Clotilde qui pleure, Clotaire Ier tue ses neveux Théobald et Gonthaire (manuscrit du XVe S.) Chroniqur de France. B.N., ParisLes quatre successeurs de Clovis montrèrent très vite qu'ils étaient des hommes cupides, lâches, cruels, incapables de grands desseins politiques et uniquement préoccupés à se disputer leur part d'héritage. Pour se faire pardonner leurs crimes, ils fondaient des abbayes ou distribuaient des cadeaux aux évêques. Grégoire de Tours a raconté d'innombrables exemples des actes de cruauté commis par ces rois. C'est ainsi que Clotaire II et Childebert II assassinèrent sauvagement leurs neveux, fils de Clodomir,, mort en 524, pour s'emparer de leur royaume. sachant que la vieille reine Clotilde avait une prédilection particulière pour ses deux petits-fils, Childebert II lui fit demander si elle préférait les voir morts ou tondus. "Morts, répondit Clotilde, puisque les cheveux rasés sont un signe de servitude." La prenant au mot, Clotaire II transperça sur le champ d'un coup de couteau ses deux neveux âgés de douze et sept ans. Puis Childebert II et lui montèrent à cheval et partirent tranquillement à la chasse. Ces témoignages de barbarie se retrouvent dans tous les épisodes qui émaillèrent cette longue période confuse

Pourtant la puissance du royaume franc s'accrut pendant les règnes des premiers successeurs de Clovis. Un ensemble de circonstances favorables leur permit de se rendre maîtres du royaume burgonde. Après plusieurs campagnes infructueuses et ponctuées d'assassinats, le pays fut annexé en 534 et partagé entre Childebert Ier, Clotaire Ier et Théodebert, fils de Thierry Ier. Puis ceux-ci s'emparèrent de la Provence, mettant fin ainsi à la domination du dernier royaume germanique subsistant en gaule et obtenant un accès à la Méditerranée. Enfin les successeurs de Clovis poussèrent vers l'Est, de l'autre côté du Rhin. Ils soumirent tour à tour les Thuringiens, les Suèves et les Bavarois. Mais ils ne puent continuer leurs percées vers la Germanie septentrionale, occupée par les Saxons, contre lesquels ils lancèrent en vain plusieurs campagnes. 

Au milieu du VIe siècle, la domination franque recouvrait donc un territoire beaucoup plus grand que celui légué par Clovis et comprenait la plus grande partie de la Gaule et une partie de la Germanie.

C'était alors en Occident le royaume le plus important.