Les Mérovingiens de 436 à 754
A sa mort en 511, Clovis Ier laissa le royaume franc à ses quatre fils, Thierry Ier, qui, selon la coutume de leur peuple, se partagèrent l'héritage paternel. La Gaule, dans son ensemble, était divisée en deux grandes masses séparées par la Loire, et dans chacune de celles-ci plusieurs lots furent constitués. Seul Clodomir reçut des lots limitrophes formant un bloc homogène de part et d'autre de la Loire. Aucune préoccupation ethnique ou géographique n'avait présidé à la formation de ces quatre royaumes et seules les capitales de ces derniers, toutes dans le Bassin parisien (Reims, Orléans, Paris et Soissons), prouvent que se maintenait encore l'idée d'un royaume commun situé dans la partie septentrionale du pays. La division allait devenir la règle commune pendant les 250 années où régnèrent sur la Gaule ces rois mérovingiens qui tiraient leur nom de l'ancêtre mythique de Clovis , Mérové. A chaque génération, des partages territoriaux renouvelèrent la carte du pays et se soldèrent par de cruelles luttes dynastiques. A deux reprises seulement, l'unité fut rétablie : de 558 à 561, sous le règne de Clotaire Ier, puis de 613 à 639, sous ceux successifs de Clotaire II et Dagobert Ier. Ces morcellements entraînèrent un affaiblissement du royaume, même si ses différentes parties restaient en rapports entre elles.
Pourtant la puissance du royaume franc s'accrut pendant les règnes des premiers successeurs de Clovis. Un ensemble de circonstances favorables leur permit de se rendre maîtres du royaume burgonde. Après plusieurs campagnes infructueuses et ponctuées d'assassinats, le pays fut annexé en 534 et partagé entre Childebert Ier, Clotaire Ier et Théodebert, fils de Thierry Ier. Puis ceux-ci s'emparèrent de la Provence, mettant fin ainsi à la domination du dernier royaume germanique subsistant en gaule et obtenant un accès à la Méditerranée. Enfin les successeurs de Clovis poussèrent vers l'Est, de l'autre côté du Rhin. Ils soumirent tour à tour les Thuringiens, les Suèves et les Bavarois. Mais ils ne puent continuer leurs percées vers la Germanie septentrionale, occupée par les Saxons, contre lesquels ils lancèrent en vain plusieurs campagnes. Au milieu du VIe siècle, la domination franque recouvrait donc un territoire beaucoup plus grand que celui légué par Clovis et comprenait la plus grande partie de la Gaule et une partie de la Germanie. C'était alors en Occident le royaume le plus important. |


Les
quatre successeurs de Clovis montrèrent très vite qu'ils étaient
des hommes cupides, lâches, cruels, incapables de grands desseins
politiques et uniquement préoccupés à se disputer leur part
d'héritage. Pour se faire pardonner leurs crimes, ils fondaient des
abbayes ou distribuaient des cadeaux aux évêques. Grégoire de
Tours a raconté d'innombrables exemples des actes de cruauté
commis par ces rois. C'est ainsi que Clotaire II et