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_____FICHE 42 |
Les choix militaires des AlliésLe discours nazi affirmait que la guerre avait été fomentée par les Juifs, que c'était la guerre des Juifs contre l'Allemagne : si cela avait été le cas, ou si le sort des Juifs européens avait été la cause de l'engagement des Alliés dans le conflit, il est certain que les opérations militaires n'auraient pas été menées de la même façon. Mais arrêter le processus de destruction n'était nullement un objectif prioritaire. D'un point de vue strictement militaire, les camps de destruction comportaient très peu de soldats et de SS, les bombarder n'aurait eu aucune conséquence sur la situation des divers fronts, tout en mettant en danger un certain nombre d'avions et leurs pilotes. Dans la logique militaire, détruire Auschwitz ou mettre hors d'état le réseau ferroviaire qui y conduit n'avait aucune rentabilité, car le sort des Juifs n'était pas un enjeu militaire. Avant 1942, cet objectif n'aurait pas été réaliste; à partir des premiers revers allemands, la priorité fut donnée à l'extension des combats sur tous les fronts du monde. Aucune considération sur le risque de tuer les Juifs internés dans les camps n'a influencé dans ces choix : les Alliés, lorsque cela leur paraîtra utile, pourront détruire des villes allemandes, puis Hiroshima et Nagasaki, dans l'objectif précis d'obtenir des capitulations rapides. S'ajoutent tant pour les Occidentaux que pour les Soviétiques des préoccupations politiques qui sont déjà celles de l'après-guerre, préfigurations de la guerre froide : pousser le front le plus loin possible pour contrôler la part la plus importante de l'Allemagne - et de l'Europe -, avec ou sans Juifs survivants. |