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____FICHE 43 |
La fin des campsLe discours nazi affirmait que la guerre avait été fomentée par les Juifs, que c'était la guerre des Juifs contre l'Allemagne : si cela avait été le cas, ou si le sort des Juifs européens avait été la cause de l'engagement des Alliés dans le conflit, il est certain que les opérations militaires n'auraient pas été menées de la même façon. La bataille de Stalingrad (février 1943) marque le début de l'avance des troupes soviétiques et la perte de territoires par le Reich. En se retirant, l'Allemagne veilla à ne laisser aucune trace des exterminations de masse. Or, dans les premiers temps (avant la construction des fours crématoires), les cadavres avaient été soit brûlés dans des fosses ou sur des bûchers, soit enfouis dans d'immenses fosses (notamment lors des massacres perpétrés par les Einsatzgruppen). Himmler créa des unités spéciales, les unités "1005", composées de déportés essentiellement juifs (qui furent systématiquement liquidés après l'accomplissement de leur tâche) et chargées de déterrer les cadavres, de les brûler et de disperser leurs cendres. Corps déterrés par les unités "1005" entre mars 1943 et janvier 1945 :
La destruction des campsIl fallut aussi faire disparaître les traces des camps d'extermination, par exemple :
Marches et trains de la mortIl s'agit d'une véritable entreprise systématique, qui concerna tous les survivants, quelle que soit leur catégorie. Désormais, chaque survivant savait, avait vu ou avait subi : alors que la défaite était clairement inéluctable, les responsables nazis savaient qu'ils allaient devoir rendre des comptes. Devant cette perspective, dans une "logique" toute nazie du règlement d'une "question" par la mort de masse, ils entreprirent leurs derniers crimes contre l'humanité. 22 juillet - 1er août 1944 : 29 juillet - 1er août 1944
: Août 1944 : 2 - 8 novembre 1944 : Décembre 1944 : 18 janvier 1945 : 20 janvier 1945 : 26 janvier 1945 - 11 mars 1945 : Mars - avril 1945 : 19-25 avril 1945 : 20 avril 1945 : La dernière marche eut lieu du 1er au 5 mai 1945, de Mauthausen à Gunskircher (effectifs non connus). [1] L'implantation des camps, les transferts successifs - malgré les trains et marches de la mort, il restait des survivants - firent que les derniers camps furent libérés très tard : il semble que la conduite des opérations militaires (enrôlement d'enfants et de vieillards) et la défense acharnée de certains fronts aient eu pour motifs la volonté de parachever l'extermination, et peut-être aussi un acharnement sacrificiel sur le peuple allemand lui-même, qui n'avait pas permis à Hitler d'achever son dessein. Maïdanek fut libéré le 23 juillet 1944, Auschwitz le 27 janvier 1945, Buchenwald le 1er avril, Dachau le 29 avril, Mauthausen le 5 mai, et enfin Theresienstadt le 9 mai. Les déportés, Juifs et non Juifs, n'étaient cependant pas sauvés par cette libération. Un grand nombre succombèrent encore, du fait des épidémies, des conséquences des privations et mauvais traitements. Au total, de la libération à la mi-1947, 1'000 Juifs furent assassinés en Pologne, et 100'000 s'enfuirent. 1. Source : Sir Martin Gilbert, Atlas de la Shoah, Editions de l'Aube, La Tour-d'Aigues, 1987. |