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________FICHE 45 |
Le retour des survivantsIl est plusieurs sortes de survivants et, pour chaque catégorie, l'idée de retour recouvre une réalité différente. Etre libéré, encore vivant, d'un camp de destruction en sachant que sa famille et son shtetl ont complètement disparu ou que la maison est occupée par des villageois polonais n'incite pas au retour. Avoir pu échapper au massacre et aux déportations grâce à des solidarités locales peut au contraire permettre de se sentir encore chez soi là où l'on a survécu. Pour des Juifs d'Europe occidentale ou méridionale, la présence de parties importantes de la famille a évidemment incité au retour. Les Juifs des pays scandinaves n'avaient guère de raison de ne pas s'y sentir à leur place, et bienvenus. En Pologne, où l'antisémitisme chrétien fit mille victimes juives supplémentaires durant les deux années suivant la fin de la guerre, 100'000 personnes s'enfuirent. Au total, 300'000 personnes émigrèrent d'Europe après guerre : 200'000 pour la Palestine, 72'000 aux Etats-Unis et 16'000 au Canada. Une fois la guerre terminée, ceux qui avaient auparavant pu trouver le chemin de l'exil purent se poser la question d'un éventuel retour dans leur pays d'origine. Leur réaction et leur choix furent extrêmement variés. Tous ceux qui avaient émigré en Palestine, ou presque, pour la plupart sionistes convaincus, y restèrent. Très peu d'Allemands revinrent dans leur pays d'origine. Les Juifs exilés aux Etats-Unis entre 1933 et 1939 y restèrent pour la plupart - on nota cependant par la suite des émigrations vers Israël. |