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Les Templiers

Le Procès

templiers.net Apporte la gloire, Seigneur,
non à nous, mais à ton nom
non nobis domine sed nomini tuo da gloriam

LE PROCÈS. Acte 1

Molay était prisonnier depuis le 13 octobre 1307.

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Pour la lisibilité des dates, rappelons-nous qu'au moyen âge l'année nouvelle était fixée le jour de Pâques. Donc le premier jour de l'année 1310 était le 19 avril 1310.
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Le 22 novembre 1309.
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La grande commission se constitua en tribunal le samedi 22 novembre 1309, dans la chapelle voûtée de l'évoque de Paris, à Notre Dame.

On demandait à chaque Templier comparant, amené, s'il voulait défendre l'Ordre; sa réponse négative ou affirmative était consignée au procès-verbal. Ceux qui refusèrent de défendre devaient plus tard déposer comme témoins sous la foi du serment, même ceux qui, après avoir tout d'abord déclaré qu'ils entendaient défendre, se désistèrent par la suite de la défense :
ceux qui persévérèrent dans la défense eurent le droit de proposer toutes exceptions, moyens, de produire toutes cédules et observations. Ils ne furent pas entendus dans l'enquête comme témoins; ils étaient devenus parties au procès.
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Avant d'entrer dans les détails de cette enquête, nous faisons observer que du 22 novembre 1309 au 28 mars de la même année, six cent trente-huit Templiers environ comparurent devant la commission. Cinq cent soixante à peu près déclarèrent qu'ils voulaient défendre l'Ordre. Beaucoup d'entre eux, revenant courageusement sur leurs premiers aveux, passés soit devant l'inquisiteur, Guillaume de Paris, soit devant les ordinaires, soit même devant le Pape à Poitiers, protestèrent qu'ils avaient menti, et que ces aveux leur avaient été arrachés par la torture.
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Du 22 au 26 novembre, on conduisit devant les commissaires quatorze templiers qui déclarèrent ne vouloir défendre l'Ordre, et parmi eux PAYRAUDO:
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Qui déclara qu'il était prêt à parler devant le Pape, mais qu'il n'avait rien à dire aux commissaires.
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Le 26 novembre 1309.
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Le mercredi 26 novembre, les préposés à la garde des Templiers de Vohet et de Joinville amenèrent le grand maître JACQUES DE MOLAY.
Requis de déclarer s'il voulait défendre l'Ordre, et s'il avait quelque chose à dire pour cette défense, Molay répondit:
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L'Ordre du Temple a été confirmé par le Saint-Siège, il tient de lui ses privilèges. Je vois avec étonnement que l'Église de Rome veuille procéder aussi vite à la destruction du Temple, alors que la sentence de déposition contre l'empereur Frédéric a été différée pendant trente-deux ans. Je ne suis pas assez savant et assez de bon conseil pour défendre par moi-même; mais je suis prêt à le faire suivant mes moyens. Je serais un misérable, et l'on pourrait me considérer comme tel, si je ne défendais pas un Ordre qui me comble de faveurs et d'honneurs, bien qu'il me paraisse difficile de remplir convenablement ce devoir, parce que je suis prisonnier du Pape et du Roi. Je possède à peine quatre deniers dont je puisse disposer pour la défense, à moins qu'on ne me fournisse ce qu'il me faut pour cela.
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"Molay, le grand maître d'un Ordre si opulent, n'avait à sa disposition, au moment où il parlait, que la somme de un franc cinquante centimes. Douze deniers tournois faisaient un sou tournois. Le sou tournois valait quatre francs quarante-neuf centimes à peu près de notre monnaie; d'où il suit que quatre deniers représentent un franc cinquante centimes'.
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Je demande donc, continue Molay, avis et conseil ; mon intention est que la vérité des faits imputés à l'Ordre soit connue non-seulement de tous les Frères, mais dans toutes les parties du monde, par les rois, les princes, les prélats, les ducs, les comtes, les barons. Je suis prêt à assister aux dépositions et témoignages des rois, des princes, prélats, comtes et barons, et de toutes les honnêtes gens.
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Or, comme l'affaire était grave, comme le grand maître n'avait avec lui qu'un Frère servant pour prendre conseil, les Commissaires lui firent observer qu'il eût à bien réfléchir sur la défense à laquelle il s'offrait, et qu'il prit bien garde aux aveux qu'il avait déjà passés contre lui-même et contre l'Ordre. Cependant, on était prêt à recevoir sa défense, s'il persistait; on lui accorderait même un délai plus long pour délibérer, s'il le désirait; mais il fallait qu'il sût bien qu'en matière d'hérésie et de foi, on procédait simplement, sans babil d'avocats, sans s'astreindre aux formalités usitées dans les jugements. Afin de permettre au grand maître de bien réfléchir, la commission lui fit donner lecture des diverses lettres du l'ape, et notamment de la lettre du Saint-Père en date du 12 août 1308, qui faisait savoir que le grand maître avait passé des aveux devant les cardinaux Berenger, Étienne et Landulphe de Saint-Angely.
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"Nous ne pouvons nous empêcher de faire observer qu'il eût mieux valu donner lecture à Molay des aveux généraux qu'on lui imputait d'avoir passés, le 15 octobre 1307, au Temple, devant les grands maîtres de l'Université. Pourquoi ne lui a-t-on pas mis sous les yeux les copies des prétendues lettres qu'il aurait écrites à ses Frères, en les invitant à avouer ce qu'il avait lui-même confessé ?
Nous sommes autorisés à croire, en présence de cette abstention, que les commissaires n'avaient pas ces pièces dans leur dossier, qu'ils ne les eurent jamais ! Nous persistons à penser que Molay avoua seulement les deux premiers et très graves chefs inculpations, le reniement de Jésus-Christ et le crachement vers la croix, et pas autre chose".

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En entendant la lecture des lettres du Pape, relatives aux aveux consignés dans le procès-verbal des cardinaux Bérenger, Étienne et Landulphe, Molay fit précipitamment deux fois le signe de la croix, témoigna par d'autres gestes sa stupéfaction de ce qui était inséré dans leur enquête et dans les lettres du Pape; puis il s'écria :
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Si vous étiez personnes auxquelles je pourrais m'adresser, je dirais autre chose.
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Les commissaires lui répondirent qu'ils n'étaient pas venus pour recevoir un gage de bataille.
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Je ne prétends pas cela, répliqua Molay, mais contre de tels pervers plût à Dieu qu'on usât de la coutume des Sarrasins et des Tartares qui tranchent la tête aux pervers reconnus tels, perverses ou les coupent par le milieu du corps !
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Les commissaires répondirent à Molay que l'Église jugeait hérétiques ceux qui étaient reconnus hérétiques, qu'elle abandonnait les obstinés au bras séculier.
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Molay demanda à parler à Guillaume de Plaisian, présent à la séance, et qui y était venu sans avoir été mandé ce que firent observer les membres de la commission.
Le grand maître et Guillaume de Plaisian s'entretinrent a parte, ce dernier affirmant qu'il aimait et chérissait Molay, parce que tous deux ils étaient chevaliers, parce qu'il avait à cœur que le grand maître ne se perdît pas inutilement. Alors Molay déclara:
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Je vois bien que si je ne délibère pas avec soin, je puis me mettre dans un mauvais cas; je veux réfléchir, je supplie les membres de la commission de m'accorder délai jusqu'à vendredi (28 novembre) pour ce faire.
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Ce délai lui fut accordé. On lui offrit de lui en donner un plus long, si cela lui convenait.
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Le grand maître avait-il pas eu le droit de s'indigner ?
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Ne s'était-il pas confié aux cardinaux, avec la promesse qu'il pouvait parler librement, qu'il n'avait rien à craindre, qu'il se trouvait sous la protection du Pape, dans les mains du Pape ?
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N'avait-il pas été absous, réconcilié avec l'Eglise ?
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Ne lui avait-on pas fait entrevoir sa grâce, la liberté ?
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"Molay avait avoué à Guillaume de Paris et aux trois cardinaux avoir renié Jésus-Christ, avoir craché vers la croix; mais il n'avait pas confessé des faits obscènes, l'immixtion dans les fonctions ecclésiastiques; son indignation dut arriver au comble en entendant la lecture de la bulle de Clément V, qui laissait planer sur lui les plus odieux soupçons'.

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27 novembre 1309.
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Le jeudi 27 novembre 1309, on conduisit devant la commission le Frère PONZARDUS DE GISIACO, précepteur de Paians; on lui demanda s'il voulait défendre l'Ordre, il répondit:
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Les faits imputés à l'Ordre, savoir le reniement de Jésus-Christ, le crachement sur la croix, les mœurs dépravées ou autres faits énormes, sont faux. Les aveux de ces actes, passés par moi et les Frères, ont été obtenus à l'aide de la violence, de l'intimidation et de la peur. Nous avons été appliqués à la torture par Floyrano de Biteris, prieur de Montfaucon, et Guillaume Robert, nos ennemis.
Les déclarations ont été passées à la suite d'une certaine entente entre les prisonniers et ceux qui les avaient arrêtés et qui les retenaient en prison, et à cause de la crainte de la mort, parce que trente-six Frères étaient morts à Paris, à la suite de la question, de la torture, et beaucoup d'autres en d'autres lieux. Je suis prêt à défendre l'Ordre, pour moi et mes adhérents, si l'on m'en fournit les moyens à même les biens du Temple.
Je demande pour conseils les Frères Raynald de Pruino, commandeur de la maison d'Orléans, et Pierre de Bononia, prêtre.
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On lui demanda s'il avait été appliqué à la torture; il répondit :
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Oui, pendant trois mois. avant les aveux que j'ai faits à l'évêque de Paris, les main attachées derrière le dos, et tellement serrées que le sang jailli aux ongles; on m'avait placé dans une fosse d'une largeur d'une leuge (?).
Je proteste que si l'on m'applique encore à la question, je nierai tout ce que j'ai déclaré. Je dirai tout ce qu'on voudra, directement.
Cependant je suis prêt à subir la décollation, le feu, l'eau chaude, pour l'honneur de l'Ordre. Je ne pourrais supporter de plus longs tourments que ceux que j'ai déjà endurés pendant deux ans en prison.

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On lui demanda s'il avait autre chose à dire.
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Non, répondit-il.
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A ce moment, le préposé de Vohet remit aux commissaires, en présence du Frère de Gysiaco, une cédule qui fut lue à haute voix devant lui.
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"La vérité ne cherche pas d'ambages".

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c'est moi, reprit de Gysiaco, qui ai écrit cette cédule; je l'ai remise au préposé de Vohet afin d'être conduit devant le Pape et devant vous, pour être entendu.
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Le 27 novembre 1309.
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Le Frère JEAN DE FURNO, dit TORTAVILLA, fut conduit devant la commission; on lui demanda s'il voulait défendre. Il déclara :
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Je ne veux pas plaider avec notre seigneur le Pape et avec le roi de France.
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On lui dit qu'il ne s'agissait pas de cela, que le Pape et le Roi n'avaient rien à faire dans la cause, mais qu'ils voulaient seulement que la vérité fût connue, que les commissaires représentaient le Pape, et non le Roi.
On lui posa à nouveau la question : Voulez-vous défendre ? Il répond :
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Je suis prisonnier, je ne puis défendre.
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Interpellé sur le point de savoir s'il persiste dans ces déclarations par lui passées devant l'évêque de Paris, il répond :
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Oui, à l'exception du péché contre les mœurs. Si j'ai passé cet aveu, je le rétracte, et je l'avais au surplus rétracté précédemment.
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On lui demande pourquoi il a fait cet aveu. Il répond :
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J'avais été appliqué à la question, trois mois avant ma comparution devant l'évêque. Je redoutais d'y être encore soumis; j'étais resté estropié pendant une année.
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27 novembre 1309.
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Ce même jour, on conduisit devant la commission le Frère Aymo DE BARBONA, du diocèse de Troyes. Interpellé s'il voulait défendre l'Ordre, il répondit:
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J'ai été appliqué trois fois à la torture; on m'a fait subir le supplice de l'eau, que l'on introduisait dans ma bouche au moyen d'une cruche. On m'a mis au pain et à l'eau pendant sept semaines; je suis pauvre, je ne pourrais défendre l'Ordre par moi-même, je le défendrais bien volontiers; mais je suis prisonnier.
Pendant trois ans, j'ai été préposé à la garde de la chambre du grand maître outre-mer, je ne sais rien de mal contre lui et contre l'Ordre; je ne sais que faire, mon corps souffre et mon âme pleure; j'ai beaucoup souffert pour l'Ordre, je ne dirai rien, ni pour ni contre, tant que je serai en prison.
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On lui demanda s'il persistait dans sa déclaration.
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Je ne dirai rien de plus que ce que je viens de déclarer, répliqua-t-il, tant que je serai prisonnier.

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Le 28 novembre 1309.
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le Grand maître Molay fut ramené devant la commission. Il s'exprima ainsi :
Je vous remercie du délai que vous m'avez accordé pour délibérer sur le point de savoir si je dois défendre l'Ordre; je vous remercie de m'avoir offert un délai plus long; vous m'avez mis un frein sur le col.
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On lui demanda s'il voulait ou non défendre:
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Je suis, répondit-il, un chevalier illettré et pauvre ; dans la lecture qui m'a été faite de la bulle du Pape, j'ai entendu qu'il s'était réservé le grand maître et les autres principaux de l'Ordre; dans l'état où je suis, je ne veux rien faire de plus.
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Requis de déclarer s'il entend ou non défendre :
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Non, répond Molay, j'irai en présence du Pape quand il lui plaira; mais, comme tous les hommes je suis mortel, je vous supplie de demander au Pape de m'appeler devant lui le plus tôt possible, parce que je lui tiendrai un langage tout à l'honneur du Christ et de l'Eglise.
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"Averti par les commissaires qu'ils étaient assemblés, non pas pour instruire contre les personnes, mais contre l'Ordre".
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Molay répliqua:
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Je vous tiens pour personnes qui procéderez fidèlement dans cette affaire. Pour décharger ma conscience, je veux vous exposer trois points concernant l'Ordre :
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1- Je ne crois pas qu'il y ait eu d'églises, à l'exception des cathédrales, qui eussent de plus beaux ornements et de plus riches reliques que celles des Templiers, où les prêtres célébrassent mieux le service divin.
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2- Qu'il y eût aucun lieu où l'on fit de plus larges aumônes; car, dans tout l'Ordre, par une décision du chapitre général, on donnait trois fois la semaine l'aumône à ceux qui la demandaient.
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3- Je ne connais aucune religion ni aucune nation qui ait plus exposé sa vie pour la défense de la foi chrétienne, et qui ait répandu plus de sang en combattant les ennemis du catholicisme. Lorsque le comte d'Artois perdit la vie dans un combat outre-mer, il voulut que les Templiers fussent à l'avant-garde; si le prince avait écouté le grand maître d'alors, le comte et tant d'autres ne seraient pas morts. Molay faisait allusion à l'affaire du Mansoura, dans laquelle périt le comte d'Artois, et dont parle Baudouin d'Avesnes, dans sa chronique du 8 février 1250 :
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4- Li maistres du Temple et pluisour autre loèrent qu'on en demourast ès hesberges des Sarrasins; mais Foukars de Merlo dist au comte, Robert d'Artois, que li Templier ne voldraient mie que la terre fut gaignée, et toloa qu'on cachast (poussât) avant, tout comme la victoire durait. Li queens ki estait devant tous, feri des espérons, et cacha jusques au Kasal de la Massore. Là furent tuit mort ou pris.
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Les commissaires répondirent à Molay que tout cela était inutile, sans la foi.
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Cela est vrai, répondit Molay, je crois en Dieu, en la Trinité et en tous les points de la foi catholique: un seul Dieu, une seule foi, un seul baptême, une seule Eglise; et quand l'âme se séparera du corps, on verra alors quel est le bon, quel est le méchant; chacun saura la vérité.
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"Molay parlait pour lui et pour l'Ordre; il était impossible de faire une profession de foi plus orthodoxe; mais l'orthodoxie de l'Ordre et de ses membres, en général, importait peu; ce qu'on voulait, c'étaient les biens, la destruction d'une communauté qui réunissait tout à la fois deux forces, l'épée spirituelle et l'épée temporelle; et pour arriver à ces fins on employait l'Église elle-même; les inférieurs n'y voyaient absolument rien, et obéissaient aveuglément".
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Le garde des sceaux, Guillaume de Nogaret, arriva à la séance après la réponse que Molay venait de faire.
Nogaret prit la parole:
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Il reprocha au grand maître et aux principaux de l'Ordre un certain hommage que le Temple au dire de la chronique (de Saint Denys) avait jadis rendu au soudan de Babylone et à Saladin, ajoutant que ce soudan, ayant appris les revers des Templiers, avait déclaré publiquement qu'ils s'étaient attiré leurs malheurs, parce qu'ils étaient infectés du vice contre nature, parce qu'ils étaient des prévaricateurs de leur loi, de leur foi.
En entendant ces paroles, le grand maître manifesta un profond étonnement :
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Je n'ai jamais entendu dire chose pareille, s'écria Molay; mais je sais bien qu'à ce sujet, du temps du grand maître Bellojoco, moi et d'autres jeunes chevaliers, nous murmurions contre ce grand maître, parce que nous voulions combattre, faire la guerre, accomplir des faits d'armes; parce que durant la trêve que le roi d'Angleterre avait conclue entre les chrétiens et les Sarrasins, ledit grand maître rendait hommage au Soudan dans le but d'obtenir de lui de meilleures conditions:
finalement, nous avons approuvé la conduite de notre grand maître, parce que l'Ordre occupait alors et avait sous sa garde plusieurs villes et forteresses sur les frontières du Soudan, qui auraient été perdues si elles n'avaient reçu des ravitaillements envoyés par le roi d'Angleterre.
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"Il était odieux d'accuser l'Ordre, le grand maître, de trahison, alors qu'en 1299 il avait été contracté une alliance avec les Tartares contre les Sarrasins".
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Je vous prie humblement, continua Molay, vous et le garde des sceaux, de me donner les moyen d'entendre la messe et les autres offices divins, de me permettre d'avoir ma chapelle et mes chapelains. Les commissaires et Nogaret félicitèrent le grand maître de sa dévotion, et lui promirent de lui procurer ce qu'il venait de demander.
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"Il ne vint à personne la pensée que le chrétien qui s'exprimait ainsi n'était ni un hérétique ni un apostat; on disait dans les hautes sphères que, pour mieux dissimuler leur hérésie et leurs crimes, les Templiers distribuaient de larges aumônes aux pauvres de Jésus-Christ, pratiquaient avec ferveur la religion catholique et faisaient célébrer beaucoup d'offices que, toutefois, à l'intérieur de l'Ordre, dans le couvent et au dehors, ils vivaient très honnêtement".

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Le 28 novembre 1309.
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Le même jour, 28 novembre 1309, comparaissait devant la commission le Frère PIERRE DE SAFET, servant, cuisinier de Molay; il fut mis en présence du garde des sceaux et du grand maître:
Pierre de Safet n'osa pas renouveler les imputations odieuses qu'il avait dirigées contre Molay devant l'inquisiteur Guillaume de Paris. Pierre de Safet se borna à dire qu'il ne voulait pas défendre, parce que l'Ordre avait deux bons défenseurs, le Pape et le Roi, qu'il s'en rapportait à eux; on ne confronta même pas Molay avec Guillaume de Giaco ou de Gii, Frère servant, faisant partie de sa maison, préposé à la garde de ses chevaux et à l'entretien des harnais. Ce Templier avait porté contre le grand maître une accusation terrible devant Guillaume de Paris.
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Ce même Guillaume de Giaco ou de Gii sera entendu le 9 février 1310, il déclarera implicitement qu'il a menti: Il ne sait rien ! il n'a rien vu ! rien fait ! il ignore si les Templiers pratiquaient des mœurs odieuses !
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"La commission chercha par tous les moyens à flétrir Molay et l'Ordre".

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Après avoir entendu Molay, la commission s'ajourna au vendredi 6 février 1309.
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Ce jour là et les jours suivants, un grand nombre de Templiers arrivés depuis peu à Paris, et emprisonnés dans divers quartiers de la ville, furent conduits devant la commission.
Ils déclarèrent vouloir défendre l'Ordre et demandèrent les sacrements et la liberté.
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Le 13 février 1309.
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Au nombre des Frères qui comparurent à l'audience du 13 février, se trouva le Templier JEAN DE BARRO, qui se plaignit d'avoir été appliqué trois fois à la question à Saint Denys près Paris, et mis au pain et à l'eau pendant douze semaines.
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Le 14 février 1309.
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Les préposés avisèrent la commission que le Templier JEAN MAUBERCHIN ne pouvait comparaître, parce qu'il était malade, sur le point de mourir (remansit infirmus ad mortem). On sait ce qu'il faut entendre par ce mot infirmus.
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Le Frère JACQUES DE SANCI, de Troyes (SANCIACO TRECENSIS), qui fut amené le même jour, 14 février 1309, déclara aux commissaires que vingt-cinq Frères, faisant partie de son groupe, étaient morts à la suite de la question et des tortures qu'on leur avait fait subir.
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Le même jour, le Frère BERTRAND DE SAINT-PAUI, protesta contre les erreurs imputées à l'Ordre, et eut le courage de déclarer que Dieu opérerait un miracle, si les Frères qui avaient passé des aveux et ceux qui avaient nié se rencontraient ensemble à la même Table Sainte, pour recevoir le corps de Jésus-Christ.
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Ledit jour, 14 février 1309, des faits graves se passèrent devant la commission. Nous avons vu qu'un certain nombre de Templiers avaient été arrêtés en 1307, à Carcassonne et à Beaucaire; vingt-quatre d'entre eux furent conduits à Paris, et comparurent, le 14 février 1309, devant les commissaires; ils déclarèrent qu'ils voulaient défendre l'Ordre. Les Frères arrêtés dans la sénéchaussée de Carcassonne avaient été conduits à Poitiers et avaient passé des aveux devant le Pape; six d'entre eux furent amenés devant la commission de Paris, le 14 février; l'enquête nous a conservé leurs noms. Ils s'appelaient: GAZERANDUS DE MONTEPASSATO,
JOHANNFS COSTA,
STEPHANUS TROBATI,
DE FORE AGULA,
DORDE JAFET
et
RAYMUNDUS FINEL.
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Ces Frères protestèrent qu'ils avaient menti devant le Pape, à Poitiers, en faisant des aveux contre l'Ordre; ils déclarèrent qu'ils se rétractaient. Puis, le Frère JEAN DE CATHIÈRES (DE CATHIACO), amené après eux, exhiba une lettre qui paraissait avoir été close avec deux cachets dont les empreintes n'étaient plus visibles. Cette lettre avait été remise aux Frères détenus dans la prison de Sens par, un nommé Jean Supini ou Chupini, clerc, alors que l'évoque d'Orléans était venu pour les examiner, ce qui fut affirmé par un Templier présent à l'audience, nommé Laurentius de Belna.
Cette lettre était ainsi conçue :
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Philippe de Voët, prévost de l'Eglise de Poytes, et Jehan de Jamville, huissier d'armes, nostre Segnor le Roy, deputez sus lordenance de la garde des Templiers, ès provinces de Sens, de Màcon et de Rems, à nostre amez frère Lorent de Biarne, jadis commandeur de Apulie, et ans autres Frères qui sont en prison de Sens, salut et amor :
savoir vous faisons que nous avons procuré que li Roy notre sierre vous envoie à l'Evesclie d'Orléans liour vous réconcilier. Si vous requirons et prions que vous en la bonne confession que nous vos lassâmes, vous tenez si devotament, et si gransement envers ledit Evesche d'Orléans, que il n'ait cause de dire que par vous nous l'aiens fait travalier ne fait entendre mençonge, nous vous semons jean Chupini, nostre amé clerc, auquel vous voilhet creire de part nous de ce que il vous dira, lequel en leu de nous vos envoiens. Et sachez que nostre père le Pape a mandé que tuit cil qui auront fayt confession devant loz quizitor, ses avouez, qui en confession ne voudoent perseveres, que ils seront mis à damnazion et destruit au feu.
Nous avons commandé audit Jehan que il vous mit à vous les convenables camères tant que nous serons à vous bu nos serons bravement, si Diu plet, et fessons alé se ne fust pour avere grant besogne, ou li Rois envoie, sus soit garde de nous.
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A l'instant, les commissaires firent venir le prévôt DE VOHET, on lui présenta cette lettre; après l'avoir examinée, il déclara qu'il ne croyait pas l'avoir envoyée, qu'il ne pouvait dire si elle était revêtue de son cachet, que son clerc avait quelquefois ce cachet à sa disposition. Jamais il ne l'a autorisé à l'apposer sur cette lettre...
il proteste qu'il n'a jamais dit autre chose aux Templiers que de déclarer la vérité. De Vohet pria les commissaires d'interpeller les Frères à ce sujet. Ceux-ci attestèrent que de Vohet ne leur avait recommandé autre chose que de dire la vérité.
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Cette lettre constituait manifestement une manœuvre de prison. De Vohet n'a pas eu le courage d'avouer que ce procédé avait été concerté entre lui, son collègue de Janville et le clerc Chupini.
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Le mardi 17 février 1309.
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On amena à la commission quatre Templiers, du diocèse d'Autun. L'un d'eux, ADHÉMAR DE SPARROS, chevalier, déclarât qu'il voulait défendre, bien qu'il ait fait des aveux devant le Pape à Poitiers; il affirma qu'il avait menti devant lui. Un second Frère nommé JEAN VALLEGELOSA, prêtre, déclara qu'il voulait défendre; qu'ayant été conduit devant le Pape, il n'avait rien avoué contre l'Ordre. Ce même jour comparurent sept Templiers, amenés de Toulouse, au nombre desquels se trouvait un nommé BERNARD DE VADO, prêtre; il déclara qu'il voulait défendre; qu'il avait été tellement torturé, tourmenté, exposé au feu si longtemps, que les chairs de ses talons avaient été consumées, que les os en étaient tombés quelques jours après Et en même temps, ce Templier montra ces os à la commission.
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Le vendredi 20 février 1309.
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A la séance du vendredi 20 février, le chevalier DE CAUS s'exprima ainsi:
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Ce que je vais dire ou proposer n'est ni pour soutenir le mensonge, l'erreur, ni pour attaquer l'Eglise, le Pape, le Roi ou ses conseils; mais je le fais pour la défense de mon droit. Je soutiens que la citation, la mise en demeure de répondre, que tout cela est nul et sans valeur. Je ne puis dire autre chose, je n'ai pas mon libre arbitre; je suis prisonnier, et absolument dépouillé, privé des biens du Temple.
Je n'ai donc pas la liberté de la défense, je ne suis plus mon maître; mais si j'étais en liberté, si l'on me rendait les biens de l'Ordre, je procéderais et défendrais comme de droit, s'il plaisait au Pape et au Roi, sans les offenser et sans préjudicier en rien à la religion du Temple. Je ferai valoir mes moyens, de défenses et exceptions en temps et lieu, et suivant mon droit.

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Le vendredi 20 février 1309.
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Jean de Furno déclara qu'il persistait à vouloir défendre, et qu'il ferait valoir ses moyens en temps et lieu.
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Le lundi 2 mars 1309.
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Le grand maître Molay comparut pour la troisième et dernière fois devant la commission. On lui demanda encore s'il voulait défendre l'Ordre. Il répondit:
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J'ai été réservé par le Pape, mettez-moi en liberté jusqu'au ajour où j'irai en sa présence, et je verrai ce que j'ai à dire.
Écrivez au Pape de vouloir bien faire venir devant lui ceux qu'il s'est réservés.
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Les commissaires promirent à Molay de satisfaire le plus tôt possible à ses désirs.
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Le vendredi 13 mars 1309.
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la commission entendit GEOFFIIOY DE GONAVILLE, commandeur de Poitou et d'Aquitaine. Il déclara qu'il était illettré, insuffisant pour défendre, qu'il ne parlerait qu'en présence du Pape et du Roi.
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Le samedi 28 mars 1309.
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Frère Aymo de Barliona, le samedi 28 mars 1309 et le mardi 31 mars, il restait sur décision.

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Le mardi 31 mars 1309.
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Jean de Furno persista encore dans la défense, et fut du nombre des Templiers qui dictèrent à Pierre de Bononia une cédule. Jean de Furno disparut à la suite du concile de Sens.

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Procès  -  Acte 2