L'attributions des biens de l'Ordre du Temple
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Les Biens du Temple : .
Ferretus
Vicentinus rapporte que Clément V adjugea à Philippe le Bel la
magnifique maison du Temple de Paris, et des richesses considérables
consistant en vases et objets des plus grand prit. Cela parait exact.
Philippe et ses successeurs conservèrent pendant plusieurs années en
leurs mains la Tour et les bâtiments du Temple; mais nous voyous qu'à
la Fin du quinzième siècle les Hospitaliers occupaient ces immeubles.
Quant aux richesses mobilières dont parle Ferretus, le Pape abandonna
à Philippe le Bel tout ce dont il s'était emparé dans les diverses églises
et chapelles de l'Ordre. Le codicille du Roi en date du 28 novembre 1314
prouve bien qu'il eu fut ainsi. La veille de sa mort, à Fontainebleau,
au moment de paraître devant Dieu, son souverain Roi, Philippe le Bel
se souvint d'avoir déposé dans le monastère des Sœurs de Sainte
Marie de Poissy une certaine quantité d'objets provenant du pillage des
églises du Temple; par son codicille susdaté, il légua aux Sœurs de
Sainte-Marie toutes les reliques, vases précieux et sacrés qu'il avait
mis en dépôt dans leur couvent la grande et précieuse et belle croix
d'or qui avait appartenu aux Templiers, deux riches et magnifiques
tentures en or que Clément V lui avait données, et deux autres draps
d'or qu'il avait reçus des Hospitaliers. Nous essayons d'établir le détail
des autres valeurs immenses, incalculables, dont le pouvoir (c'est-à-dire
Philippe le Bel et les siens) profita des dépouilles du Temple.
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Philippe s'était emparé, le 13 octobre 1307, des valeurs considérables en numéraire accumulées au Temple de Paris, dans les commanderies et maisons des provinces.
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Le Roi fit vendre les récoltes engrangées, le mobilier des commanderies et maisons, jusqu'aux instruments d'agriculture.
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Il s'adjugea les richesses des églises et chapelles, objets du culte, ornements, vases en or et en argent, joyaux, pierreries, rubis et diamants, d'une valeur énorme.
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Il toucha pendant cinq années les revenus des immeubles de France, les cens et les rentes.
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Il réclama aux Hospitaliers une somme de deux cent mille livres, qu'il prétendit avoir mise en dépôt au Temple, et que les Frères ne lui auraient pas rendue.
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Il réclama soixante mille livres pour les frais du procès, qu'il avait déjà prélevés sur les valeurs mobilières.
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Philippe devait au trésor du Temple 500,000 francs, que l'Ordre lui avait avancés à l'occasion du mariage de Blanche, sa sueur.
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Il devait aux Templiers une somme de deux cent mille florins qu'un trésorier de l'Ordre lui avait livrés, et qui, pour ce fait, en avait été chassé .
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Il devait deux mille cinq cents livres qu'il s'était fait remettre en 1297, sous sa garantie, sur l'argent de la croisade.
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Il toucha le montant des créances de l'Ordre, les créainces claires (comme ont disait alors).
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La femme de Philippe le Bel, la reine Jeanne; les princes Louis, Philippe, Charles, comte de la Marche, devaient au Temple (les sommes importantes, soit pour cause de prêt soit à raison de ce qu'ils avaient touché sur les biens séquestrés de l'Ordre.
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Louis le Hutin et Philippe le Long se firent donner une quittance générale et définitive, de plus, les hospitaliers leur abandonnèrent les deux tiers de toutes les valeurs mobilières non réalisées par Philippe le Bel, et de toutes celles dues, liquide ou non liquide, à la mort de leur père.
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Charles de Valois, frère du Roi, fit des réserves, à raison de ce qu'il prétendit lui être dû par les Templiers. (Il usa largement de ces réserves, ainsi que nous allons le voir.)
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Philippe
le Bel dut obéir à la sentence de Clément V, rendue au concile général.
Il fallut faire remise à regret aux Frères de l'Hôpital des biens du
Temple. On fit un règlement avec eux.
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A
la date du 26 mars 1312,
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Il
intervint entre les officiers du Roi et l'Ordre de l'Hôpital un premier
arrangement, auquel on donna le nom de composition. Qu'on déduirait de
cette somme, à leur décharge, ce qui aurait été perçu des biens des
Templiers et appliqué au profit du Roi depuis leur arrestation. A la
date du mercredi après l'Annonciation, il intervint un arrêt du
parlement qui mit les Hospitaliers en possession des biens du Temple.
Rien ne fut terminé, Philippe le Bel étant décédé Fontainebleau le
vendredi 29 novembre 1:311.. Le 14 février, les officiers du roi Louis
le Hutin firent avec les Hospitaliers une nouvelle composition.
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L'Ordre de l'Hôpital s'engagea à payer au Roi 260 000 petits tournoi, savoir 200,000 en restitution du dépôt fait au Temple par Philippe le Bel, et 60,000 pour les frais du procès. Cette composition contenait en outre les six articles qui suivent :
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Les Hospitaliers tiennent le Roi quitte de tout ce que son père a touché et a profité des biens du Temple jusqu'à aujourd'hui.
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De tout ce que son père, sa mère, la reine Jeanne, lui le Roi, et ses frères, doivent au Temple pour cause de prêt.
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Ils abandonnent au Roi les deux tiers de ce qui pourrait rester dû par les administrateurs des biens du Temple.
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Les deux tiers des créances claires et non claires.
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Les deux tiers des arrérages de toutes les fermes qui sont encore dus.
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Les deux tiers de tous le, ornements d'églises et joyaux.
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Louis
le Hutin mourut à Vincennes le 5 juin ou le 5 juillet 1316; rien ne put
être terminé.
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Philippe
le Long son successeur, fit saisir les biens des hospitaliers, qui étaient
en retard de payer ce qu'ils devaient, aux termes de la composition du
14 février. L'Ordre emprunta et paya au Roi une partie de la dette. Les
officier; de Philippe le Long mirent la main sur les deux tiers des
fruits des terres et vignes ayant appartenu au Temple; ils soutinrent
qu'aux termes de la composition passée entre les Hospitaliers et le feu
roi Louis, les deux tiers de ces fruits appartenaient au Roi. Les
Hospitaliers soutinrent que les fruits étaient immeubles et non
meubles. Le parlement décida, après avoir examiné ladite composition,
en son audience du lundi après la Saint-Denis 1317, que les deux tiers
des fruits de la précédente année appartenaient au Roi. Il fallut en
arriver à une troisième composition.
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Les
hospitaliers déclarèrent qu'ils déchargeaient le Roi des successions
de Philippe le Bel et de Louis le Hutin, Charles, comte de la Marche, frère
élu Roi, de tout ce qu'ils pouvaient devoir au Temple, de tout ce
qu'ils avaient profité sur les biens de l'Ordre; et, pour en finir, ils
s'engagèrent à payer à Philippe le Long une somme de 50,000 livres
tournois en trois années. Les Frères de l'Hôpital furent en outre
dans la nécessité de consentir à réserver à Charles de Valois,
oncle du Roi, tels droits qu'il devait avoir des biens du Temple. Il n'y
avait pas à discuter avec Charles de Valois. Ce prince CRACIEUX, AUSSI
beau de corps que feu son frère (d'après les chroniques du temps),
mais aussi cupide que lui, avait fait pendre, le mercredi veille de
l'Ascension 1315, Enguerrand de Marigny, qui lui avait baillé la plus
grande partie du trésor royal, qui se trouva tout dénué à la mort de
Philippe le Bel. Charles de Valois ne lâcha pas prise; car on voit, en
1320, sont neveu Philippe le Long nommer des commissaires dans le
Languedoc, pour lever le reste des créances des Templiers, dont Charles
de Valois se fit adjuger le neuvième.
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Philippe
le Long mourut le 3 janvier 1322. Son successeur, Charles IV, proposa
aux Hospitaliers de les tenir quittes et libérés de toutes leurs
obligations, s'ils consentaient à lui constituer sur sa tète, et sur
celle de Mahaut de Saint-Pol, sa femme, une rente annuelle et viagère
de douze cents petits tournois. Les Hospitaliers acceptèrent et donnèrent
en garantie les revenus de plusieurs commanderies. Voilà pour Philippe
le Bel et sa famille.
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L'Ordre
de l'Hôpital se trouva chargé de dettes. Ce ne fut pas tout encore,
les biens de l'Ordre avaient tenté toutes les avidités. Des intéressés
avaient fait disparaître des archives ordinaires du Temple certains
titres de propriété et d'amortissement. Les Hospitaliers furent forcés
de payer de nouveaux amortissements, sous peine d'être contraints de délaisser.
Au mois de mai 1323, l'Hôpital dut amortir les maisons et possessions
du Temple de la Ville-Dieu en Drugecin, de Launay lez Vernueil, de la
chastellenic du Château-Neuf en Thimerais dépendant de la commanderie
de Launay. Charles de Valois reçut pour cet amortissement une somme de
679 livres.
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En
1260, Mathieu, seigneur de Montmorency, avait octroyé aux chevaliers du
Temple l'amortissement pour tous les biens qu'ils possédaient eu ce
lieu; mais en 1318 Jean de Montmorency, seigneur de Montmorency, fit
saisir le domaine ayant appartenu à l'Ordre du Temple, en prétendant
qu'il n'avait été amorti ni par lui ni par ses auteurs. Les
Hospitaliers transigèrent en payant une somme de 1,600 livres parisis,
pour obtenir la possession libre, entière et définitive de ces biens.
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Des
domaines entiers ayant appartenu au Temple avaient disparu.
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En
1223, les Templiers possédaient hors la ville de Vendôme une maison
dite l'Hôpital; cette propriété avait été donnée depuis
l'arrestation des Frères (on ignore par qui) à l'abbaye de Notre-Darne
de Lépeau, nommée de la Pitié de Dreux, aux Frères Mineurs de Vendôme.
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La
commanderie de Choisy-le-Temple ne put recouvrer une grande partie des
biens de l'Ordre; il manquait plus de neuf cents arpents de terres à
Villemareuil, Nanteuil, Villerssur-Morin, Dinville et Saint-Pathus.
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A
Saint-Mesmes, les Hospitaliers ne trouvèrent plus ni maisons ni terres.
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A
Coulommiers, commanderie principale de la Maison-,Neuve les Coulommiers,
l'administration des biens du Temple avait été confiée en 1307 au prévôt
Gillon Barillat, qui ne rendit aucun compte de sa gestions.
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La
maison de Bilbartaut, dépendant de la même commanderie, fut pillée
par le même Gillon Barillat; il avait vendu tout le mobilier et affermé
le domaine à un de ses parents, Jean Barillat, moyennant 9 livres par
an.
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Les
Hospitaliers payèrent fort cher la remise qui leur fut faite des biens
du Temple, ce qui fit dire à saint Antonin, évêque de Florence, et
aux écrivains du temps, que partie des biens ayant été occupée par
diverses personnes laïques, les Hospitaliers furent forcés de vider
leur trésor pour faire des dons au Roi et à ceux qui occupaient ces
biens, en sorte a que l'Ordre de l'hôpital fut appauvri.
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Le
temps et une bonne administration aidant, les Hospitaliers rétablirent
leurs affaires. Les biens du Temple contribuèrent largement à
l'immense fortune des chevaliers de Malte.
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