non nobis domine sed nomini tuo da gloriam Non nobis domine sed nomini
tuo da gloriam
retour

Les Templiers

Le Procès

templiers.net Apporte la gloire, Seigneur,
non à nous, mais à ton nom
non nobis domine sed nomini tuo da gloriam

Benoît XI

 

.

La Mort de Boniface  |  L'élection de Benoît XI  |  L'Empire pour Charles de Valois |

.

1303 - 1304
.

Mort de Boniface VIII.

.

La mort de Boniface VIII arriva le 11 octobre 1303 à la suite de l'attentat d'Anagni organisé par Nogaret et les Colonna souleva de vives protestations dans le haut clergé, des appréhensions mêmes parmi les amis du Roi.
.

Nous lisons, dans un mémoire que Nogaret adressé en 1303 à Philippe le Bel, ce qui suit:
Beaucoup de personnages considérables tant du siècle que de l'Eglise, même amis du Roi, n'approuvent pas les faits qui se sont accomplis à Anagni.
"Ils estiment que le Roi et moi, nous devons avoir un remords de conscience envers Dieu".
Nogaret indique au Roi qu'il a un moyen à lui proposer pour sortir de cette situation. Il affirme que ce moyen existe, qu'il est facile à employer, qu'il produirait un excellent effet pour le royaume; ce moyen se trouverait dans les écritures. Cet expédient permettrait au Roi de confondre le Pape et les autres partisans de son pouvoir temporel. Nogaret savait que son moyen se trouvait dans les Evangiles de saint-Jean et de saint Matthieu, dans les paroles de Jésus-Christ:
"Mon royaume n'est pas de ce monde, mon royaume n'est pas d'ici. Que celui qui voudra devenir plus grand parmi vous soit votre serviteur; celui qui voudra être le premier d'entre vous sera votre esclave; indiquant ainsi à ses disciples qu'ils ne devaient avoir, aucune autorité ou domination les uns sur les autres. Après la multiplication des cinq pains, Jésus, pour ne pas être enlevé par la foule qui voulait le proclamer roi, s'était retiré en fuyant sur la montagne, lui tout seul".
En définitive, Nogaret conseille à Philippe le Bel de s'en tenir là, et quant aux représailles contre l'Église de Rome. "Il faut attendre !"
.

Philippe n'était pas homme à se laisser intimider; il connaissait les sentiments de la bourgeoisie et du peuple, qui lui étaient absolument dévoués. La lettre du clergé au Pape, du 10 août 1302, manifestait certaines appréhensions de tiraillements qu'il fallait éviter. Le Roi avait réprimé les excès de l'inquisition en Languedoc, il se montrait impitoyable envers les Juifs, les Lombards et Caorcins (Italiens qui étaient venus s'installer à Cahors pour y faire la banque et l'usure). Philippe portait haut l'ambition et la fierté nationales.
.

Top


.

 

L'élection de Benoît XI

Le nouveau souverain pontife Benoît XI fut élu le 22 octobre 1303.
Le Pape comprit que, dans l'intérêt de l'Eglise, il fallait ramener la paix entre la France et le Saint-siège :
après avoir pris connaissance de la cause du Roi, le nouveau Pontife promulgua une bulle qui fut lue solennellement le 28 juin 1304, en l'église cathédrale de Notre-Dame de Paris, en présence des prélats et du clergé spécialement convoqués. Le Pape relevait spontanément le Roi, la Reine, leurs enfants, les grands, le royaume et leurs adhérents, de toutes excommunications, de tous interdits prononcés à quelque cause que ce fût par Boniface VIII, et donnait l'absolution "ad cautelam". Cette bulle accordait à Philippe le Bel des décimes ecclésiastiques pendant deux ans, et les annates pendant trois années pour l'aider à frapper de la monnaie. Le Pape rendait au chancelier de Paris ce qui était fort important pour l'Église gallicane le droit de licencier les maîtres en décret et en théologie, droit dont Boniface avait dépouillé les docteurs de l'Université du parti du Roi, par une bulle en date du 18 août 1303.
.

Nogaret, l'auteur de l'attentat d'Anagni, avait été exclu du pardon accordé par le nouveau Pape; les auteurs de cet attentat furent appelés en jugement, ils firent défaut. Benoît les excommunia "de inteqro excoinmuiticati". Le Pape avait tout d'abord accordé l'absolution aux Colonna, mais peu de temps après leur enleva le cardinalat.
.

Benoît XI mourut le 7 juillet 1304.

.

Top


.

L'Empire pour Charles de Valois.

Philippe le Bel, qui aspirait toujours à l'Empire pour son frère, Charles de Valois, et qui nourrissait bien d'autres projets, employa tous les moyens pour faire élire pape une créature de son choix.
Nous avons vu à l'aide de quels procédés violents, dans la défense d'abord, puis dans l'attaque, Philippe le Bel s'était débarrassé de l'ingérence du pouvoir des Papes dans les affaires temporelles de son royaume.
Le Roi était entouré d'ennemis à l'extérieur; Boniface lui avait tenu parole, et avait soulevé contre lui "ciel et terre". Boniface avait joué le Roi et Charles de Valois dans l'affaire d'Allemagne il avait poussé l'Empereur à déclarer la guerre à la France, "la fille aînée de L'Eglise"; il avait essayé de démembrer le royaume; il avait entretenu la mauvaise intelligence entre la France, l'Angleterre et les Flandres. La situation était inquiétante : Philippe fit appel au pays pour la défense nationale. L'argent manquait; le Roi se trouva dans la nécessité de recourir à tous les moyens pour s'en procurer. Le premier usage que Philippe fit de son pouvoir temporel fut :
.

  1. D'essayer de s'emparer des biens de l'Ordre du Temple, de les faire rentrer dans son domaine.

  2. De porter un coup à l'Église de Rome, en frappant un Ordre religieux composé d'hommes qui étaient plus les sujets du Pape que du Roi.

  3. De restreindre l'influence de l'Eglise romaine, en réduisant ses possessions et ses richesses, ses moyens d'action en France.

  4. Le Roi ne réussira qu'à faire condamner les personnes des Templiers, et ne pourra obtenir la condamnation de la personnes morale de l'Ordre.


.

L'Eglise consentira toutefois à casser l'Ordre du Temple, pour complaire au Roi, son fils chéri. Le Saint-Siège conservera les biens, mais les attribuera à des Religieux d'un autre Ordre, à d'autres gens d'église qui, tout en manifestant de leur dévouement à Philippe le Bel, n'en restèrent pas moins les plus fidèles sujets du Pape.

.