Liste du formulaire de l'accusation
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Bien qu'ils déclarassent que l'Ordre avait été institué et approuvé par le Saint-Siège, cependant lors de la réception des Frères, quelquefois après, ils faisaient ce qui suit : Chaque Frère, soit avant, soit après réception, soit lorsqu'il le pouvait, sous l'impulsion ou sous le commandement de celui qui le recevait dans l'Ordre, reniait le Christ, soit le crucifié, soit Jésus, tantôt la Vierge Marie, tantôt les saints et les saintes de Dieu.
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Ils faisaient cela en général.
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Le plus grand nombre d'entre eux.
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Quelquefois après réception.
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Ceux qui recevaient disaient à ceux qui étaient reçus que le Christ n'était pas vrai Dieu, soit Jésus, soit le crucifié.
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Qu'il avait été un faux prophète.
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Qu'il n'avait ni souffert, ni été crucifié pour la rédemption du genre humain, mais à cause de ses crimes.
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Ceux qui recevaient, et ceux qui étaient reçus, n'avaient pas l'espérance d'être sauvés par Jésus; ceux qui recevaient disaient quelque chose d'équivalent ou de semblable.
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On leur prescrivait de cracher sur la croix.
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On leur faisait fouler aux pieds la croix.
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Ce qui arrivait quelquefois.
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Ils répandaient ou faisaient répandre de l'urine sur la croix, et cela avait lieu quelquefois le vendredi saint.
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Quelques-uns, ce jour-là et pendant la semaine sainte, avaient l'habitude de se réunir pour répandre leur urine sur la croix et pour la fouler aux pieds.
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Ils adoraient un certain chat qui apparaissait quelquefois dans le chapitre.
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Ils faisaient ces choses en mépris du Christ et de la foi catholique.
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Ils ne croyaient pas au sacrement de l'autel.
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Quelques-uns.
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La plus grande partie d'entre eux.
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Ni aux autres sacrements de l'Église.
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Les prêtres de l'Ordre ne prononçaient pas, dans le canon de la
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Messe, les paroles par lesquelles se fait le corps de Jésus-Christ.
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Quelques-uns.
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La plus grande partie d'entre eux.
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Ceux qui recevaient agissaient ainsi.
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Ils croyaient, on leur disait, que le grand maître pouvait donner l'absolution des péchés.
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De même le visiteur.
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Les précepteurs, qui étaient laïques pour le plus grand nombre.
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Ils la donnaient de fait, ou quelques-uns d'entre eux.
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Le grand maître en a fait l'aveu en présence des plus hauts personnages, même avant son arrestation.
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Lors de la réception des Frères, ou peu après, le recevant et le reçu s'embrassaient, quelquefois sur la bouche, sur le nombril, soit sur le ventre nu, sur l'anus, sur l'épine dorsale.
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Quelquefois sur le nombril.
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Sur la partie du corps ou finit l'épine dorsale.
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Quelquefois sur les parties sexuelles.
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Lors de la réception, ils faisaient jurer à ceux qu'ils recevaient qu'ils ne sortiraient jamais de l'Ordre.
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Les reçus étaient aussitôt reconnus (profès). "Comment est il possible d'admettre que l'Eglise ignorait que le grand maître reçu "profès" sans l'autorisation du Saint-Siège alors que la règle art 677, proclame que le grand maître tenait ce pouvoir de l'apostolat ? Les chevaliers excommuniés, seul étaient reçus "profès" après absolution épiscopale."
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Les réceptions étaient faites clandestinement.
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Hors la présence de qui que ce fût, hormis les Frères de l'Ordre.
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A cause de cela, il s'éleva, depuis les temps anciens, un grand soupçon contre l'Ordre.
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C'est ce qui se passait habituellement.
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On disait aux Frères qui étaient reçus qu'ils pouvaient avoir des rapports impurs les uns avec les autres.
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Que cela était licite entre eux.
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Qu'ils devaient le faire et le souffrir.
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Que ce n'était pas un péché.
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Ils le faisaient, ou plusieurs d'entre eux, ou quelques-uns.
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Dans diverses provinces, ils avaient des idoles, c'est-à-dire des têtes dont quelques-unes avaient trois faces, d'autres une seule, d'autres la forme d'un crâne humain.
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Ils adoraient ces idoles, ou cette idole, spécialement dans leurs grands chapitres, et lors de leurs grandes réunions.
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Ils les vénéraient.
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Comme Dieu.
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Comme leur Sauveur.
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Quelques-uns d'entre eux.
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La plupart de ceux qui assistaient aux chapitres.
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Ils disaient que cette tête pouvait les sauver.
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Les rendre riches.
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Qu'elle donnait à l'Ordre toutes ses richesses.
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Qu'elle faisait fleurir les arbres.
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Qu'elle faisait germer.
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Ils entouraient cette tête de cordelettes, les lui faisaient toucher; puis ils ceignaient leurs corps de ces cordelettes.
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Lors de sa réception, on remettait au Frère des cordelettes de toute longueur.
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Ils agissaient ainsi par vénération pour l'idole.
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On leur prescrivait l'usage des cordelettes, qu'ils portaient toujours, même la nuit.
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Ce mode de réception était en usage.
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Partout.
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Presque partout.
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Ceux qui se refusaient à accomplir ces actes, lors de leur réception ou après, étaient mis à mort ou jetés en prison.
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Quelques-uns.
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Le plus grand nombre.
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On leur enjoignait sous la foi du serment de ne pas révéler ces actes.
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Sous peine de mort ou de prison.
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De ne pas révéler la manière dont ils avaient été reçus.
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De ne pas avoir l'audace de parler entre eux de ces actes.
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S'il leur arrivait d'en parler, ils étaient mis à mort ou en prison.
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On leur enjoignait de ne se confesser qu'aux Frères de l'Ordre.
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Les Frères qui avaient connaissance de ces erreurs ont négligé de les corriger.
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Ils négligèrent de les faire connaître à notre sainte Mère l'Église.
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Ils continuèrent à les pratiquer, bien qu'il leur fût facile d'y renoncer.
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Ils observaient ces pratiques outre-mer, dans les lieux où le grand maître et le couvent se trouvaient.
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Quelquefois le reniement de Jésus-Christ avait lieu en présence du grand maître et du chapelain.
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Ceci se passait aussi et avait lieu en Chypre.
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De même qu'en Occident, et dans tous les royaumes, et tous les lieux où se faisaient les réceptions.
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Ceci était observé dans tout l'Ordre généralement, depuis longtemps. d'usage ancien, comme articles des statuts.
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Ces coutumes, habitudes, prescriptions, réceptions, étaient observées dans tout l'Ordre, en tous lieux.
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Ils avaient introduit ces erreurs dans les statuts de l'Ordre, après l'approbation que le Saint-Siège avait donnée à la règle.
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Les Frères étaient habituellement reçus de cette manière.
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Le grand maître prescrivait l'observation de ces pratiques. Les visiteurs, les précepteurs et les autres grands de l'Ordre.
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Ils les observaient eux-mêmes, enseignaient qu'il fallait les observer.
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Il n'y avait pas d'autre mode de réception dans l'Ordre.
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Il n'est pas à la connaissance d'un seul membre de l'Ordre que de son temps cet usage ne fût pas observé.
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Le grand maître, les visiteurs, les précepteurs et les autres grands ayant pouvoir dans l'Ordre, punissaient sévèrement ceux des Frères qui ne suivaient pas ce mode de réception, ou refusaient de l'observer.
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On ne faisait pas les aumônes, on ne donnait pas l'hospitalité comme on devait le faire.
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Ce n'était pas un péché pour les Frères de s'emparer du bien d'autrui, envers et contre tous par des moyens bons ou mauvais.
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Ce n'était pas pécher que d'en agir ainsi.
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Ils avaient l'habitude de tenir secrètement leurs chapitres.
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A la première veille de la nuit.
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Ils chassaient les familles en dehors de leurs maisons, et forçaient les personnes à passer la nuit dehors, dans les lieux où ils tenaient leurs chapitres.
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Ils se renfermaient pour tenir leurs chapitres, fermaient les portes de la maison ou de l'église où ils les célébraient, au point que personne ne pouvait ni approcher, ni pénétrer, que nul ne pouvait voir ou entendre ce qui s'y passait ou ce qui s'y disait.
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Ils avaient l'habitude de placer une sentinelle sur le toit de la maison qui servait à leurs réunions au chapitre, pour veiller à ce que personne n'approchât du lieu où ils s'assemblaient.
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Ils avaient coutume d'observer la même clandestinité, lors de la réception des Frères.
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Depuis les temps les plus reculés, ils croient que le grand maître a le pouvoir de donner aux Frères l'absolution de leurs péchés.
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Qu'il pouvait même donner aux Frères l'absolution des péchés non confessés, qu'ils auraient négligé de confesser par crainte d'encourir les peines disciplinaires ou la pénitence.
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Le grand maître a confessé ces erreurs avant son arrestation, en présence d'ecclésiastiques et de laïques dignes de foi.
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En présence des principaux de l'Ordre.
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Ils tiennent ces erreurs, non-seulement du grand maître, mais des précepteurs et des plus hauts dignitaires de l'Ordre.
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L'Ordre entier devait observer, et observait ce que le grand maître décidait, ou faisait avec le couvent.
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Parce que d'ancienneté ce pouvoir résidait en sa personne et lui appartenait.
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Ces erreurs, ces détestables habitudes durent depuis longtemps; le personnel du Temple s'est renouvelé plusieurs fois depuis leur mise en pratique.
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Tous, ou les deux tiers de l'Ordre, au moins, connaissant ces erreurs, ont négligé de les corriger.
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Ils ont négligé de les faire connaître à la sainte Église.
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Ils n'ont pas cessé d'observer, ces erreurs, d'avoir communion avec ceux qui les pratiquaient, quoiqu'ils eussent la possibilité, la faculté de s'en séparer.
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Beaucoup de Frères sont sortis de l'Ordre, à cause de ces infamies et de ces erreurs; les uns entraient dans une autre religion, les autres revenaient au siècle.
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A cause de ce qui précède, il s'est élevé de grands scandales parmi les plus hauts personnages, les rois, les princes; parmi les populations.
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Tout ceci est notoire, manifestement connu de tous les Frères de l'Ordre.
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C'est la voix publique, l'opinion commune, c'est la rumeur générale, non-seulement parmi les Frères, mais partout.
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En ce qui concerne la plus grande partie des articulations ci-dessus.
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Ou quelques-unes.
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Le grand maître, le visiteur, les grands commandeurs de Chypre, de Normandie, de Poitou, plusieurs autres précepteurs et Frères de l'Ordre ont passé des aveux, tant en justice qu'ailleurs, en présence de personnages officiels en plusieurs lieux, devant des officiers publics.
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Plusieurs Frères de ]'Ordre, tant chevaliers que prêtres et autres, en présence de notre seigneur le Pape et des cardinaux, ont avoué les erreurs ci-dessus en totalité ou en partie, sous la foi du serment.
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Ils ont même renouvelé leurs aveux, et reconnu l'existence des mœurs ci-dessus, en plein consistoire.
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Ma conclusion : .
Il
ne faut pas perdre de vue :
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1)
Les hommes qui entraient au Temple pour y être chevaliers, étaient
pour la plus grande part issus de la noblesse. Dans les grandes
familles, il y avait toujours un fils destiné aux ordres, un autre à
l'état ou héritier du domaine.
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2)
Il est inconcevable qu'un homme issu de la noblesse catholique particulièrement
pratiquante à cette époque, n'ait rien dit des soi-disant mœurs
impures de l'Ordre.
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3)
D'autre par, il y avait des commissions ecclésiastiques qui sous les
ordres du Pape passaient de temps à autres voir ce qu'il se faisait
dans l'Ordre. C'est d'autant plus vrai, que lorsque l'Ordre avait des
problèmes financiers important, c'est le Pape qui lançait une collecte
spéciale. L'Eglise ou le Saint- Siège ne donnait rien sans contrôle
et sans contrepartie. Les diocèses provinciaux ainsi que le Roi étaient
mis au courant de ses collectes.
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4)
Et comment cacher ses soi-disant mauvaises mœurs sur l'ensemble du
territoire français et outre-mer ?
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5)
A la lecture du formulaire, on s'aperçoit des questions répétitives,
des questions qui n'ont l'air de rien, mais, qui sont écrites de telles
sorte qu'elles rendent la personne interrogée coupable quelque soit sa
réponse.
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6)
Il est évident que Clément V exécutait les désirs de Philippe le
Bel. A la seule fin qu'il n'entame pas un procès en hérésie contre la
mémoire du Pape Boniface VIII.
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7)
Le Pape Clément V était redevable de son élection à Philippe le Bel.
Les réunions secrètes d'avant cette élections ont eues pour but la
perte de l'Ordre en échange de l'abandons des poursuites contre la mémoire
de Boniface VIII.
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8)
Ce que Philippe le Bel à oublié, est que les biens de l'Ordre
appartenaient en totalité à l'Ordre ou à la suite de sa dissolution
à l'Eglise. C'est pourquoi, Clément V les a donnés aux autres Ordres
et en particulier à celui des Hospitaliers.
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