Historique

Une chapelle dédiée à la Vierge est mentionnée en 850 parmi les biens du chapitre de la cathédrale. C'est la première référence à Notre-Dame en Vaux. Elle était alors située en dehors de la ville. En 1107, la chapelle devient une église paroissiale. En 1114, les 6 chanoines qui administrent Notre Dame en Vaux demandent leur indépendance vis-à-vis du chapitre de la cathédrale. En 1157, des miracles se produisent lors de la reconstruction de l'église qui s'était effondrée. Une bulle papale permet, quelques années plus tard, l'accroissement du nombre de chanoines. Entre 1181 et 1187, un conflit avec le curé de la paroisse éclate concernant la délimitation des prérogatives de chacun. A cette époque, le nombre de chanoines est augmenté mais pas les prébendes qui doivent donc être partagées.

La richesse des chanoines de la collégiale leur avait certainement valu quelques jalousies de la part des chanoines de la cathédrale. Il faut d'ailleurs l'intervention de l'archevêque de Reims pour réconcilier tout le monde en 1187.
La reconstruction de l'église est probablement achevée en 1183 (date de sa bénédiction). La dédicace a lieu en 1322. Les chanoines sont chassés en 1790. L'église est réouverte en tant que paroissiale en 1795. De nombreux dégâts sont causés par les cosaques en 1814. En 1844, la collégiale est classée monument historique, et on procède à des restaurations. En 1935, des statues colonnes sont découvertes dans le mur du presbytère. Elles appartenaient au cloître et sont aujourd'hui exposées dans un musée attenant à la collégiale. Celle-ci est aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'humanité.

Visite extérieure

La façade présente un massif encadré de puissantes tours de 65 mètres. Celles-ci comportent quatre niveaux et sont couvertes de flèches de plomb.

Le portail est surmonté de trois baies brisées et d'une rose. Le pignon est percé d'un oculus.

Au sud, on trouve un porche de style gothique flamboyant, qui abrite un portail du XIIe. Le tympan a été soigneusement martelé et on n'y décèle que la silhouette d'un Christ entouré du tétramorphe.

Le transept présente deux grandes baies cintrées, surmontées chacune d'un oculus quadrilobé. Les archivoltes sont ornés de motifs végétaux. Ce premier ensemble est surmonté d'une fenêtre à trois lancettes, reliées sous un arc en anse de panier. Le pignon est lui aussi percé d'un oculus polylobé.

Le chevet présente un bel étagement de baies brisées. Les culées massives des arcs-boutants retombent entre les chapelles rayonnantes.

Le chevet est encadré de deux tours de 32 mètres de haut. Sur trois niveaux, elles sont percés de de grandes baies cintrées.

 

Visite intérieure

La nef comporte sept travées voûtées d'ogives.

Plan extrait de la brochure de l'office du tourisme

Elle présente une élévation à quatre niveaux caractéristique des débuts du gothique (comme à Laon, par exemple). De larges tribunes voûtées d'ogives donnent sur le vaisseau central par des arcades géminées. Un petit triforium est percé à la base des fenêtres hautes

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Au revers, le fenestrage comprend une rose rayonnante, précédée de trois fenêtres brisées. Les vitraux sont du XIXe siècle.

Les arcades de la nef reposent sur de beaux chapiteaux aux motifs végétaux ou animaux.

Le vaisseau central est bordé par des collatéraux voûtés d'ogives et éclairés par de grandes baies brisées.

Les bras du transept sont la partie la plus ancienne de l'église. Il comportent chacun deux travées.

Celles-ci sont réunies par une voûte d'ogives sexpartites. Les murs de fond sont percés de baies cintrées et d'oculi quadrilobés.

Les murs latéraux n'ont pas une élévation symétrique. Au nord-est (ci-contre à gauche), le mur s'ouvre sur une chapelle et sur le déambulatoire, alors qu'au sud-est, la chapelle sert d'accès au déambulatoire. On y trouve de beaux chapiteaux (ci-contre, des harpies).
On retrouve au-dessus des arcades la tribune et le triforium, qui se poursuivent dans le choeur.

Le chœur, peu profond, comporte une travée droite et un rond-point à cinq pans. Son élévation est semblable à celle de la nef.

A l'entrée du choeur, deux statues, adossées aux piliers de la croisée, se font face : Moïse (à gauche) et Aaron (à droite).

Le chœur est ceint d'un déambulatoire voûté d'ogives. Il ouvre sur trois chapelles rayonnantes peu profondes. L'architecte a adopté une solution originale pour conserver des croisées d'ogives à plan carré tout en faisant tourner le vaisseau. Il a donc ajouté deux fines colonnes intermédiaires à l'entrée des chapelles.

Le cloître (musée lapidaire)

La destruction du cloître de Notre-Dame en Vaux est décidée en 1754 par le chapitre. Les galeries nord, est et ouest sont détruites en 1759 et la galerie sud en 1766.

Des fouilles entreprises de 1963 à 1974, à la base de la maison canoniale, ont mis à jour des statues et des chapiteaux utilisées comme soubassements des murs. Une partie d'une galerie a pu être reconstituée (ci-contre).

Le cloître possédait plusieurs statues colonnes et de beaux chapiteaux historiés.

Le baptême du Christ

Les noces de Cana

Saint Jean

Le lavement de pieds


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