|

|
Historique
|

|
La première église construite près du
site de Saint Bertrand de Comminges est une basilique paléochrétienne de
430, qui prend rapidement un rôle d'église funéraire. En 585, la ville
fondée par les Romains est détruite et le site reste désert pendant 500
ans. Bertrand de l'Isle est nommé en 1073 évêque du diocèse de Comminges
et décide de créer une cathédrale et sa cité épiscopale sur l'ancien site
romain.
|
|
Propagateur de la Réforme Grégorienne,
Bertrand de l'Isle donne son nom définitif à la ville (Saint Bertrand de
Comminges) et fait dès sa mort (1123) l'objet d'une vénération qui
s'amplifie avec sa canonisation en 1218. A la fin du XIVe siècle,
l'évêque Bertrand de Got, futur pape Clément V, procède à
l'agrandissement de la cathédrale dans le style gothique. Le pèlerinage
est alors encouragé, on instaure un jubilé de Saint Bertrand. Ce jubilé correspondait
à la coïncidence entre un jeudi et un 2 mai. Le 2 mai commémorait en
effet la Manifestation de saint Bertrand à Sanche Parra, un hobereau
repenti que le saint délivra de sa prison de Montjuic à Barcelone. Le
jour du jubilé, des indulgences sont données aux pèlerins. Une chapelle
est ajoutée au nord aux XIV-XVe siècles.
Saint
Bertrand, au tympan du portail
|

|
|

|
L'évêque Jean de Mauléon, au XVIe,
installe le jubé, le buffet d'orgue et les magnifiques stalles en bois du
chœur.
|
|
La cathédrale est l'objet de pillages pendant les guerres
de religion, les habitants parvenant cependant à sauver les reliques.
Dans le mouvement impulsé par le Concile de Trente, un séminaire est
ouvert à Saint Bertrand de Comminges, dans un souci de restauration de la
vie spirituelle et communautaire.
La Révolution vient interrompre cet effort, en supprimant le diocèse, qui
n'est pas rétabli par le Concordat.
|

|
|

|
Cependant le pèlerinage subsiste (notamment grâce à
la position de Saint Bertrand de Comminges sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle).
Aujourd'hui, la cathédrale Sainte Marie fait partie des monuments inscrits,
au titre des chemins de Compostelle, au Patrimoine Mondial de l'Humanité
par l'UNESCO.
|
|
|
Visite extérieure
|

|
Extérieurement,
la cathédrale paraît assez massive. Le clocher a l'aspect d'un puissant
donjon dont les murs épais ne sont percés que de meurtrières. Il est
couvert par des hourds.
|
|
Malgré les transformations engagées au XIVe siècle,
le portail est resté roman. Il est encadré
de quatre colonnes dont les chapiteaux sont ornés de motifs animaux.
Comme c'est souvent le cas à cette époque, l'intrados,
profond, est dépourvu d'ornements. Le tympan
est consacré à une scène de la Nativité, l'Adoration des mages.
|

|
|

|
Une Vierge
en majesté accueille l'hommage des rois venu voir son Fils. Derrière
elle, un évêque assiste à la scène. Il s'agit très probablement de
Saint Bertrand. Des inscriptions latines désignent les personnages
(Maria mater et filium dei).
|
Les inscriptions qui
servent de légende aux cadeaux des mages sont plus énigmatiques : il
s'agit en fait d'un mélange de latin et de grec qui signifie :
"j'apporte un gâteau de farine, de la myrrhe et de l'argent".
|
Au linteau figurent les douze Apôtres.
|

|
|

|
Le
cloître est accolé au côté sud de la
cathédrale. Ce cloître date pour l'essentiel du début du XIIIe siècle
(3 galeries romanes couvertes d'une charpente). La galerie sud
(ci-contre) est ouverte sur l'extérieur et domine la vallée
environnante. Cette absence de clôture totale, qu'on retrouve à Lerida,
par exemple, est assez exceptionnelle. Dans la galerie est, on voit
encore le portail et une fenêtre de l'ancienne salle capitulaire.
|

|
|

|
On
trouve le pilier des quatre évangélistes dans la galerie ouest
(ci-contre à gauche).
Seule
la galerie nord est plus récente (XVe-XVIe siècles), de style gothique.
angle sud ouest
|

|
|
|
Visite intérieure
|

|
De l'édifice roman subsiste également le narthex, qui ouvre sur la nef gothique. Celle-ci, conformément au
gothique méridional, que l'on peut observer à Albi,
par exemple, comporte un vaisseau unique à trois travées, de 75 mètres de long. Des
chapelles latérales viennent se nicher entre les contreforts. Au
dessus, de grandes baies cintrées éclairent le vaisseau. Les voûtes culminent à 28 mètres.
Aucun transept n'est
apparent.
|
|
Le choeur
ne comporte qu'une travée à laquelle s'ajoute un rond-point à huit pans, qui ouvre sur
cinq chapelles rayonnantes. Les fenêtres du rond-point sont surmontées
d'oculi quadrilobés.
|

|
|

|
Le choeur se
distingue surtout par son jubé et ses stalles. La tribune du jubé prend appui
sur des arcs qui retombent sur des consoles
et des clefs de voûtes pendantes. Elle est ornée de statuettes insérées
dans des niches. De gauche à droite, on trouve Sainte Marguerite, Sainte Marie-Madeleine, Saint Matthieu,
Saint Simon, Saint Jacques, Saint Jude, Saint Mathias, Saint Jean, Saint Pierre, Dieu le Père, Le Christ, Saint Paul, Saint Jean
Baptiste, Saint Barthélemy, Saint André, Saint Jacques le Majeur, Saint Thomas,
Saint Philippe, Sainte Marthe et Sainte Apollonie.
Sous la tribune, on trouve des panneaux sculptés
représentant à droite une Vierge à l'Enfant encadrée par Saint
Jean-Baptiste (à droite) et Sainte Geneviève (à gauche).
Le diable,
repoussé par un ange, cherche à éteindre la chandelle que tient la
sainte avec un soufflet, tandis qu'un ange s'efforce d'entretenir la
flamme en écartant le diable. Les panneaux de gauche représentent saint
Bertrand, saint Roch et saint Sébastien.
|
|
La décoration des soixante-six
stalles (vingt-huit stalles basses et trente-huit stalles hautes) est
digne de celle de Tolède. Les deux rangs de stalles sont surmontés d'un
baldaquin portant un entablement décoré
de grotesques.
|

|
|

|
L'ornementation se développe selon deux programmes.
Une iconographie que l'on pourrait qualifier de "sérieuse"
sur les dossiers des stalles (Arbre de Jessé,
à droite), scènes de la vie de la Vierge en face, triomphe des
Vertus...) et une autre plus libre qui se répand sur les accoudoirs et
les miséricordes (animaux de toutes
sortes, caricatures...).
|
|
|
|