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Historique
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La première église
située à l’emplacement de l’actuelle
cathédrale saint Etienne de Sens est édifiée
vers les VI-VIIe siècles. Une autre lui succède
au IXe siècle. Incendiée en 968, elle est immédiatement
reconstruite. L’archevêque Seguin la consacre en
982. Les somptueux édifices romans qui s’élèvent
dans la région au XIe siècle ont tôt fait
de la surpasser. Lorsqu’il prend sa charge en 1122, l’archevêque
Henri Sanglier décide donc d’abattre l’édifice
carolingien pour y construire ce qui constitue l’une des
premières cathédrales gothiques.
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L’église est en grande partie achevée
lors de sa consécration par le pape en 1164.
C'est à cette époque que la cathédrale
de Sens accueille un prestigieux exilé : l'archevêque
de Canterbury, Thomas Becket, en conflit avec le roi d'Angleterre
Henri II. Il reste en Bourgogne
jusqu'en 1170, après avoir également séjourné
à Pontigny,
avant de se faire assassiner dans sa cathédrale de
Canterbury le 29 décembre 1170.
assassinat de saint Thomas Becket, trésor
de la cathédrale
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A la fin du XIIIe, l’achèvement est total. Les
choix effectués à Sens sont en effet contemporains
de ceux qu’effectue Suger à Saint-Denis.
Plusieurs innovations (absence initiale de transept,
voûtement d’ogives étendu à tout
l’édifice, grandes baies des collatéraux)
se combinent avec des choix plus conservateurs (alternance
des supports, murs épais). Rapidement, Sens « essaime » :
ces choix architecturaux sont adaptés à Senlis,
Noyon...
En 1184, un incendie détruit quelques voûtains.
On en profite pour rehausser la voûte et agrandir les
fenêtres (vers 1230).
palais synodal
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La cathédrale est alors au faîte de son prestige
et elle accueille le mariage de Louis IX avec Marguerite de
Provence. Quelques décennies plus tard (vers 1267-1268),
la tour d’angle sud-ouest s’écroule avant
d’être immédiatement reconstruite. Des chapelles
sont progressivement ajoutées aux bas-côtés
de la nef (fin du XIIIe) et au déambulatoire (XIVe).
Au XVe et XVIe siècle, un transept vient se greffer
sur l’édifice. Les travaux, confiés à
l’architecte Martin Chambiges (l'architecte des transepts
de Beauvais
et de Senlis),
sont effectués dans la dernière décennie
du XVe siècle pour le bras sud et au début du
XVIe pour le bras nord.
palais synodal
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Peu après on ajoute un étage
à la tour sud, qui, tout comme la tour nord, n’a
jamais reçu la flèche de pierre initialement prévue.
Au sommet de la tour sud, on aménage un campanile, chargé
d’abriter l’horloge. Les modifications ultérieures
concernent surtout l’aménagement intérieur.
La Révolution cause de grands dommages à l’édifice,
notamment aux sculptures des portails. La flèche du transept
est également abattue. Au XIXe siècle, on procède
à plusieurs restaurations, les plus importantes étant
confiées à l’architecte Robelin. Celui-ci
juge opportun de détruire les chapelles latérales
du XIIIe siècle pour leur en substituer d’autres,
à la configuration quelque peu étrange.
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Visite extérieure
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La
façade
harmonique présente deux tours inachevées.
Au dessus du portail central, s'élève un grand fenestrage
brisé surmonté d'une petite rose et d'arcatures aveugles.
Au nord, la tour ne dépasse pas la hauteur du massif.
La tour sud a bénéficié d'un étage supplémentaire
auquel s'ajoute un petit campanile.
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Le portail central est consacré
à saint
Etienne, dont on voit la statue au trumeau (l'une des
rares statues épargnées par la révolution). Dans les piedroits,
les vierges
sages, à gauche, répondent aux vierges
folles, à droite. Au-dessus du portail, deux médaillons
font écho à cette parabole. A gauche, la cité céleste
s'ouvre aux vierges sages, tandis qu'à droite les vierges
folles trouvent porte close.
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Au tympan
est racontée la vie de saint Etienne. Dans les quatre
arcatures tréflées du premier registre, on trouve
successivement sa prédication, son expulsion de la
synagogue, sa lapidation et Saül (futur saint
Paul) gardant les manteaux des bourreaux. Les deux
quadrilobes au-dessus montrent à gauche le lion et l'aigle
veillant sur le corps du saint et à droite son âme
recueillie par des anges. Enfin, tout en haut, le Christ
accueille le martyr.
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Le portail sud est consacré à
la Vierge.
Le tympan représente la dormition et le couronnement.
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Le portail nord est dédié à
saint Jean. Dans les soubassements, on trouve à gauche, une
représentation de l'avarice
(femme échevelée assise sur un coffre) et à droite la
figure de la charité (femme avec des cassettes ouvertes).
La première rangée de voussures
est consacrée à l'enfance de saint
Jean-Baptiste et aux débuts de sa mission. Le second
cordon de voussures relate l'histoire des reliques
de saint Jean.
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Au tympan, on trouve l'histoire
de saint Jean-Baptiste. Le premier registre présente le
baptême du Christ, le festin d'Hérode et la décollation.
Dans le registre supérieur, le Christ accueille le saint.
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Les transepts
sont l'œuvre de Martin Chambiges. Au sud, ci-contre, les
voussures du portail racontent la vie de la Vierge. Le gâble
est surmonté d'une statue de Moïse (moderne)
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La pureté du chevet
est quelque peu engluée dans les nombreuses chapelles qui
se sont greffées autour.
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Visite intérieure
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La nef
comporte huit travées
réunies deux à deux par des voûtes
sexpartites (ci-dessous).
Les piles fortes reçoivent un faisceau de colonnettes qui
descendent jusqu'au sol tandis que les piles faibles - deux
colonnes jumelées - ne supportent que les grandes arcades
et à la retombée du doubleau
qui traverse la clé de voûte.
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L'élévation de la nef est à
trois niveaux. Le triforium
se compose de deux groupes de baies géminées
aux remplages
sans ornement.
Les fenêtres hautes, encore assez petites dans ce gothique
primitif, ne comportent que deux lancettes.
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Au milieu des faisceaux du
premier pilier de la nef, côté nord, se trouve une
curieuse petite tête. C'est celle de Jean du Cognot, avocat
bourguignon du XIVe siècle, qui ayant perdu un procès
contre le clergé vit sa tête sculptée par dérision dans
les piliers des cathédrales de Sens et d'Auxerre.
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Les chapelles latérales, du
XIXe siècle, ne sont pas une grande réussite
architecturale.
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Les extrémités du transept
sont largement postérieures à la nef. Elles sont éclairées
de grandes roses flamboyantes sous lesquelles s'intercale
une claire-voie.
L'élévation latérale ne comporte pas de triforium,
l'architecte ayant fait ce choix pour allonger les surfaces
vitrées, comme cela était en vogue au XVe siècle.
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Sur chaque bras s'ouvre une
absidiole. (ci-contre absidiole du transept sud).
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Le chœur comporte cinq travées
droites à voûtes sexpartites, et un rond-point à cinq
pans.
L'élévation est semblable à celle de la nef.
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Le déambulatoire
ouvre sur trois chapelles rayonnantes (la chapelle axiale
est du XIIIe, les deux autres sont du XVIe et XVIIIe), deux
chapelles latérales au sud (XIVe) et une au nord (XIVe).
Au nord, on trouve une série d'arcatures aveugles aux
chapiteaux intéressants, qui datent du XIIe siècle.
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Au sud, cet escalier permet de
communiquer avec le palais synodal.
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