Le livre d'Abdias : Les fraternités indignes
C'est le plus court des livres de l'Ancien Testament avec seulement 21 versets. Une seule cible aussi de la part d'Abdias : Édom et les Édomites. En fait, les Édomites sont les descendants du frère jumeau de Jacob, à savoir Ésaü. Jacob devient Israël et Ésaü devient l'ennemi permanent d'Israël. Dans le livre de la Genèse, lorsque l'histoire des deux frères est racontée, l'antagonisme est souvent manifesté. Plus tard, à l'époque de David, la rivalité entre les deux peuples issus de ces frères ennemis est exacerbée lorsque le roi soumet les Édomites qui jurent de se venger.
Abdias va reprocher aux Édomites de profiter de la faiblesse du Royaume du Sud, Juda, pour piller Jérusalem. C'est donc une prophétie à l'encontre du frère indigne qui remplit ce petit livre.
Au-delà des menaces contre Édom à cause de son attitude, Abdias aborde les situations difficiles et tendues qui existent au sein des familles et la rivalité qui déchire deux frères. Ce thème est présent dans la Bible dès ses premières pages avec Caïn et Abel. On le retrouve ensuite avec Jacob et Ésaü et on le retrouvera encore avec Joseph et ses frères.
Le prophète Abdias est l'un des plus difficiles à situer historiquement. Les rares indications que l'on trouve dans la Bible pour dater ce livre permettent de proposer deux époques différentes. Une thèse envisage que le temps d'Abdias est celui du roi Joram, en Juda, au IXe siècle avant Jésus-christ. L'autre thèse situe l'époque au IVe siècle avant Jésus-Christ après la chute de Jérusalem. La deuxième proposition semble plus crédible parce que l'on sait que lorsque les Babyloniens ont pris Jérusalem (en 587), les Édomites étaient à leurs côtés et ont donc profité du pillage. Or, c'est bien cela que reproche Abdias :
« Édom, tu n'aurais pas dû regarder avec plaisir tes frères de Juda au moment de leur malheur ; il ne fallait pas te réjouir au moment de leur ruine, ni avoir l'insulte à la bouche au moment de la détresse. Tu n'aurais pas dû pénétrer dans la ville de mon peuple au moment de son pillage. Il ne fallait pas contempler sa ruine, ni t'emparer de sa richesse au moment du pillage. Tu n'aurais pas dû te poster aux carrefours pour tuer les rescapés qui s'enfuyaient, ou les livrer à l'ennemi, en ce temps de malheur. Car il est proche, le jour où le Seigneur jugera tous les peuples. Alors on te traitera comme tu as traité les autres. Le mal que tu as commis se retournera contre toi. »
Abdias 12-15