Le livre de Habacuc : Le juste vivra par la foi

C'est sans doute vers 601 avant Jésus-Christ que se situe le livre de Habacuc. Les prophéties contre Ninive, lancées par Nahum, se sont réalisées et les Israélites n'ont plus rien à craindre de l'Assyrie puisqu'elle a été vaincue par les Babyloniens (ou Chaldéens). Mais ce sont maintenant ces Babyloniens qui deviennent une menace pour Jérusalem. Pourtant, les Israélites ne semblent pas trop s'inquiéter. Ils vivent une période assez prospère, de cette prospérité qui entraîne les diverses débauches que les prophètes dénoncent sans cesse. Habacuc ne manquera pas à la tradition il critiquera le luxe, l'oisiveté, les débordements de tout genre. C'est ainsi qu'il signale que Dieu viendra remettre de l'ordre dans toutes ces perversions et qu'il utilisera les Babyloniens pour punir le royaume de Juda.

Dans les grottes de Qumran, on a retrouvé en 1948 un manuscrit important un commentaire du livre d'Habacuc dans lequel les premiers chapitres sont repris et interprétés à la lumière des événements contemporains des Esséniens (proches du temps de Jésus-Christ). Ce commentaire analyse le temps de Habacuc et le fait coïncider avec celui du temps d'Hérode. Les Babyloniens/Chaldéens qui ont puni Jérusalem (en 587 avant Jésus-Christ) sont mis en parallèle avec les Romains des années 30 (après Jésus-Christ), lesquels détruisirent effectivement, et à leur tour, Jérusalem en 70.

Le message

Habacuc comporte des lignes attachantes d'un dialogue entre le prophète et son Dieu. Un dialogue fait de questions sans cesse en écho aux interrogations du croyant : Pourquoi Dieu est-il si souvent silencieux alors qu'on implore son intervention ?  Et jusqu'où va ce silence ?  Ces questions sont comme des rengaines que l'on retrouve dans le livre des Psaumes, mais aussi dans celui de Job.

Habacuc est scandalisé par le comportement de ses contemporains qui s'abîment dans le luxe, l'opulence et la licence. Il demande à Dieu d'intervenir, or Dieu tarde à répondre. Puis, lorsque la réponse vient, elle étonne le prophète. En effet Dieu informe Habacuc que, pour punir Jérusalem et le royaume de Juda, il va faire venir les Chaldéens (Babyloniens) pour les frapper. Pour l'homme de Dieu, il est difficilement concevable que, pour corriger des hommes qui font le mal, Dieu utilise des personnes qui font encore plus de mal !  Et Dieu répond qu'il prend le bâton qu'il veut, puis qu'il battra ce bâton !

L'un des versets clés du livre d'Habacuc, et qui sera développé dans le Nouveau Testament, notamment par l'apôtre Paul, est le suivant : Le juste vivra par la foi !

Moi, je vais rester à mon poste de garde, j'attendrai comme un guetteur sur le rempart, pour savoir ce que Dieu me dira et comment il répondra à mes plaintes.

Le Seigneur me répondit ainsi : « Écris ce que je te révèle, grave-le sur des tablettes de telle sorte qu'on puisse le lire clairement. Le moment n'est pas encore venu pour que cette révélation se réalise, mais elle se vérifiera en temps voulu. Attends avec confiance même si cela parait long : ce que j'annonce arrivera à coup sûr et sans retard. Écris : l'homme aux intentions mauvaises dépérit, mais le juste vit par la foi... »

Habacuc 2. 1-4