Le livre des juges : À la recherche d'une stabilité

Ce livre propose une série d'histoires et de portraits hauts en couleurs. Les juges sont des personnages qui, au milieu de la débâcle du peuple, surgissent pour tenter de remettre un peu d'ordre. Ils ne sont pas des juges à proprement parler : parfois des libérateurs, parfois des guerriers aux mœurs choquantes, parfois des héros malgré eux !

Le livre raconte, de façon inégale, la vie de quatorze juges, mais le plus connu, le plus spectaculaire de tous est sans doute Samson. Cet homme avait une force herculéenne qu'il pouvait perdre s'il coupait ses cheveux. Les ennemis du peuple d'Israël, les Philistins, connaissaient la faiblesse de Samson : les jolies femmes. Ils lui envoyèrent une intrigante qui devait découvrir son secret. Le héros, costaud mais pas malin, succomba et lorsqu'au petit matin il se réveilla, la belle Dalila lui avait rasé la tête et les Philistins l'avaient enchaîné. Ils lui crevèrent les yeux et l'enfermèrent. Lors d'une fête, ils l'exhibèrent comme un animal, mais Samson pria son Dieu afin de recouvrer sa force, une dernière fois. Il fut exaucé et Samson, au milieu de la fête, renversa deux piliers de l'édifice où ils étaient tous rassemblés. L'édifice s'écroula, écrasant les Philistins, et Samson !

L'auteur

Pas connu !  Le Talmud l'attribue à Samuel, ou à l'un de ses élèves qui aurait reçu la charge de rassembler divers documents relatant cette période qui doit se situer entre les années 1280 et 1050 avant Jésus-Christ.

Date de rédaction

Sans doute bien postérieure aux événements. Si Samuel en est l'auteur, il faut penser que la date de rédaction tourne autour de 1030 avant Jésus-christ. Il est possible que Samuel, qui était contre la mise en place d'une royauté en Israël, ait collecté ces récits pour dissuader le peuple. Mais un refrain revient plusieurs fois dans le livre : « En ce temps-là, il n'y avait pas de roi en Israël » ; ce refrain suggère qu'au moment de la rédaction il règne bien un roi !

Contenu

Tout au long du livre, on note un cycle infernal : le peuple s'éloigne de Dieu jusqu'à vivre les pires choses, alors le malheur frappe le pays et une période tragique commence. Le malheur se présente souvent comme un envahisseur qui détruit tout, réduit à l'impuissance les hommes et humilie la nation. Puis, quand Dieu estime que la punition a été assez longue et que la leçon a été enfin comprise, il envoie un libérateur (l'un de ces fameux juges). Alors le temps d'une certaine prospérité revient pour redevenir progressivement le temps de l'éloignement de Dieu... et rebelote !

Le schéma est simple : sept récits d'éloignement et d'infidélité à Dieu, sept périodes de servitude, autant de délivrances et en tout quatorze juges dont une femme que certains n'hésitent pas à appeler la Jeanne d'Arc de la Bible: Déborah. Mais d'autres femmes de cette époque firent des exploits dignes des plus effrayants films d'horreur. Ainsi cette femme, Yaël, qui hébergea un des ennemis d'Israël, fit mine de lui offrir l'hospitalité dans sa tente. Lorsque l'homme fut endormi, elle saisit un pieu et un marteau et lui planta le pieu dans la tempe, figeant l'homme au sol !

Qui a dit que la Bible est ennuyeuse !