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Le 20 janvier 1878, les Russes
s'emparent de la ville d'Andrinople (aujourd'hui Edirne), à 200 km
de la capitale turque, Istamboul (autrefois Constantinople).
Entrés en guerre le 27 avril 1877 pour soutenir les peuples
slaves des Balkans dans leur révolte contre le sultan, les Russes
profitent de leur victoire pour marcher sur la capitale de l'empire
ottoman.
Le sultan demande sans tarder l'arrêt des
hostilités.
À San Stefano, dans la banlieue d'Istamboul, les
plénipotentiaires signent un traité le 3 mars 1878 qui instaure une
Grande-Bulgarie indépendante, du Danube à la mer Égée.
Le
sultan cède aussi au tsar la Dobroudja et une partie de l'Arménie
(Kars et Batoum).
Avec ces nouvelles amputations, qui suivent
l'indépendance de la Grèce et l'autonomie de la Serbie, la Turquie
perd une grande partie de ses dernières colonies d'Europe.
Le tsar Alexandre II
impose un protectorat de fait sur les peuples balkaniques et peut
rêver d'une prochaine annexion de Constantinople, la «deuxième
Rome».
Mais son triomphe sans nuance contrarie
l'empereur autrichien François-Joseph 1er et surtout le Premier
ministre britannique Benjamin Disraeli, qui craint que la Russie
n'entrave bientôt la route des Indes et le canal de
Suez.
Londres menace Moscou d'une guerre. Le chancelier
allemand Bismarck saisit l'occasion pour se poser en arbitre des
relations internationales.
Il propose l'ouverture d'un
Congrès. Celui-ci se tient à Berlin du 13 juin au 13 juillet de la
même année.
Il prépare le complet démembrement de l'empire
ottoman en reconnaissant l'indépendance de la Serbie, du Monténégro,
de la Roumanie.
Au grand mécontentement des Russes et des
Bulgares, la Bulgarie réduit ses prétentions territoriales et
n'obtient qu'un statut d'autonomie.
La Bosnie-Herzégovine est
placée sous administration autrichienne et Chypre sous
administration britannique.
Trois ou quatre ans plus tard, la
Tunisie
devient protectorat français et l'Égypte
protectorat britannique.
Après cette première guerre des
Balkans, le dépeçage de «l'homme malade de
l'Europe» (la Turquie) est en bonne voie, selon le mot du
prince Alexandre Gorchakov, chancelier d'Empire et ambassadeur du
tsar à San Stefano...
Se mettent aussi en place tous les
motifs de dissensions qui vont entraîner l'Europe dans la Grande
Guerre en 1914.
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