20 janvier1878

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Les deux sœurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

Les Russes aux portes de Constantinople

 Histoire des Turcs au cours du dernier millénaire:

Etoile

15 décembre 1055: Toghrul-beg s'empare de Bagdad

19 août 1071: les Turcs vainqueurs à Malazgerd

28 juin 1389 : défaite serbe à Kosovo Polié

28 juillet 1402 : Tamerlan bat Bajazet à Angora

28 août 1526 : les Hongrois vaincus à Mohacs

29 mai 1453 : prise de Constantinople

21 mai 1529 : Barberousse à Alger

09 septembre 1570: Chypre devient ottomane

07 octobre 1571: bataille navale de Lépante

12 septembre 1683: Vienne délivrée des Turcs

26 janvier 1699: traité austro-turc de Karlowitz

22 août 1717: le prince Eugène à Belgrade

31 août 1801: fin de l'expédition d'Égypte

20 octobre 1827: défaite des Turcs à Navarin

03 février 1830: indépendance de la Grèce

12 décembre 1830:autonomie de la Serbie

03 novembre 1839: la Sublime Porte se réforme

17 novembre 1869: inauguration du canal de Suez

20 janvier 1878: les Russes aux portes de Constantinople

24 avril 1915: génocide des Arméniens

25 avril 1915: offensive des Dardanelles

03 mars 1924: Mustapha Kémal abolit le califat

 

Le 20 janvier 1878, les Russes s'emparent de la ville d'Andrinople (aujourd'hui Edirne), à 200 km de la capitale turque, Istamboul (autrefois Constantinople).

Entrés en guerre le 27 avril 1877 pour soutenir les peuples slaves des Balkans dans leur révolte contre le sultan, les Russes profitent de leur victoire pour marcher sur la capitale de l'empire ottoman.

Le sultan demande sans tarder l'arrêt des hostilités.

À San Stefano, dans la banlieue d'Istamboul, les plénipotentiaires signent un traité le 3 mars 1878 qui instaure une Grande-Bulgarie indépendante, du Danube à la mer Égée.

Le sultan cède aussi au tsar la Dobroudja et une partie de l'Arménie (Kars et Batoum).

Avec ces nouvelles amputations, qui suivent l'indépendance de la Grèce et l'autonomie de la Serbie, la Turquie perd une grande partie de ses dernières colonies d'Europe.

Le tsar Alexandre II impose un protectorat de fait sur les peuples balkaniques et peut rêver d'une prochaine annexion de Constantinople, la «deuxième Rome».

Mais son triomphe sans nuance contrarie l'empereur autrichien François-Joseph 1er et surtout le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli, qui craint que la Russie n'entrave bientôt la route des Indes et le canal de Suez.

Londres menace Moscou d'une guerre. Le chancelier allemand Bismarck saisit l'occasion pour se poser en arbitre des relations internationales.

Il propose l'ouverture d'un Congrès. Celui-ci se tient à Berlin du 13 juin au 13 juillet de la même année.

Il prépare le complet démembrement de l'empire ottoman en reconnaissant l'indépendance de la Serbie, du Monténégro, de la Roumanie.

Au grand mécontentement des Russes et des Bulgares, la Bulgarie réduit ses prétentions territoriales et n'obtient qu'un statut d'autonomie.

La Bosnie-Herzégovine est placée sous administration autrichienne et Chypre sous administration britannique.

Trois ou quatre ans plus tard, la Tunisie devient protectorat français et l'Égypte protectorat britannique.

Après cette première guerre des Balkans, le dépeçage de «l'homme malade de l'Europe» (la Turquie) est en bonne voie, selon le mot du prince Alexandre Gorchakov, chancelier d'Empire et ambassadeur du tsar à San Stefano...

Se mettent aussi en place tous les motifs de dissensions qui vont entraîner l'Europe dans la Grande Guerre en 1914.

 



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