Historique

Une cathédrale existait avant 650. La construction de la nouvelle cathédrale Saint Etienne de Cahors débute en 1050. L'essentiel est achevé vers 1120. En 1135, on réalise le portail ouest. Au XIVe siècle, l'édifice étant menacé d'écroulement par ses lourdes coupoles (dix-huit mètres de diamètre et trente-deux mètres de haut), la façade occidentale est considérablement alourdie pour renforcer la structure de la cathédrale.

vue d'ensemble

 

Le tympan qui ornait initialement cette façade est transféré sur la façade nord. Entre 1495 et 1509, on adjoint un cloître à la cathédrale. Les guerres de religion, puis la Révolution, causent de grands dommages à l'édifice et à son cloître.

Extérieur

La façade occidentale

la façade

Large de 56 mètres, la façade comporte quatre niveaux : le portail à triple voussures, une rose encadrée de deux petites fenêtres, une petite horloge flanquée de deux autres fenêtres étroites à arcades géminées, et le clocher (avec une rose au milieu).

Cette façade massive a été construite dans un double but : pour consolider l'édifice, d'une part, et pour répondre à un mouvement de fortification de la ville (son architecture est à rapprocher de celle du Pont Valentré).

le pont Valentré

La façade nord

porche nord

Le portail nord est orné d'un tympan qui présente de grandes similitudes avec celui de Moissac. L'intrados, profond, est dénué d'ornement. Sur l'extérieur, il est bordé de trois archivoltes en arcs légèrement brisés, dont le plus élevé rejoint presque les modillons ornés de grotesques qui soutiennent la corniche.

Le portail est encadré d'étroites arcatures aveugles, ornées de roses, coupées horizontalement en deux registres par une frise qui borde ensuite la troisième archivolte. Elle est décorée de personnages et de diables aux occupations violentes et peu avouables.

Le tympan représente l'Ascension du Christ, selon les Actes des apôtres (I,9). Avec celui de Saint Sernin, ce portail est l'un de ceux qui fixe la sculpture du XIIe siècle.

Conformément à ce texte, le Christ en majesté, entouré d'une mandorle, la main et le Livre dressés est encadré par deux anges. On trouve également des quatre têtes d'anges autour de la mandorle. Le délicat plissé du vêtement du Christ mérite d'être noté. Cette scène principale est flanquée de plusieurs petites scènes représentant la vie de Saint Etienne (lapidation en bas à droite).
Au registre inférieur, de petites arcades trilobées abritent onze des douze apôtres et la Vierge. Tous sont groupés deux à deux, exceptés la Vierge, seule au centre, et l'apôtre situé à l'extrémité droite.

tympan

L'apôtre de l'extrémité gauche semble lui aussi esseulé au premier abord, mais on distingue la tête d'un autre personnage. L'apôtre manquant est probablement Judas. On peut supposer, en observant l'attitude du second personnage de droite (jambes en X comme la statue de Jérémie à Moissac), que les sculpteurs de Cahors sont probablement les mêmes que ceux de Moissac. Les chapiteaux des ébrasements sont finement sculptés. On y retrouve le décor de roses précédemment évoqué.

La face sud

entrée sud

L'entrée sud est beaucoup plus modeste. La porte, qui jouxte le cloître, est surmontée d'un arc trilobé et de deux voussures légèrement brisées. Au-dessus, une claire-voie en brique rouge abrite une statue de la Vierge.

Le chevet

Le chevet est assez austère, rythmé par de puissants contreforts entre lesquels courent des galeries.

Des chapelles rayonnantes de différents niveaux s'intercalent entre les piles.

chevet

Le cloître

Un cloître jouxte la cathédrale sur son flanc méridional. Ajouté au début du XVIe siècle, sous l'épiscopat d'Antoine D'Alamand, il est de style gothique flamboyant. Il forme un vaste carré de 28,5 mètres de côté. Il a été particulièrement touché par les dévastations commises par les Protestants en 1580, lorsqu'ils ont mis la ville à sac.

cloître

galerie du cloître

De nombreux remplages, armoiries, chefs et culots de voûtes ont disparu. Seuls quelques beaux exemples subsistent : des "coquillards" (pèlerins de st Jacques) se prennent au menton, Samson et Dalila, quelques têtes de personnages et d'animaux.

Depuis le cloître, la vue sur le flanc sud de la cathédrale est remarquable. On peut notamment admirer la belle frise de modillons qui orne la corniche, et également l'allure extérieure des deux coupoles de la nef.

façade et coupole vue du cloître

chapelle Gausbert

Le cloître ouvre sur une chapelle dédiée à St Gausbert (évêque de Cahors de 892 à 906). Ses deux travées sont couvertes par des voûtes complexes. Elle possède également de superbes fresques. Sur le mur ouest, on trouve une représentation du Jugement dernier. Sur les voûtes sont peints le tétramorphe, quatre pères de l'Eglise et les instruments de la Passion.

Intérieur

La cathédrale comprend une nef unique (caractéristique qui sera reprise dans le gothique méridional), sans bas-côtés ni transept, à deux travées.
Un narthex très surélevé précède la nef. On y trouve une fresque du XIVe siècle consacrée au péché originel. Il est encadré par deux chapelles latérales. La rose qui l'éclaire est masquée (depuis la nef ) par la tribune d'orgue.
L'originalité de Saint Etienne de Cahors réside dans son architecture à coupoles. Au dessus des deux travées se trouvent deux immenses coupoles. De ce fait, la nef est très large (plus de 20 mètres), pour une longueur plus modeste.

coupole

 Cette architecture à coupoles est originale, mais se retrouve néanmoins dans plusieurs édifices de la région, ce qui est un trait caractéristique de l'architecture religieuse entre les vallées du Lot et de la Dordogne (cf. . La cathédrale de Cahors et l'architecture à coupoles en Aquitaine, par le prof. Rey). On en trouve d'autres exemples notamment à Souillac (Lot), ou Périgueux (Dordogne). Selon le professeur Rey, cette architecture tire ses origines des constructions ancestrales de cabanes sur le causse du Quercy (sortes d'igloos en pierre). C'est cet héritage, plus que l'influence byzantine, qui expliquerait le choix de cette architecture à coupoles dans la région.

C'est à Cahors que ce type d'architecture a atteint ses plus grandes dimensions, avec des coupoles de 18 mètres de diamètre et dont la clef de voûte s'élève à 32 mètres (Cahors n'est, sur ce point, dépassé que par Sainte Sophie de Constantinople). avec de telles dimensions, les coupoles sont plus larges que hautes; ce qui permet d'éviter la sensation d'écrasement.
L'architecture à coupoles pose de graves problèmes en terme d'équilibre, qui sont résolus à Cahors en partie par l'emploi de piliers robustes (piliers de 4 mètres de côté), qui sont à la fois supports et contreforts. L'utilisation de grandes arcades ( arcs doubleaux et formerets) en forme d'arcs brisés permet aussi de soutenir les poussées. Selon les archéologues, il s'agit d'un des plus anciens exemples d'utilisation d'arcs brisés.

Sous la coupole orientale, l'élévation est a deux niveaux. Les arcades brisées, peu élevées, donnent sur des chapelles latérales et sont surmontées de trois baies.
Sous la coupole occidentale, on trouve une tribune en stuc côté nord. Côté sud, une chapelle latérale est surmontée d'un rose et d'une baie brisée.
Les fresques de l'intérieur ne présentent pas un intérêt particulier puisque des restaurations du XIXe siècle masquent les originales du XVIe siècle. Seule la peinture de la première coupole a été sauvée. Elle représente le martyr de Saint Etienne et huit prophètes se regardant deux à deux.

La nef s'ouvre sur un chœur gothique à sept pans où alternent, au premier niveau, de grandes baies à deux lancettes et des baies plus courtes à quatre lancettes surmontées d'un oculus.

Au second niveau, on trouve également une alternance, entre des baies à trois lancettes et des baies à cinq lancettes, plus tassées.

choeur


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